‹ Essai d'un ultimum organum ou constitution scientifique de la méthode, Volume 1Chapitre 93 sur 130 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

ITue de la noilon.

J'espère être parvenu à montrer comment l'esprit voit le contingent et l'absolu. Peut-être est-il bon de se demander ici, comment il voit la notion.

La notion est marquée de contingence, soit par sa réalisation formelle, soit parce que sa détermination, son identité et son essence sont finies. II faut donc dire que l'intuition ne suffit pas pour s'emparer de la notion. Gomment d'ailleurs admettre la perception à la vue de la notion?

Ce serait se tromper que de confondre la perception avec la sensation. La perception est la conséquence de la sensation. Elle est la vue de l'esprit déterminée par la sensation. Or pour l'esprit, voir c'est avoir la notion de la chose vue. C'est donc une opération intellectuelle faite à propos et conune résultante de l'action des sens. Dès lors, on doit dire que toute perception, soit de l'objet le plus matériel et le plus grossier, soit de l'objet le plus impalpable, rentre dans le même cas. Toute pM^rception est une notion. Ce n'est pas l'objet même qui est dans l'esprit , c'est sa représentation notionnelle.

L'objet dans l'esprit n'est donc qu'en tant qu'idée. La substance, la forme, la vie ne pénètrent pas daiis la pensée réellement et substantiellement. Dès là, il faut donc dire que c'est la détermination (qui est l'idée de la forme) , l'identité

(qui est l'idée de la vie), l'essence (qui est l'idée de la substance, comme nous l'avons démontré), qui sont la cause de la vue de l'esprit. L'esprit, au vrai, ne voit pas des objets, il voit des notions d'objets, lesquels sont apportés par la sensation de l'objet à la perception.

La notion est contingente, 1** parce qu'elle a détermination, Uentité, essence bornées ; 2"* par la forme parlée, écrite, peinte, construite, etc., qu'elle revêt; 3° elle peut être encore contingente par l'objet dont elle est la représentation dans l'esprit.

Contingente par rapport à sa détermination, son identité et son essence finies. Elle est vue (suivant les lois posées au livre de l'être, chapitre de la détermination et suivants) par l'expansion de la détermination , de l'identité et de l'essence , c'est-à-dire qu'elle est vue par le nécessaire môme.

Contingente par sa forme réalisée dans la parole, l'écritare, la peinture, la musique, etc., etc., la notion est perçue par la détermination , l'identité et l'essence réalisées dans chacun des modes de production de la pensée. La perception joue ici son rôle.

Contingente par l'objet fourni; cette contingence est plus extérieure que réelle, car il importe peu pour l'esprit que la notion perçue soit d'un matériel ou d'un spirituel , puisque c'est toujours une notion. Les caractères propres restent les mêmes.

Quand je dis : arbre , pavé , ce sont des notions d'un contingent matériel. Mais arbre, pavé, n'arrivent à Tesprit que par la détermination, l'identité et l'essence propres constitutives de la forme, de la vie, de la substance d'arbre et de pavé.

On retrouve donc partout dans la vue de la notion sous la perception du contingent, l'intuition du nécessaire, sans quoi elle ne s'opérerait pas. La vue de la notion n'est donc pas un fait nouveau , et tout ce que nous avons dit s'y applique.

Vr QUESTION.

ACCORD DU SPIRITUALISME ET DU SENSUALISME SUR LA BASE DE LA CONNAISSANCE.

Il faut, de ce que nous avons démontré , chercher à déduire l'accord des deux grandes scissions philosophiques sur l'esprit.

« Tous les hommes, s'ils sont bien interrogés, dit Socrate au Phédon, trouvent tout d'eux-mêmes, ce qu'ils ne feraieut pas, s'ils ne possédaient une certaine science et de véritables lumières. » Pascal ouvre son chapitre de la connaissance de l'homme par ces mots (PeihseeSy art. iv) ; « La première chose qui s'offre à l'homme quand il se regarde , c'est son corps , c'est-à-dire une certaine portion de matière qui lui est propre. Mais pour comprendre ce qu'elle est, il faut qu'il la compare avec ce qui est au-dessus de lui. »

C'est ce qui est au-dessus du corps , c'est cette certaine science, ce sont ces véritables lumières que tous les philosophes ont cherché à déterminer. Pour y arriver, Platon imagine ces types premiers, ce ressouvenir, cette préexistence de l'âme au corps , cette vision de l'absolu antérieur à la vie; doctrine qui, dépouillée du merveilleux dont Platon l'entoure, restera la théorie des idées innées où le spiritualisme est toujours poussé par la vue directe de l'idée dans l'absolu.

