partie postérieure et inférieure de perdent le long des vertèbres
la matrice, se perdent vers les lombaires; ce sont leurs tiraille^
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mens qui occasionnent les douleurs dans les lombes, que les femmes éprouvent dans les derniers tems de la grossesse, surtout quand la matrice se porte en avant.
reins sur les vertèbres lombaires.
On peut concevoir par leur moyen les douleurs de reins que les femmes ressentent dans les derniers tems de la grossesse, et pendant certains accouchemens, douleurs qu'on ne pouvait expliquer avant la connaissance de cesligamens. Le raccourcissement ou l'allongement de ces ligamens détermine l'obliquité de la matrice d'un côté ou de l'autre :
c'est non seulement du Velàchement de tous ces ligamens de ce viscère, dont j'entendsparler, mais encore du seul ligament rond postérieur.
Quand on apprend par Le Moine, qu'en 1771 il a suivi les leçons de Petit « pendant une longue suite d'années », et qu'on compare ces deux descriptions, il est difficile de ne pas reconnaître à Petit, sinon l'antériorité, du moins la supériorité dans la description de ces ligaments, surtout quand il indique l'effet de leur intégrité sur le maintien de la matrice dans sa situation normale. (F.-J. H.)
§ 174. — Les leçons de Péan.
Nous devons à A. Leroy quelques renseignements sur Péan, qui se livrait à l'enseignement de l'obstétricie en même temps que Petit, et qui avait construit une espèce d'amphithéâtre, dans lequel il donnait ses leçons, et où il faisait assister les élèves aux accoucouchemenls ; il s'était formé d'après Deventer, Smellie et Petit, il avaitacquis une renommée telle, qu'il futappelé, pour un accouchement, à la cour de Naples. Haudelocque, plus tard, le loua d'avoir fait allonger de deux pouces le forceps de Levret; Perret fit représenter, dans son atlas de l'art du coutelier, un levier combiné avec un lacs (porte-fronde) d'après Péan. Leroy le
blâme d'avoir multiplié à l'infini les présentations transversales, comme nous le montrent les cahiers de ses cours communiqués par son fils, et d^avoir décrit, pour chacune d'elles, une manœuvre spéciale; parmi toutes ces manœuvres, il en est de très grossières, et même d'impossibles. Solayres qui a été en relations intimes avec lui, en a appris beaucoup, et il a même imité la prolixité de son maître. De Bree, chirurgien et accoucheur à Ams-. terdam, mentionne aussi les leçons de Péan. La bibliographie n'a à enregistrer aucune publication de lui.
Obs. — Sur Péan voy. : Leroy, La pratique des accouchements. Prem. part. cont. l'hist. 1776, p. i63.
Jan de Bree, dont il a été fait mention plus haut, qui avait assisté aux leçons de Péan à Paris, en 1770 et 1771, raconte une application du forceps difficile qu'il vit Péan pratiquer avec l'instrument de Levret. Voy. * Verhandelingen van het Genootschap der Heelkunde te Amsterdam., II Deel. Amst., i793,in-8", p. 9. Sur les instruments de Péan, voy : * J. J. Perret, Vart du coutelier expert en instruments, de chirurgie. Sec. Sect. Par., 1772, in-fol.,p. 475, pi. 166 (le levier), et p. 489, pi. 161 (le porte-fronde).
La thèse de Péan, soutenue le 3o décembre 1771, sous la présidence de Chotart, est intitulée : * De iiteri prolapsu. (F.-J. H.)
^ 175. — François Ange Deleurye.
Parmi les accoucheurs français qui, après Levret, ont contribué aux progrès de l'obstétricie, François Ange Deleurye occupe un rang distingué. Bien, qu'en beaucoup de points, ses doctrines concordent avec celles de ses devanciers, notamment avec celles de Levret et de Puzos, il y a néanmoins ajouté beaucoup de choses nouvelles, et conservé ce qui est juste, pratique, et répondant au but de l'art. Reconnaissant le bassin comme partie essentielle à l'heureux accomplissement de la parturition, Deleurye s'est efforce de faire reconnaître, et déterminer, par des signes extérieurs, la véritable conformation de ce cercle osseux; d'après lui, aucune fille ne devrait se marier, avant que la conformation normale du bassin ait été constatée par des hommes compétents ;
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au reste, Petit, dans ses leçons, avait attiré l'attention sur ce point, et sur l'utilité de ces signes extérieurs, alors que l'exploration interne ne peut être pratiquée. Deleurye ne saurait admettre que l'accouchement par les pieds soit l'accouchement le plus naturel, il dit cependant, qu'après les accouchements par le crâne, ce sont les plus faciles ; mais il recommande de les terminer artificiellement, et il apprécie exactement les dangers que court l'enfant quand la tête arrive en dernier lieu. Si, dans l'accouchement par les pieds, la tête devait prendre la position désavantageuse du menton dirigé en avant, et si, malgré tous les efforts, la tête ne prend pas une position plus favorable, Deleurye conseille de glisser une des cuillers du forceps sur la face ; il en résulte une surface plane qui facilite la sortie de la tête. Par contre, Deleurye indique les avantages d'une présentation des pieds incomplète, et il ne veut pas qu'on aille à la recherche de l'autre pied; l'expérience s'est prononcée pour la rectitude de ce précepte. Les présentations du siège peuvent être abandonnées à la nature, la tête suit aisément, car le tronc agit comme un coin qui dilate largement les parties, et prépare à la tête un passage facile. Deleurye donne des règles excellentes pour pratiquer la version, entre autres : celle de ne rompre les membranes que quand on est arrivé aux pieds afin de conserver le plus longtemps possible le liquide amniotique. La version monopode suffit, d'après ce qui vient d'être dit plus haut ; ce n'est qu'exceptionnellement qu'il faut dégager l'autre pied. Deleurye a parfaitement dit, dans ses leçons, que quand le pied a été amené dans le vagin, l'opération de la version est terminée, ce qu'il reste à faire : l'extraction, est une opération séparée, ainsi que cela est généralement admis aujourd'hui. Deleurye nie que les présentations de la face soient dangereuses (| 735); mais ce qu'il dit plus tard (| j'i']^ prouve que ses idées sur ce mode d'accouchement n'étaient pas très claires, car il donne le conseil de faire la version, quand l'enfant ne présente que la moitié de la face ; ramener la tête à sa bonne situation, c'est un temps perdu et très douloureux pour la mère, il vaut mieux, si l'on n'abandonne pas le travail à la na-
ture, aller chercher les pieds.... quand on est arrivé à temps. Si on n'est pas arrivé à temps, c'est-à-dire s'il y a longtemps que les eaux sont écoulées, il faut laisser agir la nature. Quand la face est enclavée, le forceps est nécessaire. Deleurye donne d'excellents conseilspour l'application de cet instrument, qui est celui de Levret ; il est à remarquer qu'il prescrit des règles pour l'application de cet instrument, quand la tête vient la dernière après la présentation des pieds (§ 768). Le levier est complètement rejeté par Deleurye qui lui reproche les pressions sur les parties génitales de la mère, pressions qui peuvent occasionner de grands dégâts. Parmi les indications de l'opération césarienne, Deleurye mentionne la soudure de deux enfants ensemble^ et l'atrésie complète des parties génitales. Deleurye préfère Tincision à la ligne blanche à l'incision latérale pratiquée jusqu'alors, et il préconise le pansement sec. Il a pratiqué lui-même une opération césarienne avec un succès complet, 1778. Dans un autre cas, l'opérée succomba le quatrième jour. Deleurye a admis, dans son œuvre principale, le livre des accouchements, les maladies des femmes enceintes et accouchées et celles des enfants nouveau-nés ; partout l'auteur s'y montre comme un médecin prudent et expérimenté. L'auteur de ce livre laisse au lecteur le soin de juger jusqu'à quel point il est vrai que Deleurye n'a pas contribué aux progrès de l'obstétricie, comme le prétend l'auteur de l'histoire pragmatique des accouchements.
Obs. — * Traité des accouchements en faveur des élèves, dans lequel sont traitées les maladies des femmes grosses et accouchées et celles des petits enfants par M. F. A. Deleurye, membre de l'académie royale de chirurgie, conseiller-chir. ord. du roi en son Châtelet. Par., 1770, in-80.
Trad. en allem. par Flemmlvg. Bresl., 1778, in-8".
* Observations sur l'opération césarienne à la ligne blanche et sur l'usage du forceps la tête arrêtée au détroit supérieur, par Deleurye. Par., 1779, in-8°.
Nous avons encore de Deleurye : La mère selon Vordre de la nature, avec un traité sur les maladies des enf ans. Paris, 1772. Trad. en allemand * Die Mutter, etc Nurnb., 1774, in-S''.
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§ 176. — Instruction des sages-femmes en France. j\fme i^Q Boursier du Coudray. J. Raulin.
L'instruction des sages-femmes n'était pas négligée en France, elles avaient à leur disposition, à Paris, la maternité de l'Hôtel- Dieu, où elles pouvaient recevoir l'instruction pratique.
Aux sages-femmes de la province, qui n'avaient pas l'occasion de s'instruire dans des maternités, on avait procuré d'excellents livres élémentaires qui renfermaient ce qui leur était nécessaire. Une maîtresse sage-femme de Paris, M"^^ Le Boursier du Coudray entreprit de voyager en France, de province en province, pour y donner l'instruction aux sages-femmes, elle avait à cet effet imaginé un mannequin, qu'elle avait soumis à l'académie de chirurgie, qui, d'après l'avis de"VERDiER et de Levret, lui donna son .approbation. Elle composa un abrégé de l'art des accouchements, qui fut distribué parmi ses élèveSjCt elle laissa, dans chaque centre d'instruction, un mannequin pour que les élèves pussent compléter leurs études. Un livre analogue avait été composé, par ordre du gouvernement, par J. Raulin (conseiller médecin ordinaire du roi), dans ce livre on appelait l'attention sur les cas qui exigeaient l'appel d'un médecin, c'est par ce motif, que Raulin a parlé des maladies des femmes accouchées.
Rien n'imposait aux allemands la traduction de ces deux ouvrages.
Obs. — Le livre de M'""-- Angélique Marg. Le Bofusier du Coudray porte le titre suivant : Abrogé de l'art des accouchements avec plusieurs observations sur des cas singuliers. Par., ijSç), in- 12.* Nouv. éd. avec des gravures coloriées. Par., 1777,111-8". 6' éd. Par., 1785, in-8° (Quérard).
On a vu, dans une note ajoutce à VObs. II, du ij 149, p. 3bS, qu'au milieu du XVIII" siècle, un médecin de la Souabe avait imaginé aussi un mannequin pour l'étude des manœuvres obstétricales. Aqui appartient la priorité de l'invention de cet excellent moyen d'étude, c'est cç
qu'il serait difficile de dire, en tout cas ni Verdier ni Levret, qui ont approuvé cette invention ne se doutaient guùre que cet appareil avait déjà été inventé depuis un siècle. Par ordonnance du Roi, en date du 18 août 1767, Mad. Le Boursier est chargée de «faire des cours d'accouchement dans toutes les provinces du royaume »; elle reçoit un traitement annuel de 8,000 livres; et « lorsque l'âge ou les infirmités ne lui permettront plus de tenir Icsdits cours, une pension de 3,000 livres. » (F.-J. H.)
