‹ Essai d'une histoire de l'obstétricie (volume 2)Chapitre 21 sur 32 · Bandelocque. — Doctrines obstétricales · texte numérisé non relu

Bandelocque. — Doctrines obstétricales

Baudelocque commença son livre d'accouchements par une description précise des organes qui, dans l'accoucliement, prennent une part active et passive, dans ces organes, il range le bassin, qui est étudié avec le plus grand soin. Il en examine l'ostéogénie, le décrit dans l'enfance, à l'état normal et modifié par le rachitisme, il met en relief les altérations de forme qu'il subit sous l'induence de cette maladie ; il donne des mensurations des divers os qui le composent. Ce n'est que par ce moyen, que Faccoucheur pouvait arriver à une connaissance exacte et fructueuse du bassin. Les ligaments pelviens sont examinés avec soin, et une attention particulière est donnée aux ligaments de la partie postérieure du bassin, à la réunion du sacrum avec les os iliaques qui est appelée par lui (« symphyse sacro-iliaque »). Baudelocque fait connaître son avis sur l'écartement des os du bassin, qui, à sonépoque,avaitconduit à la section de la symphyse pubienne. Il dit qu'on n'observe que très rarement cet écartement, et qui est toujours accompagné d'accidents considérables, permanents, qui altèrent la santé de la mère. Il démontre ainsi, déjà, que les prémisses de l'opération sont fausses. Non moins précises sont les indications des divers diamètres du bassin, aux différenteshauteurs de cettecavité, qui ont été adoptées en France et à l'étranger. Immédiatement après ces indications normales, Baudelocque expose les altérations du bassin, et il démontre que sa trop grande amplitude doit être comptée parmi ses altérations. Les conséquences de l'étroitesse pelvienne, qui rend l'accouchement difficile ou impossible, sont examinées avec détails; il apprend à faire une mensuration exacte du bassin, pour laquelle Baudelocque a fait usage d'un pelvimètre spécial, permettant de mesurer les diamètres externes du bassin, du compas d'épaisseur bien connu ; sans perdre de vue les mensurations internes du

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bassin. Tout ce qui a trait au bassin constitue unepartie très digne d'intérêt, dans l'ensemble de l'obstétricie de Baudelocque, et a rencontré partout l'accueil le plus empressé. Ce qui concerne les parties molles, n'est pas traité avec moins de développement; parmi celles-ci, la structure de l'utérus a été particulièrement étudiée au point de vue du mécanisme de l'accouchement ; il montre que c'est dans les modifications de l'utcrus, pendant la grossesse, et dans celles des fibres musculaires de l'organe, qu'il faut rechercher les causes de sa contractilité. Partout, Baudelocque s'est efforcé de déduire des conséquences pratiques, et d'utiliser ainsi les enseignements de la théorie.

Baudelocque démontre, contrairement à Popinion de Levret, que l'implantation du placenta, ailleurs qu'au fond de l'utérus, ne résulte pas de la situation inclinée de cet organe. Il pense que la saillie des corps des vertèbres lombaires contribue beaucoup à la position inclinéede la matrice, de même que le rectum pousse à droite la matrice dans l'état de vacuité. Baudelocque croit, avec raison, que les conséquences qu'on a tirées de l'obliquité utérine ne sont pas exactes, quoique l'obliquité soit accompagnée de douleurs à la fin de la grossesse, rende plus difficile la dilatation de l'orifice, et puisse donner lieu à une présentation irrégulière du fœtus. Les doctrines sur la menstruation et la conception ne font pas défaut. Le chapitre consacré à l'exploration est traité longuement, et avec un véritable tact pratique, il accorde une attention particulière à l'exploration externe. Ce chapitre a servi de modèle à ceux qui, après lui, ont traité le même sujet. Dans ce qu'il dit du fœtus humain et de ses annexes, il a suivi particulièrement Haller, mais partout on trouve des considérations pratiques. L'enfant le plus lourd que Baudelocque ait vu pesait i3 livres, d'où il résulte qu'il ne faut accueillir qu'avec réserve le dire de ceux qui parlent d'enfants bien plus lourds. Le cordon le plus long qu'il ait vu mesurait 5/ pouces (140 cent ), il formait sept circulaires autour du cou. La culbute est rejetée; Baudfxocque cite, à l'appui de cette manière de voir, des autopsies de femmes mortes en état de grossesse. Il admet que l'en-