En face de cette supposition élevée, mais sans autre base qu,'une vérité de sentiment qu'on faussait, on conçoit que les esprits solides, à la suite d'Aristote, aient préféré une théorie moins haute , et qu'ils croyaient plus sûre. Mais dans la science, on ne peut conjurer le péril que pa/ le point exact du vrai. Tout , hors de là , est en proie au hasard philosophique.

C'est ce qui est au-dessus du corps que Pascal, moins

métaphysicien que moraliste, laissait dans le vague et qu'il fallait préciser et définir, sans fausser tout à la fois la nature de l'esprit et la nature de l'être, à la façon des spiritualistes et des sensualistes. Ge n'est pas assez de se contenter de sentiment à la manière de la foi, de se perdre d'étonnement devant ce rien qui est l'homme suspendu au milieu de l'indéfiniment grand et de l'indéfiniment petit dans l'infini même. Sentiment, chose sublime et flottante comme l'homme ; certitude, chose sublime et solide comme l'absolu. Il nous faut la certitude.

Ge qui est au-dessus du corps de Pascal , ces véritables lumières de Socrate ont été niées parAristote, Bacon, Locke, GondiUac, pendant qu'elles étaient exaltées jusqu'à l'absolu même par les spiritualistes. Le corps n'était vu que par le corps pour le sensualisme , le corps n'était vu que par l'absolu pour le spiritualisme. Fausseté des deux parts, et les deux doctrines fourmillent de contradictions qui en sont l'indice.

On ne voit pas le corps par le corps seul; on ne voit pas l'absolu par les possibles ; on ne voit pas le corps et les possibles par l'absolu ; mais on voit l'absolu, les possibles, le corps par les qualités nécessaires de l'être. Or ces qualités ne sont pas le corps, puisqu'elles sont l'idée du corps ; elles ne sont pas les possibles , puisqu'elles sont les qualités nécessaires des possibles ; elles ne sont pas l'absolu, puisqu'elles sont dans des réalisations bornées proportionnellement à toutes les substances, les formes^et les vies des possibles. Elles sont les qualités nécessaires que nous savons.

= Où serait la faculté de l'esprit qui verrait l'absolu. Qu'on la nomme. Elle lui serait adéquate nécessairement, ce qui veut dire qu'elle n'est pas.

Et d'autre part, que feront les sensualistes de toutes les facultés de l'esprit qui voient les idées et les lois sans la vue du corps ? On les nie et les affirme tout ensemble. C'est ainsi que nous voyons Aristote et Bacon rejeter et admettre tour à tour l'intuition.

Or si l'on avait bien observé ce grand rôle des qualités nécessaires de l'être ; si l'on avait vu ces qualités nécessaires, se

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réalisant suivant la loi antinomique, dans l'absolu et dans le contingent ; si, d'autre part, on avait constaté la vue des qualités nécessaires et la vue de la réalisation contingente par l'esprit : on n'aurait pas eu hesoin de tomber dans ces deux excès également destructifs de Dieu et de l'homme. On aurait vu l'intuition, la perception agissant simultanément et spontanément, donner l'être, soit à Tétat absolu, soit à l'état contingent, ainsi que nous l'avons prouvé.

Parce que la perception n'atteint pas Têtre absolu , le sènsualiste se trouve fort embarrassé. Mais qu'importe , si l'intuition y arrive. Quel besoin, d'ailleurs, l'esprit a-t-il de la perception pour connaître l'absolu? Cette faculté n'est chargée que de fournir à l'esprit la réalisation matérielle des qualités nécessaires. Encore si la matière est trop subtile, la perception ne fournit plus rien. Le fluide, dont nous parlions plus haut, n'est pas perçu, les qualités nécessaires seules le font connaître. C'est donc Fintuition ici qui arrive à la connaissance même de la matière, avec l'aide de perceptions étrangères à l'objet corporel lui-même.

