Laurent Heister
La connexion intime entre l'obstétricieet la chirurgie, dans la première moitié du XVHIe siècle, est très bien prouvée par les écrits du célèbre chirurgien de Helmstadt, qui a appartenu à cette école depuis 1720 jusqu'à 1758. Son grand ouvrage de chirurgie, dont la première édition date de 1719, présente l'obstétricie comme une partie de la chirurgie, en tant qu'elle s'occupe de l'accouchement. Les doctrines qui se rapportent à l'obstétricie ne forment pas un tout réuni par Heister. mais doivent être cherchées dans des chapitres différents du livre, dans celui notamment, qui est consacré aux opérations se pratiquant sur le bas-ventre. Dans le premier chapitre, on voit comment il faut faire la ligature du cordon; l'auteur ajoute : « Les sages-femmes ont l'habitude de faire cette ligature, mais il peut se présenter des cas où le médecin ou le chirurgien est obligé de savoir comment elle doit être faite, comme par ex. si une sage-femme n'assiste pas à l'accouchement, etc. ». Dans l'édition latine du Traité (1-39). nous apprenons que déjà, à cette époque, avait été soulevée la question de l'utilité et de la nécessité de cette ligature, regardée par quelques- uns comme superflue, opinion qui a.
de nouveau, surgi dans ces derniers temps (Wolkart, Ziermann) et qui a été réfutée avec justice. Heister déjà alors a signalé les inconvénients de cette omission. A la suite de la ponction de la cavité péritonéale, en cas d'ascite, Heister parle de l'opération césarienne, pour laquelle il admet trois indications : une femme morte en état de grossesse, pour sauver la vie à l'enfant. Il renvoie ici à la Lexregia (voy. t. T. | 58), qui impose de faire l'opération sur toutes les femmes mortes enceintes, et il s'écrie : « On ne voit pas que l'autorité veille à l'exécution de cette loi si chrétienne, c'est comme si tous les hommes de loi, ceux qui ont en mains l'autorité, n'en savaient rien » {2^ éd., 1724, p. 63 1). Comme deuxième indication, Heister admet la grossesse extrautérine, non dans l'intérêt de l'enfant, mais dans celui de la mère ; il admet encore cette opération dans des cas de « callus », tumeur ou excroissance à l'orifice utérin ou dans le vagin, qui empêchent l'accouchement, ce qui entraînerait la mort de la femme. Enfin, l'opération est encore indiquée quand la mère et l'enfant vivent, et que Taccouchement ne peut se terminer par les voies normales. Dans l'édition latine qui, en général, est plus étendue, qui renferme plus de choses, et qui est mieux travaillée, il est parlé à propos de ces deux dernières indications, d'un « vitium malae conformationis in puerpera , quod manui chirurgi ingressum denegat », où il faut entendre un vice pelvien. Heister est en général favorable à l'opération césarienne, et tout le chapitre de l'édition latine (p. 755) renferme des choses intéressantes et dignes d'attention. Il faut songer aussi que si une opération obstétricale est du domaine de la chirurgie, c'est bien celle-ci. Dans le chapitre qui a pour titre : « Opérations sur les parties génitales de la mère «, Heister traite dans quatre sections : « de la façon dont on peut venir en aide dans les accouchements difficiles, quand l'enfant est encore en vie » ; « de l'extraction d'un enfant mr^rt >->^ de l'hémorrhagie, et de l'extraction du délivre ». Le contenu de ce chapitre peut donner les meilleurs renseignements sur l'état de Tobstétricie, telle qu'elle fut pratiquée par les chirurgiens du temps de Heister. Ils ne s'occupaient
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que des opérations, comme nous le voyons par le conseil de Pauteur de s'adresser aux médecins, quand Temploi de médicaments est jugé nécessaire. Les chirurgiens ne faisaient que terminer l'accouchement avec la main ou les instruments, et c'est pour pratiquer ces opérations que Heister donne ses préceptes. Les présentations du crâne, où la face est dirigée en arrière, sont les seulesqui soient naturelles,toutes les autres sont contre nature et rangées avec les présentations des pieds ou du siège, qui sont regardées comme « non tout à fait naturelles». Heister considère les présentations du siège comme plus dangereuses que les présentations des pieds, ce qui s'explique facilement puisque si l'extraction devient nécessaire, celle qui s'opère dans les présentations des pieds se fait avec le moins de difficultés; dans les présentations du siège, on devra, pour faire l'extraction, dégager d'abord les pieds, et si le siège est descendu très bas, on pourra Tattirer avec les doigts. L'auteur enseigne que le moyen d'accoucher préférable à tous est la version sur les pieds, qui permet d'extraire l'enfant par les pieds; même en cas de présentation de la tête, il faudra la pratiquer, si l'accouchement doit être terminé promptement. Nous avons montré plus haut (§ log) que Heister avait eu connaissance du forceps, mais ce n'étaient que les cuillers de Palfyn, qui, malgré la modification de l'auteur, ne devaient pas touver un accueil empressé. Quand l'enfant a succombé, il faut l'extraire par les pieds après avoir fait la version, ou, si elle ne réussit pas, pratiquer la perforation du crâne et même l'embryotomie (ouvrir l'abdomen et la poitrine si cela est nécessaire); Heister donne les règles pour procéder à ces opérations. Si, dans une présentation de l'épaule, il y a une forte procidence du bras, on devra en faire l'amputation et pratiquer ensuite la version. Heister recommande la vieille tenette de Ruekf pour la taille, comme instrument d'extraction de la tête de l'enfant mort. En cas de grossesse gémellaire, on devra rompre les membranes aussitôt après la naissance du premier enfant, et extraire de suite le second. Une hémorrhagie, pendant le travail, exige l'accouchement forcé. Partout on trouve prescrits par Heister les vieux
moyens oxytociques : les sternutatoires et la toux, dans les rétentions du délivre, les onctions des parties génitales conseillées dans les accouchements lents. Son mérite principal a été de recommander chaudement la version sur les pieds suivie de l'extraction, et, cela, dans un temps où les contemporains causaient tant de ravages par remploi des crochets aigus. Si on admet en outre Taccueil empressé fait partout à son livre, qui servait de texte à l'enseignement de toutes les écoles de l'Allemagne, on pourra mesurer le bien qu'il a fait, dans son pays, à la pratique des accouchements. II n'a, il est vrai, envisagé que le côté opératoire de l'obstétricie, mais il faut dire que cette partie était la plus importante pour les chirurgiens pour lesquels il a été écrit, et qui n'étaient appelés que quand le danger était arrivé au plus haut degré, et ne pouvait être conjuré que par l'accouchement.
Obs. I. — La première édition de la Chirurgie de Heister parut en 17 19, lorsqu'il était (déjà depuis 17 10) professeur d'anatomie et de chirurgie à l'université de Nûrenberg à Altdorf :
* D"" Laurent 1 1 Heister's Chirurgie^ in welcher ailes, was :{iir Wiind-Art^ney gehôrt, nacli der neuesten und besten Art griindlich abgchandelt, und in vielen Kupfcrtafeln die neuerfnndenen und dienlichsten Instrumentent nebst ben bequemsten Handgriffen der chirurg. Opcrationenund Bandagen deutlich vorgestellt n'erden. Nûrnb., 1719, in-4''. (Le livre avait été complètement imprimé en automne 17 18 et même mis en vente alors, comme le dit Leporin, le biographe de Heister.) En mai 1720, il prit possession de sa chaire à Helmstadt, et là fut préparée une seconde édition corrigée et considérablement augmentée :
* Niirnb., 1724, puis une troisième, * 173 i, in-4"'. Heister publia en 1739, une édition latine de la chirurgie, complètement remaniée avec une bibliographie très riche, ayant pour suscription : '< Opus triginta annorum » et le titre * Institutiones chirurgicae. in quibus quidquid ad rem chirurgicam pertinet, optima et novissima ratione pertractatur, etc., cum tab. aen. Amstel., 1739, in-4''. La traduction de ce livre en cette belle langue lui donna la haute consécration d'crudition que méritaient déjà les éditions allemandes, qui se distinguaient par une rédaction soignée et populaire. * Nouv. éd. lat. in duas partes (avec pagination continuée dans le 2" T.). Amstel., 1 750, av. portrait de l'auteur.
L''activité de HK.isTER,dans la pratique de l'obstétricie, est prouvée par des* Medi:[. chir. u. anat. Wuhrnehminigcn (Obs. méd. ch. et anat.), 2'' vol., Rost., 1753 et 1770, in-4", qui renferment
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un grand nombre de cas emprunte's à sa pratique obstétricale. Il faut citer encore un certain nombre de dissertations soutenues sous sa présidence à Altdorf, qui ont eu pour but de mettre dans sa vraie lumière la nécessité de l'opération césarienne sur la femme morte, motivée par un cas de cette espèce. ^ Dissert, qiia rationibiis tlieologicis, legalibus et medicis ostenditur. fœtwn ex utero matris mortiiœ excindendum esse, et sitnul singularis observatio de riiptura uteri in partu exhibetiir, quam sub praesid. L. Heisteri offert, auctor Jo. Petr. Dieffenbach. Altdorf, 1720, in-40. Voy. encore : * Ausfiihrl. Berichte vom Leben iind Schriften des be7~uhmten L. Heisteri (Notice étendue sur les écrits et la vie du célèbre L. H.), von Chr. P. Leporin. Quendlingb., 1726, in-4° et: * Fr. Borner's Nachrichten von den Lebensumstànden und Schriften jet^ leb. berilhmter Aert'^te u. Natiirforscher (Notices sur la vie et les écrits des médecins célèbres et naturalistes vivants), I Bd. Wolfenb., 1749, in-8°, p. 299. Heister mourut dans un âge avancé (78 ans) le 18 avril
Obs. H. — L'état de l'obstétricie en Allemagne, du temps de Heister, est le mieux caractérisé par ses paroles qu'on trouve dans la préface du i*^"" vol. de ses observations : « Pour les accouchements faciles, on s'adressait alors (i 710-1720) le plus souvent aux sages-femmes qui savaient recevoir ou extraire les enfants qui arrivaient naturellement. Dans les cas difficiles et les présentations non naturelles, on appelait en plus des chirurgiens qui étaient peu expérimentés pour pratiquer la version et l'extraction de l'enfant. Ils arrivaient avec des crochets et déchiraient d'une façon lamentable et effrayante l'enfant dans la matrice, le métrant en morceaux ; s'ils avaient eu l'instruction nécessaire, leur main seule eût suffi pour terminer l'œuvre, et ils auraient évité ainsi de déchirer avec leurs crochets la femme et de la faire mourir ».
^ 14S. — Martin Schiirig.
Dans la 3* dizaine du X'V^IIP siècle parut un livre étendu et d'une grande cohésion qui, bien que n'ayant eu aucune influence sur l'état de l'obstétricie à cette époque, mérite d'être mentionné, car il montre de quelle manière la gynécologie était traitée en Allemagne pnrlcs médecins instruits du pavs. Martin Schurig
médecin à Dresde composa plusieurs écrits destinés à représenter la femme aux diverses époques de sa vie. Il commence par l'anatomie et la physiologie des parties génitales, il considère d'abord la jeune tille, examine ses qualités, puis la femme et son état de grossesse, après avoir décrit d'abord les fonctions génitales dans un traité spécial, puis il termine par l'embryologie, la formation du fœtus, l'accouchement et l'état puerpéral. L'auteur a donné une très grande étendue à ses expositions, mais il n'a rendu aucun service à la pratique, car il n'a fait que transcrire et colliger ce qui se trouve dans les anciens auteurs, sans en faire aucune critique ni une addition de remarques. Dans les écrits de Schurig, nous trouvons une immense collection de toutes les observations et histoires possibles, et à cet égard, ce livre est unique, et montre ce que le zèle infatigable d'un seul homme peut produire, quand il voue toute son existence à lire et à étudier les livres qu'il a à sa disposition, pour en faire des extraits. Hélas, cela ne contribue pas à Tavancement de la science. Le temps était venu où s'était fait sentir la nécessité d'opérer un triage dans ce qu'on possédait, de rejeter ce qui était fautif, si toutefois le progrès ne tient qu'à cette simple vérification. Nous ne voulons donc pas apprécier sévèrement la longue œuvre du vénérable Schurig ; nous croyons rendre justice à ses efforts, en disant que nous en sommes reconnaissants, puisqu'ils nous permettent de jeter un coup d'œil sur les doctrines de tous les temps et nous épargner l'ennui de les rechercher péniblement.
Obs. — Nous ne donnons pas le trop long titre du livre, nous ne signalons que : * Muliebria historico-medica, h. e. partium genit. muliebr consid. phys. med. forensis. Dresd. et Lips., 1729, in-4°. ^ Parthenologia. Dresd. et Lips., 1729, in-4°.
* Gjrnœcologia h. e., congressus muliebris consideratio. Dr. et Lip., 1730, \n-^°. * Syllepsiologia h. e. conceptionis muliebris consideratio. Dr. et L., 173 i, in-4'^. * Embryologia. Dr.etL. , 1732, in-40.
En dehors de cela, l'auteur publia encore * Spermatologia h. e. seminis humanis consideratio, etc., Francof. ad M., 1720, in-4*'.
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5^ 149. — État des sages-femmes en Allem.agne.
La meilleure preuve de la sollicitude des gouvernements et des médecins pour la prospérité d'une partie de l'art, à laquelle est attachée la conservation de l'espèce humaine, est fournie par le grand nombre de livres à l'usage des sages-femmes qui furent publiés dans la première moitié du XVIIP siècle. Les circonstances et les mœurs ont maintenu les médecins éloignés du traitement des accouchées, en Allemagne plus longtemps qu'ailleurs. Les soins étaient à très peu d'exceptions près confiés aux femmes, et l'état se trouvait dans l'obligation de leur faire donner une instruction suffisante pour Paccomplissement de leurs fonctions. Des ordonnances et des lois leur imposaient leurs devoirs delà manière la plus sévère. Les livres qu'on écrivait pour elles devaient les en instruire et leur en faire connaître l'étendue et les limites, avant que la permission de pratiquer leur fut accordée. Mais l'état d'infériorité notoire dans lequel se trouvait en Allemagne l'obstétricie, qui dans les pays voisins avait pris un si grand essor, l'exclusion des médecins de l'observation de l'accouchement normal, dont les soins restaient confiés aux femmes, ne pouvaient avoir, sur l'instruction même des sages-femmes, que la plus fâcheuse influence. On ne leur donnait que des connaissances purement théoriques puisées dans les livres des anciens, et non les fruits de l'expérience. Les médecins, ou les maîtres des sages-femmes qui devaient leur donner l'enseignement, n'avaient point une maternité à leur disposition, pour l'enseignement pratique (à Pcxcepiion de la ville de Strasbourg qui n'était plus allemande). Il ne restait donc aux jeunes sagesfemmes, quand elles avaient quitté leurs cours, qu'à s'adresser à quelque matrtjne expérimentée pour apprendre chez elle les éléments delà pratique; celle-ci trop souvent hélas ne leur donnait que les indications les plus absurdes, qui étaient loin de faire fructifier l'enseignement qu'elles avaient reçu. On peut penser
quelle peut être la valeur du livre d'accouchements d'un nommé J. Chr. Themel d'Annaberg, quand il dit, dans sa préface, qu'il a soigné environ trente accouchements. Il résulta, de là, que les sages-femmes dépassaient de beaucoup, dans leur pratique, les limites que les règlements leur avaient imposées : elles faisaient toutes les opérations obstétricales, excepté celles qui exigeaient l'emploi d'instruments ; traitaient les femmes accouchées et les enfants malades, ainsi que les femmes enceintes, ayant ouvert devant elles un vaste champ d'action, dans lequel le médecin n'était appelé à leur aide que dans des cas d'absolue nécessité, et où celui-ci, bien souvent, ne pouvait plus réparer, le mal causé par une audacieuse impéritie. Il résulta de là que le célèbre commentateur des lois pénales de Charles V, J. P. Kress(i72i), ayant a traiter la question de savoir si, dans les cas douteux, il fallait accorder plus de poids aux opinions des médecins qu'à celle des sages-femmes, se décida en faveur de celles-ci, disant: Les accoucheurs « apud Gallos quidem, non autem apud nos celebrantur » (Art. XXXV). Tous les auteurs de livres d'accouchements, à l'usage des sages-femmes, sont unanimes à constater, dans leurs préfaces, cet état si fâcheux; mais ils ne donnèrent pas une instruction meilleure, et ne tirent rien pour limiter leur champ d'action. La cause de cet état est à chercher dans l'abandon des études obstétricales chez les médecins. Cette situation ne se modifia qu'à dater du moment, où l'obstétricie se trouva, en Allemagne, entre les mains d'hommes éminents qui la cultivèrent avec zèle et succès. L'instruction des sages-femmes fut améliorée, bien qu'il restât encore beaucoup à désirer.