tant puisse respirer aussitôt que la tête a franchi la vulve, opinion émise de nouveau encore dans ces derniers temps (Ritgi;n). Bau- DELOCQUE a décrit l'accouchement normal avec la plus grande précision, suivant, en ceci, son maître Solayres. La force d'expulsion de la matrice, celle du diaphragme et des muscles abdominaux sont admirablement décrites, ainsi e]ue les phénomènes qui se manifestent pendant chaque temps du travail. Baudeloc- QUE range, dans les accouchements normaux, ceux qui se font par la tête, les pieds, les genoux et le siège. Il désigne, comme première position du crâne, celle où la petite fontanelle se trouve en avant et à gauche, tandis que pour Solayres la première était celle où la petite fontanelle était directement en avant, la première deBAUDELocQUE se trouvait être la troisième de Solayres. Pour Baudelocque, la seconde position, est celle où la petite fontanelle est en avant et à droite, qui était la cinquième de Solayres. La petite fontanelle dirigée en arrière et à droite est pour les deux la quatrième; la cinquième de Baudelocque (occiput en arrière et à gauhe) était la sixième de Solayres, et la sixième de Baudelocque, occiput directement en arrière, était la deuxième de Solayres. Celle-ci, et la première de Solayres, occiput directement en avant, troisième de Baudelocque, étaient de son avis les positions les plus rares. La présentation de la tête dans le diamètre oblique, et son maintien dans cette direction jusqu'à sa sortie, démontrés dans ces derniers temps par de nouvelles observations, étaient déjà enseignés par Baudelocque, mais avaient été peu remarqués par les accoucheurs(voy.i''* éd. §63 5). La transformation d'une position en une autre a aussi été enseignée^ en suivant l'opinion de Solayres, et son influence sur la doctrine du mécanisme de l'accouchement par la tête a été si considérable, que les auteurs ultérieurs, surtout les allemands, n'ont plus guère enseigné autre chose que ce qu'ils avaient trouvé chez Baudelocque. Il admettait quatre positions des pieds ; dans les deux premières les talons sont tournés en avant, à gauche ou à droite ; dans la troisième le dos est tourné directement en avant ; dans la quatrième en arrière. Baudelocque enseigne que les hanches doivent être profondé-

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ment engagées, avant que les pieds puissent être dégagés, elles avancent dans le diamètre oblique, suivant lequel le siège se dégage aussi.

Baudelocque paraît avoir observé rarementle dégagement spontané des bras, il admet qu'ils remontent à côté delà tête, etne se dégagent que quand les épaules ont franchi la vulve. 11 ne parle pas du mouvement en avant du dos que Tenfant exécute quand, primitivement, il était dirigé en arrière. Il n'y a pas de doute que Baudelocque n'ait terminé artificiellement l'accouchement quand Penfant se présentait par les pieds, c'est au moins, dans la plupart des cas, ce qu'ilindique lui-mêmedans le§ 68 1. Baudelocque admet égalementquatrepositionsdu siège : dansles deux premières, le dos tourné en avant, est dirigé à gauche ou à droite, dans la troisième, il est dirigé directement en avant, dans la quatrième ilest dirigé en arrière. Les deux premières positions sont les plus fréquentes, la plus rare est la quatrième.

Baudelocque croit que l'accouchement dure plus longtemps dans les présentations du siège que dans celles des pieds ou des genoux; l'expérience n'a pas confirmé celte appréciation. Les conseils que donne Baudelocque pour le traitement de l'accouchement normal sont très précieux. Pendant l'accouchement, on devra éviter de faire usage des excitants, qui, de son temps, étaient fortement recommandés.

L'accouchement devra se faire sur le petit lit, le périnée sera soutenu, au moment voulu, par Papplication de la main et une contrepression légère. On ne devra pas se hâter de faire la délivrance. Nous devons reconnaître à Baudelocque le grand mérite d'avoir accordé toute son attention à l'accouchement normal, et au traitement qui lui convient ; ce n'est que par ce moyen, par l'étude de ce qui est conforme à la nature, de ce qui est normal, par les soins à maintenir ainsi l'œuvre de la nature, que la voie du progrès pouvait être ouverte.

§ 188. — Baudelocque. — Ses mérites di.mla médecine opératoire obstétricale.

L'attention que Baudelocque a accordée aux accouchements contre nature est de la plus haute importance pour la partie opératoire des accouchements. Chaque accouchement, ou l'enfant ne se présente pas par le sommet de la tête, appartient aux accouchements contre nature, auxquels ne doivent pas se rapporter ceux où l'enfant se présente par les pieds, les genoux où les fesses, en raison du mode favorable de leur terminaison; toutefois, Baudelocque les a rangés dans cette classe, eu égard aux soins, que parfois, ils réclament, et qu'il indique avec la plus grande précision; si bien, qu'en apparence, Baudelocque paraît se contredire, mais les cas où l'accouchement peut être abandonné à la nature sont restreints : quand l'enfant est petit et le bassin irréprochable. Baudelocque redoutait, au plus haut degré, les accouchements par la face. Ses doctrines n'ont pas élargi les vues des accoucheurs sur ce mode de présentation, ce que démontre suffisamment la division des positions qu'il a indiquées, dont la première serait la mento-postérieure directe, la seconde la mento-pubienne, dans la troisième et la quatrième la face serait dans le diamètre transverse mento-gauche ou mentodroit, etc.

