CHAPITRE III
Ne soyons pas étonnés si ce lien n'a jamais existé dans les sociétés, et si les hommes, pour le remplacer, en ont reconnu d'artificiels qui assuraient en même temps l'existence transitoire et la mort des institutions, des religions, des sciences même qu'ils créaient. Il faut une cohésion a la vie sociale. Ne la trouvant pas dans les lois absolues faites humaines par la méthode certaine, les hommes ont cherché un semblant d'unité tantôt sous l'empire de la force, de la violence, critérium matériel et pesant du poids des choses sur l'esprit ; tantôt par des critériums plus intellectuels, mais non moins faux, tels que la foi, le syllogisme, l'expérience, l'évidence.
Tant que la méthode ne présentera pas à l'homme le critérium infaillible, malgré tous ses efforts, il retombera fatalement sous la force après avoir épuisé ses contrôles d'essai. La tyrannie sera toujours le dernier mot de tous les critériums faux, par là seul que le lien des choses humaines est nne nécessité de vie des sociétés. Quand on s'élève hors de l'atmosphère, le corps perd sa cohésion propre, le sang: s'échappe de l'enveloppe destinée à le contenir. La méihode est comme l'atmosphère des sociétés, elles en subissent toutes les influences.
GONSIDf^RATIONS GÉNÉRALES. 39