JoH. Chr. Ettner (médecin à Augsbourg), donne une idée exacte du mauvais état des sages-femmes en Allemagne, au commencement du XVI II* siècle, dans son livre * Des getreuen Eckharth's unvorsichtige Hebamme, etc. (La sage-femme imprévoyante du fidèle Eckharth). Leipz., 1715, in-8°, qui est écrit dans la forme étrange d'un roman. On a aussi une idée du mauvais état des sages-femmes, au milieu du dernier siècle, en lisant les dialogues sur les sages-femmes, entre un accoucheur expéri-
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mente et une sage-femme ignorante. (* Joh. Jac. Oehmen's Sophia, oder %veibliche Khigheit (La sophie de Oehmen, ou la prudence féminine). Dresd., ijSo, in-8°, p. 391 . On fait ressortir, dans ce livre (p. 423), le désavantage des fauteuils d'accouchements, dont on faisait abus alors, et on recommande aux femmes d'accoucher dans un lit.
Obs.I. — Une liste complète de tous les livres pour les sagesfemmes qui ont été publiés en Allemagne depuis 1700, se trouve dans : * F. B. Osiander's Lehrbuch der Hebammenkunst. Gôtt.. 1796, in-8", p. 751 (Manuel de la sage-femme). Voy. aussi plus haut § 78. Chaque pays et chaque province, en Allemagne, possédait son livre spécial, d'après lequel le maître donnait son enseignement. Dans la plupart de ces livres, on trouve les tigures les plus absurdes, bien faites pour donner aux élèves les idées les plus inexactes sur la situation de l'enfant ; qu'on consulte p. ex. :
* Joh. Storchen's, aX'vàs P élargi Unterrichtvor Hebammen (Instruction pour les sages-femmes) nach den 7ieiiesten Accoucheurs iind selbst eigener Erfahrung entn'orfen^ etc. Gotha, 1746, in-8°.
* V. H. Rlkcke. Kurt-er und deutlicher Unterrichtfiir Hebammen des lobl. Her^ogth, Wurtemberg. Stuttg., 1746 (qui a remplacé celui de Volter, voy. | 78). * Joh. Fatio. Helvetisch-vernunftige Wehe-Mutter oder griindlicher Unterricht. n>ie mit. den Schypangeren, Gebàhrenden, Kindbettet innen und neugeb. Kindern um^ugehen, etc. Basel., 1752, in-4°. Une honorable exception est faite par le livre des sages-femmes de G. D. Boessel. Stadt-und Landphysicus im Her^ogthum Schleswig, welcher dasselbe in einer leicht fasslichen Form schrieb, und Ailes da~ raus wegliess. « rvas ein Medicus und Hebammen-Meister vor einer Hebamme in dieser Kunst voraushaben muss », wodurch gar manches Gefahr und Nachtheil Bringende xpegjîel, in-S".
* G. D. Boessel's Grundlegun^ der Hebammenkunst vor die Wehmiitter, etc. Altona, 1753, in-8°, 2^ éd., 1756, 3^ éd.. 1793, in-S". Boessel se décide pour la version sur les pieds dans un petit écrit qui a pour titre : Von der Wendung : ob die Wehmiitter bei gefàhrlichen Geburten dem Kop/ zuerst \ur Welt yU helfen versuchen, oder., ohne solchcn Versuch., das Kind, sobald das Wasser springfertig ist, ipenden und bei den Fiïfsen hcrausyiehen solltcn? Flensb., 1764, in-y (nouv. Ed. * Flensb. u. Leipz., 1793). (De la version, dans les accouchements dangereux (prés, transv.) la sage-femme devra-t-elle cherchera engager la tète, ou bien, sans en faire l'essai, devra-t-elle rompre les membranes quand l'oritice sera dilaté, et faire la version pour extraire l'enfant par les pieds ?)
Obs. II. — Au milieu du XVI 11^ siècle, un médecin de la Souabe, G. Fr. Mohr à Giengen inventa une machine à accouchements (un fantôme) sur lequel les sages-femmes pouvaient s'exercer. Les premiers renseignements sur cet appareil ont été donnés par Fkiedr. Bof.rner dans l'écrit suivant: * Die Gebàhrende Frau sammt ihrer Leibesfriicht, sojpohl diirck Kunstabgebildet, als auchvoneinem Todtcn-Gerippe genommen., nach denjenigen Theilen des Leibes, welche durch Unterweisung eines Hebammen-Meisters nicht nur allein die Wehemiiiter iind Wundàrt^e ^z^ leichtern Begreif-und Verrichtungen deren nothigsten Handgriffe in der Hcbammcn-Kwist sonderen aiicli die Eheji'eiber :iu ihren Verhalt in Schwangerschaften und Geburten kenneniind verstehensollen. Frankf. et Leipz., i75o,in-8° ; * 4^ éd. av. tig., 1752 (les 2" et 3« éd. ont été publ. à Giengen) ; nouv. édit. * Hersfeld et Fulda, 1 778, in-8°. Dans cette édition, où, sur le titre, on lit le nom de G. Fr. Mohr comme auteur, se trouve, p. 38, la liste de ceux qui se servent de cette machine dans les diverses villes d'Allemagne ; elle était très répandue, et on nomme la plupart des médecins auxquels elle sert pour l'instruction des sages-femmes. Le titre de la première éd. ci-dessus indiquée est le suivant: « La femme en travail d'accouchement avec son enfant, représentés par l'art et avec des os naturels empruntés à un cadavre, qui, sous la direction d'un maître de sages-femmes, doit servir à donner aux sages-femmes et aux chirurgiens une idée de cette fonction, et de la manière dont il faudra opérer suivant les règles de l'art, instruire aussi les femmes mariées et enceintes, leur faire comprendre la manière dont elles devront se conduire pendant la grossesse et l'accouchement •» (i).
Obs. III. — Les contemporains ont beaucoup vanté l'instruction donnée aux sages-femmes de Leipz., par leur maître M. le D''J.V. Harttramfft, voy : * The)>iel s H ebammenkunst (l'art de la sage-femnie par Thkmel). Leipz., 1747, in-8°, p. 12. « Dans rheureuse Saxe, l'art de la sage-femme occupe parmi les sciences le premier rang dans la chère ville de Leipzig. » Voy. encore Oehmen, ouv. c, p. 396. Vov. plus haut, § 5q et | 109. Obs. I.
Obs. IV. — Parmi les livres écrits pour les sages-femmes de ce temps, il faut citer celui d'une matrone d'Augsbourg, dont
(i) Nous avons vu >;; qo que le fiintôme a été inventé d'ahord par HooRN, en 1690, que Manningham exerçait vers 1740 les sages -femmes avec le mannequin (voy. § 1 14). Nous verrons encore plus loin § 176 que M"« Boursier-Ducoudray a inventé, à peu près à la même époque que Mohr, un fantôme pareil. (F.-.). H.)
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le titre même indique qu'il s'étend au delà de la limite d'action assignée à leur mission: il y est parlé de l'usage du crochet aigu, de la perforation du crâne. « * Kin-t\e, jedoeh hinlàngliche iind bei griindliche AnweisungchristlicherHebammen. une sie soivohl bei ordentlichen. als alleu auserordentlichcn schweren Gebii/'ten denen kreissendenFrauenHïdfe leisten, den Handgriff gewiss iind sicher vcrrichten, die unrecht \ur Gebitrt stehenden Kinder ohne iind mit Instrumente in ihre gebuhrende Stellung bringen, etc., beschrieben von Barbara Widemannin, 2*^Aufl. Augsb., ijSi. in-8°. Les planches qui sont dans l'ouvrage sont au-dessous de toute critique. La première édit. parut en 1788 (suiv. la Bibl. de Haller. p. 2o5). ^> (Préceptes fondamentaux concis mais suffisants pour apprendre aux sages-femmes chrétiennes comment elles devront prêter secours aux femmes en travail, dans les accouchements ordinaires, extraordinaires et difficiles, décrire les manœuvres qu'elles auront à exécuter pour rectifier les présentations mauvaises des enfants, avec ou sans l'emploi d'instruments, etc., par B.W.).
^ 1 5o. — L'École obstétricale de Strasbourg. Jean Jacques Fried.
A la ville de Strasbourg appartient Thonneur d'avoir été la première, dans laquelle a été fondé un établissement consacré à l'étude del'obstétricie. Depuislongtemps( i6o5) cette ville se distinguait dans la pratique des accouchements par d'excellents règlements, qui furent améliorés successivement, suivant les besoins des époques en i6?5. 1688 et en 1728 (i). Le premier maitre
(il C'est cette année que le conseil des XXf, de concert avec le Préteur royal français KlingliNjCI sous son approbation, créa une maternité a l'hôpital civil ijui venait d'être rebâti, et qu'il fut publié un règlement, dont il convient de rappeler les termes : ayant pour objet l'admission des clùves en médecine ou en chirurgie, dans les salles de la maternitc.
Le § A' du règlement porte : « Afin que la chose publique ne subisse point de préjudice, par manque de gens capables, l'autorité supérieure accorde au chef de la maternité la tacuhé de faire, pour les élèves en médecine et en chirurgie, des cours publics et privés sur l'art des accouchements, l'autorise a se faire accompagner dans ses visites (à la maternité), par un ou deux, de ses élèves, auxquels il pourra permettre de pratiquer, sous sa surveillance, dans les cas qui pourront se présenter, etc. ».
On voit clairement que l'autorité avait un double but : permettre
institué par cette nouvelle ordonnance fut Jean Jacques Fried (né à Strasbourg, en 1689); il eut pour premier successeur Joh. GoTHF.ScHEiD(le traducteur allemand de dk la Motte) (voy. § 73) qui avait été son adjoint à la maternité. Fried s'acquitta avec beaucoup de zèle des fonctions qui lui étaient confiées. Il faisait ses cours et ses démonstrations en langue allemande, et avait adopté, au moins pendant les premières années, dans ses cours, comme guide, le livre de van Hoorn. Il exerça ses élèves dans des manœuvres sur le mannequin (voy. Obs. Il du § précédent) et leur fournit defréquentesoccasions de s'exercer sur le vivant. Dans ces conditions exceptionnelles, l'école de Strasbourg acquit une telle renommée, que les élèves affluaient de loin et de près, pour profiter des enseignements si fructueux, dans cette maternité si parfaitement organisée pour l'éducation pratique. Fried n'a point publié d'écrits considérables, il a consacré toute son activité à l'enseignement, dont nous connaissons les principes par les publications de ses élèves, qui les ont répandus partout; stimulés par lui, ils suivaient la voie qu'il avait tracée, et payèrent ainsi au maitre leur dette de reconnaissance; parmi eux, il convient de nommer Thebesius, un accoucheur de Silésie, Fried fils, et surtout G. R0EOERER de Strasbourg, qui fut appelé par Haller à Gœttingue, et qui, après avoir reçu le premier enseignement dans sa ville natale, sous la direction de Fried, fonda l'établissement de Gœttingue, où il lui fut possible de réunir l'enseignement théorique à celui de la pratique de l'art. Il fut donné à Fried de parcourir une longue carrière d'enseignement, il ne mourut qu'en septembre i 769, à l'âge de 80 ans, laissant à ses successeurs Weigen et g. Alb. Fried son fils, le soin de maintenir, dans son importance, l'école qu'il avait fondée. C'est seulement après que les états de l'Allemagne eurent suivi cet exemple, que l'obstétri-
aux étudiants d'iipprendre la théorie et la pratique des accouchements, afin de former desaccouchcurs insti uits, et de procurer à la ville et à la campat^ne des sages-femmes exercées, en rapport avec les besoins des populilions; ce n est pas la première fois qu'on voit la sollicitude pour le bien des populations avoir aussi pour ellet les progrés des sciences et des ans. (F.-J. H.)
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cie prit, dans ce pays, une meilleure tournure; l'essor qu^elle y reçut, dans la seconde moitié du XVIII'^ siècle, est e'troitement lié à l'établissement des cliniques obstétricales, que l'on eut la prévoyante sollicitude d'établir sur le modèle de l'école de Strasbourg. C'est avec raison qu'OsiANDER dit que l'institution obstétricale de Strasbourg fut Vécole mère de toutes celles de V Allemagne.
Obs. I. — La première notice sur la fondation de l'établissement obstétrical de Strasbourg a été donnée par J. G. Scheid dans sa traduction de de la Motte, ouvrage dédié auPréteur Klinglin, à la sollicitude duquel on doit la création de cet établissement. Il était établi dans l'hôpital civil, qui avait été incendié en 1716, et dont la reconstruction était à peu près achevée en 1724. Voy. J. Friese. Nette vaterlàndische Geschichte der Stadt Strasbwg (Nouvelle histoire patriotique de la ville de Strasbourg), 4® vol. Strasb., 1793, p. i5. — * J. Fr. Hermann. Notices hist. stat. et littér. sur la ville de Strasb. T. 1, Strasb., 1817 *, in-8<», p. 297. — * Nachrichten von den jet^igen offentlichen Accouchiranstalten \u Strassbiirg {DocwmQnxs sur les établissements obstétricaux publics actuels à Strasbourg) in' Baldinger's neii Maga:^, 6 Bd. Leipz., 1784, in-8°, p. 452. — Jo. G. Schlegel, Fragmentoriim ex geographia nosoconiioriim atqiie institutorumadart. obstetr. spectajitium spec. I. Lips., i8oo,in-4°, p. 28.