= J'avoue que je ne m'explique la faute métaphysique d'un esprit tel qu'Aristote sur cette question que par la réaction contre l'excès de Platon. Certes , si Ton avait proposé à ce grand homme de construire les mathématiques avec les objets nombres, sous prétexte de prudence, il se fût révolté ; c'est pourtant ce qu'il faisait quand il voulait que l'induction, c'està-dire la perception aidée de la sensation, pût suffire à donner l'absolu. Avec cette opinion, non-seuleînent il n'y a plus de métaphysique, mais il n'y a plus de sciences noclogiques pures; bien plus , il n'y a plus de sciences cosmologiques ; bien plus encore, il n'y a plus de connaissance , car le premier acte de l'esprit ne peut s'opérer, ainsi que nous l'avons démontré, que par la vue du nécessaire inclus dans le contingent, c'est-à-dire que par l'union et la simultanéité d'action de la perception et de l'intuition.

En partant de cette base crue prudente! on pensait ne s'appuyer que sur l'observation ; or, remarquons combien l'empirisme sènsualiste est loin de la réalité prétendue observée. En effet, si l'on peut voir jusqu'à un certain point

rintuition agissant seule ou tout an moins en dominante, comme nous Pavons constaté dans les mathématiques pures, la métaphysique , etc. , il est impossible de surprendre la perception faisant un seul acte sans l'intuition. Car nous savons que tout corps est une détermination, une identité, proportionnelles aux qualités de l'essence, et qui se réalisent en forme, vie et substance. Nous savons que la réalisation ne saurait se percevoir sans les qualités formatrices. Dès là, il faut donc dire que ce sont les qualités nécessaires qui donneront et certifieront à Tesprit la substance, la vie et la forme. Ge qui entraîne que l'intuition fera partout vivre la perception , et que sans l'intuition la sensation n'arriverait jamais jusqu'à l'esprit.

= Si, d'ailleurs, l'intuition pouvait voir dans l'absolu, comme le font penser les spiritualistes, l'esprit ne serait pas moins altéré dans sa nature. L'intuition des qualités nécessaires se trouverait transformée en plénitude de vue et de savoir, ce qui a été démontré.

Aristote, tout en n'affirmant que l'induction, a été entraîné par lapuissance de son génie observateur jusqu'à reconnaître contradictoirement la présence d'une autre faculté première. Il dit {Phys.y lib. I, texte 3) : « D'abord les choses nous sont tout à la fois confuses et certaines. > Pourquoi certaines ? sinon que, n'étant pas encore scientifiquement analysées, elles sont senties être par des qualités nécessaires. Pourquoi confuses ? sinon que ces qualités nécessaires n'étant pas définies et les réalisations n'étant pas analysées, tout reste dans l'esprit à l'état de sentiment invincible et de confusion certaine.

L'intuition est l'appât étemel de l'absolu dans la connaissance, c'est elle qui imprime à l'esprit ce goût du nécessaire dans la vie, dans l'art, dans la science ; c'est elle qui entraîne à ce parcours indéfini qui, pour l'homme, est la vérité. Jamais elle ne se lasse de faire scintiller dans l'obscur de la perception ce nécessaire qui monte Tesprit jusqu'à la certitude et l'attache par là à l'absolu. L'intuition est tout à la fois la possession première du vrai , le mirage du vrai ; elle est enfin le repos dans le vrai, quand tous les moyens métho-

diques sont venus corroborer les opérations qu'elle a faites de conserve avec la perception.

= Du reste j'avoue qu'il est impossible de comprendre pourquoi parmi toutes les facultés de l'esprit on va choisir précisément la vue du nécessaire ou intuition pour la nier quand on n'hésite pas à admettre les autres. N'admettons-nous pas que l'esprit a des quaUtés diverses pour saisir le seul contingent; l'imagination, la mémoire, pour le voir dans le passé, la perception pour le toucher dans le présent. Or, s'il a des facultés diverses pour voir une même chose diverse par ses états, pourquoi n'en aurait-il pas pour voir les états divers de l'être contingent ici, nécessaire là. La faculté doit être nécessairement proportionnelle au fait perçu.

Et d'ailleurs est-il un savant qui doute du nécessaire? La science n'a pas d'autre but que de placer l'esprit dans le nécessaire. Et elle y parvient. Au nom de l'expérience scientifique comme au nom de la métaphysique, il faut donc que l'esprit ait la faculté du nécessaire.