L'indication est de ramener l'occiput, et, si cela ne réussit pas, de faire la version. Il faut attribuer à la haute considération dont jouissait Baudelocque la méconnaissance de la vérité, et le retard qu'elle a subie dans sa propagation, bien que PoRTALdéjà l'eut enseignée (voy. plus haut § 66). La multiplicité des positions, commencée par Solayres, arrive chez Baudelocque au plus haut degré : présentation du cou, de la poitrine, de l'abdomen et des hanches, de la partie postérieure de la tête, de la nuque, du dos, des lombes, des parties latérales de la tête (présentation des oreilles) du côte du cou, des épaules, du côté de la poitrine, etc, telles sont les va-

riétés indiquées avec les détails et les symptômes qui les caractérisent, que si on additionne ces variétés de présentations multipliées par leurs diverses positions, on arrive à un total de 94 manières, suivant lesquelles l'enfant pouvait se présenter; il faut dire que ces erreurs sont compensées par l'exposé magistral des soins qu'elles réclament. C'est de main de maître que sont tracées les règles de la version podalique, qui se terminent par les règles relatives à l'extraction. Chaque mode de présentation est passé en revue, et partout, on reconnaît la haute expérience de Taccoucheur. La version et l'extraction sont traitées d'une manière si complète, que d'autres ont eu peu à y ajouter. La confiance en la version était si considérable, en France, que les professeurs de Tart. contrairement aux avis qu'ils avaient exprimés dans leurs livres, y avaient recours, dans la pratique,, pour les présentations de la face, pour les présentations de la tête, quand celle-ci était élevée, plutôt qu'à l'emploi du forceps, même dans les cas d'angustie pelvienne. A la Maternité de Paris, on enseignait de préférence, aux sages-femmes, la version podalique et l'extraction par les pieds. La grande autorité accordée aux écrits de Baudelocque a fait attribuer de nouveau à la version une valeur qu'elle avait eue à peine autrefois, avant l'invention du forceps. Quelle qu'ait été la confiance accordée par Baudelocque aux opérations manuelles. « rien en accouchement ne remplace des mains adroites », il était loin de méconnaître la grande utilité du forceps; il avait au contraire consacré à cet instrument une étude sérieuse, et exposé ses avantages pratiques, au commencement du 2« volume de son ouvrage. Il s'est attaché à fixer des règles sûres pour son emploi, et pour son application, une méthode plus précise qu'elle n'avait été jusque-là. La quatrième partie de son livre, consacrée aux accouchements laborieux, commence par le forceps, qu'il déclare l'instrument le plus utile de l'arsenal obstétrical. Le forceps dont se sert Baudelocque est de deux pouces (6 cent.) plus long que celui de Levret, pour pouvoir l'appliquer sur la tète au détroit supérieur, ce que Solavres avait recommandé avant lui (1769). Les recherches de Baudelocque sur

l'action du forceps sont fort nettes; c'est avec beaucoup de précautions que sont indiquées les limites de son emploi; déjà avec undiamètre de 3pouces(8 cent.), Tapplicationdevient dangereuse. Ses avantages sont de pouvoir, à son aide, terminer l'accouchement en tout temps, en l'absence de contractions, dans des cas où la vie est menacée par des convulsions, une hémorrhagie, des syncopes, une procidence du cordon, etc. Baudelocquk donne, pour chaque cas spécial, des règles particulières, qui ont été adoptées non seulement par ses compatriotes, mais encore par les étrangers. Ces conseils sont basés sur une connaissance exacte du bassin, sur la structure et la situation de la tête, sur une connaissance approfondie du mécanisme de l'accouchement, et ils sont de nature à mériter l'accueil dont ils ont été honorés. Bau- DELOCQUE n'a pas entièrement négligé l'étude du levier, bien qu'il pense qu'il n'est nécessaire que bien rarement ; il a soumis à une longue critique la doctrine de Herbiniaux (p. 54-99). Baudelocque a cherché à restreindre l'emploi des intruments tranchants, il a posé la règle fixe de ne les appliquer que sur un enfant mort, et dans le cas où il serait en vie, de pratiquer l'opération césarienne; cette opération est présentée comme très dangereuse. Sur 10 opérées, une seule a survécu, et cependant il la préfère à la symphyséotomie, son opinion, à cet égard, est très nette et précise. Il préfère la section à la ligne blanche à toutes les autres incisions. Baudelocque n'est pas favorable à l'accouchement prématuré artificiel recommandé par les anglais (voy. I 140) et son opinion si puissante a été décisive, en France, pour ses compatriotes, qui se réglaient d'après lui, si bien que l'obstétricie française a été l'obstétricie de Baudelocque, qui est parvenue frayer sa voie àl'étranger. Les observations contenues dans les lettres anonymes, dontW. Kentisch se serait déclaré l'auteur, aussi bien que les objections de Leroy, n'ont pu ébranler l'influence que Baudelocque a exercée dans presque tous les pays civilisés.