Voy. encore : * Geschichte der Medizin und ihrer Lehranstalten in Strassburg, vom Jahre 1497- 1872. — Der 58 Versammlung deiitscher Naturforscher und Aertpe in Strassburg (18-22 sept. 188 5), gewidmet vom D'' Friedrich Wieger o projessor an der Kaiser-Wil~ helms-Universitât. Strasb., i885, in-4" (Histoire de la médecine et de ses établissements d'instruction à Strasbourg de 1494- 1872, dédiée à la 58« réunion des naturalistes et médecins allemands à Strasbourg du 18 au 22 sept. i885, parle DrWiEGERprofesseurord.de l'université de l'empereur Guillaume). Cette histoire, écrite avec soin et appuyée sur de nombreuses informations, renferme des documents très intéressants sur l'enseignement de Fried et de ses successeurs comme chefs de la maternité, sur la division du service en deux parties, l'attribution de l'une des deux à l'Université, puis à V Ecole de santé, et enfin à la Faculté de médecine ; Flamant prit possession de celle-ci, et fut remplacé après sa mort par M. le prof. Stoltz.
Le lecteur français est péniblement impressionné du peu de sympathie qu'exprime, pour la France, l'auteur qui a été professeur titu-
laire à la Faculté de médecine française de Strasbourg. C'est avec tristesse qu'un ancien collègue est obligé de le constater. (F.-J. H.)
Obs. IL — On trouve dans le * Commerc. litterarium med. anni ijS i . Norimb., 10-8", p. 32 1, quelques renseignements sur la méthode d'enseignement de Fried ; l'auteur dit, entre autres choses : « Neque in posterum ulli parcam industrie, quo efficiam, ne opus sit artis hujus tantopere necessariae cupidis Parisios magnis sumptibus adiré », et il ajoute expressément : '( Illud certe deprehendent auditores, quod Germanis vix commodior ulla schola obstetricia, quam nostra sit, obtingere possit ».
Obs. m. — Parmi les nombreuses dissertations inaugurales, inspirées par Fried et composées par ses élèves, soutenues en partie à Strasbourg même, ou dans d'autres universités, mais qui n'ont pu être écrites qu'avec des documents puisés à sa clinique obstétricale, nous ne mentionnerons que les suivantes :
* G. G. MuLLER, De situ iiteri obliqua in gravidis et ex hoc sequente partit difficili. Argenx., 1731, in-4'' (donne entre autres, p, 19, des renseignements sur le perforateut à gaine de Fried).
* P. Stuart, Dissert. sist. secundinas salutiferas œqiie ac nocivas. Argent., 1736, in-4° (contient, suivant la préface, les principes de Fried sur la délivrance et ses anomalies : Fried partout partisan de la méthode active, est pressé d'extraire le placenta, et expose les inconvénients de la temporisation. Les anomalies du cordon sontaussi bien décrites, ettoujours on constate la justesse du traitement indiqué. Constamment l'auteur expose les idées des anciens et les compare à celles des modernes, ce qui entraîne partout un exposé de choses intéressantes ; nous ne doutons pas un instant que Fried lui-même n'ait été l'auteur de cette dissertation).
* J. G. VoiGT. De capite infantis abrupto variisque illud ex utero extrahendi mudis. Giess., 1743, in-4° (avec la description p. 55, et la figure de l'instrument inventé à cet effet par Fried. La pince dentée avait déjà été inventée en 1729. Voy. : * Act. Erudit., 1729. Lips.. in-4*, p. 347. Voy. aussi W.^lbaum, trad. du livre de Levret. Obs. s. les causes, etc., qui se trouve dans le t. I des écrits de Voigt.
La dissertation inaugurale de Fried, publiée en 17 10, traite : cf De cordis palpitatione », Arg.,in-4'*. On trouve encore de Fried une observation insérée dans * Act. pliysic. medic. acad. cœsar. Leopold-Clarol..^ vol. VL Norimb., 1742. in-4°, p. 422 : « Gravidariim iirinœ suppressio non remediis internis., sed catheteris applicatione iinice curanda ».
Obs. IV. — L'état florissant de la profession de sage-femme, à Strasbourg, qui est résulté de ces conditions favorables, n'a guère
DEPUIS l'iNVKNTION DU FORCEPS JUSQu'a LA FIN DU XVIII* SIECLE SjS
besoin d'être particulièrement mentionné. Les ordonnances rappelées ci-dessus le prouvent surabondamment La dernière, * considérablement augmentée et améliorée, qui s'occupe du directeur de la Maternité et de toutes les sages-femmes de la ville, est excellente à tous égards. Strasb., i jSj, in-S", voy. à ce sujet : J. R. Kugler, De jure obstetricum secundumstatuta Argentoratensia, part. L Resp. J. H. Fried. Argent , 1758. J. H. Fried, De jure obstetric, etc., part. II, ibid., 1760, in-4°.
§ i5i. — Jean Ehrenfried Thebesius.
Au milieu du XVIII* siècle (1756), parut à Liegnitz, en Silésie, un livre d'accouchements qui, d'après son titre et sa préface, était destiné aux sages-femmes, mais dont le contenu s'étend à l'obstétricie toute entière, dans sa signification la plus élevée. L'auteur, Jean Ehrenfr. Thebesius, médecin de la ville et du district de Hirschfeld, était un élève de J. J. Fried de Strasbourg, il avait étudié aussi à Paris et à Leyde. Chargé par son gouvernement et le collège sanitaire de Glogau de la surveillance des sages-femmes de son district, il se crut dans l'obligation d'écrire pour elles un livre, puisque ceux qu'elles avaient à leur disposition ne leur convenaient plus. Pour écrire ce livre, il mit principalement à profit Mauriceau, de la Motte, Deventer et Roederer, mais plus particulièrement les notes du cours qu'il avait suivi chez J. J. Fried (voy. sa préface). Il a fait dans son exposé une plan si vaste, qu'il y a compris tout ce qu'il était nécessaire à l'accoucheur de savoir, pour l'exercice de son art. Le livre a paru avoir été accueilli avec faveur par les contemporains, car on en fit trois éditions dans l'espace de dix années. Dans le fait, ce qui a trait à la pratique, y est amplement traité, et un grand nombre défigures rendent facile l'intelligence du livre. Comme l'auteur se montre fort instruit, le contenu de son livre peut donner une idée assez exacte de l'état de l'obstétricie de cette époque, nous pourrons donc, d'après lui, porter un jugement motivé sur les doctrines qui régnaient alors. Le livre est divisé en cinq parties : la première est consacrée à l'étude des organes
de la génération chez la femme. Thebesius commence par la description du bassin ; il distingue l'ouverture supérieure de l'ouverture inférieure, décrit les diamètres antéro-postérieurs et transverses, mais ne parle pas des diamètres obliques. Il montre l'harmonie qui existe entre les diamètres de la tête, et ceux du bassin, c'est là une condition d'un accouchement normal, il n'entre point dans les détails relatifs au mécanisme de l'accouchement. Les nombreuses figures destinées à représenter les variétés de présentation du fœtus sont très défectueuses et nullement conformes à la nature. La deuxième partie, consacrée à la grossesse, contient de bonnes règles pour l'exploration. Les diverses positions dans lequelles ellepeutètre pratiquée, sont bien décrites ainsi que les modifications que subit le col pendant la grossesse, qui sont tout à fait conformes à la nature. La symptomatologie de la grossesse en général est décrite d'une façon remarquable. Par contre, l'auteur a mis trop d'art dans les règles d'hygiène données aux femmes enceintes, il recommande sans restriction la saignée, les laxatifs, et ici on regrette de le voir abandonner la voie naturelle de la simplicité. Les maladies des femmes enceintes sont exposées très longuement, plutôt à l'usage des médecins qu^à celui des sages-femmes, celles-ci ne pouvant ordonner ce qui est nécessaire. La troisième partie est consacrée à l'accouchement; elle commence parla description de l'accouchement normal. Ce qui est à observer, dans chaque accouchement, s'adresse aussi bien à l'accoucheur qu'à la sage-femme, suivant l'indication même du titre du 3* chapitre.
L'auteur préfère que la parturiente soit couchée dans un lit, il appelle l'attention sur les inconvénients du fauteuil obstétrical. Pour ménager le périnée, on le fera glisser sur la tête, quand elle passe, en le ramenant un peu en arrière vers l'anus, pour que « la tête s'en échappe comme le haricot de sa gousse ))(p. 258). Aussitôtaprès la naissance de l'enfant, on devra faire l'extraction du délivre, ensuite seulement, on fera une double ligature au cordon et la section. La toilette de l'accoucheur est digne d'attention : (( ïl devra être vêtu nussi légèrement que possible, puis-
DEPUIS l'iXVEXTION DU FORCEPS JUSQu'a LA FIN DU XVIII^ SIECLE SjS
que souvent son œuvre est laborieuse et le fait transpirer; il devra retrousser les manches de sa chemise jusqu'au-dessus du coude, mettre un tablier épais pour bien protéger ses extrémités inférieures, n'avoir point de bague aux doigts, enlever ses jarretières et ne se couvrir la tête que légèrement ». L'auteur recommande la version comme moyen capital dans les accouchements contre nature, et il conseille delà pratiquer le plutôt possible, que la cause de l'accouchement difficile dépende de la mère ou de l'enfant. La version céphalique est rejetée absolument; si la tête est fortement engagée, de façon à ce qu'elle ne puisse être repoussée, et empêche la recherche des pieds, on en fera l'extraction moyennant le forceps « anglais », et sur la planche 25, on trouve, fig. 7g. représenté le forceps de Grégoire, tel qu'on le voit dans le livre de Boehmer, ce qui prouve bien que cet auteur le fit connaître en Allemagne (voy. plus haut | 112). Si on ne réussit pas avec le forceps, par exemple en cas d'enclavement dans un bassin étroit, on devra pratiquer la perforation. Dans ce cas, ainsi que quand la tête a été arrachée du tronc, l'auteur recommande particulièrement les manœuvres et les instruments de son maître Fried, qu'on trouve représentés dans les figures. L'enfant qui se présente par les pieds ne peut naître facilement sans secours, à moins qu'il ne soit très petit. Dans les présentations du siège, on devra dégager les pieds pour faire l'extraction, ou bien la faire au moyen des doigts appliques sur les aines. En cas de présentation de la face, on tâchera d'amener le crâne, ou bien on fera l'extraction par le forceps, même avec le crochet aigu (!). La procidence du cordon impose la version, on ne devra plus la faire, si le cordon est sans pulsations ; ce conseil ne concorde pas avec une observation donnée par Thebesius, p. 276 : un enfant qu'il avait extrait parles pieds, dans ces conditions, arriva vivant, bien que le cordon neut plus présenté de pulsations. En cas de procidence du bras, et d'engagement profond de l'épaule, on fera sur le bras des torsions pour l'arracher, et on pratiquera Tembryoïomie. si la main de l'accoucheur ne peut pénétrer pour faire la version. Thebesius parle du placenta prxvia mieux qu'on ne
Tavait fait avant lui (il recommande, dans ces cas, de faire la version, etc.)- L'opération césarienne est regardée par lui comme très dangereuse pour la mère, il décrit toutefois avec beaucoup de précision la manière de la pratiquer (section à gauche de la ligne blanche, au-dessous de l'ombilic). Les quatrième et cinquième parties sont consacrées au traitement des femmes accouchées et à celui des enfants malades et en santé. L'exposé que nous venons de faire des doctrines de Thebesius donne un aperçu de l'état dans lequel se trouvait Tobstétricie allemande, depuis qu''elle avait passé entre des mains plus habiles. On ne peut méconnaître que les efforts faits, depuis longtemps, par les français pour perfectionner Part, n'aient eu en Allemagne une influence salutaire qui a mis l'obstétricie dans une voie meilleure, et qu'à l'école de Strasbourg ne revienne la plus grande part de l'honneur de ce progrès.
Les établissements d'instruction qui existaient à Strasbourg faisaient encore défaut en Allemagne, mais le moment n'était plus éloigné où l'on allait y voir fonder aussi des établissements dont Strasbourg avait fourni le modèle.
Obs. I. — Les trois éditions du livre de Thebesius parurent sous le titre simple de : D'' Joh. Ehrenfr. Thebesius, Hebmmnenkunst (Art. de la sage-femme), mit kupf. (av.pl.). Hirschberg und Liegnitz, 17 56, in-8"; * a^éd.augm. Liegnitz, i 759, in-8°; * S*' éd. id. 1767. Les deux dernières éditions sont absolument identiques. L'auteur n'a pas eu Toccasion deles comparer à la première, mais comme Osiander indique pour celle-ci 620 pages (si on peut se fier à cette indication) et que les autres éditions en ont le même nombre, on peut admettre que dans ces dernières on n'a rien ajouté de nouveau; cela est d'autant plus probable que Thebesius est mort en 1758 et que les deux dernières éditions ont paru après sa mort; la préface de la réédition, qui porte la date du i^'' mai 1756 a été réimprimée sans changement dans les éditions posthumes (i).
La vie de Thebesius a été écrite par Joh. Chr. Leuschner dans : * Comment, de rébus in scieiit . natural . et medic. gestis. Vol. VI, P. L Lips., 1757, in-8% p. 55o.
(1) Ajoutons que, dans le livre, le nombre des planches gravées est de 3i. Celui des figures de ici. (F.-J. H.)
Obs. II. — Si Thebesius parle du forceps anglais, ce mot doit s'appliquer au lieu de Tinvention, mais non à la forme particulière de l'instrument. Thebesius n'a fait usage que du livre de Levret qui avait paru en i 747 (Obs, I, éd.); les travaux ultérieurs de l'accoucheur français pour perfectionner 1 instrument ne lui étaient pas connus.
§ i52. — Georges Albert Fried.
La chaire de J. J. Fried fut occupée après sa mort (1769) par Weigen, qui avait été son second et par G. Alb. Fried, le fils, qui lui succéda. Parmi les livres d'accouchement écrits en allemand, n'en trouvant aucun qui put lui convenir comme base de son enseignement, il composa un ouvrage, pour lequel il mit particulièrement àprotitl'enseignement de son père ; si bien qu'on y trouve les mêmes vues, le même ordre que dans le livre de Thebesius. Seulement le livre de Fried est plus concis, amendé en beaucoup d'endroits, et renferme quelques vues nouvelles. Ces deux ouvrages nous mettent en possession des doctrines du vénérable Fried, telles qu'il les aurait exposées lui-même, et^à ce point de vue, ces livres ont une grande importance. Fried le Jeune a indiqué très clairement chaque sujet, n'a rien omis d'important, et a laissé la place nécessaire pour les expositions verbales.
Il a mentionné nettement l'utilité des petites lèvres : elles ne servent pas à la dilatation de l'orifice vaginal, comme d'anciens anatomistes l'avaient cru, mais à guider le jet de l'urine. Fried divise les accouchements en naturels et contre nature, selon que l'enfant se présente par la tète ou par les pieds. Chacune de ces classes se subdivise en accouchements faciles ou difficiles. Fried a montré que, dans les présentations de la tête, celle-ci a une autre direction dans la moitié supérieure du bassin que dans la moitié inférieure; il reconnaissait très bien que ce changement de situation résulte de la coïncidence des diamètres de la tête avec les dimensions du bassin.
