CHAPITRE V
Je ne sais si la question est pesée dans toute sa fatalité : la cohésion, l'unité sont une nécessité des développements humains, c'est-à-dire de la religion, de la philosophie, des arts, des sciences, des institutions sociales et politiques. Et cependant la liberté de chacun est nécessaire pour qu'il y ait vraiment développement et vraiment unité; on sent donc que si un développement pèse sur Pautre, à l'instant le lien est faux, et destructif à la longue au lieu d'être fécond.
Que faut-il donc?
Que chacun des développements libres soit enchaîné aux autres par un principe commun et unique, qui soit à tous essentiel et dans tous le même. Or, ce principe, c'est la méthode qui développant et fixant les notions absolues et nécessaires qui sont les bases mêmes de la science, de l'art, de la religion, de la morale, des institutions sociales et politiques, leur communique par l'absolu assimilé et pratiqué, la sève unique d'une vie commune et libre à la fois. L'ensemble des développements humains est comme un organisme où aiicun organe n'absorbe l'autre, mais où chacun dans son acte propre et simultané concourt à la vie commune. Certes le poumon n'agirait pas sans l'estomac, le cœur sans le cerveau, et réciproquement; il y a donc une loi de dépendance nécessaire. Mais cependant le cœur, le cerveau, le poumon, l'estomac ont
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une action propre et qu'ils ne tiennent que de leur rapport direct avec le principe de vie quel qu'il soit. Il y a donc une loi de liberté.
Bisons-le donc : la loi de cohésion et de liberté des choses humaines c'est d*être liées par le principe seul. J'ai appliqué ailleurs cette loi aux rapports du sacerdoce et de l'État. Elle n'est vraie pour eux que parce qu'elle l'est pour tout. La méthode et les lois nécessaires sont le principe et le moyen de la cohésion. Commençons, au point de savoir où l'humanité se trouve, par certifier la méthode et par elle les lois absolues de chaque développement humain ; alors nous aurons ce lien par lequel les sociétés pourront supporter la liberté et s'épandre en elle. Il ne saurait y avoir liberté sans que le principe de cohésion soit absolu, ce qui veut dire que ce n'est que par le critérium absolu, et la méthode certaine que la li-, berté peut exister.