Obs. I. — L'écrit dirigé contre les doctrines de Baudelocque, qui a été attribué à Guil. Louis Piet, porte le titre de : Lettres du

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D'' WiLL. Kentisch, «evez/ de Smellie, au citoyenB aj:t)Elocq\:e sur quelques passages de son traité d'accouchements, Par., an VIII, in-8". Trad. allem. par Fr. H. Martens., Leipz., 1801 (sur le véritable auteur, PieTj voy. : * Naegele, Die Lehr. vont mechanism.d. Geb.. i838, i 11-8", p. i32, note 60). L'écrit de Leroy contre Baudelocque, Par., 1 781, in- 12 (extr.de la Ga^. desante).

Obs. II. — L'appréciation du levier faite par Baudelocque s'adresse particulièrement aux doctrines de Herbiniaux renfermées dans le livre suivant : " Traité sur divers accouchements laborieux., etc., par M. G. Herbixiaux. Chir. ace. et lithotom. A Bruxelles. 1782, in-S". L'auteur, qui avait amélioré le levier de RooxHuvsEN, prétend que, dans tous les cas, il est préférable au forceps. Le t. II contient un Traité des polypes de la matrice.

§ i8g. — Baudelocque, maître des sages-femmes.

Le cercle d'activité, dans lequel Baudelocque se mouvait à Paris, comme professeur, avait pour centre la Maternité, dans laquelle il dirigeaitTinstruction des sages-femmes ; c'est cet établissement grandiose, duquel les élèves en médecine restent exclus, que les élèves sages-femmes devaient, ainsi qu'à la méthode d'enseignement du maître, cette considération dont la France les honorait. Déjà, en 1775, Baudelocque avait publié ses principes sur l'art des accouchements, espèce de cathéchisme, disposé par demandes et réponses, destiné aux sages-femmes.Cet ouvrage, qui se distinguait par son contenu substantiel et une forme claire et précise, a eu plusieurs éditions. En 1787, le gouvernement ht imprimer 6,000 exemplaires, et en 1,806 on dut en faire une nouvelle édition. Baudelocque s'adonnait à cet enseignement avec toute son ardeur, de nombreux élèves ont prouvé l'excellence de sa méthode et de la supériorité de cet enseignement. D'après le règlement, elles passaient toute une année dans l'établissement; le programme du cours ne comprenait pas seulement les choses ordinaires, que la sage-femme doit savoir, mais les choses supérieures de Tobstétricie, la version surtout, qui était enseignée

avec tous les développements, même l'usage du forceps, la vaccine, la saignée, et on leur donnait encore quelques notions de botanique pharmaceutique. Il ne faut pas s'étonner si Baude- LOCQUEleur persuadaitque, comme élèves de la Maternité, elles en savaient plus que des accoucheurs ordinaires (voy. Osiander, ouv. c, p. 60 et 134). Dans le fait, on consacrait à leur éducation plus de temps et d'attention qu'aux élèves en médecine; ceux-ci étaient forcés de chercher leur instruction pratique dans des établissements privés, dans lesquels on ne pouvait admettre que peu de femmes enceintes et en travail, tandis qu'à la Maternité il y avait, du temps de Baudelocque, 2,000 accouchements par an, exclusivement destinés à l'instruction des élèves. On formait annuellement à la Maternité environ i5o sages-femmes, qui des départements, étaient envoyées à Paris pour s'y instruire ; de cette manière, il ne pouvait manquer que les principes de Baudelocque reçussent la publicité la plus grande, et la réputation du maître la considération croissante la plus méritée.

Obs. I. — Pour juger les mérites de Baudelocque, comme professeur des sages-femmes. Voy. : * J. Fr. Osiander, Bemerk. liber die fran^l Geburtsh. nebst einer ausfiihrlichen Beschreib. der Alaternité in Paris (Remarques sur l'obst. fr., avec une descr. détaill.de la matern. de P. Hannov. , i8i3,in-8°.

L'auteur a connu Baudelocque dans toute son activité, et en a donnéune esquisseintéressante, au point de vue de ses principes, de sa méthode d'enseignement, et de sa personne. Voy. les observations de l'auteur de cette histoire dans le * Journal de Siebold, t. XII, p. 19 (note).

Les principaux ouvrages de Baudelocque, sont :

Principes de l'art des accouchements pa)- demandes ei par réponses^ en faveur des sages-femmes de la campagne, par J. L. Baudelocque. Par., 1775, in-S"*. * 2" éd. publiée par ordre du gouvernement. Par., 1787, in-80. 3« éd., 1806. 4^ éd., 1812. S'' éd., précédée de l'éloge de l'auteur, et enrichie de 3o fig. en tailledouce Par.. 1821, in-8°.Trad. enallem. d'après la 1''= éd.par Chr. Fr. Gamerer. * Tub., 1779, in-8°, trad. (pas de demandes dans le texte), d'après la 3<= édit.(i), parle D'' L.G.Morel.* Colmar, 1807,

(i) Nous supposons que c'est la traJ. delà i'" cJit. de l'ouv. qui est en i vol.; le manuel pour les sagcs-fcm. n'a que 25op. environ. (F.-J. H.)

