‹ Essai d'un ultimum organum ou constitution scientifique de la méthode, Volume 1Chapitre 56 sur 130 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Les mêmes fautes engendrent les mêmes résultats et nous pouvons ici en relever une grande instruction.

Comme la méthode chrétienne se rattachait aux notions des premiers âges, elle aboutit comme elles à la force. Elle avait beau se déguiser sous l'esprit, ses fruits sont là : anéantissement de la pensée, de la science, de la liberté. Et c'est à cet extrême, malgré toutes les condescendances arrachées et conquises, quêtons les hommes de notre temps qui conser-

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vent le critérium foi sont forcés d'aboutir s'ils osent être logiques.

Comme la méthode grecque plaçait le contrôle du vrai dans riiorame par le syllogisme, ainsi fait la méthode moderne par Texpérience et l'évidence et on les voit aboutir également au même découragement final des sciences métaphysiques, par conséquent à la ruine de la haute science et de la pensée. Déjà Ton tremble de voir les efforts de notre âge se terminer k l'abîme d'immoralité et d'esclavage du monde antique.

Sommes-nous donc assis sur les ruines de l'esprit et de la liberté? N'est-ce qu'une vaine poussière que les siècles viennent de nous apporter? Faut-il que le vent du désespoir dissipe toutes les choses de l'homme, toutes les pensées du génie faisant effort vers l'absolue vérité?

Non. Si à chaque notion de la méthode correspondent des développements propres, des états particuliers de la connaissance et de la conscience, si les civilisations, leurs éclats et leurs ténèbres se peuvent expliquer par les forces et les impuissances des critériums, ne sommes-nous pas en droit de chercher à rendre le courage aux désespérés de notre temps? Ne pouvons-nous pas dire que si l'homme trouve la notion méthodique vraie et certaine, cette voie sûre de l'infusion de l'absolue vérité dans l'esprit, s'il découvre en un mot la constitution scientifique de la méthode , il pourra et devra enfin espérer de constituer une science, une civilisation correspondantes à l'idée génératrice.

Il était dans la destinée de l'homme ignorant, après avoir vécu comme, d'instinct, de prendre pour la méthode ellemême chacun de ses instruments au fur et à mesure qu'il les découvrirait. Il devait les considérer successivement comme les contrôles uniques, et par là fausser la méthode entière. L'heure est venue de se placer résolument en face de la notion définitive et certaine. Nous sommes vis-à-vis de la question à peu près comme on aurait pu l'être en Grèce après Platon .et Aristote. Conmie alors les grands physiciens ont succédé aux théocraties, comme alors d'immenses systèmes métaphysiques ont surgi. La Grèce s'aveugla et s'abîma; ferons- non s comme elle? Nous avons des solidités qu'elle ne

connaissait pas : rexpërience dous soutient et nousencou rage durant la recherche; nous avons la haute affirmation d'absolu qui plane vague, mais indestructible par la grande idée chrétienne. Abordons donc sans trembler ce premier problème de Tesprit humain, tentons de constituer enfin cette notion d'une façon définitive, scientifique, et jugeant par elle les fautes du passé, préparons les solidités de Tavenir. Si la méthode n'est pas la vérité et la vie, ce qui n'appartient qu'à l'infini, elle est au moins la voie de la vérité, le levier de la vie, car elle est le moyen d'incarnation de l'absolu vrai dans Tesprit. ,

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LITRE IIL

r QUESTION.

ACTION DE NOTRE ÉTAT MÉTHODIQUE SUR LA. MÉTaAySIQUE ET SUR LA LIBERTÉ.

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