Le livre de Raulin a pour titre : * Instructions succinctes sur les accouchements. E)i faveur des sages-femmes des provinces, faites par l'ordre du ministère. Par., 1770,10-12. Trad.enallem. par D' Fr. Alix, * 3« éd. Fulda, 1775, in-8". * Traité des maladies des femmes en couche avec la méthode de les guérir. Par., 1771, in- 12. Trad. en allem.par D'' Chr. Burdach. Leipz. etAmsterd., 1773. Déjà en 1768-69 Raulin avait écrit une hygiène pour les enfants en 3 vol. in-8°, * De la conservation des enfants. Paris, in-8^ qui fut aussi traduite en allemand. Leipz., 1769-70.
§ 177. — C. E. Berdot à Montbéliard.
Un livre élémentaire d'accouchements, écrit en français d'après les principes de Fried et de Stein, fut publié par C. E. Berdot médecin à Montbéliard, alors capitale de la principauté de même nom, du duchédeWûrtemberg(i774). L'auteur avait commencé ses études sous Fried, l'oncle, à Strasbourg, et les avait achevées àCassel, sous Stein, Son ouvrage était destiné aux sages-femmes du duché, il contient tout ce qu'il importe à un médecin de connaître, sur les maladies des femmes enceintes et accouchées, et les opérations obstétricales : version, application du forceps, opération césarienne, etc. Berdot suit ses maîtres, dans l'exposé des doctrines, surtout les vues de Stein auquel il avait fait visite l'année de la publication de son livre (printemps 1774, voy, la préf.). Il écrivit son livre après avoir pratiqué pendant quelques années; plusieurs chapitres, qui se rapportent particulièrement h la physiologie, qui se trouvent aussi reproduits dans les^c^. helvet., témoignent honorablement d'un esprit d'observation.
Obs. — * Abrégé de l'art de l'accoucheur, à l'usage des accoucheurs, des sages-femmes et des mères de famille de la princi-
pauté de Montbéliard. par Berdot le fils, D% conseiller, etc., et physicien adjoint, etc., 2 tom. Basle. 1774, in-8°.
Les travaux antérieurs de Berdot se trouvent dans : ' Act. helvet . physico-math . anat. bot. med.. vol. IV, Basil., 1760, vol. V, 1762, vol. VI, 1767, vol, \'II, 1772, et encore dans le vol. VI II. 1777, in-80.
§ 178. — La symphyséot07nie.
Jean René Sigault. Pierre Camper.
Au milieu de la seconde moitié du XVIII* siècle, on pratiqua à Paris, sur une femme en travail, une opération nouvelle qui excita une grande attention dans le public, et chez les accoucheurs de tous les pays. Le chirurgien J. R. Sigault avait fait la section de la symphyse du pubis, et amené vivant un enfant chez une femme, qui avait eu quatre couches très difficiles, suivies de la mort des enfants (1777). Déjà auparavant d" déc. 1768). alors qu'il était encore élève des écoles de chirurgie, Sigault avait proposé de faire cette section, dans un travail qu'il avait adressé à l'académie de chirurgie ; travail motivé par la suite malheureuse habituelle de l'opération césarienne, et cette circonstance, qu'il n'est pas rare de voir les pubis séparés pendant le travail del'accouchement. Il avait l'espoir d'augmenter l'ampleur du bassin, et d'amener ainsi un enfant vivant. Celte nouvelle opération devait rendre inutile l'emploi du forceps, nécessaire dans Tenclavement de la tête. Ce sont les idées de Severin Pineau (voy. plus haut § 54), qui ont dû avoir été présentes à l'esprit de Sigault, dans la conception de son opération, car cet auteur voit un aide de la nature dans le relâchement et la séparation des symphyses du bassin pendant l'accouchement, ce qui lui avait fait donner le conseil de provoquer ce relâchement par l'écartement des cuisses pendant le travail, pour aider au passage de la tête. Ces idées se trouvent dans les écrits des auteurs postérieurs à Pineau. Louis, le célèbre secrétaire de l'académie de chirurgie de Paris, inséra dans l'histoire de l'académie royale de chirurgie un mémoire remarquable
sur « récartement des os du bassin » (1768); déjà antérieurement (1764), il avait incliné vers les idées de Pineau, dans une dissertation d'un de ses élèves, J, P. A. Chaupin, dont il était président. RuFFEL, membredel'académic, nomniépourexaminerle mémoire de SiGAULT, n'en fut pas moins défavorable à cette opération; l'académie ne porta pas immédiatement son jugement, elle ne voulut le faire, que quand elle serait en possession d'observations nouvelles, pour s'éclairer par leur résultat. Louis écrivit à Pierre Camper (g mars 1769) une lettre, pour lui faire connaître cette décision, lettre par laquelle il lui dit que Sigault avait demandé qu'on lui confiât une personne condamnée à mort (fiât experimentuni in anima vili), ce qui ne lui fut pas accordé. Pierre Camper examina les propositions avec la plus sérieuse attention; lui aussi avait observé sur des cadavres, à la suite d'accouchements difficiles, la séparation du pubis, qui avait eu pour résultat l'agrandissement du bassin ; l'opération ne lui parut pas dangereuse, il fit. sur des cadavres, et sur des porcs vivants, des essais qui le fortifièrent dans son opinion, et ces dernières expérimentations démontraient aussi que les os se réunissaient de nouveau. Camper recommanda en conséquence la nouvelle opération, surtout dans les cas où la perforation, ou Topération césarienne eussent été nécessaires. Sigault ne se laissa pas décourager par le jugement peu favorable de l'académie de chirurgie. Il traita de nouveau son sujet, dans un écrit qui parut en latin à Angers (1772), et dans lequel il chercha à prouver encore la supériorité de la symphyséotomic sur l'opération césarienne. Ce qu'il n'avait pas obtenu de l'académie de chirurgie, il le demanda aux membres de la faculté de médecine, auxquels il adressa un discours « sur les avantages de la section de la symphyse «. Morand de la Roussii:re, de Montpellier, se montra favorable à l'opération, comme l'affirme Ripping dans une dissertation publiée à Levde, où cedernierpartagela mèmeopinion. RippiNoavaitpratiqué souvent la section de la symphyse sur des animaux, et sur des cadavres, avec son maître Desault, et il confirme la réunion des symphyscsconstatée dcjàpar Camper; mais, déjà alors, il mentionne
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que le petit diamètre du bassin (conj. ver.) ne gagnait que peu, ou même rien, à la suite de cette section. C'est sur cet argument que s'appuya Baudelocque, dans son écrit contrecette opération (1776). Il démontra que, par la section de la symphyse, le diamètre direct ne s'allongeait que d'une manière imperceptible, et que cette opération avait des suites si fâcheuses, qu'elle n'était pas justifiée. Voilà où en étaient les choses, en France, et dans les pays voisins; des voix graves s''étaient fait entendre comme favorables, ou opposées à une opération, avant qu'elle eût été pratiquée sur le vivant. Le résultat, dans ce dernier cas, pouvait seul décider delà symphyséotomie,dont la proposition avait tant agité les esprits.
Obs. I. — La séparation de la symphyse, au moyen d'une incision, est mentionnée chez Si:v. Pineau, dans * De virginitatibus notis, etc, par les paroles suivantes qui se trouvent : Lib. II, c. X : « prœterea ignobiliores partes nobilioribus semper ministrant et obsequuntur, nec non continentes seu externœ non tantum dilatari,sed etiamsecari tutopossunt, ut internis succuratur ut Gal. ait. » Aussi J. Claude de la Courvée parle d'une tentative de séparation des os pubis, avec un couteau, sur une femme morte en travail, pour rendre possible l'extraction de l'enfant, ce qui réussit en effet. * Ejus, De niitritiune fœtus in utero paradoxa. Dantisc, [655, in-4°, p. 245. Voy. encore : * Mém. de VAcad. roj'. de chir., in-4°, t. IV, p. 63, Par., 1768, «De l'écartement des os du bassin « (par Louis), et sa dissertation (devenue très rare) : * De partium externarum generationi inservientium in mulieribus naturali, vitiosa et morbosa dispositione, quas prœsid. Ant. Louis tueri concebitur J. F. Chaupin. Par., 175^, in-q", | V.
Il convient de citer, en raison de la rareté extrême de cette thèse, que nous possédons, l'alinéa qui la termine, qui l'a rendue célèbre, par l'arrêt du parlement qui en défendit la soutenance, ce qui entraîna l'interdiction de Louis, qui devait la présider, et son appel au Pape; celui-ci, plus libéral que le parlement, annula la condamnation, c'est un trait des mœurs de l'époque, auquel 1 histoire ne peut être indifférente.
« Alia imperforationis apparentis species hic manet recensenda, do qiià non ita pridem Parisiis vidimus exemplum notatu dignum, vernacule in Academiarum commentariis non tradendum, ob verecundiam de re pudendà servandam. Adolcscentula in qua nuUum vulva; et vaginœ
vestigiuni, per anum purgationes menstruas patiebalur. Eani vir quidem adamavit ; et huic, quà data via, se commisit, non tangenda transiliens vada. Quod alibi ncfanda fuisset fœtiditas, in hoc casu fuit secundum naturœ intentum. Gravida enim facta, fœtum tempore opportuno enixa est, lacerato ani sphinctere. An uxore sic disposita uti las sit, vel non, judicent Theologi morales. » (F.-J. H.)
Chaupin dut faire une autre thèse : ex anatomia etchir. qu'il soutint en 1755.
Obs. II. — Pierre Camper avait exposé son opinion sur la symphyséotomie dans unelettre (1771) adresséeàDAV. van Gesscher qui a été publiée dans * Nieiupe vaterland'sche Letter-œffenmgen, D. v. st. 2. Amst., 1771, in-8°, p. 386, réimprimée plus tard dans un écrit de Camper : * De emolmnentis et optima methodo insitionis variolariim. Groning, 1774. in-S", p. 107 où se trouve : « De anohnnentis sectïonis synchondroseos osshim pubis in pariudifficili, qua salva matris et fœtus vita^ caput prave incuneatwn, tuto expediriet sectio cœsarea vel uncus evitari posset «. On y trouve aussi la lettre de Louis adressée à Camper, p. 124.
Obs. m. — Sur les premiers rapports entre Sigault et l'académie royale de chir, voy. * Rapport sur les observations et les expériences communiquées à F académie pour et contre la section de la symphise des os du pubis, dans les * Séances publiques de l'académie royale de chirurgie. Paris, 1779, in-4°, p. 102. L'écrit publié par Sigault à Angers porte le titre suivant : An in partu contra naturam sectio symphyseos ossiiim pubis, sectione caesarea promtior et tutior? Andeg,av., i/~2.
Il convient de citer encore :
Morand de la Roussière. An sectio symphyseos in partu difficili iibi sectio caesarea aut instrumentorum usus requiritur, huic duplici aiixilii génère sit anteponenda? Monsp., 1772 (Sue, ouv. c, p. 290J.
J. RippiNG, diss. obs. med., Sist. quasdam de pelvi animadversiones. Lugd. Bat., 1776. {Séance pub. de ïac. de ch., p. 1 10).
