CHAPITRE IL
En vain parlerait-on des aptitudes particulières. Les mêmes se retrouvent partout. Les hommes varient d'homme à homme plus que de peuple à peuple. Les tendances daùs les mêmes familles, dans les mêmes races se modifient suivant le souffle.
Que sont le plus souvent les descendants des grands hommes? Quelle- ressemblance y a-t-il entre le père ardent de parvenir, et le fils satisfait? Qu'est-ce que ces instincts de race qui s'effacent d*nne génération k l'autre?
Qu'e&t-ce par exemple que cet instinct' sémitique qui fait le sémite juif monoth-éiste, et le sémilo africain polythéiste? le Juif de Jérusalein monothéiste, et le Juif samarifain idolâtre? S'il y avait instinct de race, pourquoi: le veau d'or, les avertissements sans cesse renouvelés, pourquoi l'entrainement continuel à Tidolâtrie? Avec l'instinct de race le peuple juif eût été monothéiste en bloc et invariablement. Mais on ne se rend pas compte de ce peuple si concentré, si séparé, si dénué de flexibilité. Un mot l'explique : Le Juif fut (révolté oa courbé) ce que le fit la roideur de son critérium, la lettre de la loi. Après la force, la lettre est de tous les contrôles de la connaissance le plus étroit et le plus implacable ^
1. Il y a des auteurs (et presque tous les écrivains catholiques donnent dans ce travers peu scientifique) qui , aveuglés par la hauteur de l'idée juive, veulent que ce peuple eût toutes les puissances du génie grec. Non, la méthode diverse enfanta des développements divers. Autant le critérium juif devait absorber, autant le grec devait épanouir.
22 PROOEMIUM.
La Macédoine de Persée était-elle celle d'Alexandre? La Grèce de Théinistocle, de Périclès, de Phidias était-elle ce peuple qui se traînait sous le joug de Rome? La Rome de Ginciunatus, de Scipiou et de Caton était donc la nation de débauchés et d'esclaves de Tibère et de Messaline ? L'Asie de Gyrus et de Mahomet celle des sultans abâtardis?