CHAPITRE
On veut trop voir la genèse des développements humains l'un par l'autre. On croit trop qu'ils ont entre eux une relation de cause à effet. De ce qu'ils sont en lien , on conclut trop vite qu'ils s'engendrent. Ainsi sont nées toutes les théories que nous avons passées en revue dans les chapitres qui précèdent.
Certes, les développements divers de l'humanité ont entre eux une attache infrangible, mais ils ont aussi une entière liberté. On a cru longtemps, à voir l'action nécessairement simultanée du inuscle et du nerf, que l'une était la cause de l'autre. Il n'en est rien. Le muscle libre, le nerf libre agissent sous la pression d'un principe commun, ignoré, mais nécessaire.
Dans les développements de la pensée et de la société, il y a un mystère analogue. C'est comme un parallélisme de vie, comme une co-existence à la tois libre et jointe ; chacun est indépendant et tous dépendent d'un double principe qui est à la fois divin et humain.
Être liées par le principe, libres par le développement; c'est la loi des choses humaines qui assure également l'indépendance de la science, de la religion, de l'art. C'est l'unité de la multiplicité. Les religions^ les philosophies, les sciences, les
arts, les politiques, les morales, les civilisations sont des dë« veloppements libres qui tous ont un principe unique.