* J. L. Baudelocque, Thés, chir., An in partu propter angustiampelvis impossibilisymphysisossiimipubissecanda. Par., 1776.
Collection de documents sur les premières discussions relatives à la symphyséotomie dans les Ess. hist. de Sue. t. L Par., 1779, in-8", p. 276. « Réflexions historiques et critiques sur l'opération dite la section de la sjnnphyse du pubis. »
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Première opération pratiquée par Sigaiilt avec l'assistance d'Alphonse Leroy.
L'occasion, attendue depuis longtemps, de pratiquer cette opération sur une femme vivante, où elle serait indiquée, se présenta enfin à Sigault, le i" oct. 1777. Il raconte lui-même le cas de la façon suivante : La femme d'un soldat du nom de SoucHOT, âgée de trente ans. rachitique, ditforme. n'ayant que 3 pieds 8 pouces et demi de hauteur (environ i25 cent.), a dû être accouchée quatre fois par la version, toujours d'enfants morts; lors du quatrième accouchement (1775), Sigault, qui avait également assisté et pris part auxaccouchements précédents d'une manière active et parfois passive seulement, et qui connaissait les conditions dans lesquelles se trouvait cette femme, rassembla plusieurs médecins de la faculté, et quelques accoucheurs, et parmi eux Levret, pour leur proposer de faire la section de la symphyse pubienne; cette proposition fut rejetée à l'unanimité. Le résultat de la version, entreprise une quatrième fois, et de l'extraction, qui présenta de grandes difficultés, fut d'amener encore un enfant mort avec une tète aplatie et très allongée. Levret déclara que. dans ce cas, c'était l'opération césarienne qui devrait être pratiquée sur la femme Souchot, si elle devait de nouveau devenir enceinte. La cinquième grossesse eut lieu, et Sigault se décida à faire la section du cartilage pubien interarticulaire; il pratiqua cette opération dans la nuit du i*^"" octobre 1777, avec l'assistance d' Alphonse Leroy. Après la section du cartilage, les os pubis s'écartèrent de deux pouces et demi (7 cent.); Sigault fit la rupture des membranes, et amena vivant l'enfant qui se présentait par les pieds. La conjugata mesurait 2 pouces et demi (7 cent.), le diamètre transversal de la tête mesurait 3 pouces et demi (95 millim.) et sans l'ampliation du bassin par celte opération, cet enfant eût subi le sort des autres. L'opéra-
tion et tout raccouchement n'avaient duré que quatre à cinq minutes. Le pansement consista en une serviette entourant le bassin. SiGAULT fait remarquer encore que, faute d'un éclairage suffisant, et d'un bistouri convenable, etc. la section du cartilage a été faite dans une direction oblique, et que de cette façon, une partie du col de la vessie a été lésée, ce qui aurait certes pu être évité. La conséquence de cet accident fut une incontinence d'urine qui diminua plus tard, et qui n'avait plus lieu que dans certaines positions. Le 16^ Jour, la partie supérieure de la symphyse se trouva à peu près fermée, la partie inférieure commença à se cicatriser; le So'^jour, on cessa tout pansement, et le 46^ jour, la femme commença à marcher. Le lendemain de l'opération, (2 oct.) SiGAULT s'empressa de communiquer, le matin même, ce fait à la faculté de médecine en la priant de nommer des délégués pour observer l'opérée, et se renseigner sur son état. La faculté nomma MM. Grandclas et Descemet, qui acceptère.nt cette mission, et qui, chaque jour, renseignaient la faculté sur l'état de l'opérée; ils cessèrent le 60^ jour. La femme Souchot, disaient-ils, pouvait marcher avec une canne, et souvent même sans son aide. Les douleurs des reins (douleurs de sciatique) dont elle souffre encore, remontaient à la première couche, et ils espéraient que l'incontinence d'urine disparaîtrait plus tard. Le 3 déc. la femme Souchot se présenta devant l'assemblée de la faculté; d'après les renseignements fournis par ce corps savant, elle avait monté les marches de l'escalier, et était entrée dans la salle, simplement appuyée sur le bras de son mari, et s'était tenue seule debout pendant une minute ou deux. Elle assurait qu'elle se trouvait bien, qu'elle n'éprouvait point de douleurs, et qu'elle pouvait contenir ses urines, quand elle était assise; son enfant, qu'elle présentait également se portait parfaitement ; Sigault lut ensuite, dans cette même séance, un mémoire sur ce cas ; les commissaires firent leur rapport et déclarèrent que la femme Souchot était guérie. Afin de donner à ce fait une plus grande publicité, la faculté tint, le 6 déc, une deuxième séance à laquelle tous les médecins furent invités; Sigault lut une seconde fois son
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mémoire, les commissaires firent de nouveau leur rapport, et la faculté vota Pimpression de toutes ces pièces et leur distribution générale, décida qu'elles seraient envoyées même au Roi. aux princes et à toutes les autorités supérieures, afin d'obtenir d'elles des secours pour Topérée, et une distinction pour Sigault et pour Leroy son aide. On décida aussi qu'il serait frappé une médaille d'honneur en argent, portant d'un côté les noms de Sigault et de Leroy; que cent médailles seraient offertes à Sigault et cinquante à Leroy. Ces résolutions furent mises à exécution, et c'est ainsi que l'autorité de la Faculté de Paris allait fraver la voie à une opération nouvelle, que les circonstances étranges et charlatanesques qui l'accompagnaient auraient dû caractériser suffisamment.
Obs. 1. — Les sources d'information principales sur cette première opération sont : * Récit de ce qui s est passé à la Faculté de Médecine de Paris au sujet de la Section de la Symphise des os pubis, pratiquée sur la femme Souchot. Paris, 1777. in-4'\ Au-dessous du titre ci-dessus, en latin et en français, se trouve une couronne de lauriers dans laquelle on lit : Ann. 1768. Sect. Symphis. pubis inven. prop. Ann. 1777 fec. felicit. M. Sigault. D. m. p. juvit M. Alph. Le Roy, D. m. p. Cet écrit contient : i) Extrait des registres de la Faculté de médecine de Paris; 2) Mémoire de M. Sigault lu aux assemblées des 3 et 6 déc. 1777; 3°) Rapport de MM. Grandclas et Descemet au sujet de la section de la symphyse des os pubis faite par M. Sigault la nuit du i^"" oct. 1777.
Le * Journal de méd. chir. etpharm. contient la réimpression de cette pièce, t. XLIX, Par., 1778. in-S", p. 127. *Alph. Leroy, Rech. hist. et prat. sur la section de la sj'mphvse du pubis, pratiquée pour suppléer à V opération césarienne le 2 oct. lyjy^sur la femme Souchot. Par.. 1778.
Obs. II. — L'auteur de ce livre possède une des médailles dont il est question plus haut ; d'un côté se trouvent ces mots : « Sectio symphys. oss. pub. Lucina nova 1768 invenii, proposuit 1777 fecit féliciter J. R. Sigault d. m. p. juv. Alph. Leroy d. m, p.; sur l'autre face se trouvele portrait de Joan. Car. Desessartz, doyen de la Faculté.
§ i8o. — Jugements sur l'opération de Sigault.
Malgré l'aspect brillant sous lequel les adhérents de Sigault présentaient au public sa nouvelle opération, et leurs efforts pour l'introduire dans la pratique, il se forma, dès le début, une partie adverse qui chercha à prouver que la section de la symphyse ne procurait qu'un avantage peu considérable, et qu'elle entraînait fatalement un préjudice permanent ; on chercha même àprouver que, chez la femme Souchot, elle avait été pratiquée sans profit, et que son rétablissement était loin d'être aussi complet qu'on l'avait affirmé. Ces objections s'étaient produites à Paris même, et il n'est pas douteux que l'on n'avait pas rendu hommage à la vérité en présentant l'état de la femme Souchot aussi parfait qu'on l'avait dit. C'est ainsi que Piet, accoucheur à Paris, fut un des premiers qui s'éleva contre Sigault ; il dit, contrairement à ce qui avait été soutenu, que lors de la séance à la Faculté, « la femme dût être « pour ainsi dire » portée par deux personnes pour monter l'escalier, que la marche était très difficile, que l'écoulement de l'urine était incessant, qu'il n'était pas exact qu'elle pouvait contenir l'urine dans la situation assise, car « son lit était inondé », que « c'était par complaisance, par reconnaissance ou par quelqu'autre motif », que la femme Souchot avait dit que les douleursdes reins étaient anciennes, car jamais, avant Topération, elle n'en avait parlé, qu'enfin à la partie inférieure de l'incision, il s'était formé une fistule urinaire qui ne guérirait jamais. Piet soutenait, en outre, que l'opération avait été pratiquée sans nécessité, attendu que le premier accouchement, auquel Piet avait été appelé par Sigault, bien que difficile, ne l'avait pas été autant que celui-ci l'a affirmé; Piet avait lui-même faitla version; l'enfant est arrivé mort, cela est vrai, mais il était très grand, et le cordon avait été prolabé pendant plusieurs heures. Lors du quatrième accouchement, les secours ont été tardifs, suivant Piet, car l'appel de
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plusieurs accoucheurs avait fait perdre un temps considérable, et, cette fois encore, l'enfant avait été très gros. Par contre, celui qui avait été mis au monde à la suite de Topération avait la tête très petite, et aurait pu être amené facilement avec le forceps. Piet révéla ainsi une série de circonstances qui faisaient voir sousun autre Jour la conduite de Sigault et les éloges de Leroy. Le fâcheux état dans lequel se trouvait la femme Souchot a été constaté par d'autres médecins, notamment par Joh. Huxczovsky, chirurgien autrichien, qui examina la malade dix mois après son opération. Le jugement que les contemporains ont porté sur le caractère de Leroy ne sont pas de nature à inspirer une grande confiance en lui; il est représenté comme vaniteux, ambitieux et rempli de présomption. La contradiction arriva à Sigault aussi d'autres côtés ; V Académie de chirurgie ne modifia pas sa première opinion. Les adhérents de l'opération nouvelle firent entendre leurs répliques; c'est ainsi que les journaux du temps se remplirent bientôt de discussions pour et contre, qui s'éloignaient beaucoup du ton sérieux de recherches tranquilles et faites sans parti pris.
Obs I. — * Piet, Réflexions sur la section de la symphyse du pubis, présentées et dédiées à M. Le Noir conseiller d'État, Lieutenant général de police. A Lahaye et à Paris chez Didot. i778,in-8»(32p.).
* Arn. Bamps, Tractatus de anteponenda sectione cœsarea sectioni symphysis oss. pubis. Genève et Paris, 1778, in-8'^ (un des premiers écrits contre l'opération).
Sigault a défendu lui-même son opération dans des lettres qui furent imprimées dans le Journal de Paris et dans la Galette de santé (ïjjè)., et il a fait imprimer : * Discours sur les avantages de la section de la symphyse, qui devait être lu dans la séance publique de la faculté de médecine de Paris, du 5 novembre 1778. Paris, in-8°.
Sue a indiqué les écrits de cette polémique, ouv.,c., § XII, p. 276-368.
