Brachionus; ciliés à l’orifice. (22 espèces
Gmelin, qui publia la VIe. parte du tome I de son RATE du Systema naturæ avant lap= pariion du travail posthume de Muller, et qui n'avoit eu pour guide, dans sa compilation, que les premiers essais de ce orand naturaliste, ne mentionne, dans un ordre contraire , c’est-à-dire descendant, que les genres Brachionus , Forticella ; Trichodu , Cercaria , Leucophra , Gonium, Colpoda ( Kolpoda), Paramæcium , Cychidium , Bursaria, Vibrio, Enchelis, Bacillaria (compris ensuite dans le genre F’ibrio de Mullér), Folvox et Monas.
De tels genres sont en général artificiels et insufisans. Muller et son smitaleur , en faisant connoitre une si considérable série nouvelle d'êtres animés, craignirent sans doute d’effrayer les naturahstes, en multipliant trop les divisions destinées à les renfermer. De là ce grand nombre de Microscopiques compris ‘par eux dans des groupes dont ils n’ont en rien le caractère, el où leur présence forme disparate.
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Dès l'an 1815 , le savant. de Lamarck sentit la nécessité de réformer la méthode de celui qui ayant ouvert la route, n’avoit pu y marcher d’un pas sûr. Ce grand naturaliste jugea, d’après les excellentes figures prodiguées par son devancier, que beaucoup d’éntr’elles représentoient des êtres déjà fort avancés dans l’organisation , et qui ne devoient point demeurer confondus avec de simples ébauches, où l'on ne sauroit distinguer le moindre organe. En adoptant Îa classe des Ænfusoires comme la première de sa méthode , il caractérisa de la sorte les êtres qu’il supposa y devoir demeurer : animaux microscopiques , célatineux, transparens, polymorphes, contractiles ; n’ayant point de bouche distincte, aucun organe intérieur, constant, déterminable ; où la génération est er ou subgemmipare. « Ainsi, poursuit le Linné de ia France : ces animaux n ’ayant point de bouche , point de sac alimentaire, ne se nourrissent que par Fabsorption qu’exercent leurs pores extérieurs ou par imbibition interne; ainsi leur organisation , qui est la plus simple de toutes celles qu offre le règne animal, présente par son Caractère un degré particulier qui les distingue éminemment de tous les autres animauxt Je me suis assuré qu'il en existe de semblables , car j’en ai observé moi-même PR sieurs: et quand même il n’en existeroit qu'un petit nombre , Jeu eusse fait une classe à part, d’après la NUE ration du caractère éminent qui “ distingue. » ( Anim. sans vert. tom. 1. P. 303:)
Nous avons cité ce passage d’un célèbre et seru-
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puleux naturaliste, pour répondre à ceux qui ne jugeant pas à propos de faire la dépense d’un microscope, et qui n'ayant jamais employé cet instrument pour interroger la nature sur ses plus” singuliers mystères, ont établi des systèmes ou écrit sur les Infusoires, sans en avoir vu autre chose que des figures gravées , ou ce qu'en écrivirent les micrographes. Nous l’avons surtout cité pour ceux qui affectent de révoquer en doute les découvertes de ces micrographes laborieux, tenant d’ailleurs un être pour méprisable s’il n’est aussi grand qu'une autruche ou qu'un éléphant fossile , et qui assurent qu’un animalcule ne sauroit jouer un rôle aussi important dans la nature qu'un mollusque ou qu’un poisson. Ce précieux passage répond à l’un des grands naturalistes dont les opinions sur toute autre matière nous paroissent du plus grand poids quand 1l demande.en parlant des Infusoires : « Mais sont-ce réellement des animaux , C'est-à-dire, une certaine combinaison d'organes affectant une forme déterminée , et agissant d’une manière également déterminée sur les corps extérieurs ? » Si, au lieu de se prononcer pour la négative, le savant qui élève nn tel doute se fût procuré un microscope, afin de vérifier les faits, ainsi que n'avoit pas dédaigné de le faire liilustre professeur du Muséum, 1leût émis des idées plus justes, et ne se füt pas mis en contradiction avec l’exact Muller , et vingt auteurs qui out tous vu les mêmes choses à peu près de la même manière.