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in-8°. Trad. ital. d'ap. la 2^ édit. par Oronzo Dedonno, 2 v. *Napol., 1788 et 1789. in-S".

* L'art des accouchements^ par M. Baudelocque, 2 totn. Par., 1781, in-8°. 2« éd., 1789. 3® éd., 1796. 4^ éd., 1807. 5^ éd., 181 5. * 6^ éd. rev. corrig. et augm. précédée de l'éloge de Vauteur par Leroux, et d'une notice sur la vie de Vauteur par Ghaussier, Par., 1822^ in-8°. Trad. allem. av. observ. de Ph. Fr. Meckel. 2 V. Leipz., 1782, in-8°. * 2" éd. Leipz., 1791 et 1794. Trad. angl., par J. Heath, 3 vol. Lond., 1790. Trad. holland. par v. A. Stock. Utrecht, 1 790-1 791, in-8*'.

La dissertation de Baudelocque sur la symphyséotomie, parut en 1776, voy. pi. haut | 178, Obs. III.

Un travail digne d'être lu : Recherches sur Vopératiun césarienne, ^f^^"^ Baudelocque, se trouve dans: * Recueil périodique de la Société de médecine de Paris, rédig. par Sédillot, t. V. Par., semestre de Tan VII de la Rép., in-8*'. p. 3.

Les cours pratiques d'accouchements, pour les élèves en médecine à Paris, avaient lieu chez les sages femmes, sous la direction d'un docteur. Quand le traducteur de ce livre arriva à Paris pour la première fois en 1840, cinq ans après la création de la Clinique obstétricale, il fut surpris de trouver encore sur les murs du quartier latin des affiches de ces cours, que la clinique de P. Dubois fit disparaître peu à peu. (F.-J. H.)

§ 190. — L'opération césarienne en France. Thiébaud Etienne Lauverjat.

Chez les accoucheurs français, le motif principal, pour recommander la symphyséotomie, avait été de rendre inutilel'opération césarienne, qu'ils représentaient comme de la plus haute gravité pour la mère. Il convenait aux adversaires de Sigault de prendre en mains cette opération, et de montrer qu'elle ne méritait pas le blâme qu'on lui avait infligé. On soumit l'opération césarienne à de nouvelles études, pour lui assurer ses droits. Ces travaux émanaient particulièrement de l'académie royale de chirurgie, qui, dès le début, s'était déclarée adversaire de l'opération de Sigault (voy. pi. haut). Elle avait inséré, dans ses mémoires, le

travail remarquable de Simon, qui avait dignement apprécié l'opération césarienne. Plus tard, Deleurye, également membre de l'académie, avait consacré à cette opération un travail spécial, dans lequel il recommandait de faire l'incision à la ligne blanche (voy. § 175). En 1788, un autre membre de l'académie, Lauverjat, Thiéb. Et., lit sur cette opération un autre travail, dontle but principal était de combattre la symphyséotomie (voy. (§ 180, obs. /), et de proposer un procédé opératoire nouveau :

L'utérus devait être atteint par une incision transversale des parois abdominales, allant du muscle droit vers la colonne vertébrale, à la hauteur de la troisième fausse côte, l'incision de la matrice sera faite dans le même sens. Le sang devait s'écouler dans un entonnoir légèrement chautîé ; on ne devait pas craindre d'atteindre le lieu d'implantation du placenta, car un écoulement de sang, modéré, ne pouvait être que salutaire. Les avantages promis par Lauverjat, et le succès qu'il a obtenu, n^ont pas réussi à gagner des partisans à ce procédé opératoire, on resta attaché à la méthode plus ancienne, de faire une incision longitudinale aux parois de l'abdomen et à la matrice. Toutefois, Lauverjat contribua beaucoup à maintenir cette opération en honneur, et à projeter de l'ombre sur l'opération de Sigault. Lauverjat était regardé comme un organe de l'académie, qui exerçait une grande influence, et qui, depuis longtemps, s'était prononcée pour l'opération césarienne, bien que le procédé de Lauverjat n'eut pas été approuvé par elle. Nous avons montré plus haut que Baudelocque avait contribué à en perfectionner le manuel opératoire.

Obs. — Le travail de Simon cité plus haut se trouve dans les Mém. deVAc. dechir.., Par., 1743,111-4°, ir* partie; t. I, p. 623, 2" part. t. Il, 3o8, il a pour titre : « Recherches sur V opération césarienne ».