Parmi les adversaires de cette opération, nous trouvons aussi Louis et Pelletan ; au reste les adversaires les plus ardents furent les membres de V Académie de chirurgie, entre autres Baudeloque et Lauverjat, tandis que les défenseurs se trouvaient à la Faculté de médecine, et parmi ceux-ci, le plus ardent futTnouRET, voy. son mémoire : t Recherches sur la structure des symphyses
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postérieures du bassin, et sur le mécanisme de leur séparation dans f accouchement y>, dan^* Hist. de la Soc. de tiiéd., année 1789, t. X. Paris, l'an VI, hi-4.'', p. clvi. Baudelocque soumit cette opération à une étude sérieuse, lorsqu'il eut à sa disposition un nom bre suffisant de faits (voy. paragr. suiv.) et VArt des accouch. 2= éd. et encore son mémoire sur Vopération césarienne : voy.
* Recueil périodique de la Soc. de méd. de Paris, t. V. Par., l'an VII, in-8°, p. 3. Lauverjat a examiné cette opération dans :
* Nouvelle méthode de pratiquer l'opér. ces. et parallèle de cette opération et de la section de la symphyse des os pubis. Paris, i788,in-8°.
Obs. II. — JoH. HuNczovsKY décrit l'état de la femme Souchot de la manière suivante : « Je vis la femme Souchot dans le 10° mois après l'opération; à cette époque, elle ne marchait pas facilement, ce n'est qu'avec beaucoup de peine qu'elle pouvait monter l'escalier; dans l'angle inférieur de la plaie existait une fistule urinaire, avec une incontinence d'urine qui a été constatée immédiatement après l'opération, et qui a persisté depuis. Elle se plaignait de douleurs dans les deux cuisses, et avait un air maladif. D'après cela, on voit clairement que cette opération est bien au-dessous des éloges qu'on en a faits aussitôt après l'opération, dans un moment d'enthousiasme, alors qu'on cherchait à éblouir le public en lui présentant les circonstances de Topération sous un jour faux ». Voy. ses * Med. chir. Beobacht auf seinen Reisen durch England iind Frankreich (Observ. de méd. et de chir. pendant ses voyages en Angleterre et en France). Wien, 1783, in-8°, p. xx, de l'introd.
La description de Leroy se trouve dans* C. R. W. Wiede- MANN iiber Pariser Gebaranstalten und Geburtshelfer und den let:{ten Schamfugenschnitt (Les maternités de Paris, ses accoucheurs, et la dernière symphyséotomie). Braunsw,, i8o3,in-8°. (L'opération pratiquée le i^f mai 1801 par Dufay et Leroy, dont le résultat avait été annoncé partout comme heureux, avait excité les mêmes sentiments que l'opération pratiquée par Sigault : WiEDEMANN avait trouvé l'opérée dans un état misérable, inspirant une grande pitié.)
§ 181. — Résultat ultérieur des opérations pratiquées en France.
Pendant que la nouvelle opération était l'objet d'objections positives et d'un blâme sévère, Sigault et Leroy ne se laissaient pas décourager ; ils continuèrent à pratiquer la section
de la symphyse sur les femmes en travail, et fournirent ainsi aux adversaires de cette opération de nouveaux arguments, car les circonstances qui avaient accompagné ces opérations n'étaient point faites pour leur attirer des partisans. On apprit de tristes détails, sur les opérations qui avaient été pratiquées, et sur d'autres qui avaient été tentées et exécutées seulement partiellement. La grande publicité donnée à ces faits, depuis le commencement, devait mettre au jour les moindres détails. C'est ainsi qu'on sut que déjà, le 12 février 1778, Bonnard chirurgien à Hesdin, avaitpratiqué l'opération, selon Sigault, sur la femme Alexandre, passablement contrefaite, et qu'il n'était pas parvenu à couper Je cartilage, qu'il avait pratiqué en conséquence l'opération césarienne et amené une tille vivante; et que l'opérée avait succombé le 8* jour. Un autre cas malheureux se présenta le 24 avril de la même année, à Arras.
La femme opérée par Retz, probablement pour une étroitesse pelvienne, mourut le 4^ jour, et Penfant mourut aussitôt après sa naissance. L'examen du cadavre montra que le bassin était normal. Sigault opéra, le i5 novembre 1778, une femme rachitique à un haut degré du nom de Vespres, en présence deCouTULV et de Lauverjat; le diamètre antéro-postérieur ne devait avoir été que de 22 lignes (5 centim.) ; après la section du cartilage, l'écartement ne fut que d'un demi-pouce (i5 millim.), on écarta les os par force, et on obtint un écartement de trois pouces (8 centim.). L'enfant fut extrait vivant, mais mourut au bout d'une demi-heure ; la mère succomba le 5" jour dans des douleurs atroces; Leroy a prétendu que, malgré cet écartement énorme des os du pubis, les ligaments postérieurs du bassin n'ont pas été violentés ! Deux cas opérés par Sigault (Blandin et Verde- RAis) furent moins malheureux pour les mères, mais les enfants succombèrent à la suite des violences exercées sur eux pour faire l'extraction ; mais la femme Blandin accoucha une seconde fois facilement avec l'assistance d'une sage-femme. Les opérations pratiquées par Leroy sur les femmes Collet et duBelloy (1770) furent plus heureuses ; les mères et les enfants furent sauvés,
mais, suivant les renseignements de Baudelocque, les bassins des deux femmes n'étaient pas si étroits que Leroy l'avait prétendu, et Tenfant de la femme du Belloy était très petit. Trois erreurs semblables ont été commises plus tard par Leroy, 1785 (Baudelocque). Bien qu'il y ait eu des altérations de la vérité, des exagérations, ou des indications inexactes, le fait des opérations pratiquées subsiste ; mais que faut-il dire de l'audace inouïe d'un cliirurgien nommé Després de Menmeur, à Saint-Pol-de-Léon en Bretagne, qui prétendit que, le 21 février 1778, il avait pratiqué la symphyséotomie avec succès sur la femme Berrou, qui déjà le troisième jour, se chauffait à sa cheminée et qui, quatre semaines après, était allée à pied, et sans secours, de son village à la ville voisine ? Après informations prises, il fut démontré que le chirurgien n'avait sectionné que les téguments du pubis, et que l'enfant était né spontanément à la suite de contractions énergiques. De pareils faits nepouvaient inspirer confiance pour un pareil moyen, et, chez les hommes les plus réfléchis, il se forma l'idée que là où le résultat avait été bon, il eût pu être obtenu par une voie plus douce, et que dans ceux où la symphyséotomie avait été pratiquée pour une éiroitesse pelvienne, on n'en avait pas obtenu le résultat heureux qu'on avait espéré.
Il y a une grande vérité dans le jugement de Baudelocque qui dit : « que toutes les fois qu'on a sauvé l'enfant, on a tué la mère, et quand on a sauvé la mère on a tue l'enfant. Quand les deux individus ont été sauvés, l'opération n'était pas nécessaire ». La symphyséotomie ne pouvait, en aucune façon, remplacer l'opération césarienne, car elle met en danger la mère et l'enfant, ce qui n'existe pas dans l'opération césarienne, au moins pour l'enfant. La grande erreur de Sigault et de ses partisans a été de ne pas établir de différence entre les étroitesses pelviennes, et d'opérer dans les cas les plus divers ; que de personnes victimes de cette erreur! Sigault lui-même perdit plus tard sa confiance dans cette opération, et hésita à l'entreprendre, comme l'apprend Baudelocque ; tandis que Leroy resta jusqu'à la fin de ses jours (18 16) le défenseur ardent de la symphyséotomie (il avait pratiqué cette
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opération sept fois); mais bientôt sa voix n'eut plus d'e'cho. Jusqu'au moment, où Gardien (1809), et plus tard Dubois, la tirèrent de nouveau de l'oubli ; en 1828, il se trouva encore à Saint-Avold, dans le département de la Moselle, un chirurgien du nom de Stock, qui pratiqua cette opération, après laquelle il fut forcé de perforer le crâne pour amener l'enfant.
Obs. — Sur les cas cités plus haut, voy :
a) Opération de Bonnard sur la femme Alexandre. * Journal de rnéd.^ etc.,x. XLIX, 1778, in-8°, p. 433. puis : * Séances publ. de l acad.de chir., ijjg, in-4'', p. 142.
b) Sur le cas malheureux à Arras : Examen des faits relatifs à l opération de la symphyse pratiquée à Arras par MM. Retz et Lescarde. Arr. , 1778, in-4° (voy. * Tode, Med. chir. biblioth., 72 vol. Kopenh., 1779. in-S", p. 441). Comme réplique * Retz, Observations intéressantes en faveur de la section de la symphyse du pubis, 1778, in-8". * Séances publ.^ ouv. c. , p. 142.
c) Symphyséotoynie pratiquée par Sigault sur la femme Ves- PRKs; Procès verbal de V opération de la symph. d.pub. faite sur la femme Vespres le i5 nov. i 778 dans la Ga:^. salutaire, 28 janv. et 4 fév. 1779 (voy. Tode, ouv. c, 455. * Analyse de troisprocès l'^r- ^^z/.v faits à l'occasion de l'opération sur la femme Vespres, etc., par Sigault. Par., in-S". Contre cet écrit : * Examen d'une brochure ayant pour titre analyse^ etc. par Lauverjat, Amst. 1779. in-8\
Sur l'exemplaire de la bibliothèque du traducteur se trouvent ces mots, au-dessous du millésime, écrits probablement par Tauteur « et se trouve à Paris chez l'auteur rue Beaubourg, cul-de-sac des Anglais ». On remarquera que les écrits de Piet et celui-ci sont imprimés en Hollande, tandis que les écrits favorables sont imprimés à Paris, avec l'approbation de la Faculté. (F.-J. H.)
d) Les opérations pratiquées par Sigault sur les femmes Blan- DiN et Veuderais sont relatées en partie par Roussel de Vauzesme,
* De sectione symph. oss. pub. admittenda. Lut. Paris., 1778, in-8'', p. 98 et en partie par Baudelocque dans son Art. des ace, t. II, 6° éd., 1822, p. 329. (Trad. de Meckel, t. II, p. 36i). La sage-femme Bellami a aussi raconté, en 1780, l'accouchement de la femme Blandin auquel elle avait assisté. Obs. intércss. sur un accouchem.par M'"'^ Bellami, Brux., 1780.
e) Opérations de Leroy sur les femmes Collet et du Bellov :
* Observations et réflexions sur Vopération de la symphyse et
les accouchements laborieux par Alph. Leroy, Par., 1780, in-8°, (55 p.)- Baudelocquk, ouv. c.
/) Desprès de Menmeur adressa son cas mensonger à Sigault qui lit imprimer cette lettre dans le * Journ. de méd., ^77^^ p. 429. voy. : * Séances publ.^ p. 140.
g) Le cas heureux de Gardien est décrit dans : * Bulletin des sciences médicales de Tarira, fév. 1810, in-8*', p. y3.
