Voir Sapfer. Loco, cit. p
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guement observée. Il a vu ces vieux raseurs qui dialectisaient à perdre haleme et s’assommaient à coups deformules latines. C'est cette ironique observation qu'il transpose en caricature. La harangue du maître Janotus est remplie de-traits authen- : tiques. Les effets de toux, comme nous l’apprend M. Stapfer, sont un héritage de la rhétorique des frères prêcheurs. Le français truffé de phrases latines, c’est langage de chaire. Une coutume même s’est conservée jusqu’à nous, celle d’applaudir nos professeurs, à la fin du cours (Valele ei plaudite).
Rabelais, à un moment, oublie même le ton comique et c’est le grondement du satirique qu’on entend sous les menaces de Janotus à ses collègues : « Raison, nous n’en usons poinct ceans. Traistres malheureux, vous ne valez rien; la terre ne porte gens plus meschans que vous estes, je le sçay bien; ne clochez pas devant les boyteux; j’ay exercé la meschanceté avecques vous. Par la ratte Dieu, je advertiray le Roy des énormes abus qui sont forgez ceans, et par vos mains et menéez et que Je soye ladre s’il ne vous faict tous vifs brusler comme bougres, traistres, héréticques et séducteurs, ennemys de Dieu et de vertus ». (I, 20).
Le fond historique est donc certain. Janotus de Bragmardo a existé où du moins son semblable. Avec sa rare science de l’homme, Rabelais a complété ses observations et tracé de son pinceau grossissant une figure qui vit, qui réalise un tvpe de la Comédie humaine : comme le Malade Imaginaire, le Bourgeois Gentilhomme, les Précieuses ridicules. Nous proposerions de l'appeler : Le Gäleux oraleur. S'il en est ainsi nous pouvons sans scrupules le disséquer, et nous convaincre que ses tares sont exactes, que ses troubles s’enchaînent, en un mot que nous avons bien affaire à un homme et non à un fantoche. Nous allons étudier les facultés une à une et noter au passage leurs perturbations. Pour la commodité de l'exposition nous mettrons cette étude sous forme d'observation,