Antoine Petit
Antoine Petit, professeur d'anatomie et de chirurgie à l'Université de Paris, était un maître estimé; comme membre de la Faculté, il avait enseigné les accouchements, et il pratiquait cet art. On regardait, à cette époque, comme une chose extraordinaire, que Petit ait, comme médecin, pratiqué les accouchements qui étaient abandonnés aux chirurgiens; la considération dont cette partie de l'art jouissait, n'en a certes pas été diminuée. Nous ne pouvons, malheureusement, pas porter un jugement sur les services rendus à l'obstrécie par Petit, dans toute l'étendue de cet art, car ses leçons ne furent imprimées que longtemps après sa mort; nous apprenons qu'il s'est occupé particulièrement des maladies des femmes enceintes, en couches, et de celles des enfants nouveau-nés ; dans le domaine de l'obstétricie proprement dite, il s'éloigne peu des idées de ses prédécesseurs et de ses contemporains. Après les présentations de la tête, celles des pieds sont pour lui les plus désirables ; il dit que celles-ci sont avan-
DEPUIS l'invention DU FORCEPS JUSQU'a LA FIN DU XVIIl® SIECLE 433
tageuses, puisque l'accoucheur a toujours la possibilité de porter secours. Il conseille de convertir toujours les présentations du siège en présentation des pieds, toutefois, il pense que, dans des cas favorables, elles peuvent se terminer spontanément. Dans les présentations delà face, on devra faire la version podalique, mais si la face est déjà engagée profondément, et rend la recherche des pieds impossible, l'accouchement pourra se terminer spontanément, sinon le forceps sera appliqué. Petit attache un grand prix à la version, et il rend Justice au forceps, c'est le modèle de Levret qu'il préfère. Nous retrouvons chez Petit la multiplicité des présentations, que nous rencontrons en France depuis une vingtaine d'années. Bien que l'on ne puisse Juger les idées de Petit qu'avec réserve, puisqu'on ne les connaît que par des leçons rédigées par d'autres que par lui, on apprécie, dans les rédactions, la Justesse de son esprit, et une façon d'exposition très brillante. Ce travail a pour objet les causes de l'accouchement, et ses phénomènes dynamiques; Petit est d'avis que la puissance musculaire des fibres de l'utérus en est l'agent essentiel. Les différentes périodes de l'accouchement, et leurs phénomènes sont décrits d'après nature. L'auteur a rectifié un grand nombre d'erreurs, notamment celle qui attribueàl'entant un rôle actif dans l'accouchement. A l'occasion d'un cas de médecine légale, qui eut pour motif l'accouchement d'une dame du grand monde, douze mois après la mort de son mari âgé de 76 ans, et valétudinaire, et la naissance d'un enfant bien portant, dont la légitimité fut contestée par les héritiers du mari défunt, Petit fit connaître son opinion sur les « naissances tardives », qui est contraire à l'opinion d'AsTRuc. Alph. Leroy (1776) vante la clarté, la netteté et la méthode de son exposition: «il éloigne de son cours tout ce qu'on appelle citations, autorités, érudition ; il se contenta d'être clair, méthodique et précis ». Les quelques écrits qu'il a laissés témoignent de sa science et de son savoir, dans les cas où il était nécessaire d'y faire appel.
Obs. — Ant. Franc Petit est né à Soissons, en 17 18; il mourut
SIEBOLD-HlcnRGOTT. Il — 28
le 2 1 OCX. 1794 a 01ivet,près d'Orléans, où il s'était retiré à la fin de ses jours. Les mémoires composées par lui sont contenus dans deux volumes : * Recueil de pièces l'clatives à la question des naissances tardives, contenant : 1° un mémoire sur le me'chanisme et la cause de V accouchement ; 2" des observations sur ce que M. AsTRUc a écrit touchant les naissances tardives; 3*^ une consultation en faveur des dites naissances tardives; 4" lettre à M. BouvART en réponse à la critique qu''il a faite de la consultation précédente. Amsterd. et Paris, 1766, in-80.
Les leçons ont paru sous le titre de : * Traité des maladies des femmes enceintes, des femmes en couche et des enfants nou~ veau-nés, précédé du mécanisme des accouchements, rédigé sur les leçons d'Axx. Petit et publié par Baignières et Perral. 2 tom. Par., an. VII (1798), in-8°. Trad. allem. av. obs. etpréface par J. Chr. Starck. 2 part. Erf., 1800, in-8° (la trad. a été faite par Eichwedel).
Le Moine, le traducteur de l'ouvrage de Burton, dont il a été parlé plus haut (voy. § 1 28). a mis à profit les leçons de Petit dans les observations qu'il a ajoutées: « Petit, dit-il, a été mon principal guide dans le cours de cet ouvrage, où l'on trouvera rassemblés ses principes, soit relativement à la théorie et à la pratique des accouchements, soit touchant les maladies des enfants, je les ai recueillis des leçons qu'il a faites sur ces matières, pendant une longue suite d'années », etc. (cette traduction date de 1 771- 1773). Ces paroles et cet ouvrage sont une source d'informations que l'auteur de l'histoire pragmatique des accouchements a omis de signaler.
Dans ces derniers temps, on a attribué à Petit la découverte des ligaments utéro-sacrés qui doublent les replis de Douglas^ mais on trouve aussi dans Deleurye la même description ; à qui appartient la priorité de cette description? Si on consulte la date de la publication des leçons de Petit, faite 4 ans après sa mort il est vrai, en 1798, et la date du livre de Deleurye qui est de 1770, la priorité chronologique appartiendrait à ce dernier, mais pour porter un jugement il faut consulter aussi la description que fait chacun de ces auteurs et les mettre toutes deux en regard.
Petit, p. 4g. Deleurye, p. 82, § i33.
On distingue les ligamens en Les ligamens ronds postérieurs
larges, en ronds antérieurs et viennent de la partie postérieure
postérieurs ; ils viennent de la et inférieure de la matrice, se