‹ Essai d'un ultimum organum ou constitution scientifique de la méthode, Volume 1Chapitre 64 sur 130 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

C'est une puérile pensée que celle qui fait redouter h certains esprits Tabsolu pour la liberté.

L'homme est d'autant plus libre, plus personnel, plus original en tout, sans exception, qu'il est en plus grand contact avec l'absolu.

Tout est faux qui n'en dérive pas. Partout, où ne sont pas respectés les rapports de l'absolu et du relatif, du général et du particulier de l'individualisme et de la loi, de la liberté et de Tordre, de l'autocratie personnelle et de la science sociale, de l'évidence propre et du vrai en soi, du goût personnel et du beau en soi, de la conscience et du bien en soi, il y a faux art, fausse science , fausse morale, fausse justice , gouvernement arbitraire.

Qui fait l'originalité d'un Newton, d'un Kepler, d'un Galilée? La découverte des lois absolues. Qui fait la personnalité d'un grand artiste ? La pénétration des lois absolues. Qui fait le génie propre d'un penseur ? La fixation des rapports nécessaires, soit de l'absolu et de l'homme, soit des hommes entre eux. Ce qui est original dans l'homme , ce n'est pas riiomme, c'est l'absolu. Pascal a dit : « On n'aime pas la personne, mais seulement ses qualités. > Gela estvrai, mais il n'en donne pas la raison ; c'est qu'en aimant les qualités, on aime l'absolu qu'elles représentent : beauté, bonté, savoir, et que l'homme sans cela est introuvable parce qu'il est impersonnel.

L'homme n'est personnel que par l'absolu ; sans lui , c'est comme une ombre; ce n'est pas une matière, car la matière par l'être, par la beauté vit d'absolu ; ce n'est pas un esprit, car l'esprit par la science et le vrai vit d'absolu ; ce n'est pas une âme, car l'âme par la justice et le bien vit d'absolu. Ge n'est pas nous qui vivons, c'est l'absolu qui vit en nous.

122 PROCËMIUM.

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