‹ Essai d'une histoire de l'obstétricie (volume 2)Chapitre 14 sur 32 · Heinr. Aug. Wrisberg · texte numérisé non relu

Heinr. Aug. Wrisberg

H. A. Wrisberg succéda au célèbre Roederer dans sa chaire deGoettingue; il avait étudié sous lui, depuis 1762, avait été prosecteur, candidat en médecine pendant l'hiver de 1763, avec la permission spéciale d'enseigner. Il fut reçu docteuren 1764, puis se rendit à Vienne, en Hollande et à Paris, et, à la tin de l'année, il prit possession des chaires de médecine et d'accouchements, qui lui avaient été proposées, et depuis 1765, on y ajouta renseignement de l'anatomie. Wrisberg adopta pour ses leçons, et les exercices pratiques, les méthodes de son grand maître; il publia une nouvelle édition des Elementa art. obstetr. de Roederer, y ajouta des notes et des éclaircissements extraits des petits traités, se rapportant à l'obstétricie, aux maladies des femmes, à l'embryon et à sa formation et aux annexes, etc. Wrisberg accorda une attention toute particulière aux accouchements par le siège : dans deux dissertations soutenues par des élèves, il

chercha à démontrer, par des faits, que ces accouchements doivent être rangés parmi ceux qui sont normaux, « ob plenariam auxiliorum absentiam ipsorumque inesperatam saepe felicitatem » (ScHEFTEL, ouv. c, p. 29). Wrisberg donna au forceps de Smellie une plus grande longueur, et une courbure plus accentuée, pour pouvoir mieux saisir la tête quand elle est très élevée (Hehn, ouv. c). Très intéressante est la relation d'un cas, qu'il cite, où une sage-femme avait fait l'amputation de l'utérus en inversion et prolabé, suivie de la guérison de Paccouchée, Le grand ouvrage d'obstétricie et de gynécologie, qui (suivant le dire d'OsuNDER) avait été annoncé déjà en 1772, ne parut pas. Dès 1785, Wrisberg cessa ses cours pratiques d'accouchements, à la suite de l'agrandissement de la maternité, qui était devenue trop petite, et Jean H. Fischer, élève de Stein, fut appelé à Goettingue, pour y occuper la chaire d'obstétricie; il avait été chargé de visiter les hôpitaux les plus considérables de la Hollande, de l'Angleterre et de la France, de proposer une installation nouvelle, et de rester en fonction dans l'installation provisoire, jusqu'à l'achèvement de la maternité nouvelle. Les programmes des cours de l'université de Goettingue, en 1785, mentionnent que les cours de Wrisberg étaient plus rares; Fischer en demeura chargé après que Wrisberg eut quitté cet enseignement (1792) et après celui-ci, ce fut F. B. Osiander qui fut son successeur, Wrisberg ne conserva plus que l'enseignement de l'anatomie; il mourut le 29 mars 1808, à 69 ans, après avoir enseigné pendant 44 ans à Goettingue.

Obs.I. — Sur la vie antérieure de Wrisberg, voy. le Pro^r^fmme de G. G. 'R.icm^R,* Desiccis et sobriis.GoQix., 1764, in-4'', p. 19. Il était né dans le Harz, à Andreasberg, le 20 juin 1 789, et avait été institué comme prosecteur par Roederer lui-même.

Nous devons mentionner de lui les écrits suivants :*i)e5crzj?tio anatomica embryonis observationib . illustr. Goett., 1 764, in-4° (Dissert, inaugurale). * Spec. inaugural, obstetr. sistens de fœtu natibus in partu produente observationes et analecta. Def. S. Fr. Scheffel. Goett., i-jo^ïn-^". '^ De vitafœtuumhumano7nim in utero dijudicanda. Goett., 1772, ïn-^". De secundinarum huma-

na?-um varietate. Goexi. 1778, in-4°. * Observât, med. obstetric. particiila de signis vivi fœtus et mortiii in partit difficili rite interpretandis. Goett., 1780, in-40. * Diss. sist. observât, obstetriciar. de partu cliinib. prœviis peracto décadent. Prœsid. H. A. Wrisberg. def. G. W. Spangenberg. Goett., 1790, in-4°.