On y consent mais on veut voir une génération de la faculté de voir le nécessaire par la iaculté de percevoir le contingent, ou réciproquement, et l'on s'y entête depuis vingt-cinq siècles. Pourquoi? est-ce qu'il y a génération du poumon par l'estomac du vaisseau chilifëre par l'intestin? Qs coexistent chacun dans ses fonctions qui sont en rapport avec l'être à assimiler d'un côté en rapport avec l'individu qui se l'assimile de l'autre. Et il en est ainsi pour l'esprit ; les facultés, organes de ce grand organisme inteUeçtuel, sont en rapport avec l'être, qui, étant nécessaire et contingent, nécessite une faculté de voir le contingent, une faculté devoir le nécessaire; elles sont en rapport avec l'esprit qui, ayant pour but l'assimilation de l'être, l'adéquation à l'être, doit le percevoir en tant que nécessaire et en tant que contingent aussi spontanément dans un cas que dans l'autre.

Par Vintuition voyant le nécessaire, il est juste de dire avec Platon que la connaissance et la science naissent des idées, par la perceptian voyant le contingent, il est juste de dire avec Âristote qu'elles naissent des sens. Ces deux grands hommes sont tout à la fois excès et raison parce qu'ils ont vu

l'esprit en simplistes. Les deux générations qu'ils ont imaginées sont aussi fausses l'une que l'autre. Ce n'est pas plus la vue du contingent qui engendre la vue du nécessaire, que ce n'est la vue dii nécessaire qui engendre la vue du contingent.

L'esprit ne voit pas le contingent parce que, comme le dit Platon, il contient les types à priori ou qu'il voit l'idée en Dieu comme le veulent les spiritualistes ; l'esprit ne voit pas l'absolu parce qu'il voit le contingent, l'âme étant comme le dit Aristote {De animay liv. III, texte 14), une table rase sur laquelle il n'y a rien d'écrit. Tout est écrit et rien n'est écrit. L'être n'est pas à priâri dans l'esprit ni en qualité de nécessaire, ni en qualité de contingent, mais il y est en puissances également virtuelles et vivantes par les facultés simultanément et spontanément agissantes, saisissantes, assimilantes, et ces puissances sont en acte vivant et complet dès la première opération de l'esprit, c'est-à-dire dès la première perception et dès la première intuition. L'esprit, directement capable du nécessaire s'empare des qualités nécessaires de l'être ; directement capable du contingent, il s'empare de ses qualités contingentes.

Toute vue superficielle engendre les contradictions; toute vue profonde engendre l'unité. On serait bien près de se donner la main, si Tonne s'embariiassaitpas dans cette question extérieure et absurde où sont aheurtés les deux partis : la génération de l'une et des deux vues par l'autre.

Partons d'abord de ce point que toute la querelle porte sur une base factice et qu'il aurait fallu prouver avant de se combattre. Les facultés ne s'engendrent pas l'une l'autre ; est-ce qu'on a vu un organe s'engendrer des vaisseaux? non, il vient avec tous coexistants et il ne serait pas sans tous. De même l'esprit ne s'enfante pas à lui-même la vue du nécessaire par la vue du contingent ou réciproquement, mais il apporte ces deux puissances coexistantes de telle sorte qu'il ne serait pas si elles ne coexistaient pas.

Si les facultés ne s'engendrent pas, n'est-on pas en droit de dire aux spiritualistes, aux sensuaUstes, laissez donc une querelle sans fondement dans la construction de l'esprit.

Mais, en outre, dans les analyses qu'il font eux-mêmes, on ne peut relever que des contradictions. Tantôt Âristote affirmera que l'induction fournit l'universel, tantôt au contraire que toute la connaissance et la plus grande partie de la connaissance ne vient pas de la sensation. Tantôt Platon dira que les notions dçs idées premières sont antérieures, tantôt que la sensation donne des connaissances. Âristote et Platon semblent les types sur lesquels vont se mouler les diverses personifications de la pensée humaine après eux. L'humanité est si simpliste, par cette qualité d'abstraction qui est sa faiblesse et sa force, qu'elle continue de se diviser dans les erreurs de ces deux grands hommes* sans pouvoir trouver le véritable lien d'une théorie qui doit comme toute vérité être une.