L'écrit de Lauverjat a pour titre: * « Nouvelle méthode de pratiquer l'opération césarienne, et parallèle de cette opération et de lasectionda la sj^mphyse des pubis ». * Par., 1788, in-8°. Trad. en allemd. avec observ. par A. Gr. Eysold. * Leipz., 1 790, in-8°. H. Didr. Duncker avait déjà conseillé l'incision transversale, il

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sectionnait les deux muscles droits et la ligne blanche en travers jusqu'à la ligne de Spigel, dans une longueur de cinq à 8 pouces au plus. Remarquable est la blessure faite à une femme enceinte par un taureau en fureur, blessure qui traversa les tissus dans cette direction transversale ; la femme fut guérie ; cet accident donna peut être lieu au conseil de Duncker. Voy : * Spec. inaug. med. sist. rationem optimam administrandi partum cœsareum. Auct. Herm. Didr. Duncker. Duisb., i77i,in-4°, p. 35 et "ij.

Lauverjat avait soutenu sa thèse en 1774. Elle a pour titre : * « An iitilia in graviditate^ partit et post partum balnea? Par., 111-4**. Lauverjat mourut en 1800.

Voy. son écrit à propos de Top. de Sigault cité plus haut I 181, obs.{c.).

§ 191. — Histoire de l'obstétricie en France. Alph. Leroy. P. Sue.

Lecôté scientifique de l'obstétricie a aussi étécultivéen France, au XVIIP siècle. Deux ouvrages, consacrés à l'histoire de l'art, qui nous ont été conservés, en témoignent. Le premier essai a pour auteur Alphonse Leroy, qui a déjà été nommé, et qui était un praticien occupé. Il a consacré à Phistoire critique de l'obstétricie la première partie d'un ouvrage intitulé : « Pratique des accoî/c/2eme«t5)), la seule qui ait paru. L'auteur n'adonné que des esquisses, dans lesquelles règne une grande partialité, surtout à l'égard des contemporains; cet ouvrage, en outre, n'est pas exempt d'inexactitudes, ce qu'il fautattribueràla négligence d'avoir eu recours aux sources. L'ouvrage renferme, néanmoins, beaucoup de documents précieux sur l'histoire del'art, quinepermettentpas de méconnaître l'esprit et la sagacité de l'auteur. Il est bien à regretter que Leroy se soit trop hâté de faire cette publication, qu'il ne l'ait pas réservée pour le moment, où une expérience plus riche et plus mûrie lui aurait fait voir, sous un autre jour, certains faits qu'il avait observés au début de sa carrière ; il a atteint un âge avancé, il mourut à 74 ans, le 16 janvier 1816, assassiné par un domestique qu'il avait renvoyé. Plus considérable est l'ouvrage

de Pierre Sue, publié en deux volumes, en 1779. Cet ouvrage révèle une connaissance approfondie de toute la littérature obstétricale, et les sources n"'ont pas été négligées ; malheureusement, il y manque de l'ordre, si bien que l'ensemble ne peut être considéré que comme une collection de matériaux réunis au hasard, où fait défaut une main directrice. Sue ne pratiquait pas les accouchements, et il n'a pas pu donner à ses descriptions un esprit pratique. Mais cet ouvrage conservera toujours de la valeur dans la littérature obstétricale. La pénurie d'ouvrages consacrés à l'histoire de l'art doit inspirer de la reconnaissance pour des essais, même incomplets. Des travaux préliminaires, comme ceux de Leroy et de Sue, peuvent conduire plus loin, et frayer une voie moins pénible à leurs successeurs. Il faut louer les accoucheurs français, auxquels l'art doit tant de reconnaissance, d'avoir été encore lesprécurseurs des travaux historiques, d'avoir rassemblé, pour la postérité, un si grand nombre de matériaux capables d'assurer les progrès d'une branche de l'art, dont l'importance est sans cesse grandissante.

Obs.I. — Alph. Louis Vinc. Leroy est né à Rouen, le 28 août 1742; il avait commencé à étudier le droit, mais il fut attiré vers la médecine parles encouragements de Le Cat, et la haute considération dont jouissait ce dernier (voy. * Essai sur Vinstoire naturelle de la grossesse et de V accouchement. Genève et Par., 1787, in-8°. Dans la préface, Leroy donne quelques détails sur ses premières études). Il fut nommé professeur à la Faculté de méd. de Paris. De 1768 à 1714, il déploya beaucoup d'activité comme écrivain. Il doit sa grande renommée à la part qu'il a prise aux erreurs de Sigault. Voy. la liste complète de ses écrits dans \di Biographie médicale {S\.\^^\ém.cn\ Siu Dict. dessc.méd.), i. VI. Par. , 1 824, p. 1 8, in-8''. Son livre d'histoire porte le titre de : * La pratique des accouchements. « Première partie^ contenant Vhistoire critique de la doctrine et de la pratique des principaux accoucheurs qui ont paru depuis Hippocrate jusqu'à nos jours, pour servir d'introduction à V étude et à la pratique des accouchetnents )K Par., 1776, in-S", 212 p. (La seconde partie de cette «Pratique » n'a jamais paru.) Trad. en allem. * av. préf., obs. et suppl. par JoH. NuscHE. Frankf., Leipz. et Memming, 1 779, in-8°.