* Expérimenta et observ. anatom. de utero gravido, tubis, ovariis et corpore luteo qiiorundam animalium cum iisdem partibus in homine collatis. Goett., 1782, in-4°.* Uterihumani gravid. et nonniilloriimquadrupedumcomparatio. P. I. 1781. P. II, 1782.111-4°.

* Observ. anat.obstetr. de structura ovi et secundinarum humanarum in partu ?naturo et perfecto collectœ. Goett., 1783, in-4°.

* Commentatio de uteri mox post partum naturalem resectione non lethali. Observatione illustrata cum brevissima principiorum lethalitatis sciagraphia. Goett., 1787, in-4°.

La plupart de ces travaux se trouvent encore dans les Nov. comment. Soc. reg. Gôtt. et reproduits encore dans * Wrisberg, Commentationum mcdici physiolog. anat. et obstetr. argumenti Soc. reg. scient. Goett ing. oblatar. et editar, vol I, cum iconib. Goett., 1800, in-8'\

Le forceps de Wrisberg est représenté dans : * G. G. Hehn <ie forcipis obstetricice usu recto et applicatione. Goett., 1 696, in-4".

Représ, dans Mulder, trad. allem. Tab. XII, âg, 6, 7, texte, p. 117. (F.-J. H.)

Obs. 11. — Au milieu du mois d'avril 1792. Fischer fut appelé à Kirchheim-Bollanden pour accoucher la princesse de Nassau-Weilburg. à cette occasion il fut nommé médecin particulier du prince. Fischer accepta ce poste. Plus tard il arriva à Munich, comme médecin particulier du Prince électeur de Bavière. Il y mourut le 2 mars 1814.

§ i63. — Joli. Christophe Sommer.

J. Chr. Sommer fut aussi un élève de l'excellente École de RoEDERER. Il fut nommé professeur de chirurgie et d'accouchements à l'école d'anatomie et de chirurgie à Brunswick, et on lui conha la direction de la Maternité de l'hôpital nouvellement créée (1768). II avait fait connaître déjà, dans sa dissertation inaugurale (1765), quelques cas intéressants, parmi lesquels un

accouchement par la face terminé naturellement; plus tard, il publia quelques observations et réflexions sur l'enkystement du placenta, et la relation d'une opération césariennne, oijl'on trouva des jumeaux. Son travail, sur les axes du bassin, est moins intéressant, non seulement il ne renferme rien de nouveau, mais il contient des erreurs et des confusions. Sommer mourut le 22 février 1802, à l'âge de 62 ans, estimé comme praticien, moins comme professeur et directeur de la Maternité.

Obs. — Sur Sommer, voy. : * A. -F. Nolde, Notiien :{ur Ciiltiirgeschiechte der GeburtshUlfe in dem He7':{ogthiim Braunschjpeig (Notice sur l'histoire et les progrès de l'obsiétricie dans le D. de Br.). Erfurt, 1807, in-8°, p. 1 19 et suiv.

Les écrits de Sommer sont les suivants :

* De partit laborioso selcctœ observationes, etc., qiias defendet aiictor Jo. Chr. Sommer. Goett., 1765, in-4°. Beobachlungeii iind Anmerkungen, etc. (Observations et remarques sur la rétention du placenta dans une poche de la matrice. On donne des renseignements sur les exercices d'obstétricie dans le nouvel hôpital). Braunschw., 1768, in-4''. * Kesch. einev Zipillings- Kaysergeburt (Op. ces. av. gross. gém.). Leipz., i 788, in-8°. * Die axe des jyeibl. Beckens, nebst einem Kupfer (Des axes du B., av. pi.). Braunschw., 1791, in-8''.

* Praenotion. obstetric. Pens. I. Brunsw., 1794. Pens. II, ib.. 1801. in-S" (Aphorismes d'accouchement).

% 164. — Joli. Cari. Gehler.