Dans les accouchements naturels, Fried conseille de repousser le périnée en arrière pour faciliter la dilatation de l'orifice vaginal, aussitôt que la tête s"'est approchée de la vulve; quand la tête est sortie, il conseille de faire sur elle des tractions avec les doigts, il conseille d'en faire aussi sur les épaules. Il apprend comment on doit faire la ligature du cordon, il la regarde comme inutile, si, après une exploration attentive, on a constaté qu'il n'y a plus de pulsations. La délivrance ne devra être faite que quand le cordon aura été coupé. Pour le reste, les principes de Fried sont conformes à ceux que Thebesius avait exposés. Il donne des conseils plus précis que Thebesius pour l'application du forceps; il préfère le forceps de Levret à celui de Smellie (i).
Si, moyennant le lorceps, on n'arrive pas au résultat désiré, on devra pratiquer la perforation, que l'enfant soit mort ou encore vivant. Fried ne rejette pas absolument l'opération césarienne, elle devra être pratiquée si le bassin est assez rétréci pour ne pas permettre l'introduction de la main. La version podalique et l'extraction par les pieds ont reçu les développements nécessaires, ainsi que la détermination de leurs indications. Les opérations de la délivrance ont aussi été traitées convenablement. L'auteur est très bref pour ce qui a rapport au traitement des accouchées et des enfants nouveau-nés, mais rien d'important n'a été omis. Parmi les instruments qui sont représentés, on trouve ceux du père, quelques-uns du fils, le fauteuil obstétrical de Deventer amélioré, un nouveau lit imaginé par l'auteur, et les perforateurs de Smellie et de Levret modifiés par l'auteur.
Obs. I. — ^ * G. Alb. Fried, Anfangsgriinde der Geburtshilfe \umGebranch seiner Vorlesitngen. mzY^z/j?/. (Principes d'accouchements à l'usage de ses leçons, avec grav.). Strasb., 1769, in-8" (réimpression * Strasb., 1787, in-8",chezTreuttel). L'auteurmourut enoct. 1773. Dissertation inaugurale de Fried : * Defœtiiintestinisplane midis extra abdomenpropendentibus. Argent., 1760, in-4"; à la fin se trouvent \ 5 corollaires d'obsiétricie, dont lescinq derniers sont consacrés aux présentations pelviennes, qui, dans
(I) Il donne pi. IV, fig. i-io (moins la fig. 8) la représentation exacte, et avec de nombreux détails, du 3" forceps de Levret. (F.-J. H.)
DEPUIS l'invention DU FORCEPS JUSQU'a LA FIN DU XYIII^ SIECLE 379
des circonstances favorables, peuvent être abandonnées à la nature.
Obs. II. — Ce n^est qu'après la publication de son livre, dans lequel Fried recommanda le forceps de Levret (3^ modèle), qu'il fit publier par son élève Fries un nouveau modèle de forceps de son invention, dont il fit usage plus tard : Em. Fries, De usu Forcipis in partit. Ar., 1771, in-4°, voy. * Mulder, ouv. c, § 25, p. Ô4.
D'après Fries, l'auteur aurait, dans ce nouveau forceps, adopté les cuillers de Levret, les manches et l'articulation de Smellie (p. 66), c'est pourquoi Mulder ne l'a pas représenté, puisque, dit-il, chacun peut s'en faire une idée. (F.-J. H.)
Fried fit une nouvelle modification à cet instrument ; à la cuiller de Tune des branches, il adapta un ressort moyennant lequel on pouvait la tourner dans trois directions différentes.
Cette modificaton, dit Mulder, p. 66. est indiquée par Stein, mais n'a pas été représentée. (F.-J. H.)
i53. — Deisch et Mittelhaeuser .
La pratique de ces deux accoucheurs est une preuve bien triste de l'état misérable dans lequel se trouvait encore Tobstétricie, au milieu du XVIII* siècle, dans quelques localités de l'Allemagne. Leurs noms ont acquis, dans les annales de Tobstétricie, une déplorable célébrité; ils n'ont pas rougi de révéler eux-mêmes, dans leurs écrits, des méfaits dont ils se sont rendus coupables dans l'exercice de leur profession, et qui inspirent une horreur profonde. Les réflexions que ces bourreaux ont suscitées, de la part de leurs contemporains, montrent qu'ils n'avaient aucune idée des progrès qui avaient été réalisés dans la pratique de l'art, qui. cependant, s'étaient répandus partout; la leur devait remonter aux temps lointains de la barbarie la plus grossière. Le premier de ces abominables accoucheurs porte le nom de Jean André Deisch. son centre d'extermination était Augsbourg. Sa
dissertation inaugurale, qui fut publiée à Strasbourg en 1740, « Sur la nécessité des instruments tranchants en obstétricie », laissait déjà deviner dans quelle voie allait s'engager l'exercice de son art. La suite justifia ces craintes. C'est d'une manière horrible, que, dansson lieu de naissance, où il débuta, il s'acharna sur les femmes en travail et sur leurs enfants. Il perforait le crâne, coupait le cou, mettait les enfants en morceaux, qu'ils fussent morts ou vivants; pour justifier cette conduite, il reprochait aux sages-femmes de l'avoir appelé trop tard. S'il avait pratiqué une version, il s'étonnait de voir l'enfant encore en vie; quand il appliquait le forceps, ce qui était rare, l'instrument se brisait entre ses mains. Un grand nombre d'enfants, dont il avait perforé le crâne, arrivèrent vivants ; beaucoup de femmes, succombèrent à la suite des opérations cruelles pratiquées sur elles, et dont la matrice avait été déchirée. En 1/53, il fit emploi d'instruments tranchants Sg fois dans 61 accouchements, ei 10 femmes succombèrent ; il n'employa le forceps que dans 4 accouchements, et deux femmes succombèrent. Il publia en 1754 le résultat de cette belle pratique, qui selon lui, devait prouver que ni la version ni le forceps ne pouvaient être employés sûrement pour la mère et pour l'enfant, et rendre inutiles l'emploi des instruments tranchants. Dans la préface de son livre, il dit, que si, dans Augsbourg sa ville natale, cette pratique devaitrencontrerquelque contradiction, il répondrait que des accoucheurs avaient, bien longtemps avant lui, employé avec succès les instruments tranchants dans les accouchements! La contradiction quMl avait entrevue ne se fit pas attendre ; ses concitoyens et les tribunaux s'élevèrent contre lui, et lui demandèrent compte de sa conduite ; il chercha à se justifier par des écrits, dans lesquels il s'élevait contre les sagesfemmes; on adressa à l'université de Helmstadt une requête sui ses agissements pervers(i755). Celle-ci fit une réponse qui ne fut pas àl'avantage du triste praticien. Déjà, en i 759, Deisch avaitpublié un nouvel écrit en languelatine sur ses méthodes opératoires, écrit dirigé surtout contre H. Nep. Cr.\ntz accoucheur de Vienne, dont le mémoire « Dereinstrumentariainarte obstetricia», l'avait
DEPUIS l'invention DU FORCEPS JUSQu'a LA FIN DU XVIII6 SIECLE 38 I
blessé, et contre son ennemi personnel le D'"Gutermann d'Augsbourg, qui, depuis longtemps membre du collège des médecins de cette ville, avait pris une part active aux discussions, et avait publié, en 1761, contre DEiscH,un mémoire pour mettre au jour son ignorance, son incapacité, ainsi que ses démêlés avec la justice. DEiscHpublia une seconde édition de sa justification, imprimée en 1754. Ce n'est qu'en 1 761 que Deisch fut contraint de promettre, par serment, d'observer fidèlement le règlement d'Augsbourg pour les accoucheurs et les sages-femmes, et les prescriptions de la faculté de Helmstadt, et de ne plus faire usage d'instruments dans la pratique des accouchements, sans l'avis et l'assistance d'un autre médecin. Ces discussions, devant le public, si longtemps prolongées, et le retard dans les décisions ne sont pas à l'honneur du corps médical d'Augsbourg; ils ne devaient pas contribuer à augmenter la confiance du public pour un art dont la pratique avait donné lieu à tant d'horreurs.
La pratique de Jean Dan. Mittelhaeuser physicien à Weisenfels, en Saxe, ne fut guère meilleure. Dans Tespace de trente et quelques années (172 i- 1754), il avait fait emploi, quatre-vingtdix fois, du perforateur et des crochets aigus; il se vantait du bonheur de n'avoir perdu que deux femmes sur dix accouchements. Il a aussi publié les résultats de sa pratique dans un écrit qui dénote une grande ignorance et la grossièreté la plus rude, si bien qu'OsiANOER a pu dire, avec raison, que si Mittelhaeuser avait suivi les cours à léna, il n'y avait appris ni la logique, ni la morale, ni la médecine, et encore moins la pratique raisonnable et charitable des accouchements.
L'auteur en convient lui-même quand il dit qu'aucun maître de Paris ou de Strasbourg ne lui a appris la théorie, mais « que la nécessité l'avait forcé à s'y appliquer «, qu'il avait lu le livre de la Siegmundin, celui de Devkntek, de Voixtkr, et avant tout celui de ScuLTET ; qu'après cela, il s'était fait faire quelques couteaux et quelques crochets, pensant : « qu'il se trouvait ainsi muni ». Il admet trois degrés d'accouchements (« drei Gradus des Accouchirens ») : r l'accouchement naturel, où tout se passe facile-
ment et bien, quelle que soit la position de l'enfant; 2° celui où l'enfant a une position dans laquelle il ne peut naître, et qui exige qu'elle soit changée, et où il faut extraire le placenta avec force; 3° celle où l'enfant se trouve dans une position où la version ne peut être faite, et où il est nécessaire d'employer des instruments pour Pextraire ou le diviser, afin que l'extraction devienne possible ». A ce dernier point de vue Mittelhaeuser n'était pas au-dessous de son collègue d'Augsbourg, si bien que, dans le siècle dernier, on donnait les noms de « Deisch et Mittelhaeuser » aux accoucheurs qui étaient mauvais ou cruels. Par bonheur, l'histoire ne trouvera plus rien de pareil dans l'obstétricie allemande, bien au contraire ; à dater de la seconde moitié du siècle dernier, elle fit de rapides progrès, et les témoins de ces cruautés s'évanouirent dans l'oubli.
Obs. I. — Les écrits de J. A. Deisch sont : Dissert, inaug. med. de necessaria in partu prœternaturali instriimentomim applicatione. Argent., 1740, in-4°.
* Kur:{e und m der Erfahrung gegriindete Abhandlung, dass %1'eder die Wendiing noch englische Zange in allen Geburts-
fàllen vor Miitter und Kind sicher gebravchet, und dadiirch die scharfen Instrumente gdn^lich vei'meidet jperden konnen. Nebst einem Anhange von eingesperrten Briicheft (Mémoire concis et basé sur l'observation, pour démontrer que ni la version ni le forceps anglais ne peuvent être employés dans tous les cas pour la mère et pour l'enfant, et qu'on peut éviter totalement l'emploi des instruments tranchants; avec un supplément sur les hernies étranglées). Augsb., 1754, in-8°.
* Diss. De usu cultrorum atque uncinorum scindentium eximio in parîu prœterftaturali nec versione fœtui nec adplicatione forcipis anglicanœ vel Levreti terminando ; sectionis que cœsareœ matre adhuc vivente instituendœ securitate ad que utilitate. Suobac, 1759, in-4'*.
(L'auteur a choisi, comme lieu d'impression Schwabach, les censeurs de sa ville natale n'ayant pas voulu donner la permission de l'imprimer à Augsbourg, si l'auteur n'enlevait de son mémoire ce qu'il y avait écrit contre Craniz, et ce qu'il y avait de blessant pour quelques médecins d'Augsbourg encore vivants, (voy. la préface de l'ouv. cité de Guterman) La première édition parut dans le mémoire sur les hernies, * Francf, et Leipz., 1766, in- 8°, avec des planches représentant le forceps de Griî- GoiRE, d'après Boehmer, et les instruments tranchants d'après
DEPUIS l'invention DU FORCEPS JUSQU'a LA FIN DU XVIII^ SIECLE 383
Fried. Deisch avait dédié cette édition « à tous les accoucheurs véritables, qui ne veulent pas laisser mourir sans secours la rr.ère et l'enfant, et qui, pour les sauver, font usage de l'opération césarienne et d'instruments tranchants ».
Deisch fut membre, et même en ij66, doyen du collège des médecins d'Augsbourg, et chargé par l'autorité supérieure de l'examen des chirurgiens.
Voy. encore : * Georg Friedr. Gutermann, Vernûnftige und in ;j^ohl iiberlegter Erfahrung gegriindete Bedenken ueber mancherlei ans Unipissenheit wann und tpie cin Kind im MiUterleibe ^u xpenden. durch Missbrauch stumpfer und Scharffer Instrumente verunglilckte Geburten, jpie hingegen nach der dchten Entbin dungskunst die Kinder und Militer sclionlich r^u behandeln und im Leben :{uerhalten seien, nach eingeholten Gutacliien herausgsgeben. (Réflexions sensées, bien mûries, basées sur l'expérience, pour montrer comment l'ignorance de la vraie méthode de faire la version, et du moment où elle doit être faite, l'abus des crochets mousses et tranchants, dans les accouchements, ont rendu les accouchements malheureux; comment les vrais principes de l'art, suivis avec soin, peuvent sauver à la fois l'enfant et la mère, publiées avec plusieurs approbations). Mit einem Responso der med. Faculi. ^u Helmstadt und ergangenem obrikeitlichen Verordnungen (av. une rép. de la Fac. de méd. de Helmstadt et les ordonnances rendues par l'autorité supérieure). 2 Thl. Frankf. et Leipz., 1761, in-8". — L'auteur était médecin (Physicus)à Augsbourg.
Obs. II. — L'écrit de Joh. Dan. Mittelhaeuser a pour titre : (( * Practische Abhandlung vom Accouchiren, in ruelcher die Instrumente, die dabej' \u gcbrauchen sind, nebst der Art und Weise, ivie sie bei verscliiedenen schweren Geburten sind angewendet worden, samt andern sonderbaren Ziifdllen schipangerer und kreissender Weiber, ans vieljàhriger Erfahrung ange\eigt und beschrieben %perden (Traité pratique de la manière d accoucher, oti l'on trouve décrits les instruments qui y sont employés ainsi que la manière de s'en servir dans les divers accouchements difficiles, avec des observations de cas curieux chez les femmes enceintes et accouchées, d'après une expérience de longues années). Leipz., 1754, in-8°.
Une excellente description des idées théoriques et pratiques de Mittelhakuser a été donnée par Fr. B. Osiander dans son histoire. ,^ 285 ; et à cette occasion, il cite les paroles de Boehmer de Halle de l'année 1746, qui se rapportent visiblement à Mittelhaeuser et consorts : « Ejiciebantur enim Romaolim ad tempus medici,cum secandoet urendoexercentesartemchirurgicam, Romae incolis displicerent et carnificis nomine ornarentur. Idem
fatum licet obstetricibus nondum contigerii, graviorem tamen saepissime merereniur pœnam, chirurgi prasprimis, qui nostris temporibus, sub situ qualicunque prœternaturali, methodo Hippocratica ad acuta instrumenta, partes extremas absscindendo, ossa tlioracis in utero dissolvendo tanquam adsacram anchoram confugiunt ». Prœf. ad R. Manningham, Comp. art. obst. Voy. plus haut I 1 14.