Sur les idées de Dubois, voy : Rust.Magai.. etc., t. VII, 1820, p. 446. Dubois cherchait surtout à fixer les indications de la symphyséotomie ; à 3 pouces de conjugata (8 cent.), elle est exclusivement indiquée, avec l'application du forceps. Dubois dit que la symphyséotomie et l'opération césarienne ne peuvent être comparées ; si une de ces opérations est indiquée, l'autre est exclue. La critique du * Repert. de Casper raconte dans ce Journal, l. XXVIII, i83i, p. 119 que, pendant son séjour à Paris, la symphyséotomie fut pratiquée par Dubois et Béclard, et que ce dernier avait Tintention de faire rentrer cette opération dans ses droits lorsqu'il fut frappé par la mort.
h) Le cas de Stock est rapporté dans * Froriep's Noti-{en, t. XXIX, p. 624, 126. L'auteur dit. : « En ce moment, une année s'est écoulée depuis l'opération, la femme est bien portante, seulement (!) elle est affligée d'une incontinence d'urine » : voy : aussi Journal de Siebold, t. XII, p. 35o (av. obs. crit.)
Le cas cité au commencement de cet article a été publié à Metz dans les comptes rendus des trav. de la Soc. des se. rnéd. du départ, de la Moselle, par M. Scoutteten, secrétaire, prof., etc. (F.-J. H.)
Sur la symphyséototnie,dans les derniers temps, on trouve des faits intéressants dans :* JoH. Fred. Osiander's Bemerkiingen ûber die franiôsische Geburtshiïlfe^ nebst einer ausjïihrlichen Beschreibinig der Maternité in Paris. Hanov. , 1810, in-8'', p. 1 72 (Observations sur l'obstétricie française avec une description détaillée de la Maternité de Paris).
§ 182. — La symphyséotomie dans les autres pays.
La nouvelle opération trouva aussi de l'écho à l'étranger ; elle fut prônée non seulement dans les écrits, mais pratiquée avec plus ou moins de succès, sur des parturientes,pardcs chirurgiens
et des accoucheurs. Le premier qui la pratiqua en Allemagne fut le célèbre chirurgien Charles Gaspard de Siebold de Wûrtzbourg, quatre mois après Sigault, de sorte que ce cas deWiirizbourg se trouve être le deuxième (en date) de tous les cas pratiqués ; l'opérée, nommée Markard, était rachitique et difforme, elle était accouchée sept fois, toujours difficilement et d'enfants morts, sur l'un d'eux on dut pratiquer l'embryotomie : à la tin delà 8<= grossesse, C.G. Siebold pratiqua la symphyséotomie, le 4 février 1778. L'opération présenta cette particularité que, par suite de l'ossification du cartilage interarticulaire, celui-ci ne put être sectionné avec le couteau, et qu'il fallut, à cet effet, employer la scie, l'enfant, qui était mort, futextraitpar les pieds, car il s'était présentépar l'épaule, et on dut faire la version. La femme fut guérie complètement dans l'espace de 42 jours. Plus tard, elle accoucha heureusement d'un garçon fort, avec l'assistance d'un chirurgien, et elle atteignit un âge avancé. Le 28 mars 1778, Cambon de Mons pratiqua aussi cette opération sur une femme rachitique, nommée Loutre. Les essais d'extraction de l'enfant n'ayant pas réussi, le cordon étant prolabé, l'enfant arriva spontanément après la section de la symphyse, mais il était mort. Le i'^'' mai, la femme Loutre était guérie (c'est le 3^ cas delà somme totale des opérations). Le 16 janvier 1780, Cambon pratiqua la symphyséotomie une seconde fois. L'enfant, une fille bien développée, arriva bien portante, après la section de la symphyse, qui s'était de nouveau consolidée. Déjà le 1 2 février, la plaie était guérie, et la femme put marcher comme auparavant. Le 26 février 1 779, Cambon pratiqua sa troisième opération sur une primipare, dont l'ouverture inférieure du bassin était si étroite, qu'il n'avait pas pu y introduiresa main. Après lasectiondelasymphvse, il amena un enfant vivant, à l'aide du forceps. L'opérée était guérie le ?o* jour. BoER dit avec justesse : « qu'il se trouve dans les opérations un ensemble de circonstances étranges, qui ne sont pas bien probantes devant un examen obstétrical sérieux », et que l'exemple donné en France semble avoir eu une influence sur la manière dont Cambon a exposé les faits. Le résuhat que Nagel
a obtenu, le 5 avril 1778, sur la femme Schmjtt, aux environs de Bruchsal, a été moins heureux; l'enfant, sur lequel onavaitpratiqué la version, succomba déjà au bout d'un quart d'heure, la mère le septième jour, à la suite de la gangrène. L'opération la plus malheureuse fut celle pratiquée à Dûsseldoff en 1778 ; elle montre le mieux où peut conduire l'ignorance du procédé d'une opération, qui, par elle-même, est assez dangereuse. Guérard avait essayé de faire la version chez une femme nommée Langens, le bassin mesurait à peine deux pouces de diamètre antéro-postérieur; après trois heures d'efforts, il réussit enfin à attirer un pied, sans entreprendre autre chose; après avoir attendu 12 heures, Guérard fit la section de la symphyse, le 1 1 mai à midi, mais il ne put extraire Tenfant; il coupa le membre engagé, mais sans aucun succès, il fit la perforation du crâne au détroit supérieur, et ne réussit pas davantage à faire avancer l'enfant, quoique quelque os du crâne eussent été extraits. La femme, très affaiblie, fut reportée dans son lit; après cinq heures, la tête fit un mouvement, et l'enfant fut extrait facilement par le chirurgien qui veillait auprès de la parturiente ; celle-ci mourut le 9^ jour. Ce cas malheureux paraît avoir exercé, en Allemagne, une grande influence sur le sort de cette opération : on écrivit encore beaucoup en sa faveur, mais aussi sur ses tristes résultats, que l'expérience avait appris à connaître. Plus tard, Mursinna a encore pratiqué cette opération une fois (3o novembre 181 5), le résultat fut tout aussi malheureux; l'enfant, extrait avec le forceps, était mort, et la mère succomba dans la journée. Ritgen se prononça encore en faveur de cette opération en 1820, et il en pose i5 indications. Camper, en Hollande, s'était de bonne heure déclaré en sa faveur (voy. § 178), et déjà, le 10 juin 1778, Groshans à Gertuidenburg avait pratiqué cette opération sur une femme rachitique; la mère guérit, mais l'enfant est mort. L'année suivante, le 25 mars 1779, J. van Munster, accoucheur à Nimègue, pratiqua de nouveau cette opération : il amena un enfant mort au moyen du forceps, mais la mère guérit rapidement. Le 28 avril de la même année. Munster pratiqua de nouveau cette opération avec succès pourlamèreet
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pour l'enfant. Le i o octobre i j83, il la pratiqua, à La Haye, sur la femme Stols, enceinte pour la 3^ fois ; elle avait été accouchée deux fois à l'aide du crochet et du perforateur. Camper, de passage à La Haye, avait conseillé de pratiquer la symphyséotomie. le succès fut complet pour la mère et pour l'enfant. Van Munster, dont nous avons parlé, pratiqua encore trois fois cette opération, de 1800 à 1 802 ; une se termina par la mort de la mère et celle de Tenfant. En 1804, la symphyséotomie fut pratiquée deux fois par deux accoucheurs hollandais, A.T.BoLsius, à Oitrocht,etparG. J. van W' y à Arnhem. Les deux mères guérirent, mais les deux enfants vinrent morts au monde. La grande considération, dont jouissait Camper en Hollande, fut cause de la faveur avec laquelle cette opération fut accueillie dans ce pays. Encore en 1806, la Société médicale d'Amsterdam proposa, comme prix, de traiter de la symphvséotomie. Le prix fut donné, en 1809, à G. Salomon, qui fit imprimer son mémoire en 181 3. On y trouve indiqué les cas où la svmphyséotomie mérite la préférence sur l'opération césarienne. En Italie, la symphyséotomie fut pratiquée, déjàen 1782, par Lava- GuiNO à Gênes; le résultat fut très malheureux. Une année auparavant, Persone avait publié un écrit pour éveiller l'attention sur cette opération. On amena l'enfant au moyen d'un crochet tranchant, dans la persuasion qu'il était mort, et il vivait encore ; La mère succomba le 1 3- jour. Si décourageant qu'ait été ce cas, GiAc. G1ANN1 de Milan se laissa persuader par Paletta, et pratiqua deux fois cette opération dans la deuxième dizaine du XIX^ siècle (i8i5, 1817). Dans un cas, l'enfant vint mort, dans l'autre, la mère succomba le huitième jour. La proposition la plus insensée a été faite par Galbi.\ti de Naples; il conseilla de sectionner le pubis en cinq endroits ; il fit, en effet, en i832, cette opération barbare, naturellement avec le plus éclatant insuccès. C'est ainsi que les erreurs scientifiques peuvent conduire de plus en plus loin. L'histoire a démontré, qu'en tout temps, ce qui est le moins pratique trouve cependant des imitateurs, pour aggraver encore Terreur. — En Angleterre s'est élevée, dès le début, contre cette opération, la voix grave dcW. Hunter. Les accoucheurs
anglais furent effrayés ; les fils d'Albion sont naturellement peu disposés à adopter une invention d'orii^ine française.
Obs. I. — C'est à Giessen que parut, en Allemagne, en 1777,1e premier écrit sur la symphyséotomie (il est dirigé contre la lettre de Camper, voy. § 178 obs. II) : Spect. med. chir. de nupcr proposita sectione synhcondroseos ossiiim pubis in partit diffîcili nonnulla proponens, def. J. Chk. Lud. Schmidt. Giss., 1777, in-4''. Voy. * Fr. a. Weiz, Neiie Aus^Uge ans Dis^iert./. Wundàrite (Nouveaux extraits de dissert, chirurgicales), iS'^vol. Frankf. et Leipz., 1782, in-8°, p. 60. J. Chr Loder se posa comme défenseur de l'opération ; * Synchondroseos ossiiini pubis sectionem in partu diffîcili instituendam. Goit., 1778, in-4°. Contre l'opération a écrit * J. Scheyring, De sectione synchondroseos ossium pubis, opcratione chirurgica prima in Gallis a D. Sigaultio facta. Frib. Brisg., 1778, in-S".
K. DE Krapf de Vienne a fait d'intéressantes expérimentations sur l'écortement des os pubis, il les a publiées dans * AnatomischeVersuche und Anmerkiingen iiber die eingcbildete Erweiteriing der Beckenhohle in natûrlichen und angcpriesene Durchschneidung des Schambeinknorpels in nndernatUrlichen Geburten mitdarausge'{ogenenLehrsàticn{¥.\^tn\Tiev\Và\.\on?,anà\.om\c\\jie?, et observations sur l'élargissement imaginaire de la cavité pelvienne dans l'état naturel, à la suite de la section tant vantée du cartilage pubien, dans l'accouchement contre nature, avec les conséquences dogmatiques qui en découlent). I"^ part. Vienne, 1780. II'^ part., 1781, in-S". (Cet écrit est dirigé contre l'opération.)
Le livre de * B. Chr. Faust : Untersuchung des Wehrt's der Trennung der Schoosbeine bei schiveren Geburten (Recherches sur la valeur de la séparation des os pubis dans l'accouchement difficile). Goth., 1780, in-S"; écrit sur un ton de colère peu digne. Plus calmes et plus impartiales sont les * Anmerkiingen liber die kïuistliche Trennung der Schaambeine bei scluueeren Geburten (Observations sur la séparation artificielle des os pubis dans les accouchements difficiles). Hamb., 1778, in-8°.