Le nombre des médecins, qui vouaient toute leur activité à l'art des accouchements, grandissait sans cesse, depuis que cette branche de l'art de guérir avait conquis son autonomie par les nombreuses améliorations dont elle avait été enrichie, et depuis qu'elle avait cessé d'inspirer cette répulsion dont elle avait été entourée dans les siècles précédents. Ceux qui représentaient cet art n'étaient plus de simples chirurgiens, mais des hommes instruits qui s'honoraient de pratiquer exclusivement l'obstétricie. Dans les écoles, ils s'étaient sépares des chirurgiens, et étaient

DEPUIS l'invention DU FORCEPS JUSQU'a LA FIN DU XVIII® SIECLE 4l3

formés par des maîtres spéciaux, plus à même de leur donner une instruction de nature à imprimera l'art cette heureuse modification. Nous avons vu, dans les paragraphes précédents, quelle influence salutaire avait exercé, sur le développement de l'obstétricie, l'ouverture des écoles de Strasbourg, de Vienne, de Goetlingue, de Cassel, et, plus tard, de celle de Marbourg. D'autres écoles ne restèrent pas en arrière, et si, dès lors, on n'y constate pas encore toutes les améliorations des établissements que nous venons de nommer, nous y trouvons des maîtres d'une instruction solide, qui, par leur érudition, pouvaient avoir un ascendant considérable, et exciter chez leurs élèves un zèle ardent pour l'étude de cet art. Parmi ces maîtres, il convient de citer Joh. Carl. Gehler de Leipzig, qui unissait à une éducation pratique distinguée une grande érudition. Ces deux qualités se révèlent dans tous ses écrits publiés à l'occasion de ses fonctions de professeur à l'université (Progr. et dissert.). Depuis 1760 à 1792, GEHLERa traité un grand nombre de sujets, qu'on trouveraénumérés plus loin. Il était, en même temps, accoucheur de la ville, et avait ainsi de nombreuses occasions de se perfectionner dans la pratique de son art. Ses écrits ont eu d'excellents résultats dans des directions variées. Beaucoup de ses doctrines restent encore debout, et le choix judicieux de ses recherches bibliographiques donne à ses écrits une valeur durable. Nommé professeur en 1763, il mourut le 6 mai 1796, après une maladie longue, qui n'avait pas complètement paralysé son heureuse activité, il était âgé de 64 ans.

Obs. I. — Gehler avait été nommé à la chaire de botanique en 1763. En 1773 il occupa celle de physiologie; suivant les usages de Leipzig d'alors, on passait d'une chaire à une autre. Les écrits qui se rapportent à Tobstétricie ont été réunis sous le titre de * J. G. Gkhlkr's kleinc Schrijtcn, die Entbindiingskunst betreffend (Petits écrits de G. se rapportant à robstétricie),trad. du latin avec quelques additions par C. G. Kuhn, 2 part, avec pi. Leipz., 1798, in-8". En voici l'index : Sur les secours d donner dans V accouchement normaL et la meilleure position à donner à la parturiente ; des sources de Vhémorrhagie pendant l'accouchement ; de V utilité douteuse de la cannelle dans l'accouchement ; des

convulsions che:{ les parturioites, affection grave^ toutefois pas toujours mortelle; de l'expulsion de V arrière-faix par les contractions de la matrice ; des présentations du fœtus ; de l'accouchement rendu difficile par l'hydropisie du fœtus ; des causes de V asphyxie du fœtus dans l'accouchement artificiel ; des moyens de conserver sûrement la vie de Vendant dans iaccoucheryient artificiel ; du dégagement de la tête ^ dans les positions inclinées; des avantages du Jorceps de Johnson, comparé àcelui de Levret, et à celui de Smellie ; desmoyens pour éviter la rupture du périnée dans V accouchement; de V écoulement du méconiuni pendant V accouchement, comme signe incertain de la mort du fœtus ; de la ligature du cordon, du moment où elle devra être pratiquée ; des précautions dans l'emploi des bandes che^ les femmes accouchées.

Obs. IL — Déjà, avant Gehler, J. G. Guntz, un élève de GRÉGOiREde Paris, avaitfait, à Leipzig, descours d'accouchements qui, dans le programme, se trouvaient séparés du cours de chirurgie. Voy. : * Niit\liche Nachrichten von den Bemiihungen der Gelehrten in Leipzig (Rense\gnemems utiles sur les efforts des savants à Leipzig). Im Jahre 1747, 1748, p. 229 et 414.

§ i65. —Règles du traitement de la délivrance. Appun, Erhart et Aepli.