§ 1 54. — Commencement de l'Ecole de Vienne. Hein. Joli. Nep. Crant^.
Les allemands ressentirent de plusen plus le besoin impérieux de comprendre, dans l'enseignement des facultés, celui de l'obstétricie, mais ils comprirent aussi qu'ils devaient demander à l'étranger des maîtres pour enseigner, chez eux, cette branche, qui avait été abandonnée jusque-là, et qui était toujours à attendre les améliorations nécessaires. Les grands états donnèrent, à cet égard, un exemple salutaire, c'est ainsi que Marie-Thérêse, cette noble souveraine, choisit, parmi les jeunes médecins qui devaient se perfectionner à l'étranger, H. Nep. Crantz, élève du grand van SwiETEN, et l'envoya à Paris et à Londres pour suivre avec ardeur les maîtres éminents qui y enseignaient les accouchements, afin de se rendre capable de les enseigner à son tour dans son pays' L'élève zélé suivit, à Paris, principalement LEVRExet Puzos et se familiarisa particulièrement avec les méthodes opératoires du premier, voua une attention toute spéciale au forceps, qui venait d'être perfectionné. En i 754 il revint à Vienne, pour occuper la chaire d'accouchements nouvellement créée ; il chercha, avant tout, à améliorer l'état des sages-femmes en Autriche, et à former, pour le pays, de bons accoucheurs. Il composa pour celles-là un excellentlivre,danslequel il traita tout spécialement la sémdiologic. et où l'on trouve décrits avec le plus grand soin les signes distinctifs de telle ou telle partie fœtale, pendant l'accouchement; l'attention est éveillée sur les méprises que l'on peut commettre, et qui dans l'exploration troublent parfois les
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sages-femmes et les médecins; les monstruosités ne sont môme pas oubliées dans cet ouvrage.
Très belles sont les réflexions de l'auteur sur la forme du sacrum et du coccyx, dont les courbures dirigées vers l'arcade pubienne, qui elle-même a des plans dirigés en-dehors, indiquent si bien la voie que la tète doit suivre dans sa sortie des parties génitales. Cettedescription conserve, au'ourd hûi encore, toute sa valeur. Crantz chercha à combattre, avec toute son énergie, les préjugés et les mauvaises pratiques; toujours il appela Tattention sur l'aide si puissantede la nature, dans la parturition, et sur la nécessité de ne pas la troubler par une intervention prématurée. Il s'éleva surtout contre l'élargissement de l'orifice avec les doigts : « cette œuvre, dit-il, n'appartient pas aux sages-femmes, mais à la nature elle-même, qui l'accomplit d'une façon que Fart ne peut imiter ». Crantz rangeait les présentations des pieds et du siège dans les accouchements normaux, mais il n'exclut pas Tintervention de l'art; la nature, ajoute l'auteur, accomplirait peutêtre toute seule l'accouchement, dans les présentations complètes des pieds, mais il serait imprudent de lui confier entièrement cette tâche. Les régies données, pour l'extraction par les pieds, ainsi que pour faire la version, sont claires et bien exposées. Dans le chapitre, consacré à l'emploi des instruments en obstétricie, il s'élève avec énergie contre l'emploi des instruments tranchants et perforateurs, et il s'efforce de mettre en relief les avantages du forceps de Levret, qu il recommande à ses compatriotes. Quand Crantz attribua à Jacques Ruefk l'honneur de l'invention du forceps, il avait perdu de vue que cet instrument ne répond pas à la condition essentielle, qu'il exige du forceps, d'être inoffensif (voy. I II). Crantz s'élève énergiquement contre ses contemporains qui faisaient encore usage des crochets aigus ou autres instruments analogues. L'accoucheur RoEOERERde Goettingue est compris parmi ceux qui sont blâmés si sévèrement. Un certain nombre d'observations historiques rehaussent la valeur de ce chapitre. Un autre écrit, sur la rupture de la matrice, où sont bien exposés particulièrement les signes elles causes de cet
accident, a été traduit en fiançais, et Levret a fait ressortir les mérites de ce travail, dont l'auteur est appelé par lui son élève et son ami. Après la mort de Storck l'aîné (1760), Crantz le remplaça dans sa chaire (physiologie et matière médicale), et abandonna la chaire d'accouchements à son élève le D'' Val. Ferd. Lebmacher. Plus tard (peu après 1770), Crantz renonça à l'enseignement et se retira dans la vie privée. A lui appartient l'honneur d'avoir donné la première impulsion pour le développement si puissant de l'école obstétricale de Vienne. Les germes de la semence qu'il avait semée se développèrent peu à peu, donnèrent de magnitiques fleurs, et des fruits dont la postérité eut lieu de se réjouir,
Obs. I. — • Les grandes améliorations que le célèbre van Swie- TEN réalisa, dans la fondation de l'école de Vienne, s'étendirent aussi à l'obstétricie ; c'est à sa prévoyante sollicitude qu'on doit la création de la première chaire, et la nomination, comme titulaire, de son cher et digne élevé Crantz, qui fut le premier docteur créépar cette école. Sur ses fondateurs, voy. *J. F. C. Hec- KER, Gesch. der neuer. Heilkunde (Hist. de la médecine nouvelle). Berl., 1839, in-S", p. 353, et suiv.
Obs. IL — Les écrits d'obstétricie publiés par Crantz sont les suivants : * Einleitung in eine iralwe iind gegrïindete Hebammenkunst (Introduction à l'art, vrai et fondamental de la sagefemme). Wien, 1756, in-S". * Commentarius de riipto in partus doloribus ajœtit utero, hips.. iy56, in-S" (trad. par Puzos, voy. le jugement de Levret sur cet écrit dans son Art des accouchements., 3" part., ch. I, art. VII, sect. III, note 2), 3*^ éd., 1766, p. 108. — Commentatio de instrumentorum in arte obstetricia historia, utiliiate et recta ac prœpostera applicatione, in * Nov. act. n. cur.., t. I.Norimb.. i 757, in-4°, App. 73 ; (comme tirage à part : * Dissert de re intriimentaria in arte obstetricia. Norimb. 1757), voy. à ce sujet l'annonce (de RoEDERER)dans : * Gôtt. gel. An^., I 758 (3" fasc. p. 29). Notices biogr sur Crantz, E. G. Bal- DiNGER, * Biograph. Noti:{en jet^t. leb. Aer^te imd Naturforscher., t. I, lén., 1772, in-8°, p. 32, et Hecker, ouv. c, p. 536.
Obs. III. — Pour juger les rapports entre l'obstétricie et le public, dans les états de l'Autriche, à cette époque, voy. un dialogue entre l'empereur Joseph et ï accoucheur hongrois Weszpkemi, Elève de SuELLiE. A la questioi de l'empereur : « Exercesne tu
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quoque hic artem illam, et quo successu ? Weszpremi répond : « Fatendiim est ingénue, Augiistissime D. me rariiis ad partiirientes vocari, itaenimsunt piidicœ millier ciilœ nostrœ, ut mares no7îfacile admittant^nec patiantur sibiaviris auxiliatricesmanus ad?noveri ». A quoi l'empereur répond : « Utinam non essent adeo pudicœ y> . Voy. Baldinger, oî<v. c, t. I,4''fasc., p. iy6/in-B)°.
I i55. — Création en Allemagne de la première clinique obstétricale. Jean George Roederer, à Gôttingue, i/Si.
L'arrivée, sur la scène obstétricale, d'un homme d'un talent supérieur, muni des connaissances les plus variées, comme il convient à un professeur d^en posséder, exerça sur Fétat de l'obstétricie, en Allemagne, l'influence la plus puissante. Il a fait un bien immense, pendant le court espace de temps qu'il occupa la situation qui lui avait été offerte, il y déploya son talent avec toute son ardeur. C'est avec orgueil que l'Allemagne (disons aussi l'Alsace française) jette les yeux sur Jean George Roederer ; elle peut l'appeler son premier maître, car, avant lui, il n'avait été donné à personne d'enseigner en Allemagne son art, comme lui le fît pour la première fois. Rœderer est né à Strasbourg le )5 mai 1726, il y fit des études scolaires distinguées, et étudia la médecine, se perfectionna à Paris en 1747, en Angleterre en 1748, puis pendant quelques moisà Leyde, où l'œil attentif du grand Haller sut le distinguer pour l'appeler à Goettingue, afin d'y occuper une chaire d'accouchements. Le grand médecin avait trouvé l'homme, qui mieux que tout autre, réalisait le plan qu'il avait caressé, de donner à Tuniversité de Goettingue son complément, par l'enseignement de l'obstétricie. Roederer retourna à Strasbourg, pour se perfectionner encore sous la direction de son maître Fried, dans son éducation obstétricale, dont les fondements avaient été posés par Levret et par Smellie. Il fut reçu docteur le 26 mai i 750, ei, en 175 i, il se rendit à l'appel de Hallkh. Il ne devait pas se bornera faire, pendant quelques
semestres, un cours d'accouchements qui manquait au programme de l'université Georgia Augusta, mais il devait y ajouter un enseignement pratique qui, depuis longtemps avait été rendu possible à Strasbourg par la création de la Maternité. Le curateur de Funiversité, Gerh.de Munchhausen, auquel elle doit d'être devenue si florissante, approuva la proposition de Haller, de créer un établissement semblable à celui de Strasbourg, et d'en confier la direction au professsur qu'il avait appelé. L'établissement était très restreint au début, mais le zèle et le talent remplaçaient ce que les circonstances n'avaient pu accorder encore. C'est avec le plus grand soin, que tout était mis à profit pourl'instruction, et c'est ainsi que fut crééecette institution, dans laquelle seule il est possible d'étudier cet art. Du 6 décembre 175 i au 2 décembre 1762, on observa 282 accouchements. Ce tableau, extrait plus tard par Osiander du journal de l'auteur, est la meilleure preuve du zèle que mettait le professeur à tirer, au profit de l'instruction de ses élèves, tout le parti possible, de tout ce qui se présentait dans son service ; ces élèves, qui plus tard sont devenus célèbres, ont rendu de lui, à cet égard, le meilleur témoignage. Hélas Roederer a été enlevé prématurément à la science et à l'Université ; il mourut à Strasbourg le 4 avril 1763, à l'âge de 3/ ans , se rendant à Paris où il avait été appelé pour donner des soins à une personne de distinction. Son nom et les services qu'il a rendus à la science sont inscrits dans les annales de l'art, qui en gardera un précieux souvenir. L'histoire montrera ce qu'on lui doitcomme écrivain et comme professeur, et lui conserve une éternelle reconnaissance.
Obs. I. — Sur la vie de Roederer, voy : * Fr. Bokrner, Nachrichten, etc., t. III, p. 124, et surtout : * Kaestner's Elogiiim J. G. RoEDEUERi, m consessu soc. scient. Goett. récitât., réimprimé dans * Rœderi Opiisc. med., t. I, p. 11. Goett., 1764, in-4''. On trouve aussi une courte notice dans : * Putuor, Vcrsuch einer acad. GelcJirten-Gcsch vo» Goef/f;z^ (Essai d'une hist. des sav. Acad. deGœit.). Goett., i7b5,in-8<', p. b^, aussi mentionné dans : Acad. Argent. Progr. in mem. i.G. Roederer, 1763, in-S".
L'académie de médecine de Paris a chargé son secrétaire perpétuel
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D"" Fréd. Dubois d'Amiens, de publier les éloges de Louis, de l'Académie de chirurgie, restes en manuscrit, depuis près d'un siècle, dans la bibliothèque de la savante compagnie héritière de l'académie de chirurgie. Cette publication fut faite en iSSg, in-S" (Paris, J.-B. Baillière), l'éloge de Roederer, qui était associé à l'académie de chirurgie, est le premier que Louis ait prononcé, en qualité de secrétaire perpétuel de l'académie, il se trouve p. Sg du livre, et est suivi de notes. Cet éloge, écrit si peu de temps après la mort de Roederer, par le célèbre secrétaire perpétuel, est fort intéressant et mérite d'être consulté; il n'a paru qu'après la publication du t. Il de cette histoire. (F.-J. H.)
ScHWEiGHAEusER raconte le fait suivant dans sa Pratique des ace. Strasb. i835, p. xix : « Roederer avait été nommé, en 1761, professeur d'anatomie à Strasbourg, sa ville natale, ses lettres de nomination furent interceptées à la poste, et une fausse réponse fit obtenir la place à un autre. Arrivé à Strasbourg, en 1763, Roederer fut tellement frappé de la mésaventure, qu'il prit une fièvre bilieuse et nerveuse, dont il mourut peu de jours après l'invasion de la maladie ».
L'éloge de Louis ne mentionne pas cette circonstance, (F.-J. H.)
Obs. II. — On trouve dans * Osianders's Denkw.fiir die Heilk. II. Geb., t. I. Goett., 1794. in-8"', p. xl, et dans ses : « * Neue Denkxv. t. I. 2^ fasc. », 1 799, in-8°, p. 5, des détails circonstanciés sur rétablissement de la première clinique obstétricale à Gôttingiieet sur la localité où elle avait été établie, ^zo- les accouclieinents observés à la clinique, voy. : * Tabell. Ver^eichnis aller in der K. Entbindungsanstall ^u Gôtt. seit ihrer Èrrichtung am Ende des Jalirs lybi, bis \um Ende des Jahrs 1762 vorgefallenen Geburten nebst ihrem Erfolge fiir Mutter iind Kind. Ausge^. ans dem Tageb. desseel. Prof. Roederer, von Fr.B. Osiander. Goett., 1795, in-8".
Obs. m. — Le professeur de Heidelberg, qui est loin d'hêtre prodigue de ses louanges, dans son livre : « Das Weibliche Becken » (Le bassin de la femme). Carlsruhe, 1825. in-4°, dit ces paroles, p. 56 : « Je n'ai pas besoin de redire ici combien je rends hommage au mérite de ce savant si sagace, né pour l'observation, enlevé à la science à la fleur de Tàge, et dont la perte est pour elle un si grand malheur ». Voyez aussi comment Naegele apprécie ses mérites dans son mémoire « Sur le jnécanisme de l accouchements publié dans les Arcli. de Meckel, t. V, fasc. 4, 18 19, p. 525, et dans le livre de Naegele, fils : u Die Lehre vom Meckanismus der Geb. ». etc. Mainz, i838, p. 97.
p i56. — Principes d'obstétrique de Roederer.