Sur l'opération pratiquée par C. G. de Siebold sur la femme Markard, voy. : * Richters chir. Bibl., 4 v. Goett., 1778, in-8° p. 578. (D'après une lettre de Siebold à Richter.) * Gott. gel. An\. 3« fasc, 1778 (Notice de Richter adressée à la Soc. de Goet.), * Comparatio inter sectionem cœsaream et dissectionem cartilaginis et ligamentorum pubis in partu ob pelvis angustiam impossibili suscipiendas. Prœs. C. G. Siebold, respond. J. P. Weidmann. Wirceb., 1779, in-4° (voy. aussi Weiz, ouv. c, XII, p. 1 12). Notice sur la femme Markard de Pfersdorf en Ff^anconie, par El. de Siebold dans * Lucine, II, Leipz., 1804,
in-8**, p- 1 14 (Intéressants détails, donnés par le fils, sur la femme opérée par son père; à Tépoque où ils sont donnés (i8o5), la femme Markard avait 63 ans, était bien portante et travaillait aux champs avec ardeur). Son bassin, si intéressant, se trouve dans la collection de l'auteur de ce livre, le petit-fils de l'opérateur.
Les opérations de Cambox ont été publiées dans * un écrit sur la symphyséotomie, adressé par lui à M. de Brambilla, trad. du franc, avec observations par Boer. Vienne, 1780, in-8".
J. P. Fra>-ck a décrit le cas de Nagel : Observationes qiiœdam medico chiriirgicœ. Erf., ijSB, in-40,tp. i3, obs, II(voy. *Acta acad. électoral, moguntince. 1782-1783. Erf. , in-4'^).
Sur le cas malheureux de Guérard, voy. : ' J. B. Brixckmaxn, Bevierkiing iiber die iieuerdÎJigs vorgeschlagene iind an einer Kreissenden verrichtete Opération derDiirchsclineidungderSyinphj^se der SchaambeinenÇRemavques sur l'opération de la section delà symphyse pubienne, nouvellement proposée, pratiquée sur une femme en travail). Diisseld., 1778, in-8*'. * Bernh. Guérard. iimstdndliche Nachricht desZiifdlls. jueswegen der Durchschmitt derSj'mphyse derSchaambeine,etc., inDUsseidorfimternommen n'iirdeiKécxi détaillédu cas, pourlequelonafaitàDusseld.lasect. de la symph. p.). Trad. du fr. sousla surveillance del'auteur, par le D'"Beerstecher. Dûsseld., i779,in-8°. * Beynerkuugen iiberdic VON Guérard, etc., gepjlogene ausserordentliche Entbindungsart, haupts'dchlich die Schaambeintrenming betreJJ'end, von L. Boogers (BoERj (Remarques sur le mode extraordinaire d'accouchement et de la section de la symph,, etc., par Boer). Wien. 1780. in-8''.*B. Guérard, Untetsuchung nnd Lehreiiber den Diirchschnitt der Schaambeine. etc., ^iir 'Widerlegiing der Bemerkungen des L. Booger's iind Vertheidigiing der Opération (Recherches et doctrine sur la sect. de la symph. du p. en réponse aux obs. de Boer, et défense de cette opération). Munster, i78i,in-8°.
Le cas de Mursinna est relaté dans son JSjeiiJoiirn.f.d.chir., 1. 1, Berl., 1820, in-8°, p. 298. Les quinze indications de Ritgen se trouvent dans son livre intitulé : * An^eigen der mechan. Hiilfen bei Entbindungen (Indications de l'intervention mécanique dans les ace). Giess., 1820. in-8", p. 394.
Personne ne s'est plus énergiquement prononcé contre cette opération que Wendelstaedt, qui adresse une « pétition aux sentiments humains de l'humanité, afin qu'une fois pour toutes « cette opération soit déclarée une tentative d'assassinat, et qu'elle soit défendue sévèrement ». Voy. : * J. H. Kopps Jalira. der Staatsar^neikunde (i . de méd. lég.),4'^année. Frankf.aM., 181 1, in-8°, p. 54.
Obs. II. — Sur les opérations pratiquées en Hollande, voy. : * El. de Siebold. Lucina, t. VI. Marb., 1810, in-S", p. 117 et
3go (les cas de van Munster). Dans le Journ. de Siebold, t. I, Frankfort a M., i8i3, in-8°, p. 5o2. (Garrit van Wy et A. T. BoLsirs). * J. Chr. Damen, Notice sur une symphyséot. opérée par lui avec succès, trad. du hollandais. PVankf. et Leipz, 1785, in-8". (Le prof. Fischer a vu la femme opérée par Damen à La Haye, six semaines après l'opération, justement le jour où elle essaya de marcher pour la première fois^ essai qui se termina bien, voy. Biblioth. de Richter, t. VII, p. 770.)
Les recherches entreprises parGER.VROLiK, à Amsterdam, sur le mouvement de recul du sacrum à la suite de la symphyséotomie, aussi bien que sur l'intégrité du bassin après l'opération, sont importantes, elles se trouvent dans le * Journal de Siebold, t. I, p. 542.
Le travail couronné de Salomon porte le titre suivant : * Verhandeling over de Nuttigheid der Schaambeensnede met Bepaling der gevallen, in welke aan de\elve de voorkeur behoort gegeven te nwrden boven de Keiierliijke Snede, Door Gottlieb Salomon (Dissertation sur la nécessité de la symphyséotomie et indications des cas où elle est à préférer à l'op. césar.). Te Amsterd. 181 3, in-8''.
Obs. m. — L'écrit de Persone, mentionné plus haut, porte le titre suivant : * Délia se^ione délia sinfise del pube e del îaglio cesareo Trattato à'i Girol. Persone. In Venez., 1781, in-8''.
L'opération de Lavaguino dans *Baudelocque,ouv. c, II,§2i 10 (Extr. du J. de med., t. LXIII, p. 210, année 1/85) se trouve aussi relatée dans l'écrit de Salomon, p. 1 16. Les cas de Gianni et de Scotti dans les*^. Omodei Annali iiniversali di mcdicina. Ann. 1818, vol. VIII. Milan, in-8°, p. 5. Ozanam relate l'autre cas, qui s'est terminé à Milan heureusement pour la mère et pour l'enfant, dans \q Journal général de médecine^x. LX. Paris, in-8°, p. 81. Sur les opérations de Manini, voy : Repertorio med. chir, di Torino, 1822, et Froriep's Notizen, II. B. 44, in-8°, p. 35o.
Sur la proposition audacieuse de Galbiati, qui toutefois n'était pas absolument nouvelle, voy : * Sal^b. med. chir. Zeit. II Bd, 1724, p. iio, III Bd, in-8°, p. 477. L'histoire de l'opération, qui a été véritablement exécutée, voy: * ISeue Zeitschr.f. Geb.., t. I, 3° fasc. Berl., 1734, in-8°, p. 121, par Busch. Il a été dit plus haut, 1 1 32, qu'ÀiTKEN avait proposé de scier les os pubis dans des cas d'étroitesse pelvienne.
Obs. IV. — Voy. plus haut, § 1 32, les écrits de Hunter, la nouvelle opération a été appréciée plus tard dans un écrit anglais : * John Hull, A defence of tJie cesarean opération with observations on embryulcia and the section of the symphysis pubis addressed toM' W. Simpson of Manchester. Manch., 1797, in-8°.
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§ i83. — Fin des considérations sii7- la symphyséotomie.
Aucun sujet n'a autant occupé les accoucheurs que la symphyséotomie, qui fut pratiquée dans tous les pays, où s'élevèrent des voix pour la prôner ou pour l'attaquer. Elle était à la fois défendue et combattue par la théorie, et la pratique, qui avait fourni aussi des documents assez nombreux, sur lesquels on allait pouvoir baser un Jugement positif. Celui-ci ne lui fut pas favorable, car les résultats fournis par les opérations, loin d'être brillants, n'engageaient pas à les renouveler. L'élargissement obtenu par la séparation des pubis n'avait pas été considérable, dans un grand nombre de bassins rétrécis; à la suite de nombreuses opérations, on dut recourir à l'application du forceps et à la perforation, à la suite desquelles l'enfant avait succombé, et souvent même aussi la mère. Si l'opération s'était terminée heureusemem pour l'enfant, si celui-ci était expulsé par les seuls efforts de la nature, ou extrait facilement avec le forceps, on pouvait prétendre que l'opération avait été pratiquée sans nécessité, puisque plusieurs de ces femmes opérées étaient accouchées plus tard spontanément.
Les suites de l'opération avaient été effrayantes pour plusieurs opérées, et les preneurs de l'opération avaient eu grand soin de les taire, car ils voyaient bien que c'était le côté faible de la méthode opératoire, et, qu'à ce point de vue, elle ne pouvait pas soutenir la comparaison avec les autres. Il ne faut pas méconnaître qu'un certain nombre d'accoucheurs n'ont pratiqué cette opération que par le désir d'agrandir leur renommée, par celui d'essayer cette nouveauté, désir qui souvent a été payé bien cher. L'expérience et le temps sont suffisants aujourd'hui, pour permettre de porter un jugement détînitif. Pour tous ceux qui ne sont pas aveuglés, elle ne reste plus qu'une curiosité historique, et c'est à clic qu'on peut appliquer ce précieux proverbe : « Félix quem faciunt aliéna pericula cautum ! ».
Obs. — Si, dans l'exposé des observations de symphyséotomie, nous nous sommes éloigné un peu de l'ordre chronologique que nous suivons habituellement, nous avons pensé que cette dérogation ne portait point de préjudice, car le procès est complètement terminé, puisquecette opération appartientmaintenant exclusivement à l'histoire de l'art. Il nous a été impossible de citer tous les nombreux écrits publiés pour ou contre cette opération, et surtout les innombrables dissertations académiques auxquelles elle a donné lieu. Nous n'avons cité que les principaux travaux, ceux surtout qui ont exercé une influence sur le sort de l'opération ; nous renvoyons aux travaux exclusivement consacrés à cette opération et à la bibliographie si riche des livres de notre temps. Parmi les anciens se distingue : * Dissert, acad. inquircns synchondrotomiœ pubis iitilitatem in partu difficili quam prœside G. van Doeveren publico submittit exatniiii Janus Petersen Michèle. Lugd. Bat., 1781, in-4'' et Pécrit postérieur du même auteur, également remarquable : * De synchondrotomia pubis commentarius. Anistelod.., ijSSjin-S" (avec une bibliographie complète jusqu'à cette époque). Une liste passablement complète dans des écrits postérieurs se trouve dans * H. Fr. Kilian Operative Geburtshiilf, 2 t. Bonn, 1834, in-8°p.867.Ed. de 1849, p. 780. Dans la littérature française voy. l'art, important du * Dict. des se. méd. t. LIV, Paris, 1821. Art Symphyséotomie de Murât, et ceux publiés dans le Nouv. dict. de méd. et chir. prat. et dans le Dict. encyclopéd.
§ 184. — J.-L. Baudelocque.