Obs. II. — Pierre Sue, appelé le jeune, fils du célèbre anatomiste et chirurgien Jean Sue de Paris, né le 28 déc. 1789, s'était

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particulièrement voué à la chirurgie, il fut, en 1767, professeur et démonirateur à 't l'École pratique » et, plus tard, bibliothécaire à l'Ecole de santé ; il consacra tout son zèle à cette fonction, à laquelle il avait été appelé à cause de sa grande érudition. On lui confia aussi la chaire de bibliographie; il fut encore chargé de renseignement de la médecine légale, comme successeur de Leclerc. Son biographe Bégin remarque positivement que : « ses goûts lui avaient depuis longtemps fait préférer le travail de cabinet aux fatigues de la pratique de médecine ». Biogr. méd., t. VII. p. 2S3. Il mourut le 28 mars 181 5, deux mois après Leroy. Son ouvrage historique a pour titre : " « Essais historiques, littéraires et critiques sur Vart des accouchements; ou recherches sur les coutumes, les mœurs et les usages des anciens et des modernes^ dans les accouchements, Vétat des sages-femmes, des accoucheurs et des nourrices che\ les uns et che:^ les autres : ouvrage dans lequel ont été recueillis les faits les plus intéressants et les plus utiles sur cette ynatière, avec un grand nombre de notes curieuses et d'anecdotes singulières -o ; 2 tom. Par., 1779, in-8°. Trad. en allem. * Altenburg. 1786 et 1787, in-S".

I 192. — Uobstétricie en Hollande.

Pierre Camper.

Les accoucheurs hollandais étaient restés fidèles, presqu'en tout, à leur grand maître, depuis le commencement du siècle; ils n'avaient, toutefois, pris part aux progrès de Part, qu'en inventant et en perfectionnant le levier (§ 106). Ce n'est qu'en 1759, que le grand Pierre Camper entreprit de nouvelles recherches dans le domaine de l'obstétricie, à l'occasion de la traduction qu'il fit des œuvres de Mauriceau (voy. obs. § 62). Camper avait étudié les accouchements à Leyde, sous le célèbre médecin Trioen (1744), qui lui fit connaître le forceps de Butter, qui ne pouvait le satisfaire complètement. Il se rendit à Londres en 1748, à l'appel de S.mellie, qui lui apprit à mieux traiter l'enclavement de la tête. En (749; il se rendit à Paris, où il observa la pratique de Levret et. plus tard, à Strasbourg, pour étudier celle de Frikd. En 1752, il fit à Smellie une nouvelle visite, et quelques années plus tard, il publia des mémoires importants comme

suppléments au livre de Mauriceau. 11 considérait le bassin, dans sa forme et ses dimensions, comme la partie dont la connaissance la plus nécessaire, importe le plus à Taccoucheur, et qui pouvait seule fournir les notions les plus utiles pour la pratique de son art; il n'était, toutefois, pas exclusif, il avait égard aux diverses variétés de forme et de grosseur de la tête fœtale. Camper avait fait, à cet égard, de nombreuses mensurations, qu'il a comparées à celles de Smellie, Burton, et de P. de WiND. Ses recherches sur les ligaments pelviens sont excellentes et révèlent un anatomiste précis. Camper ne se borna pas seulement à l'examen du bassin, il prit en considération le tronc tout entier, attendu que l'enfant, en se séparant de sa mère, ne traverse pas seulement la filière du bassin, mais les parties du tronc qui sont en connexion avec lui. Il donna une excellente figure d'une coupe en profil de la colonne vertébrale avec le bassin de la femme, et il apprend qu\ine ligne droite tirée de l'extrémité du coccyx sur le milieu de la conjugata constitue l'axe du bassin : elle forme avec la verticale tombant en ce point un angle ouvert en haut de 75 degrés, d'où l'on peut admettre que la ligne verticale et l'axe se coupent approximativement à angle droit, puisque la différence n'est que de i 5 degrés ; il suffit que l'accoucheur sache que, quand la femme est couchée sur le dos, l'ouverture pelvienne est dirigée en haut, et que, dans la position debout, elle est parallèle à la verticale. Camper a déduit de ces données quelques règles pour l'introduction de la main et des instruments dans la cavité pelvienne, en même temps que des déductions pour la situation de la matrice, pendant l'accouchement et sur la position de l'enfant, et le mode suivant lequel a lieu l'accouchement ; toutes ces propositions sont très importantes pour la pratique, et consituent des travaux préliminaires très utiles à ceux qui ont, après lui, traité le même sujet. Camper est un adversaire de la doctrine de la culbute de l'enfant au 8'' mois, et il démontre, par des faits, que la plupart des enfants ont la tête dirigée en bas, depuis les premiers moments de leur formation' jusqu'à leur naissance. Camper combatl'idée d'OuLD qui pensait

