‹ Essai d'un ultimum organum ou constitution scientifique de la méthode, Volume 1Chapitre 47 sur 130 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Ayant épuisé le critérium foi, l'esprit se trouvait sans méthode. Tout ardent du souffle chrétien , il se sentait éteindre par la stérilité. Plein de vie et d'aspirations s'abîmerait-il? On avait en vain essayé de solidifier le contrôle foi par le contrôle syllogisme. Que restait-il à faire? Le nier. On n'osait. L'affirmation du christianisme était dans toutes les pensées. On croyait que nier la foi en tant que critérium, c'était détruire absolument l'affirmation religieuse. Enfin l'organisation théocra tique imposait ^

Cette dernière raison arrêtait moins pourtant que les premières. C'était le sentiment d'une vérité incluse dans le christianisme plus que la peur qui inspirait à Bacon ses ménagements, à Descartes ses respects , à Pascal son assentiment. La conscience et l'amour de la vérité sont plus puissants dans rhmnanité que la terreur. Tout en reconnaissant que l'homme est faible, ne l'abaissons pas au-dessous de lui-même.

La tentative méthodique que nous allons étudier se personnifie dans quatre hommes à jamais admirables : Bacon, Descartes, Pascal, Spinoza. Ils sont comme les types pre-

1. On sait que Descartes , retiré en Hoilanae , âiiait faire paraître soD traité du Monde où il arrivait aux solutions de Galilée. Il recula devant les condamnations ecclésiastiques qui frappaient le philosophe italien.

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miers qui vont se développer dans la société moderne jusqu'à nos jours. La scission que nous constaterons entre eux, nous la retrouverons vivante au milieu de nous. Ils sont encore aujourd'hui les drapeaux méthodiques autour desquels se groupent toutes les notions particulières , toutes les divisions de notre société et de nos croyances.

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