Pendant que les accoucheurs français, tout absorbés par l'opération nouvelle, négligeaient les autres parties de l'art, mûrissait à Paris un talent, qui bientôt se leva sur l'horizon de la France comme une étoile de première grandeur, brillant non seulement dans son pays, mais projetant aussi sur tous les autres ses rayons lumineux. Jusqu'à cette époque, les doctrines de Levret avaient exercé sur l'obstétricie une influence puissante, non seulement en France mais aussi à l'étranger. C'est à lui qu'on devait les principaux perfectionnements dont la médecine opératoire obstétricale s'était enrichie, et qui avaient pénétré partout dans la pratique. Moins heureux avaient été ses enseignements sur l'accouchement
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normal, il avait contribué à propager, à ce sujet, mainte erreur, dont l'influence a été fâcheuse pour la pratique, car la connaissance exacte de l'admirable puissance de la nature, dans l'accomplissement de son œuvre, et Texamen des modes divers suivant lesquels elle accomplit cette fonction, peuvent seuls montrer comment il faut venir à son aide, quand la nécessité l'exige, et appliquer les moyens dont on a surpris les secrets dans son œuvre. C'est dans cette voie qu^est entré Jean Louis Baudelocque, que nous avons trouvé plus haut comme un ardent adversaire de Sigault et de ses adhérents, et que nous allons voir, comme auteur, accoucheur et professeur, observant exactement la nature, se livrant à un travail assidu pour asseoir Tobstétricie sur un terrain plus solide. C'est ainsi que fut composé le traité systématique d'accouchements, qui fut accueilli avec d'autant plus de faveur, qu'il se présentait sous une forme toute nouvelle, contribuant énormément aux progrès de l'obstétricie en France. A l'étranger, on fit aussi un accueil empressé à ses doctrines, en Allemagne surtout, où l'on vit encore une fois les doctrines françaises transplantées sur le sol germanique. Ce que Baudelocque avait enseigné sur Taccouchement normal fut bientôt admis par les auteurs allemands. La doctrine de B.a.udelocque, sur le mécanisme de l'accouchement, fut pendant longtemps un oracle pour les accoucheurs français, jusqu'au moment, où des observalions et des recherches nouvelles et personnelles eurent ouvert pour elle une voie nouvelle.
Ce que Baudelocque avait fait pour la doctrine de Taccouchement naturel, il le devait à son maître Solayres, comme il le dit lui-môme, et cette déclaration honore à la fois l'élève et le maître. A celui-ci appartient une grande part des succès de l'élève, et l'histoire doit d'abord parler de celui-ci.
Obs. — Qu'on veuille consulter la préface de * VArt des accouchements de Baudelocque. Par., 1781. in-S**, p.xv. * (ô^éd.posth., 1822. Introd. p. XI.) « Pour que personne ne nous taxe d'être plagiaire, nous déclarons, de nouveau, avec autant de plaisir que de reconnaissance que nous avons puisé à toutes les sources
qui nous sont connues : mais que nous devons plus aux leçons de SoLAYRES, et après lui à l'observation, qu'à tout autre, et que la seconde partie de cet ouvrage, qui traite spécialement de l'accouchement naturel, n'est pour ainsi dire que la traduction de la thèse qui a pour titre : « Dissertatio de Partu viribiis maternis absoluto ».
§ i85. — Fr. L. Jos. Solayres de Renliac, maître de Baudelocquc.
Une juste part des lauriers qu''un grand homme a mérités par ses travaux doit être faite au maître dont il a suivi les leçons, quand il est démontré qu'il a précédé l'élève dans le champ, où celui-ci s'est distingué, et que par son zèle et ses travaux il en a été le meilleur modèle.
C'est dans ces rapports que Baudelocque se trouve à l'égard de son maître François Louis Joseph Solayres de Renhac, qui, par son précieux enseignement, non seulement a stimulé l'ardeur de son élève, mais obtenu pour ses doctrines une grande publicité, réalisant dans sa longue existence et sa pratique étendue, ce qu'une courte carrière ne lui avait pas permis de réaliser luimême. Solayres a continué à vivre dans son élève Baudelocque, qui avait conservé pour lui la reconnaissance la plus profonde, comme en témoignent les paroles citées plus haut. Solayres avait positivement reconnu la voie véritable dans laquelle l'obstctricie pouvait progresser; par de solides études préliminaires, il s'était parfaitement préparé pour l'accomplissement de cette œuvre. A Montpellier, où il avait commencé et achevé ses études, il s'était distingué par une grande prédilection pour l'anatomie humaine et comparée, si bien que de très bonne heure, il avait fait un cours privé d'anatomie qui avait été très suivi. Ses recherches sur des chiens et des chats, qu'il publia dans son premier écrit {Elementa art. obstetr., 1765), et dont les études remontent à 1762), témoignent de ces travaux. Mais c'est à l'obstétricie qu'il voua particulièrement son attention; à Mont-
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pellier, il fit des leçons théoriques et pratiques. Jean Serres, Professeur de Chirurgie, et selon Leroy, aussi « accoucheur célèbre », doit l'avoir encouragé dans cette voie, car il avait pour lui de l'affection, lui avait confié son fils pour l'accompagner à Paris, dans le but de « perfectionner son éducation » (Leroy). Comme la Faculté de médecine de Montpellier n'avait pas de chaire d'accouchements, Solayres était réduit à ses proptes études, et, dans son premier ouvrage, il paraît avoir mis particulièrement à profit lelivre de Puzos, car c'est le seul qu'il cite.
Pour obtenir le grade de bachelier, il composa le Compendium cité, qui est peut être le programme de son cours, et qu'il utilisa pour son enseignement ; cet ouvrage commence par la description du bassin, dont les ouvertures et la capacité sont indiquées. Il chercha à puiser des renseignements sur l'anatomie de l'utérus gravide dans des dissections de chiennes pleines, et il put démontrer clairement la caduque sur ces pièces. Ses indications sur l'utérus virginal, et sur celui de la femme qui est accouchée sont d'une grande précision. Solayres a indiqué, avec une remarquable exactitude, la hauteur de l'utérus aux divers mois de la grossesse. Il combat Tidée régnante, que l'utérus se ferme après la conception, et il appelle l'attention sur la substance muqueuse qui remplit la cavité du col. Partout se révèle un grand talent d'observation qui, ici, s'applique aux modifications physiologiques de l'utéruS; pendant la grossesse et laparturition. Les accouchements sont divisés, par lui, en faciles et en difficiles. Les conditions des premiers sont une situation normale du foetus (eutopus), et ici Solayres prononce ces mots : « Si noncaput, pcdes, sinon pedes,nates non parumutilitatishabereprofiteamur », abandonnant l'ancienne doctrine de la nocuitc de ces présentations. Le mécanisme de l'accouchement n'est pas encore nettement décrit dans ce travail, cette étude fut entreprise plus tard à Paris (1771). Par contre, il décrit, danscecompendium, tous les moyens auxiliaires que l'accoucheur peut employer dans les accouchements difficiles; il recommande le forceps de Chapman, perfectionné par S.mellie, et il ne rejette pas le levier de Roonhuysen.
Après avoir subi à Montpellier, en 1766 et 1767, les épreuves imposées par les lois, il fut reçu Docteur le 3 juillet. Il se rendit, en compagnie du jeune Serre, à Paris, où tous deux furent parfaitement accueillis par de la Martinière, médecin du Roi et président de l'académie royale. Solayres fit des leçons d'accouchements, compta parmi ses auditeurs, le jeune Baudelocque et se livra, à Paris, à la pratique des accouchements. De la Martinière, son protecteur, appréciant le talent et les connaissances de son protégé, l'encouragea, et lui conseilla de se faire recevoir membre du collège des chirurgiens, et, d^avance, lui réserva une chaire à l'École pratique. Dans ce but, Solavres composa sa dissertation : a Departu viribits maternis absoluto » et la fit imprimer. La soutenance, dont la date de décembre est laissée en blanc par l'imprimeur (mais complétée à la plume) (XXII) dans l'exemplaire que possède le traducteur de ce livre), ne put avoir lieu en raison d'une extinction de voix de l'auteur; la phthisie pulmonaire faisait de rapides progrès, elle enleva le jeune maître le 3 avril 1 77 1 , dans sa 35^ année. Les leçons, interrompues par la maladie, furent continuées par Baudelocque. Cette dissertation révèle parfaitement les grandes capacités de Solayres, et son talent comme accoucheur. C'est avec le plus grand soin, et la plus grande précision, que l'auteur a décrit la grande œuvre que la nature accomplit dans là naissance de l'homme. Les travaux préparatoires si beaux qu'il avait déjà entrepris à Montpellier, surtout au point de vue dynamique de cette fonction, sont d'une telle perfection, que jusqu'ici ils n'ont pas pu être dépassés ; mais il faut y ajouter encore le mécanisme de l'accouchement, c'est-à-dire la description de la manière dont se comporte, dans l'accouchement, l'enfant en traversant le bassin, description qui n'avait jamais été faite jusqu'alors, si bien que Solayres peut être regardé comme le créateur d\ine doctrine, dont Pimportance est de premier ordre dans l'accouchement ; c'est aux diverses positions du crâne, que Solayres a accordé la plus grande attention. Le passage de la tête à travers le bassin, dans ses différentes positions, est décrit avec la plus grande précision, ainsi que la situation de la tête à l'entrée et à la
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sortie du bassin. La science n'a, depuis, rien pu y ajouter d'important. SoLAYRES a dit très nettement que la suture sagittale se trouvait dans le diamètre oblique, à l'entrée delà tête dans le détroit supérieur, et il a bien fait remarquer que, quand elle pénètre plus profondément dans le cavité pelvienne, elle reste dans cette direction oblique, jusqu'à ce qu'elle arrive au détroit inférieur. Le passage de la tête, d'une position en une autre, était très bien connue de lui, et les observations modernes n'ont fait que confirmer les siennes, et constater les fréquences relatives de ces positions, dans l'ordre qu'il avait indiqué. Solayres a aussi mieux examiné et décrit l'accouchement par les pieds, et le mécanisme du passage de la tête, quand elle vient la dernière, et montré que les accouchements par les pieds et par le siège ne se terminent pas rarement par les seules forces de la nature, quoiqu'il ait conseillé, conformément aux doctrines régnantes alors, de ne pas les abandonner à la nature. Leroy est dans le vrai, quand il reproche à Solayres d'avoir trop multiplié les variétés de présentation et de position, et d'avoir créé une trop grande quantité d'ordres, de classes et de variétés ; mais cela ne diminue pas le mérite de ses services, il est facile de voir qu'il a suivi la mode de ses contemporains, notamment celle de Levret, ainsi qu'il le donne à entendre clairement (voy. i class., ord. i, spec. i et 2); cette observation s'applique surtout à la multiplication des présentations transversales. Est-ce l'exemple du célèbre Boissier de Sauvages de Montpellier, connu pour avoir divisé les maladies en un nombre déclasses exagéré, qui aagi sur l'esprit de Solayres, pour l'engager à appliquer aux accouchements cette multiplicationd'espèces, ou l'exemple de Péan (a chez lequel il s'était mis en pension «selon Leroy), c'est difficile à dire, mais elle fut conservée par les auteurs jusqu'à ce que les progrès ultérieurs la modifièrent. Toutefois le mérite que Solayres s'est acquis par la description de l'accouchement normal subsiste tout entier, et, à ce point de vue, une grande partie de la renommée que Baudelocque s'est acquise revient à son maître, qui eut occupé sa position brillante si une mort prématurée ne l'en eut empêché.