L'animalté des Microscopiques est une chose
beaucoup plus réelle que tant de rapprochemens désavoués par la nature, employés pour établir certains systèmes, dont les traces auront disparu, que le microscope sera toujours là pour attester Pexistence d’êtres si gratuitement rayés du catulogue des créatures vivantes par une simple supposition. Nier aujourd'hui lexistence des Infusoires ou leur animalité, n'est plus que déguiser Paveu d’une ignorance qui se complaît dans son orgueil ; la mettre en problème, c’est afficher une sorte de mépris pour les assertions de quiconque dit en avoir vu. D’autres naturalistes hau-
tains, prétendant forcer le vulgaire à juger de lPimportance de leurs travaux par le volume des choses dont ils s’occupent , prétendent aussi nier l'utilité des recherches microscopiques, en insinuant qu'une grande partie des résultats qu'on obtient du microscope sont hypothétiques. Nous espérons démontrer un jour, dans un ouvrage préparé déjà par plus de vingt ans de recherches, combien , au contraire , ces résultats sont certains et surtout importans. Notre ouvrace, dont cet essai n'est qu’une sorte de prodrome, prouvera que dans toutes les choses qu’on veut bien connoître, c’est par leur commencement qu'on les doit étudier , et que si les détracteurs de la micrographie se fussent adonnés à cette parie de la science, ils auroient acquis des idées plus conformes à la vérité qu’ils n’en ont sur l’'anima- Rté, la vie, et l'esprit de méthode dans lequel on doit procéder en histoire naturelle, pour ne pas mélamorphoser cette branche de nos con-
(14) noissances en un pur amas de mots. Ce dédain pour le microscope, d'hommes fort savans d’ailleurs, et pour les naturalistes qui l'emploient, à quelque chose de cette aversion que manifeste le vulgaire pour tout ce qui ne lui est pas familier ou qu'il ne comprend pas d’abord. M. de Lamarck, que sa haute philosophie et Ja profondeur de son savoir ont mis en tout hors de la ligne de ce vulgaire, qui comprend plus d’un savant, a senti que les Infusoires n’étoient pas : méprisables , et que selon la méthode qu'on adoptoit en histoire naturelle, ils ouvroient ou terminoient les cohortes. animées, Cet illustre naturaliste ne s’est pas borné à les étudier sur les planches de l'Encyclopée die , il les a voulu voir vivans : aussi s’en est-il fait une idée très-juste, et, le premier, il a senti la nécessité de réformer la classification de Muller. Il établit, dans son Hrstoire des animaux sans vertèbres, une première classe toujours appelée des Tnfusoires, dont il repousse les espèces ou les genres chez lesquels on peut reconnoître quelqu’organe vibratile. Plusieurs Trichodes , les Vorticelles et les Brachions, deviennent pour lui lordre premier de sa seconde classe, sous le nom de Polypes ciliés (tom. 2. p. 18). Réunisssant les geures Kérone et Himantope en un seul, divisant les Cercaires en deux , sa première classe répond à peu près aux quinze premiers genres de son prédécesseur ; elle est divisée en deux ordres: celui des Infusoixes nus et celui des Infusoires
appendiculés.
Ca):
En reconnoïssant l’excellence de telles bases, nous devons cependant faire remarquer combien les animaux appelés Polypes cils, qui forment bien réellement un ordre, au moins, dans la nature, sont déplacés parmi les Polypes, dont l’étymologie du nom est dans le grand nombre de pieds ou appendices aui farent primitivement comparés à des pieds. On vérra par la suite que si la plupart doivent être définitivement extraits de la classe des Alicroscopiques, ce sera pour commencer celles des Entozoires , des Radiaires et des Crustacés.
M. Cuvier (Règn. anim. tom. IF, p+ 89) ne forme des Infusoires qu’une division de son quatrième embranchement des animaux, qu'il appelle Zoophytes ou Animaux rayonnés. Sans examiner si lenom de Zoophytes (animaux-plantes) convient à la généralité des êtres que le savant professeur considère comme formant son quatrième embranchement ; nous pouvons assurer que le nom de rayonnés ne peut , sous aucun prétexte, convenir à nul.de ces véritables Infusoires de la première classe de M. de Lamarck, où ne se reconnoissent ni cirres, ni tentacules , ni membre, ni. quoi que. ce soit dont on puisse. inférer le moindre rapport avec un organe rayonné quelconque. M. Cuvier paroît d'ailleurs avoir rejeté la cinquième et. dernière classe de son quatrième-embranchement à la fin de son excellent ouvrage, sans attacher beaucoup d'importance aux êtres qu'il y comprend; et, comme fatigué par l’immensité de son travail, il s’est borné, en diminuant arbitrairement le nombre de genres
qu'il n’avoit probablement pas examinés dans la nature même, à conserver la section des Rotifères de M. de Lamarck, en l’élevant à la digmité d'ordre , appelant Znfusoires homogènes tous ceux où l’on ne reconnoît pas d'organes distincts. Il extrait en outre les Vorticelles de sa dernière classe, pour les rapporter dans le voisinage des polypes à bras, rendus célèbres par les travaux de Trembley, mais qui n’y ont guère de rapports.
Si l’on en excepte M. de Lamarck, tous les naturalistes qui, depuis Gmelin, ont donné des systèmes et des méthodes où le règne animal est compris tout entier, paroissent n’avoir pas observé enx-mêmes d’Infusoires vivans ; ils en ont jugé d’après Muller , et, soit qu'ils aient dans leur travail établi des genres, ou soit qu'ils en aient supprimé , c’est en général d’après des figures gravées que sont fondées leurs augmentations ouleurs réductions. |
Nous étant, dès notre première jeunesse, habitué à l'usage du microscope ; n'ayant cessé depuis d'employer en tous lieux cet instrument pour la recherche des êtres singuliers qu'il décèle; certain par les dessins sans nombre que nous en avons faits, et d’après les notes que nous avons tenues, de la constance des formes qui s’y manifestent ; peu des animaux décrits par Muller, ou par la plupart des micrographes antérieurs, nous ont échappé; nous en avons découvert uu nombre bien plus considérable qu’on n’en avoit encore trouvé; et en acquérant, par une expérience de vingt-cinq ans, la certitude des résultats que
nous avons obtenus, nous croyons pouvoir fonder sur les Done une classification moins imparfaite que celles qu'on avoit tentées Jusqu'ici. Nous,sommes loin de donner cependant cette classification comme définitive, ni même comme bonne ; mais nous avons fait tous nos efforts pour la te aussi naturelle que possible é dans l’état actuel de nos connoissances ; el:si elle suffit pour aider à reconnoître Po tenent les objets que nous prétendons ÿ Comprendre, nous aurons atteint le but où tendirent tous nos efforts.