RoEDERERne se bornait pas à donner ses soinsà l'enseignement, dans la chaire qui lui avait été confiée, mais sentant quels besoins existaient, dans ce pays, pour une science qui y avait été traitée avec si peu de sollicitude, il composa un livre qui devait servir de programme pour ses cours, et répandre au loin ses principes. Il était parfaitement doué pour ce travail, sa dissertation inaugurale soutenue à Strasbourg « De perfecto fœtu », ijSo, le démontrait surabondamment; elle témoigne de recherches solides, d'une remarquable clarté d'exposition, et d'une possession de connaissances anatomiques précieuse. Celles-ci brillaient d'un grand éclat chez Roederer, qui leur doit ses relations amicales avec Haller, et la situation que le grand physiologiste lui avait procurée à Goettingue. Chaque hiver il faisait des démonstrations anatomiques et dirigeait les travaux à l'amphithéâtre. Cette connexion entre Tanatomie et l'obstétricie devait exercer sur celle-ci l'influence la plus bienfaisante. Tous ses travaux d'obstétricie.qui ont quelque rapport avec l'anatomie et la physiologie, révèlent, pour ces parties de la science, un maître éminent et exercé.
Les figures de l'utérus gravide, publiées par lui, conservent aujourd'hui encore toute leur valeur. Le discours que Roederer prononça lorsqu'il monta dans sa chaire(i8déc. 1/5 i), et dans lequel il exposa les avantages de cette partie de Part et la nécessité, pour des médecins instruits, de la cultiver, montre ce qu'on pouvait attendre de lui : elle porte le titre de « De artis obstetriciœ prœstantia, qiiœ omnino eruditum decet. qiiin imo reqiiirit ». Le programme de la leçon, dans laquelle il invite à étudier les axes du bassin, n"a de nos jours conservé d'autre valeur, que d'avoir été le premier travail consacré à ce sujet. Dès 1-53 parut la première édition de ses « Elementa artis obstetriciœ »
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qui se distinguent par une exposition très élégante et très claire, en langue latine ; Naegele appelle Roederer : « Celsus inter embryulcos ». On y trouve les principes d'obstétricie parfaitement ordonnés.
Dans une seconde édition, corrigée et augmentée, qui parut en 1759, Roederer a pris à tâche de déterminer avec plus de soins encore et de précision ce qui « iniqui et imperiti censores in peiorem partem rapiunt ».
Roederer commence ses éléments d'obstétricie par la description du bassin de la femme, qu'il soumit à des mensurations très précises, dont il fait ressortir, avec une très grande exactitude, l'importance sur la marche de l'accouchement. Il n'admet pas l'écartement des os pelviens pendant le travail, et il ne croit pas nécessaire, pour le favoriser, de repousser le coccyx en arrière. La description de la matrice, à l'état de vacuité et de gestation, se base sur des recherches anatomiques sérieuses; il distingue avec soin l'orifice externe de l'orifice interne, et décrit, d'après nature, leurs modifications pendant les divers mois de la grossesse, il met surtout en relief le ramollissement que subit le col, ce qui est un signe précieux de l'état gravidique. Il signale l'importance des fibres longitudinales et circulaires de la matrice, au point de vue de l'expulsion de l'enfant. Tout le chapitre consacré à la (( Théoria partus » révèle un grand talent d'observation et un coup d'œil d'une rare perspicacité. On peut en dire autant du diagnostic différentiel de la grossesse, et du soin qu'il prend de la distinguer de l'ascite. Roederer a très bien décrit les phénomènesdynamiques du travail, qu'il partage encinq périodes, pour mieux les faire comprendre. Pendant la première, la tête arrive au couronnement supérieur (l'orifice entourant la plus grande circonférence du crâne) ; dans la seconde, la tête pénètre dans la cavité pelvienne ; dans la troisième, elle arrive à la vulve ; pendant la quatrième, elle franchit l'orifice vulvaire, à sa suite, passe le corps de l'enfant ; pendant la 5^ période, a lieu la sortie du délivre. Roederer regarde comme accouchement parfait celui où l'enfant est expulse, enveloppé de ses membranes : « in per-
fectissimo partu ovum integrum excluditur ». Roederer appelle l'attention sur l'abaissement de la matrice, comme un signe d'accouchement prochain. L'accouchement doit se faire sur un lit commode. Il n'admet pas les fauteuils, et il dit que les lits larges des français sont incommodes, il rejette également la situation dans le décubitus latéral. On évite la déchirure du périnée, en faisant une compression, vers le sacrum, sur la tète, pendant qu'elle franchit la vulve (« digitis perinaeum versus os sacrum premit «). Quand la tête est sortie, il faut extraire promptement le reste du corps. Parmi les règles qu^il prescrit pour les soins à donner à l'enfant, immédiatement après sa naissance, se trouve le conseil de couper le filet, s'il existe : « impedita suctio et denegata linguae brevioris ante labia oris volutatio ».
OsiANDERdit que Roederer a pratiqué cette opération trop souvent, et parfois au préjudice de l'enfant; il s'appuie sur les tableaux cités plus haut. Roederer conseille de n'extraire le placenta qu'après la section du cordon.
§ 157. — Suite.
Quand l'accoucheur se trouve en présence d^obstacles à l'accouchement, que la nature est impuissante à vaincre, il peut intervenir de quatre manières différentes : i" extraire l'enfant par les pieds; 2° l'extraire parla tête, au moyen d'instruments; 3° diminuer le volume de l'enfant ; 4" Textraire par une ouverture pratiquée à l'abdomen et à la matrice.
Les règles pour pratiquer toutes ces opérations sont exposées avec de grands détails, où l'on voit briller le talent du professeur.
Les accidents, qui peuvent arriver par le hasard ou l'impéritie, sont développés avec soin; on doit se garder de toute intervention trop hâtive. Roederer énumère les règles à suivre, selon les présentations de l'enfant ; il commence par les accouchements difficiles, ou contre nature, quand c'est la tête qui se présente. Si
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le volume de la tête est trop grand pour la capacité du pelvis, il se produit un enclavement (paragomphosis) qui peut présenter trois degrés : dans le premier, le moins considérable, l'accouchement peut se terminer, quoique lentement, sans préjudice pour la mère ou pour l'enfant ; Rœderer s'élève contre l'emploi trop hàtif du forceps, dont les accoucheurs font abus souvent dans ces cas « propriaefamae fructuiqueconsulendi causa », et il ajoute : « magis enim a forcipis compressione, quani dolorum, periclitatur foetus caput ». Par contre, le second degré d'enclavement, caractérisé par une grande tuméfaction du cuir chevelu, par l'inflammation et même la gangrène des parties molles, la lésion de Turèthre, etc., impose l'obligation d'employer le forceps avant que les phénomènes inflammatoires se soient développés. Roederer croit que, dans ces cas, le forceps agit par compression, mais quand la tuméfaction du cuir chevelu est considérable, et que les os chevauchent les uns sur les autres, le forceps ne peut que nuire, car il produit des lésions de la tête, des déchirures des parties molles, et le but de l'instrument, qui est la conservation, manque complètement. Quand, dans ces cas, Paccoucheur a la certitude de la mort de l'enfant, il devra pratiquer la perforation. Si l'enfant est encore en vie, on pourrait penser à l'opération césarienne, mais comme elle est extrêmement dangereuse, et qu'elle n^est plus applicable, puisque l'accoucheur a été appelé trop tard, que les forces de la parturiente sont épuisées, et que déjà il y a un commencement d'inflammation de l'utérus, il ne reste plus à pratiquer que la perforation, si on ne veut consentir à laisser mourir la mère et l'enfant sans leur venir en aide. Roederer pense que « priestat autem fœtum solum, quam una cum matre perire : consilii apparens atrocitas mitescit ex nccessitate». Dans le troisième degré d''cnclavement, l'opération césarienne sMmpose, surtout quand le rétrécissement du bassin est tel, que la main de Paccoucheur ne peut y être introduite, car dans ce cas, la tête même perforée n'y passerait pas. Les préceptes que donne Roederer pour l'emploi du forceps ne sont certes pas à blâmer, ils ne méritent pas le reproche que leur adresse l'auteur
de l'histoire pragmatique de Tobstétricie (p. 324), qui dit, que RoEDERER ne connaissait pas alors, aussi bien que Levret et Crantz, toute l'étendue de l'emploi et de l'utilité du forceps. Les règles que donne Roederer, | 441, pour la manière de se servir de l'instrument, prouvent absolument le contraire, et le soin qu'il apporte à conserver à cet instrument sa belle réputation d'innocuité montre le mieux combien Roederer en appréciait la valeur, que les maîtres français et anglais lui avaient eux-mêmes enseignée. Roederer range dans les accouchements difficiles et contre nature, ceux où l'enfant se présente par la face directement dirigée vers la symphyse pubienne, ou d'une autre manière, dans le premier cas, l'intervention de l'art n'est pas absolument indispensable, seulement l'accoucheur devra veiller à ce que la face n'éprouve aucun préjudice en passant sous l'arcade pubienne; si, en même temps, il y a obliquité utérine, il est préférable de faire la version et l'extraction par les pieds; si le moment de la pratiquer est passé, le forceps peut suffire dans les cas faciles, dans les cas difficiles, il faudra pratiquer la perforation du crâne. Roederer regarde les présentations de la face comme très dangereuses en général, ce n'est que quand les contractions sont très énergiques, et que la tête n'est pas trop grosse, que la nature peut terminer seule l'accouchement qui est toujours lent. Tout ce que dit Rœderer sur les accouchements par la face est défectueux. Suivant H. Fr. Naegele (Lehre vom Mcchan. der Geb., p. 166), Roederer a suivi complètement la doctrine de son maître Fried, et il ajoute avec raison, que Roederer ne doit pas avoir eu l'occasion de voir l'accouchement se terminer spontanément dans une présentation de la face ; nous devons dire que nous partageons parfaitement cet avis. Une présentation de la face doit être changée en présentation du crâne au moyen de la main ou du levier ; si cette manœuvre ne réussit pas, ou s'il y a obliquité de la matrice, on fera la version podalique, si on ne peut la faire, on emploiera le forceps, et, au besoin, on fera la perforation du crâne. Quant aux présentations des pieds, Roederer partage la manière de voir de ses contemporains ;
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dans les cas favorables, elles peuvent se terminer spontanément. mais le plus souvent on devra faire l'extraction ; appréciation analogue des présentations du siège ; si le bassin est large, l'enfant petit, les contractions énergiques, la terminaison spontanée peut avoir lieu, mais il est toujours préférable d'engager les pieds, si Taccoucheur est appelé à temps, et de terminer l'accouchement par l'extraction. Si la matrice est fortement contractée autour du siège, et si les douleurs sont énergiques il vaut mieux laisser agir la nature et développer son énergie, plutôt que de dilater la matrice par la force; tout au plus pourra-t-on déprimer le coccyx, et faire des tractions à l'aide du doigt sur les aines, quand les hanches apparaissent. Si les contractions font défaut, on pourra attirer le siège moyennant le forceps, ou avec un crochet mousse. Ce qu'il y a de plus sûr, sera de convertir la présentation du siège en présentation des pieds. Toutes les présentations transversales exigent la version podalique ; cette opération est aussi indiquée dans les hémorrhagies, et dans les implantations duplacenta sur l'orifice, ou dans son voisinage. Roederer regarde l'opération césarienne comme très dangereuse, mais pas comme absolument mortelle. De même que son maître Levret, il la regarde comme indiquée quand l'angustie pelvienne est telle, que la main de l'accoucheur ne peut pénétrer dans la matrice, ou si l'extraction de l'enfant parait impossible. D'après les tableaux d'OsiANDER. Roederer aurait pratiqué cette opération deux fois avec insuccès. Tel est le livre que Roederer donna à ses contemporains, il renferme une doctrine qui n'avait Jamais paru dansune forme semblable. Il le destinait aux accoucheurs, comme le démontre la langue dans laquelle il avait été écrit. Le « vir eruditus», dont il parle dans sa préface, devait s'occuper d'un art qui, en Allemagne, était resté entre les mains de chirurgiensgrossiers et ignorants. Cet art ainsi exposé devait bientôt ressentir une influence bienfaisante et voir luire des jours meilleurs. Le grand mérite de Roederer a é'é déveiller, parmi ses élèves, la sympathie pour un art, auquel il n'a pu consacrer que quelques années d'une vie si courte. Ce que l'auteur de son éloge
dit de ses écrits, dans un court passage, doit trouver sa place ici, bien que dans un autre sens : « Agnoscas in scriptis viri lumen, ad quod elaborata sunt, non triste et débile lucernœ, sed Ixnum etvividum aurorœ ».
Obs. — Les diverses éditions des éléments de l'art des accouchements sont les suivantes : * Elementa artis obsletriciœ in itsiun prœlectionum academicariim. Goett., ijSS, in-8°. — ' Auct. et emendat, 1759, in-8°. ' Elem. art. obst. in iisiini auditorum deniio edidit, noc non prœ/atione et annotationibus instnixit, Henr. Aug. Wrisberg. Goett., 1766, in-8" (Wrisberg succéda à son maître Roederer dans sa chaire, et donnait le livre comme programme de ses cours. Dans la préface, il prit la défense de Rœderer contre les attaques dirigées contre lui dans le * Journal des Scavans, 1765, Oct., où l'on prétendait que Roederer s'était approprié les doctrines de Levret, Petit et autres, les avait données comme siennes en les disposant seulement dans un autre ordre). Trad. en français : * Elément de l'art des accoiichemens. Paris, 1765, in-8°, chez P. Fr. Didot le jeune.
Le nom du traducteur n'est pas indiqué ; l'éditeur dédie cette traduction à Levret, et comme il avait édité aussi la traduction de Smellie, il a emprunté à l'atlas in-8°, de cet auteur 14 planches qu'il a intercalées dans le texte. D'après Portal, ouv. c, t. V, p. 483, la traduction aurait été faite par un nommé Patris. Comme cette histoire de l'anatomie et de la chirurgie a été pubHée par le même libraire, on peut penser que cette indicati()n est exacte. (F.-J. H.)
Trad. italienne : * Elementi di Ostetricia tradotti e corredati di figure in rame da Giuseppe Galletti. professore d'ostetricia, etc. Firenz., 1 795, in-4° (éd. terz.). Starck, à léna, publia une traduction allemande: *B.ov.\iv.RY.K?,Anfangsgrunded. Geburtsh. mit einer Vorrede , Amnerkungen iind Ziisdt:{en von Hofr. D' Stark. Nouv. trad. allem. par le D"" Henckenius, Phys. zu. Bo.xberg. len., 1793, in-8°. (Déjà en 1761, J. Fr. Henckel avait publié ses : * Abhandl. von der Geburtsh. Berl., in-8°, qui est en grande partie la traduction des Elementa de Roederer, comme l'auteur le dit dans sa préface. Beaucoup de choses sont attribuées à Fried, d'autres sont omises, ou modihées, de sorte que la traduction allemande de Henckenius était restée tort utile pour ceux qui ne connaissaic nt pas le latin.)
Les planches qui représentent l'utérus gravide sont de 1729, elles ont pour titre : * Icônes uteri Inimani gravidi observationibus illustratœ. Goetting, in-fol.