Obs. I. — Les deux écrits laissés par Solayres sont les suivants :
* Elementorum artis obstetriciœ compendium quod m augustissimo Ludoviceo medico Deo duce et aiispice Dei-Para, ab Jiora octava ad méridien tiieri conabitur Franc. Ludov. Joseph Solayres de Renhac e/oco Calhac, dioceseos Cadiircensis, aiicior, liberalium artium magister, et jamdudum medicinœ alumnus, ncc non anatomes professer publicus.Die i 7 mens. Aug. ann. 1765, pro baccalaureatus gradu consequendo. Monspeli ap. vid. Joan- Nis Martel, 1765, in-4°.
Cette dissertation estdédiée au naturaliste G. Jac. Jer. Roussel. La liste des membres de la Faculté de Montpellier d'alors, par conséquent, des maîtres de Solayres, imprimée avec la thèse, contient les noms suivants : Haquenot, Fizes, Sauvages, de Lamure, Venel, Leroy et Bartès. (Je dois à l'obligeance du vénérable Deneux, de Paris, la communicaiion de ce travail et lapermission d'en avoir pu prendre copie, en automne i83i, ce dont je le remercie infiniment. Au point de vue du latin, ce travail est bien inférieur au second écrit de Solayres ; du reste, il contient un grand nombre de fautes d'impression).
* Dissertatio de partu viribus maternis absoluto, qiiam Deo duce, et prœside D. Roche Dubertrand, art. et chir. magistro, antiq. scholar. Prœposito, reg. acad. chir. Consiliario nec non Bibliothecario, tueri conabitur, Fr. Lud. Jos. Solayres de Renhac, e loco Calhac, dioc. Cadurc. august. Ludov. med. Monspel. Doctor, e societ. reg. scient. Monspel. Scholae practicae Parisiensis Demonstrator designatus. Parisiis in reg. chirurg. scholis die mens, decembr, a sesquisecunda post méridien, ad septimam, A. R. S. H., 1771. Pro actu publico et magisterii laurea. Typis Laur. Car. d'HouRv, S. A. S. Duc. Aurel. typograph., 1771, in-4°. (La bibliothèque de Goettingue possède, depuis 1829, un exemplaire de cette dissertation devenue si rare ; j'avais appelé l'attention de M. Reuss bibliothécaire en chef sur son importance.) C'est d'après cet exemplaire, que j'ai publié la réimpression de ce livre avec notes : * Fr. L. J. Solayres de Renhac, Comment, de part, virib. matern. absol. quem denuo edidit nec non prcefatione et anotationibus instruxit Ed. Casp. Jac. de Siebold. Berol, i83i, in-S". Le supplément : « de mulierum organis generationi inservientibus », sur lequel Naegele a essayé de donner quelques explications. Ouv. c. , p., io5 (note 35) se trouve dansl'exemplaire de Goettingue, et aété ajouté dans cette réimpression (i).
Une note manuscrite de la dissertation de la bibliothèque de
(i) Ce supplément n'existe pas dans l'exemplaire que possède le traducteur, qui se termine avec la page 3G au milieu de laquelle se trouve le mot Finis. (F.-J. H.)
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Deneux apprend que la soutenance de la thèse aurait dû avoir lieu le 22 déc. ; on y lit : « mais elle n'a pas été soutenue, parce que l'auteur s'est trouvé fort malade de l'affection de poitrine à la suite de laquelle il a succombé ». Trad. allemande par le D"" Werthheim. * Frankf. a. M., i835. Trad. fr. annotée par le D'' Andrieux de Brioude.* Paris, chez G. Baillière, 1842, in-S". Après la mort de SoLAYREs, Baudelocque avait eu le dessein de publier les préceptes de son maître, recueillis dans ses leçons, dans des entretiens familiers, et dans les quelques papiers qu'il avait laissés, mais il renonça à son projet, bien que le manuscrit eût déjà été revêtu de l'approbation du censeur (Raulin), nécessaire à l'impression (voy. la préf. de Baudelocque, p. x). Naegele FILS a vu en 1834, le cahier destiné à l'impression, écrit par un copiste, et corrigé partout par Baudelocque, c'est ce cahier que Baudelocque avait confié à Leroy pour en faire une copie. Celuici se vanta, plus tard, d'avoir rassemblé lui-même les principes de SoLAYRES ; il les avait rédigés d'après un plan de Baudelocque, de façon à être publiés (Leroy, /i'w^. cr/ï., etc., p. 166). Ce projet ne fut pas réalisé, mais du Fot, à Soissons, en fit un extrait sommaire, en forme de catéchisme à l'usage des sages-femmes, et dans la préface, il dit : « Nous annonçons avec plaisir et reconnaissance que nous avons profité de ce qui nous a paru convenir, et être à la portée de nos sages-femmes, de l'inestimable ouvrage de feu M. Solayres, par M. Baudelocque, dont celui-ci est le précis ». Voy. : * Catéchisme sur Vart des accouchements pour les sages-femmes delà campagne, fait par V ordre et aux dépens du gouvernement, par Augier du Fot, Soissons et Par., 1775, in-S", p. VIL Baudelocque dit que l'œuvre de du F'ot, n'a aucune authenticité. Voy. Intr., p. xix delà i""*^ édit. ei p. xii de laô*" éd.
Obs. IL — L'illustre maître de Heidelberg a le mérite d'avoir de nouveau, dans ces derniers temps, appelé l'attention sur Solayres, voy. son mém, « sur le mécanisme de V accouchement dans les Arch. de Meckel poz«- la physiol., t. V. p. 483, voy. encore * H. Fr. Naegele (le fils) Die Lehre vom Mechanismus aer Geburt nebst Bcitràgen ^ur Geschichte desselben{MéciinismQ de l'ace, et documents historiques). Mainz, i838.Dans cetécrit, se trouvent, p. ii3,surla biographie de Solayres, de très intéressants documents que Naegele le père avait coUigés avec ardeur et patience, pendant de longues années; nous avons été très heureux de les mettre à profit et nous en exprimons d'autant plus volontiers notre reconnaissance, que nous savons quelle est l'autorité qu'on doit leur accorder. Parmi les historiens anciens qui ont parlé de Solayres, il faut mentionner Sue, t, I, p. 527 et Alph. Leroy; le premier lui rend pleinement justice.
Obs.IIl. — Nous trouvons dans * V A7't du coutelier de 'P-Eitjx.^T une manière particulière d'attirer la tête au moyen du crochet aigu, dont l'invention est attribuée à « feu M. Solléres ». (SoLAYREs a eu le malheur d'avoir son nom écrit de diverses manières, il n"est pas étonnant qu'un maître coutelier l'ait écrit comme il l'avait entendu prononcer par ses compatriotes (voy. Naegele, ouv. c, p. 125). Cette manière particulière consiste à avoir des crochets qui peuvent se dévisser de la tige qui les supporte, et qui sont munis d'une ouverture, dans laquelle on passe un lacs; quand le crochet est appliqué sur la tête, on dévisse la lige et on fait les tractions seulement au moyen des lacs. Voy. : * Art du coutelier expert en instruments de chirurgie^ 2^ sect. Par., I 772, p. 461 et pi. i 59, tig. 6 et 7.
SoLAYRES, qui avait habité rue de la Harpe, fut enterré le 4 avril 1772 dans le cimetière de la paroisse de St-Séverin, en présence de son frère, qui était vicaire de cette paroisse, comme le constate une plaque de marbre qu'une pieuse et reconnaissante pensée a fait placer dans cette église. (F.-J. H.)
§ 1 86. — Baudelocque. — Sa vie.
Jean Loins Baudelocque est né à Heilly, en Picardie (dép. de la Somme) en 1746. II fit ses études médicales à Paris, où il s'occupa particulièrement d'anatomie, de chirurgie et d'accouchements; dans cette branche il eut pour maître Solayres, avec lequel il avait des relations étroites, si bien qu'il fut chargé de continuer son cours interrompu par la maladie (§ i85), mission qu'il remplit avec beaucoup de succès. Après la mort de Solayres, il continua cet enseignement, quoi qu'il n'eut été admis au « collège de chirurgie » que depuis 1776, après la soutenance de sa û\tse,s\iv\diSymphyséotomie iyoy .% i78).Cetravail présentait cette opération à ses compatriotes, dans son véritable Jour. Quand l'École de santé fut rebâtie sur les ruines de la « Faculté de médecine » et du « Collège de chirurgie », Baudelocque et Leroy furent nommés professeurs d'accouchements, et en même temps; Baudelocque fut nommé en outre « chirurgien en chef et accoucheur »de la Maternité, « qui venait d'être nouvellement transfé-
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rée,derHôtel-Dieu, aux couvents réunis de TOratoire et de Port- Royal, où elle est encore aujourd'hui. Baudelocque fut chargé de renseignement des sages-femmes. Il jouissait, comme praticien, de la plus grande confiance, et dans ses derniers jours, Napoléon le nomma accoucheur de l'impératrice, mais il mourut avant son accouchement. La haute renommée dont jouissait Baudelocque ne l'a pas préservé de la médisance etde la calomnie; il eut à endurer l'une et Tautrc de Sacombe, à propos de l'accouchement d'une dame Tardieu, qui avait succombé avec son enfant; attaqué publiquement, il dutavoir recours à la justice, qui condamna Sacombe, comme calomniateur, à une amende de 3,ooo fr. au profit de la Maternité et des pauvres de Paris, et établit l'innocence de l'accoucheur. Le chagrin qu'il éprouva de ces attaques n'en altéra pas moins sa santé, et persista jusqu'à sa mort, qui arriva le 2 mai 18 10. Il avait, malgré cet état de santé, continué ses leçons à la Maternité, où elles sont données depuis, dans cet établissement, avec tant de distinction.
Obs. — Sur Baudelocque. Voy : * Biographie universelle ancienne et moderne., t. III., Paris., 181 1, in-8°, p. 533.
* Die. des se. méd. Biogr. méd.., t. II. Paris, 1820, in-8'', p. 41.
* Dict. Iiist. de la méd. par Dezi.imeris, etc., t. I, p. 3o6. Paris, 1828, in-8°.
* Les dise, de Leroux et de Chaussier à la tête du i*^'" vol. de la 6« éd., Paris, 1822, in-S".
La thèse de Baudelocque, dont il a été question plus haut (I 178, 3" obs.) a été soutenue le 5 nov. 1776, sous la présidence de Devilliers, maître es Arts et en Chirurgie.
* Die Zerreissung der Gebàrmutter geburtshiilflich iind àr^tlicli abgehandelt (La déchirure de la matrice au point obstétrical et médical). Procès entre Baudelocque et SacOxMbe av. obs. et éd. trad. du fr. par G. C. Sander. Goeit., 1807, in-8°. (Collection complète des pièces de ce procès : Pour Baudelocque, Delamalle son défenseur publia deux écrits : * Plaidoyers. Par., an XIII (180-]), in-4'', et une Réplique, an XIII, 1804. Sacombe répondit aux deux écrits de Delamalle.
* JoH. Fr. Osiander, Bemerkungcn iiber die franiosische Geburtshiil/le,c\c. (Ohs. sur l'obst. franc.). Hanovre, 181 3. (Beaucoup de détails sur les dernières années de Baudelocque; l'auteur, présent à Paris lors de sa mort, a accompagné son convoi).