‹ Essai d'un ultimum organum ou constitution scientifique de la méthode, Volume 1Chapitre 38 sur 130 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

On avait épuisé toute la puissance de la méthode grecque , on avait usé le syllogisme comme critérium , on avait trop raisonné pour que la force fût autre chose qu'un contrôle nécessité par l'impuissance humaine. Avec la déconsidération du critérium de la connaissance toutes les idées (fu'il avait éclair.^es , fixées même , étaient par logique tombées dans le discrédit. A la fin des civilisations grecque et romaine on se trouvait pour ainsi dire moins avancé qu'à leur naissance. L'une était l'espoir et l'élan d'une méthode trouvée , l'autre en était le découragement et la torpeur. L'échec des grandes tentatives rejette Thomme plus bas qu'il n'était avant la haute pensée et avant l'essai.

L'esprit humain recula devant lui-même. Il sentit qa'en faisant le syllogisme critérium , il s'était attribué la puissance finale sur le vrai. Il voyait bien qu'il ne l'avait pas. En face des désastres moraux qui étaient la conséquence de cette usurpation, il ne songea plus» qu'à se fuir, lui, son ignorance et les impuissantes spéculations nées de sa méthode.

Ce fut dans cette déroute générale des esprits , des mœurs et de la certitude que le christianisme se leva. Il présenta à l'esprit l'absolu comme le seul terrain solide et l'esprit s'y jeta tout garrotté par la foi. Ce n'était point assez pour l'homme efirayé de soi-même de lencontrer le premier degré de la grande échelle de la vérité , il fallait qu'il ne sentît plus sa

liberté , qu'il l'abdiquât , il voulait la perdre pour rester plus parfaitement lié à l'absolu. L'esprit se livra et la foi devint le critériiim de la connaissance.

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