Depuis les temps les plus anciens, les accoucheurs ont agité la question de savoir s'il ne serait pas plus avantageux d'abandonner à la nature l'expulsion du délivre, plutôt que de hâter son extraction, par l'introduction de la main de l'accoucheur ou de celle de la sage-femme. Bien que des vues divergentes eussent été produites par les accoucheurs, ils ont cependant été unanimes à admettre, en principe, qu'après la naissance de l'enfant, il était utile de faire cette extraction, pour prévenir les suites les plus tristes. On alla si loin dans cette voie, qu'on pratiquait l'extraction du délivre avant d'avoir fait la ligature du cordon, dans la crainte de voir l'oritice de la matrice se fermer, etc. Ruysch avait essayé d'assurer les droits de la nature, et de démontrer le peu de dangers qui pouvaient résulter de la temporisation; il admet-

DEPUIS l'invention DU FORCEPS JUSQu'a LA FIN DU XVIII® SIECLE 4! 5

tait même l'existence d'un muscle spécial destiné à accomplir cette expulsion ; ses vues ne furent point adoptées. Ce que Mau- RiCEAu avait enseigné avant lui, ce que Fried,Thebesius et d'autres avaient recommandé ne fut pas admis comme règle, on ne put seulement pas obtenir qu'on fit la ligature du cordon avant d'extraire le délivre. En Allemagne, Grantz de Vienne (1756), à l'exemple de Levret, publia, dans son livre destiné aux sages-femmes (p. 5o et 5 1), que des hémorrhagies graves peuvent résulter d'un traitement irrationnel delà S^période. J. C. Gehler fit soutenir l'opinion régnante, en Saxe, de l'intervention hâtive, par deux élèves, dans leurs dissertations inaugurales (1765). Cette manière de voir était aussi celle de H arttramfft (voy . plus haut §§ i og et 1 49) ; à Goettingue, Appun (1768), s'éleva, dans sa dissertation sous la présidencede R. A. Vogel, contre l'opinion régnante; il en fut de même de Jodoc Erhart, accoucheur de la Souabe, mais celui qui s'éleva le plus vivement contre les abus fut Joh. Melch. Aepli, qui démontra le mieux les inconvénients et les dangers d'une intervention hâtive, qui sont sûrement évités par une conduite prudente. Ce n'est que quand il se produit un écoulement de sang modéré, quand on peut sentir le corps utérin à travers les parois abdominales, comme une boule ronde et dure, qu'on peut penser que le placenta est décollé, et qu'il peut être extrait par une légèretraction sur le cordon, le temps, à cet égard, ne fait rien. Ce n'est qu'une hémorrhagie considérable qui indique la nécessité d'une intervention prompte. Ces doctrines furent répandues en Allemagne, car l'expérience démontra la justesse des préceptes d'AEPLi, et leur supériorité sur ceux de ses devanciers.

Obs. — Voy. à l'appui de ce qui a été dit :

* Dissert, de utero secundinas expellente sect. prior theoret. quam prœside J. C. Gehlero publiée disputabit, G. J. F. Hei- NiGKi;. Lips., 1765, in-4°. * Sect. altéra practica, resp. C. A. Seiler, ibid., 1767, in-4°.

* De non acceleranda secundinarum extractione. Spec. inaiig. qiiod. prœsid. R. A. Vogel, publico exam. stibmittit. Lud., Alb. Appun. GOtt., 1768, in-4''.

4l6 HUITIÈME ÉPOQUE

* loDoc. Erhart^ zu Memmingen Physicus, Sammlimg von Beobachtungen :{iir Geburtsh. Frankf. u. Leipz., 1773, in-S", p. 225. (Observ. d'ace.)

* JoH. Melch. Aepli, Arzt zu Diessenhofen, die sichere Ziirilcklassiing der Nachgebiirtin bestimmten Fàllenmit Grïmden iind Erfahrungen bexpicsen, iind den Hebammen auf dem Lande gehpdmei. Zurich, 1776, in-S". (Des avantages qui résultent de l'extraction tardive du délivre, et des cas où elle doit être faite, démontrés par les principes et par l'expérience ; livre dédié aux sages-femmes du pays).

Page 1