LV FETE
Congrégations « stricto sensu »
La notion de Congrégation (1) est de beaucoup postérieure à celle d'Ordre. En principe, les Constitutions congréganistes sont la reproduction plus ou moins fidèle des Règlements de Réguliers (et ceci nous permettra d'abréger considérablement l'étude que nous entreprenons). Il est même arrivé souvent qu'une Congrégation se mit en dépendance directe et immédiate d’un Ordre, en adoptant sa règle dans la limite où elle est applicable à un Institut et en se soumettant. à l'autorité de ses chefs dans l'intention de bénéficier d’exemptions particulières dont jouit l'Ordre, par exemple au point de vue liturgique: c’est ainsi que s'explique la naissance de ce qu'on a appelé les fiers ordres. Mais, même dans ce cas, la Congrégation ainsi fondée se sépare nettement de l'Ordre en ce que ses vœux sont simples et en ce qu'elle ne bénéficie pas de l’exemption générale,
La législation sur la question des Congrégations a été longtemps incertaine et les points discutés nombreux.
(1) Comme traités généraux sur la question on peut consulter Boux, Tractalus de Jure Regularium, déjà souvent cité ; le P. Prar, Prœælectiones juris regularis ; le P. VERMEERSCH, De Religionis institulis el personis, traité continué par la publication irrégulière, De Religionis.
Par bonheur, la Bulle Conditæ a Christo est venue, en ces temps derniers, codifier le Droit et éclairer les points douteux.
Dans un premier Titre, nous verrons les origines de la notion de Congrégation et la première réglementation, particulièrement touffue, tendant surtout à délimiter les pouvoirs respectifs des Evêques et des supérieurs.
Dans un second Titre, nous résumerons en aussi peu de mots que possible, les dispositions de la Bulle Condilæ, puis les dispositions de détail des Norme de la Sainte Congrégation des Evêques et Réguliers, sur la question.