CHAPITRE m
Qu'est-ce que ces instincts de race qui développent dans tous les peuples les qualités les plus opposées, qui font Tun hardi et homme de guerre, l'autre timide et efféminé, celuici poésie, celui-là vulgarité, un autre profonde pensée, et ces masses inertie d'esprit. Gomment les mêmes facultés et les plus variées s'épanouissent-elles sous tous les climats, dans toutes les races?
Pourquoi suivant les temps les mêmes peuples changentils de qualités? Pourquoi les arabes guerriers des premiers califes, les arabes commerçants de leurs successeurs? Pourquoi les Italiens marchands, artistes, et les italiens qui ne le sont plus? Pourquoi cet instinct de commerce par exemple passant des arabes à l'Italie, de Tltalie au Portugal, du Portugal à la Hollande, de la Hollande à l'Angleterre, quelques fussent d'ailleurs les antécédents de ces peuples ? Pourquoi ce même instinct s'emparant de toutes les nations modernes qui n'ont plus le génie guerrier des temps précédents* ?
Certes Job. Moïse, Samuel, Élie, Jérémie, Isaïe, David, Salomon, furent de grands hommes, mais tous furent comme la répétition l'un de l'autre Ils ne se copiaient pas , mais ils s'inspiraient d'une idée unique soumise à un critérium étroit. Chacun a son originalité, mais le souffle est un haut; puissant, sublime, mais le même. Job chante avec ses larmes la même idée que Salomon avec ses joies; Moïse la dogmatise, David la fait poésie. Us sont absorbés en elle et y disparaissent.
1. Quand les Portugais tournèrent le pointe de l'Afrique, ils changèrent tous les instincts de l'Europe, 1 Italie fut tuée. Elle est encore
Les circonstances dans lesquelles se trouvent les peuples et les hommes développent en eux des méthodes pour arriver au but qu ils sont à même d'atteindre. Gonstantinople est deux fois illustre et deux fois abaissée. Ce long engourdissement de rÊgypte trois fois active par la pensée, aura-t-il un réveil ? Certes l'Esquimau plaide en faveur de Tinfluence des climats, le nègre pour la théorie des races, mais faites pénétrer les lois absolues parmi ces jiommes au moyen de la science, de lart, de l'industrie, de Tîdée morale et religieuse, et vous les aurez transformés.
Pourquoi toutes les différences des races, des climats se fondent-elles sous nos yeux dans une unité que beaucoup déplorent, et dont il faut se louer? C'est que par l'unité de la méthode et des lois absolues de la science l'homme retrouve l'unité de son organisation.
Tantôt les changements sont lents, tantôt ils sont prompts, rapides, entraînant comme les torrents d'idées qui se succèdent dans la pensée.
Tel peuple a été ardent pour les hautes spéculations, quand, soutenu par l'espoir d'une méthode récemment essayée, il entrevoyait des horizons nouveaux dans le vrai, qui s*est fait négateur de toute idée métaphysique quand le découragement, causé parla stérilité des tentatives, lui a caché le progrès sous le décombre. C'est la France vivace de Descartes, de Malebranche, et la France exténuée de nos jours. C'est l'Allemagne confiante de Kant, de Fichte, de Hegel, et l'Allemagne vertigineuse d'athéisme et de politique. Que sont devenus ceux-là qui élevaient les nations par les arts ? L'Italie, la Belgique, la Hollande et l'Espagne, viennent aujourd'hui en France chercher leurs inspirations.
sous ce coup dont elle tente énergiquement de se relever. Quand Wagorn monopolisa le service postal de l'Inde, il doubla l'entraînement commercial de sa patrie. On peut dire que Lesseps, par le percement de l'isthme de Suez, prépare non-seulement la plus grande révolution commerciale qui se soit accomplie depuis le quinzième siècle, mais encore une modification profonde de l'esprit des diverses nations.
24 PROCEMIUM.