= Que cachent ces contradictions de chaque doctrine avec elle-même et de ces doctrines entre elles? L'ignorance des antinomies, absolu et contingent, idée et matière : c'est une discussion métaphysique sans base métaphysique; on remonte d'un certain ordre de faits empiriquement observés à la loi, sans regarder s'il y a des faits contradictoires, c'est parce que Platon reste dans un des deux ordres déconsidérations, Aristote dans l'autre qu'ils élèvent des systèmes inverses. Une théorie pour être juste doit réunir tous les faits et ne pas être sapée par ceux-ci quand elle est élevée par ceux-là. Ces genres de théorie-là sont les pierres d'attente de la vérité ; les sciences physiques en sont pleines, la métaphysique en est encombrée.

Nous avons vu au chapitre précédent l'antinomie absolu et contingent, nous n'y reviendrons pas. Mais arrêtons-nous sur l'antinomie idée et matière. Il n'y a pas véritable antinomie entre idée et matière. L'idée contient de l'être, la matière contient de l'être. Sans nous demander ici comment, constatons-le. Matière et idée contenant de l'être sont donc affirmation et ne peuvent être les deux termes primitifs de l'antinomie par la loi déjà prouvée.

Voici l'antinomie véritable.

État préantinomique : Idée.

État antinomiqibe: Proces8U8=négation«— Plusla réalisa-

tion de Tidée dans sa négation c'est-à-dire la notion d'un côté la matière de l'autre.

Et en effet qu'est-ce que la notion'/ La divisibilité de l'idée, c'est-à-dire l'idée se réalisant non plus en tant qu'absolue, mais en tant que finie, c'est-à-dire étant en tant que notion, n'étant pas en tant que notion bornée par la diversité des ootioûs.

Quest-ce que la matière d'autre part? sinon la réalisation d'une idée, réalisation proportionnelle à la composition idéale de chaque essence matérielle. Je ne me demande ici rien de plus, il n'en est pas besoin.

Or notion contient les qualités nécessaires d idée, puisqu'il n'y a pas idée sans ces qualités, et que notion est idée encore comme contingent est être encore; de même matière contient les qualités nécessaires de l'idée puisqu'elle contient idée parles qualités de l'essence constitutives de chaque substance.

Quelles sont ces qualités? précisément celles de l'être; car il n'y a pas idée, pas matière sans détermination, sans identité, sans qualités essentielles propres. Dès là il faut donc dire que, pour l'esprit, voir la notion c'est tout à la fois voir l'idée et voir la matière, puisque ce sont les mêmes qualités constitutives qui courent dans l'une et dans l'autre. Encore une fois laissons le pourquoi, le comment, nous le verrons dans la métaphysique pure, ici nous cherchons des bases, nous assurons la méthode et le processus possible de la métaphysique sans plus.

= Or sil'espritvoit l'idée en soi par les qualités nécessaires, s'il voit la matière par les qualités nécessaires; quel besoin avons-nous désormais de cette classification factice de la vue de l'esprit qui verrait la matière par l'idée en soi, ou l'idée en soi par la matière? Non, l'esprit voit par les qualités nécessaires constitutives également de la matière et de l'idée. La notion lui donne ces qualités nécessaires dont il sera capable partout oïl il y aura les qualités nécessaires. Elles sont dans la matière, il affirmera la matière ; elles sont dans l'idée en soi, il affirmera l'idée en soi. Et ainsi nous aurons la vue du contingent et de l'absolu par la natui^e de la notion et par la composition de l'être.

Di'gitized

Je puis donc dire aux spiritualistes : oui l'esprit voit spontanément et primitivement Tabsolu, car il voit les qualités nécessaires. Je puis dire aux sensualistes : oui Tesprit voit spontanément et primiti vendent le contingent ^ car il le perçoit en tant que réalisation proportionnelle des qualités nécessaires.

Qu'ils cessent donc leur guerre antique, qu'ils abandonnent cette théorie de la génération d'une des vues de l'esprit par, l'autre ; et qu'ils voient la notion, cette divisibilité de l'idée, donner d'un seul coup, par les qualités nécessaires, la vue primitive de l'absolu, la vue primitive du contingent ainsi que je les ai expliquées plus haut.

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Vir QUESTION.

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