‹ Essai d'une classification naturelle des champignons, ou Tableau mthodique des genres rapports jusqu'au preþsent cette famille;Chapitre 3 sur 145 · Des Lycoperdacées · texte numérisé non relu

Des Lycoperdacées

Nous avons déjà indiqué le caractère principal des Lyco- PEaoACBEs : c'est l'existence d'un péridium , ou enveloppe fibreuse , formé par un tissu de filamens , qui enveloppe complètement des sporidies ou des sporules, ordinairement placées sur les filamens qui remplissent l'intérieur de ce péridium.

Le mode de développement des sporules n'a encore été bien étudié dans aucun des genres de cette famille , de manière qu'on ne sait pas si on doit les regarder comme des sporidies à une seule sporule, qui étoient d'abord fixées sur les filamens qui remplissent le péridium , ou si on doit les regarder comme des sporules échappées de l'intérieur des sporidies, qui se seroient détruites à la maturité du champignon : on sait seulement que les plantes de cette famille commencent, en général, par être presque liquides à l'époque de leur accroissement, qui est ordinairement très-rapide, et qu'elles se dessèchent et se solidifient pour ainsi dire plus tard , pour passer ensuite à l'état indvérulent lors de la dissémination des sporules.

Peut-être même dans quelques genres existe-t-il des sporidies à plusieurs sporules bien distinctes : ainsi Dittmar a figuré dans le Licea strobilina des sporidies ovoïdes, renfermant des sporules globuleuses très-petites; U a observé une structure à peu près analogue dans le genre Poljangium. Ehrenberg en a figuré de semblables dans quelques Erjsiphe,

Si un jour on a des observations microscopiques assez nombreuses sur l'organisation desséniinules de cette famille, peut-être pourra-t-on employer ce caractère comme fournissant la première division des lycoperdacées ; mais en attendant nous devrions peut-être nous contenter d'un caractère

qui est assez d'accord avec l'aspect général de ces plantes, et diviser cette famille en deux groupes : le premier renfermant celles dont le péridium fibreux s'ouvre à la maturité , pour laisser échopper les sporules; le second comprenant les genres dont le péridium, dur, spongieux et à.peine distinct de la masse compacte que forment les sporules, ne s'ouvre jamais, de sorte que les sporules ne paroissent se répandre au dehors que par la destruction même de la plante qui les a produites : tels sont les genres Sc/croi'à/m, Xyioma , Rhizoctonia, etc.

Ces lycoperdacées anomales, dont la structure est encore très-mal connue, ont été placées en partie, par Pries, parmi les vrais champignons auprès des Iremelles : il n'admet dans la famille des lycoperdacées que les genres doués d'un vrai péridium fibreux et déhiscent; il regarde les autres comme ayant des sporules éparses à leur surface. Rien ne prouve cette opinion; au contraire , on passe des lycoperdacées aux espèces de sclerotium par les genres Tuher et Rhizoctonia , et le premier ofifre tant de caractères qui le rapprochent des Scleroderma , Pol/ysacciim , etc., qu'il est difficile de ne pas le regarder comme voisin des lycoperdacées. Telles sont les raisons qui nous engagent à regarder les Sclerotium et autres g€nres voisins comme une tribu des lycoperdacées.

Dans ces genres la structure fibreuse ou filamenteuse a presque complètement disparu ; ils forment , comme les trémellinées parmi les vrais champignons , un groupe de genres anomaux. C'est auprès de ces genres que nous croyons que doit se placer le genre Xyioma, qui paroit jouer dans cette famille le même rôle que les autres genres qui croissent sur les plantes vivantes , jouent dans les autres familles , c'est-à-dire qu'ils présentent toujours l'organisation la plus simple et la moins développée que la famille à laquelle ils se rapportent puisse offrir ; c'est ce qu'on remarque pour les uredo etœcidium parmi les urédinées, pour les erineum parmi les mucédinées, pour les xjloma parmi les lycoperdacées. Dans les familles plus complètes nous n'observons plus de vrais parasites sur les feuilles vivantes, excepté parmi les hypoxylons, où ils ne paroissent différer de ceux qui croissent sur les plantes mortes que par une taille et un développement moins considérables.

Dans le premier groupe, ou parmi les lycoperdacëcs à pë^ridium fibreux et déhiscent , on peut distinguer trois tribus : les deux prem'ères , quoiqu'assez différentes par leur port, ont une structure presque semblable ; la troisième ofîVe ce caractère remarquable , que le péridium général renferme un ou plusieurs péridium secondaires membraneux, paroissant presque semblables à ceux des mucors et renfermant les sporuies.

Quant aux divisions secondaires à établir parmi les vraies lycoperdacées, nous n'en parlerons pas ici, parce qu'elles n'ont aucune importance physiologique, ces divisions n'éiant fondées que sur des caractères peu importans et plutôt extérieurs qu'en rapport avec l'organisation de ces plantes; ce qui dépend de l'uniformité de structure essentielle qu'elles présentent.

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