CHAPITRE IL
Faut-il relever ici la raison de cette force unique? Elle est dans tout ce que nous avons déjà dit :
C'est que la méthode vraie ou fausse, étant le moyen nécessaire et fatal de la connaissance, contenant en elle le principe et la fin de la connaissance par le critérium de la certitude, toutes les conséquences s'imprègnent d'elle.
C'est que la méthode, étant en soi la confiance d'arriver aux choses entreprises, féconde la vie ; étant la garantie pour l'esprit d'atteindre la certitude, féconde la pensée.
Selon qu'elle est, elle trempe donc les esprits, les institutions, les arts, les sciences. Si elle n'est pas comme le principe de vie est à l'oi^anisme , au moins est-elle comme le sang de la vie.
Ne nous étonnons donc plus de voir le monde osciller comme la méthode ; s'abâtardir dans l'immoralité, quand le critérium est attribué à l'individu; dans la servitude, quand il est transporté k la force; dans l'athéisme, ce grand découragement métaphysique, quand l'esprit épuisé d'esws reste sans critérium et perd par là même l'émotion de l'absolu.
La méthode est l'espoir de la possession de l'absolu , elle en est le moyen. Quand cet espoir se brise, il ne reste plus de place dans l'esprit que pour la négation et l'avilissement.
GONSIDfiRATiONS GÉNÉRALES. 121