DEPUIS L INVENTION DU FORCEPS JUSQU A LA FIN DU XVlir SIECLE :>q-
Les novcxhvQn^ petits écrits de Roederer. ainsi que ceux que publièrent ses élèves dans leurs disse nation s dont il était président, et qui, suivant la mode d'alors portent son nom. ont été réunis dans : ' Opuscula medica sparsim prius édita, niinc demiim collecta, aiicta et récusa. Goett P. I. ijôB; P. II. 1764. in-4". Dans ce dernier volume se trouve, p. 21 , lindicatioii complète des écrits de Roederer.
On se fait une idée exacte de la pratique de Roederer par ses « * Observât io7nun medicarum de partu laborioso décades duœ. Goett., 1756, in-40 (F.-J. H.)
Ces observations ont été ajoutées à la irad. franc, des Eléments., sous le titre de * Observations sur les accouchements laborieux. p. 423 à 554.
L'écrit de Roederer qui a pour titre : * De temporum in graviditate et partu œstimatione, Resp J.Fr. Dietz. Goett ,i 7 57,in-4°. a une grande importance au point de vue de la médecine légale, il contient des mensurations et des pesées d'embryons, aux divers temps de la grossesse.
Enfin, il ne faut pas oublier de mentionner encore, bien que ne ses rattachant pas à IVbstétricie, le travail « De morbo miicuso. publié sous sa présidence, par C. Gottl.Wagler ; puisen 1 7d5. à Gott., in-4", av. fig. et le livre De morbo mucuso liber singularis quem nuper speciminis loco ediderunt J. Georg. Roederer et Carol Gottl. Waolkr, qui a été le point de départ de recherches nouvelles d'anatomie pathologique sur une maladie fréquente, et qui lui a donné un nom qui subsiste encore. iF.-J. H.)
§ 1 38. — L'Ecole des sages-femmes à Berlin . J.-Fr. Meckel. Joach.-Fr. Hem'kel. Joh.-Ph. Hagen.
Ineécole spéciale pour les sages-femmes fut fondée à Berlin en 1751, sous le règne de Frédéric II. Jusque-là, les sages-femmes avaient été instruites par des médecins (Phvsiker), et examinées par eux ou par des collèges médicaux.
Un écrit des médecins de Berlin et du professeur de chirurgie JoACH, Fr. Henckel. adressé au collège supérieur des médecins, et un écrit de ce dernier sur l'amélioration de Tart des accouchements furent ia cause de la création d'iuie école de sages-femmes
3g8 HUITIÈME ÉPOQUE
à la Charité de Berlin, sur le modèle de celle de Strasbourg; elle fut inaugurée le 3o octobre i jS i , par un discours d'ELLER, médecin du roi, et confiée à la direction de J. Fr. Meckel, Physicus et professeur d'anatomie. Meckel n'était pas assez accoucheur pour qu'on ait pu attendre beaucoup de sa coopération dans l'enseignement pratique de l'obstétricie. Henckel exprime, à ce sujet des plaintes amères dans un écrit. Meckel ne faisait, pour les élèves, que des démonstrations anatomiques sur le cadavre. Lorsque Meckel eut renoncé volontairement à ces fonctions, peu avant sa mort (il mourut en 1774), Joachim Frédér. Henckel (né dans la Prusse hollandaise, le 4 mars 1712) fut chargé de l'enseignement des sages-femmes, et de la direction de l'école. L'enseignement de l'anatomie fut confié à Walther. Henckel avait étudié les accouchements à Paris, i.ous Grégoire, en 1738, mais, plus tard, il avait suivi complètement les doctrines de Roederer, qu'il reproduisit presque textuellement dans ses écrits; il ne rendit personnellement que peu de services à cette branche de l'art. L'établissement confié à ses soins prospéra, progressa et répondit au but de sa fondation ; l'état des sages-femmes fut amélioré sensiblement en Prusse, et Henckel prit à cœur de former aussi des chirurgiens accoucheurs.
Il mourut le 2 juillet 1779, et eut pour successeur Jean Phil. Hagen. Cet homme, dontla vie avait été très mouvementée et soumise aux privations les plus dures, avait enfin tourné ses vues du côté de l'obstétricie ; il était dépourvu des connaissances préliminaires fondamentales, et n'avait reçu sous Meckel qu'une instruction insuffisante, il chercha ày suppléer par des observations et des études personnelles. Le succès récompensa ses efforts ; peu à peu il fut à la tête d'une clientèle considérable, et en possession de renseignement à l'école. Il y déploya un très grand zèle, faisait des cours pour les chirurgiens, et s'efforçant de contribuer aux progrès d'un art qui lui était devenu cher. Son livre trace avec soin les limites entre l'art de la sage-femme ou l'obstétricie ordinaire, et l'obstétricie supérieure et scientifique, il cite des observations puisées dans sa pratique, sur lesquelles il donne
DEPUIS l'invention DU FORCEPS JUSQu'a LA FIN DU XVIII^ SIECLE 3 99
les éclaircissements nécessaires. Comme tous ceux qui n'ont pas reçu une première instruction solide, il écrit d'une manière commune, et l'ignorance des écrits anciens lui fait exposer, comme nouvelles, des choses connues depuis longtemps. Son principal mérite a été de perfectionner la partie opératoire de l'art ; il aimait beaucoup le forceps (de Levret), cependant il avait recours parfois au perforateur, comme on peut le voir dans le résumé des accouchements pendant 5 ans (1785-1790). Sur 700 naissances on trouve 10 accouchements difficiles, par les pieds, 137 applications du forceps, 3o perforations du crâne, et emploi des crochets aigus; 10 accouchées succombèrent. Suivant un autre tableau {Arch. de Starck, III, p. 762), sur un total de 1285 accouchements terminés par Hagen, on trouve 187 applications du forceps, et ?7 perforations et emploi de crochets. 11 imagina une pince pour les pieds Ce qu'il dit des présentations des pieds, incomplètes, est meilleur ; suivant lui, elles peuvent se terminer sans l'intervention de l'art. II mourut le 12 décembre 1792 Dans ses dernières années il eut à subir bien des désagréments de la part de ses confrères de Berlin.
Obs.I. — Sur l'établissement de l'école de sages-femmes de Berlin, voy. : *L.Fori\u:y, Ver.siich eitier medi:^. Topographie von Berlin. (Essai d'une topographie méd. de Berl.). Berlin, 1796, in-S", p. 26i.\'oy. aussi : Henckel. Kiir\e Nachricht von der Berlin schen Hebammenschule (Notice succincie sur l'éc. des sages-f. de Berl ) dans ses : * Abhandl. von d. Geburtsh., etc., Berl. 2^ éd., 1774, in-8°.
Obs. II. — Les écrits de Henckel qui ont traité de l'obstétricie sont les suivants : * Anmerkungen von nndernaturlichen Geburten ~^ur Verbcsseriins dcr Hebaimncnkunst (Obs. s. les ace. contre nature, et de l'amélioration de l'obstétricie). Berl., i75i,in-4». Abhandl. von der Geburt.sh . mit KiipJ'(Mémo\red'obstétricie, avec pi.). Berl., 1761, in-8''. * Abhandl. v. d. Geburtsh. :{um Gebrauch bei seinen Vorlesungen in der H cbam7nenschule . M. K. (Mém. s. Tobstét. à l'usage de ses leçons à l'école des sages-f., av. pi.). Berl., 1767. * 2* éd., 1774, m-^". Abhandl. von den Fiissgeb., xporinnen eine Hebamme grosse Geschicklichkeit haben miiss. (Sur lace, par les pieds, où la sage-femme a besoin d'une grande adresse). Berl., 1 776, in-8°. 5e5 wemo/re.s renferment des obser-
valions de médecine et de chirurgie. Berl., 1 747-63 et les Nouv. 77îém , 1769-72, renferment des observations d ubstétricie. Biographie de Henckel dans : * Fr. Borneras Nachrichten, etc., t. III, p. 293.
Obs. III. — Les écrits de Hagen sont : * Versuch eines neiten Lehrgebàitdes der practischen Gebiu'tshi'ilfe diirch viele Wahrliehmungcn erlàittert iind bestàtigt (Essai d'un nouvel édifice d'obstétricie pratique, basé sur beaucoup d'observations), i Th. Die Hebammenknnst,oder gemeine Gebiirtshiilfc {x'" partie, l'art, de la sage-femme ou l'accouchement ordinaire). Berl. et Stett., 1784, in-S". 1" Th. Die liôhere Entbindungskiinst ; die tpissenschaftliche oder eigentliche Geburtshiilfe mit Kiipf (2^ partie, l'accouchement supérieur ou l'obstétricie scientifique ou l'art des ace. propr. dit). Ibid., 1782, in-8°. * 2* éd. des deux parties. Dantz., i jgi , \n-S° .* Ertdiitejningen seines neuen Lehrgeb., etc., vor:[uglich in Riicksicht der Wahrnehmungen (E.xplication de son nouvel édifice d'obst. surtout au point de vue des observations). 2^ éd., Berl., 1793, in-8<* (la i^eéd. est de 1790). Versuch eines allgem. Hebammen-Cathechismus oder Anweisung fur Hebammen, Unterricht fiir Schwangere., Gebàrende imdWochnerinnen (Essai d'un cathéchismegénéral pour les sages-femmes, ou conseils pour les sages-femmes, instiuctions pour les femmes enceintes, en couches et accouchées). Berl., 1784, 2° éd. * 3® éd. 1787, 4° éd., 1791, in-S". * Einige Entdeckungen imd Aufklàrungen in der Geburtshiilfe. Sendschreiben an Baldinger (Quelques découvertes et explications obstétricales, lettres à B). Vertheidigung gegen einen Gottinger Rccencenten (Réponse à un critique de Goett.). Zeichenlehrefur Geburtshelfer {'èévaéxoù.quo. pour les accoucheurs). Hanov., 1 795, in-8" (tirage à part desArch. de Starck. *An ein iinpartheiisches und aufgekdrtes Publicum in Berlin (A un public impartial et éclairé). Berl. 2 f. , in-4'\ Einige Worte ■{ur Rechenschaft ans Seiner Praxis (Réimpress. d'un article du même journal qui contient quelques mots de compte rendu de sa pratique). Les rlrc7i/i't'6'rft^ Starck, 1. 1, II et III, contiennent quelques articles de Hagen ayant trait à des observations d'accouchements, quelques polémiques avec Bock, où l'on reconnaît la plume du digne rédacteur (III, p. 533). Dans le t. V de ce journal on trouve une autobiographie de Hagen, qui renferme d'intéressants détails sur l'éducation de l'auteur, comme accoucheur, et quelques particularités curieuses qui caractérisent les relations entre les médecins d'alors, dans la capitale de la Prusse.
iSg. — Georges Guillaume Stein.
Parmi les accoucheurs, qui ont posé les bases de leur éducation obstétricale sous la direction de Roederer. il faut nommer en première ligne G. W. Stein. C'est à ses efforts que Tobstétricie allemande est redevable des progrès considérables qu'elle a accomplis dans la seconde moitié du XVIII'' siècle, et qui lui ont permis de rivaliser avec ceux de la France. Bien que Stein se fût perfectionné à Paris sous la direction de Levret, et que ce fussent ses principes qu'il importa en Allemagne, et qu'il y enseignât la doctrine de son éminent maître, le temps n'était pas éloigné, oii ce brillant disciple n'allait plus être forcé de chercher à l'étranger la consécration de son talent, et où il marcherait de lui-même vers le progrès.
La voie ouverte par Stein devait le conduire à son but ; il rectifia un grand nombre d'erreurs, ajoutadesdécouvertes nouvelles, et bientôt il devait éclipser tous les autres maître? de l'art. A son retour de France, une heureuse étoile lui ht traverser la Hollande, le conduisit à Gasselj 1763, où une maternité avait été nouvellement créée, et dont la direction lui fut confiée par le prince. C'est dans cetie École que les élèvesdu collège Carolinien et les sagesfemmes allaienttrouver une instruction supérieure, et Stein une heureuse occasion de faire des observations utiles et mûries sur la femme en travail, en même temps que le moyen de développer son talent d'exposition. Honoré d'une clientèle étendue dans la ville et la campagne, il apprit les difficultés de la pratique dans ces conditions si diverses, et acquit une expérience des plus fructueuses. Plus tard (1792), il fut appelé à Marburg. où il fonda également une maternité, et où il put élargir le champ de ses observations. Son établissement était florissant, et attirait un grand nombre d'élèves allemands et étrangers qui, ayant appris à le connaître à Cassel, le suivaient dans sa nouvelle rcsi-
SIEBOLD-HERRCOTT, H — 2'i
dence. Des hommes devenus célèbres plus tard à leur tour, Fr. B. OsiANDER, El. de Siebold, g, W. Stein (son neveu) ont suivi ses enseignements. Il était connu de tous les accoucheurs de l'Allemagne, son traité des accouchements eut sept éditions, et lui fut le modèle des accoucheurs allemands et le maître de l'obstétricie de la nation allemande, posant les fondements de l'art de la manière la plus solide. La mort qui enleva ce maître à l'âge de 66 ans (24 septembre i8o3) devait trop tôt mettre fin à cette existence si précieuse.
Obs. — G. W. Stein est né à Cassel le 3 avril 1737. Préparé par de solides études faites au Carolinum, il se rendit en 1756 à Goettingue, et s'attacha spécialement à Rorderer, de la main duquel il reçut en 1760, le 20 mars, le diplôme de docteur. Sa dissertation écrite sous la direction (suasore et moderatore) de Roederer, montre la prédilection de Stein pour les accouchements. Une lecture faite avant sa soutenance a aussi traita l'accouchement : « proemittit lectionem cursoriam de partu », dit Roederer, dans le programme ajouté à sa dissertation : * « De arcubus tendineis musciiloriim oi'iginibiis. Goett., in-4°, voy : * Dissertât, de signorum graviditatis œstimatione. G. W. Stein passa un mois à Strasbourg chez Fried l'aîné, quand il se rendit à Paris, pour se perfectionner sous Levret. Il consacra les vacances d'automne à un séjour à Leyde, pour entendre les leçons de Musschenbroek sur la physique. En 1761,11 retourna à Cassel pour y pratiquer les accouchements, fit au Carolinum des leçons d'accouchements, en qualité de professeur extraordinaire. En 1763, on lui confia la direction de la maternité, et, en 1 764, il fut nommé membre du collège médical. Son neveu décrit ainsi son arrivée à Cassel, dans un écrit consacré à la mémoire de son oncle : « Il trouva, d'une part, dans la sympathie du public pour ce qui venait de France en général, et dans sa maternité, ce qui était nécessaire aux progrès de Part ; d'autre part, ce qui est important pour tout début : jeunesse, talent, éducation soignée, fortune et zèle pour l'intérêt général et pour tout ce qui est élevé. C'est son exemple qui, comme on sait, fraya en Allemagne la voie à l'obstétricie française, mais il montra aussi que les allemands pouvaient surpasser les français, comme Tesprit de réflexion et une étude fondamentale peuvent surpasser la légèreté d'esprit et lesconnaissances superficielles; l'art, le métier ».
Il est difficile d'être moins reconnaissant et moins juste envers la France obstétricale et son maître Levret ; Stein, l'oncle, leur rend
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hommage dans la préface de son livre, et dans le cours de celui-ci, en adoptant ses doctrines et en reproduisant les figures de Levret, jusque dans les dernières éditions (4e, ijgS). Jamais l'oncle, toujours reconnaissant envers la France, n'aurait pu approuver le langage plein d'ingratitude pour elle de son neveu. (F.-J. H.)
Vov : Was war Hessen de?^ Geburtshïdfe^ipasdieGeburtshillfe Hessen (Qu'à fait la Hesse pour l'obstétricie et l'obstétricie pour la Hesse) ? Écrit publié à l'occasion du départ de G. W. Stein de Marbourg pour se rendre à Bonn, 18 19. in-4°, p. 34 (Travail important pour caractériser Stein et l'état de l'obstétricie à cette époque).
* Memoria G. Wilh. Steinii. Acad. Marb . aiictoritate scripsit G. F. Creuzer. Marb., i8o3, in-4°. (Ecrit distingué à tous les points de vue.)
§ 160. —Doctrines obstétricales de Stein.
Formé par deux grands maîtres en obstétricie, par un des deux surtout, familiarisé avec les puissants moyens que l'art avait mis à la disposition de l'enseignement, Stein s'efforça, avant tout, de doter ses compatriotes d'une médecine opératoire obstétricale meilleure, de mieux en poser les indications, et d'assigner à chaque méthode les limites qui ne devaient pas être franchies. De très bonne heure (1763), il chercha à déterminer les cas qui indiquent la version podalique, à les distinguer de ceux où le forceps doit être employé, à assurer à la première toute sa valeur, à attirer vers elle la confiance du public ébranlée par de nombreux abus. Il enseigna avec plus de précision le véritable usage du forceps, et la supériorité de celui de Levret (1767). A Stein appartient le mérite d'avoir mis au jour, en Allemagne, les avantages réels de cet instrument, la considération qui doit lui être accordée, et les services qu'on peut en attendre. 11 en posa nettement les indications, et précisa rigoureusement les cas où l'on nedoitpasl'employer. 11 montra combien leforceps estsupérieur, pour Tenfant, à l'extraction par les pieds, il prouve par son
expérience l'innocuité comparative du premier moyen. Parmi les enfants extraits parles pieds, on n'en sauve, que la moitié, par l'extraction au moyen du forceps, on n'en perd qu'un quart. Stein n'employa Jamais d'autre forceps que celui de Levret, et c'est à lui qu'on doit la propagation si rapide de cet instrument en Allemagne. Il détermina avec plus de précision les indications de l'opération césarienne. Trois cas (1772-1 778) lui fournirent d'excellents documents pour les poser. Dans le premier cas, Stein se trouva en présence d'un bassin ostéomalacique (la femme avait, une première fois-, accouché normalement, plus tard, les accouchementsprésentèrent des difficultés de plus en plus grandes, si bien qu'au dixième accouchement, il ne restait plus à pratiquer que Topération césarienne); il résulta de ces cas une connaissance plus exacte des causes de viciations pelviennes, car, jusque-là, on ne connaissait que le rachitisme, et par la suite, le cas de Stein fut précieux pour l'étude de cette anomalie du pelvis. Stein chercha à restreindre, de plus en plus, l'emploi de la perforation, il n'admettait son indication que dans le troisième degré d'enclavement (degré extrême), alors que le forceps avait été appliqué sans succès. 11 accorda aussi une grande attention à l'accouchement forcé, ainsi qu'aux opérations de délivrance, pour lesquelles il donne des règles précises. En cas d'implantation du placenta sur l'orifice, il rejette la perforation du placenta, il conseille de le décoller, pour arriver à faire la perforation des membranes, et ensuite la version. Dans ses efforts pour améliorer les opérations obstétricales, Stein devait nécessairement étudier avec soin toutes les circonstances qui peuvent décider l'accoucheur à intervenir, déterminer exactement le choix des opérations, mettre en relief le rôle principal du bassin, et arriver à apprécier exactement la capacité plus ou moins considérable de ce canal osseux. A cet effet, il imagina des instriiments moyennant lesquels cette capacité pouvait être mesurée avec précision. Déjà, dans la r^ édition de son traité pratique, qui date de 1772, on trouve, sur la pi. II, fig. 4, représenté son premier pelvimètre simple, consistant en une tige en bois graduée
DEPUIS l'iN\ŒNTION DU FORCEPS JUSQu'a LA FIN DU XVIII^ SIECLE 4o5
par pouces et demi-pouces, à l'aide de laquelle il est possible d'apprécier la profondeur du conduit pelvien; plus tard, cet instrument fut modifié, et il inventa un pelvimètre composé, en forme de pince, avec tiges de rechange pour les diverses espèces de déviations (représenté pi. IX, fig. i à 3 (4'' éd., 1794). Tous ces instruments, et les modifications qui y ont été faites, prouvent combien ce sujet préoccupait Stein. La foule d'instruments analogues, imaginés d'après ses types, montraitcomment il avait résolu cette difficulté. Quelques-uns de ces instruments ne sont qu'une imitation maladroite de ceux de Stein ; aucun d'eux n'est aussi pratique que ces derniers qui conservent aujourd'hui encore leur utilité. Une mensuration exacte du pelvis était seule de nature à décider si un accouchement pouvait être terminé par la nature, et, dans le cas contraire, indiquer à quel moyen il fallait avoir recours (voy. Kleine Wercken, petits ouvrages, p. 168). Stein avait aussi imaginé des instruments pour la mensuration de l'enfant ; c'est ainsi, qu'avec son labimètre adapté aux manches du forceps, il pensait pouvoir déterminer le volume de la tête de l'enfant, encore dans la matrice; le céphalomètre servait à déterminer le volume de la tête après sa naissance, et le baromacromètre le poids et la longueur du nouveau-né. Il faut ajouter à ces instruments les modifications apportées par lui à des instruments existants, une pompe pour tirer le lait de la mamelle, un instrument pour déterminer le degré d'inclinaison du bassin (cliseomètre). un instrument pour rompre les membranes, un bistouri pour l'opération césarienne, un fauteuil et un lit obstétrical, construits dans un but pratique, avec lesquels on peut donner à la parturiente telle position qui paraît indiquée.
Obs. — Baldinger a décrit le cliseomètre dans son * Neuc Maga^. f. Aert:{e, XVII. Leipz., 1759, in-S", p. 29. Voy. aussi : * Stf.in jun. Diss. de pelvis situ ejiisque inclinatione^ c. tab. duab.aen. Marb., i797,in-8°.
§ i6i. — Suite.
Stein chercha aussi à enrichir la théorie de l'art. Il fit d'abord un examen très précis des plans inclinés du pelvis qui ont une si grande utilité dans l'accouchement, il précisa, mieux que ses devanciers, les diverses espèces d'angustie pelvienne ; il appela l'attention sur le pelvis justo-minor (i), et il montra les rapports entre les diamètres, dans les diverses espècesd'angustiepelvienne. Dans le chapitre consacré à la grossesse, Stein dit que Parrondissement de l'orifice utérin est le signe le plus certain de la grossesse, proposition, qui, alors déjà, a trouvé un contradicteur (voy : le programme très connu de Loder. lén., [785, dans * Dissert, detheoria Cancri, de Nicolai), mais qui, depuis, a étérepriseparbeaucoup d'auteurs (Stoltz, Thèse inaug., 1826, p. 5). Très utiles sont les signes diagnostiques extérieurs, indiqués par Stein, sur le ventre, l'ombilic, la hauteur de la matrice aux diverses époques de la grossesse. Stein n'a pu se dégager complètement de l'idée de la culbute, toutefois, il ajoute « qu'elle ne se fait pas subitement et d'un seul coup ». Stein prétendait que tous les accouchements étaient susceptibles d'une démonstration mathématique. Les lois de l'accouchement se trouvent dans la conformation du corps de la parturiente, et l'accoucheur doit savoir faire profit de ces principes mécaniques dans l'accouchement anormal. Stein a cherché à expliquer ce qu'aujourd'hui on entend par « conditions dynamiques de l'accouchement «; mais dans le mécanisme de l'accouchement, l'enfant a une part trop petite(sens moderne de ce mot), et à cet égard, il n'a rien enseigné. Le seul accouchement normal est celui où le front est dirigé en arrière, l'occiput en avant. Contre nature et difficiles sont les accouchements, où la
(i) Le pelvis justo-minor que doit représenter la fig. i de la pi. X (4. édit.) est manifestement rachitique; ce n'est que plus tard que cette forme spéciale a été déterminée. (F.-J. H.)
DEPUIS l'invention DU FORCEPS JUSQu'a LA FIN DU XVIIie SIECLE 407
tête n'a pas cette position, et où l'enfant se présente avec une autre partie de son corps; pieds, siège, tronc. Dans tous ces cas, Tart devra intervenir, et le mérite principal de Stein a été de choisir le meilleur moyen qui convient dans ces cas divers, et d'en enseigner l'application; cela ressort d'une manière éclatante de ses conseils. Il a amené ainsi l'obstétricie dans le domaine de l'intervention opératoire, et il est à remarquer qu'en Allemagne elle s'y maintint encore pendant quelque temps. La partie opératoire de l'art a énormément gagné, grâce à lui, et la réforme date de son avènement. Ses petits traités (Kleine Abhandlungen) ont été les précurseurs de son grand ouvrage sur la théorie et la pratique des accouchements. Ils faisaient présumer ce qu'on pouvait attendre de lui, ils ont préparé l'accueil si favorable que le public a fait à son ouvrage, et que prouvent ses nombreuses éditions (six de son vivant, une après sa mort). Ce livre écrit d'une façon simple et claire, est un véritable modèle, pour des livres destinés à servir de programme à un enseignement oral. Ce que RoEDERER avait dit en latin, Stein l'a écrit en allemand.
Il est rigoureusement systématique, la division si nette de l'auteur lui a permis d'éviter toute superfluité qui entraîne à des digressions. Les livres classiques d'obstétricie ontconservé pendant longtemps, en Allemagne, cette forme qui divise le tout en théorie et en pratique, jusqu'au moment, où les progrès ont exigé une division plus parfaite. Un grand nombre de doctrines exposées par Stein conservent aujourd'hui encore toute leur valeur, et ont été si bien maintenues dans la pratique, que le nom de leur auteur a totalement disparu. Les lauriers cueillis par Stein, dans le domaine de l'obstétricie allemande, ne se flétriront pas. et resteront soigneusement conservés dans les annales de cette science.
Obs. — Outre les dissertations citées dans le précédent paragraphe, nous mentionnerons de Stein les écrits suivants :
* Progr. de versionis negotio pi'o genio partus saliibri et noxio vicissim. Cass., 1763. in-4'', trad. p. J. B. Schotte dans : * Baldinger's Magar^in. Jahr 1778, p. 99.
* Pj'ogr. de mechanismo at prœstantia forcipis Levretianae.
Cass., 1767, c. Hg., in-4° (avec la fig. du Fore, de Levret (le 3e modèle).
* Progr. de prœstantia forcipis ad servandam fœtus in partit difficili vitam. Cass., 1771, 111-4° (trad. en allem. par Schotte dans le Maga:{. de Baldinger, ouv. c, p. 417).
* Kw'ie Beschreibiing eines neuen Gebiirtsstuhls und Bettes, sammt der Aniveisiing :{um vortheilhften Gebraiiche desselben. Nebst einer An^eige seiner Vorlesungen iieber die Entbindungskimst (Courte description d'un fauteuil et d'un lit pour accoucher, la manière de s'en servir avec avantage, et indication de ses leçons sur les accouchements). Cassel, 1772, in-4'', av. pi.
* Theoritische Anleitung :{iir Geburtshillfe. Zum Gebrauche der Zuhorer. M. K. Cassel, 1770, in-S" (Introd. à l'ét. des ace. à l'usage de ses auditeurs, av. pi.). * Practische Anleitung ^ur Geburtshillfein nndernatiirlichen und schiperen Fàllen \um Gebrauche der Vorlesungen M. K. (Introd, à la pratique des ace. dans les cas contre nature ou difliciles, à l'usage de ses auditeurs, av. pi, ). Cassel, 1772, in-8°. * 2* éd. rev. et augm.les 2 part, réunies, Cassel, 1777. * 3" éd. id. Cass,, 1783. * 4^ éd. vraiment augm. Marburg, 1793 (av. 20 pi.). * 5® éd. Marb., 1797, av. 24 pi. * 6« éd. Marb., 1800. * 7" éd. (posthume, soignée par G. W. Stein. son neveu et successeur, i8o5 (i).
Le livre de Stein parut traduit en français et en italien.
* Hebammen Catechismus \um Gebrauche der Hebammen in der Grafschaft Lippe (Cathéehisme à l'usage des sages-femmes du comté de Lippe). Lemgo, 1777, in-8''. * Catecliismus ^uni Gebr. de Hebanmien in den Hochfiirstl. Hess Landen nebst Hebammen-Ordnung und Anlagen (Catéchism. àl'us. des sagesfem, des pays de Hesse, av. le règlement et additions). Marb., 1801, in-8'' (Réimpression simple du livre précédent. L'instruction au:» sages-femmes se borne à leur enseigner ce qu'elles ont à faire dans les accouchements par la tête; dans les autres présentations elles devront appeler un accoucheur).
* Kur:{e Beschreibung einer Brust oder Milchpumpe mit Ann^eisung deren vortheilhaften Gebrauchfur Scwangere und Kndbetterinnen (Description succincte d'une pompe pour le sein et le lait, avec l'indication des avantages de cet instrument). Cassel, 1773, in-4", 3"^- P^-
* Progr. Kur^^e Beschreibung eines Baromacrometer und eines Cephalometer als nut:{liche Werk^euge der Entbindungskunst
(i) Les planches, de plus en plus nombreuses, ajoutées successivement, ont toutes été empruntées (à part 5, dans la 4" éd. que nous avons en main) à Levret et à Smellie, où, à la place du forceps de ce maître, se trouve figuré le S'' modèle de l'accoucheur français. (F.-J. H.)
M. K. (Courte description d'un baromacromètre et d'un céphalomètre, instruments utiles en obstétricie). Gassel, 1775, in-4''.
* Progr. Praktische Abhandl. von der Kaiser geburt (Traité précis de Tacc. césarien). av. 2 obs. Cassel, 1775, in-4°.
* Progr. Ki{r:[e Beschreibimg eines Pelvimeter als eines in der Entbindiingskwist niït\lichen \Verck:{euges M. K. (Courte description d'un pelvimètre, instrument utile en obstétricie, av. pi.). Cassel, 1775, in-8° (le grand pelvim. composé).
* Progr. etc. Beschreibung eines Labimeters M. K. (Description d'un labimètre av. fig.), 1782, in-4°.
* Progr. Bekantmachung einer merkwuerdigen Kaiser geburtsgeschichte. M. K. (Descr. d'une op. césar, remarq.). Cassel, 1782, in-4°.
* Kleine Werke \ur Geburtshillfe (Petits traités d'obstétricie, collection des petits écrits de Stein, en langue allemande). Cassel, 1789, in-8°.
Publications faites après la mort de Stein par son successeur: * Nachgelassene geburtsh Wahrnenmungen, 2 thle. Marb., 1807 et 1809 (Observations laissées par Stein).