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que le dos de l'enfant était tourné en avant, la tête perpendiculairement à cette direction, vers l'une ou l'autre épaule. Camper admit les idées de Smellie sur la manière dont la tête sort des parties génitales. Dans les cas d'enclavement, Camper recommande l'emploi du levier, toutefois, il ne cache pas ses inconvénients : contusion des parties génitales de la mère, déchirure du périnée, et son insuffisance dans les cas, oti la direction de la tête est transversale. Le forceps est plus avantageux, il peut être employé avec succès dans les présentations de la face, quand celle-ci est dirigée en avant. Le meilleur, aux yeux de Camper, est celui de Smellie, et, quand la tête est très élevée, le forceps courbe de Levret. On a exposéplushaut(§ i78)la partqueCAMPER avait prise à la symphyséotomie, sa manière de voir n'a pas peu contribué à son adoption en général, surtout dans son pays. A part ces erreurs, on doit apprécier, très haut, les efforts de Camper pour les progrès de Tobstétricie. Il a été un stimulant pour ses compatriotes, et la postérité a montré que beaucoup de ses doctrines étaient exactes.

Obs. — Pierre Camper est né à Leyde le 1 1 mai 1722 ; après avoir terminé ses études dans sa ville natale, et obtenu le diplôme de^octeur, le i4 0ct. 1746, il voyagea, et à son retour, au printemps 1750, il se rendit à Franeker, et y fit des leçons. En 1755, il fut appelé à Amsterdam, comme professeur public d'anatomie et de chirurgie, en même temps que de matière médicale. Déjà. en 1761. il renonçait à l'enseignement public, et se retirait à la campagne, près Franeker, pour se livrer à des occupations scientifiques. En 1763. il fut de nouveau appelé à professer, à Groningen, la médecine, la chirurgie, l'anatomie et la botanique ; il conserva ces fonctions pendant dix ans, etrevint de nouveau à Franeker, où ses fils faisaient leurs éludes, appliquant toute son activité à des recherches scientifiques. En 1779 et 1780, il entreprit encore un voyage en Allemagne, en 1787 il se rendit de nouveau en Angleterre, et, la même année, il fixa sa résidence à La Haye, comme membre des états généraux; il y mourut le 7 avril 1789. Ce n'est pas le lieu d'exposer ici les mérites de Camper, dans toute les branches de la médecine et dans les sciences naturelles; les hommes de science les connaissent. Nous ne voulons que mentionner le discours de Jean Mulder de Groeningen * « Oratiode ineritis Pétri Camperi in anatomiam comparatam. Gron., 1808,

in-4°, où l'on trouve une note complète et détaillée de ses travaux, et un coup d'œil sur sa vie. Nous devons aussi à son fils, GiLL. Adr. Camper, une biographie, que J. B. Keup a traduite du hollandais. * Hendal, 1692, in-8°.

Les ouvrages de Camper, qui se rapportent à Tobstétricie, sont les suivants : * Tractât vaii de Siektens der swangeren Vrourven, etc. (le titre de l'ouvrage de Mauriceau en hollandais). Met Figiiuren daertoe noodig (avec figures où elles sont nécessaires), trad. du franc. Tweede Druiv (2"^ éd.), Vej'meerdei-t met eenige Verhandelingen, overtevoornaamste ontdekkingen jvelke ^edert Fr. Mauriceau in de Verlooskiinde gedaan :[i7i (augmentée de quelques dissertations sur les découvertes les plus remarquables dans l'obstétricie faites depuis Fr. M.), En opgeheldert metdrie bygevoegde Plaaten door Petrus Camper (illustrées de trois planches par P. C). Te Amsterd., i759,in-4''. Les dissertations sont à la tête de cette traduction, p. 1-75. Celles-ci ont été traduites en allemand : * Betrachtungen ube?' einige Gegenstaende aiisderGebiirtsk., etc. (consid. sur quelques sujets d'obst.)av. pi. Th. I. Leipz., 1776, in-8°. (la seconde partie est consacrée à l'éducation des enfants).

* Remarques sur les accouchements laborieux par enclavement de la tête et sur Vusage du levier de Roonhuysen dans ce cas, dans: * Mém. de Pacad. roy. de chir.^ t. V. Paris, 1774, in-4°, p. 729.

§ 193. — J.-B. Jacobs à Gand.

Un livre plus volumineux fut publié à Gand en 1785, par J. B, Jacobs, assesseur au collège de médecine de la ville de Gand, chirurgien juré, etc., professeur d'accouchements. L'auteur dit dans sa préface : « l'ouvrage dont j'ai le plus profité, est celui de M. Plenck, dont j'ai adopté les principes, et suivi l'ordre, sans aucune restriction, persuadé que le nom de ce savant est digne d'être placé à côté de ceux des Camper et des Hunter ». Ce livre parut d'abord en flamand, mais, peu après, l'auteur le traduisit lui-même en français. Il est destiné à l'instruction des sagesfemmes, quoiqu'en beaucoup de passages, l'auteur s'adresse aussi aux accoucheurs, mais cet ouvrage ne peut leur suffire, car les opérations instrumentales sont très écourtécs (trois pages seule-

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ment sont consacrées au forceps), et leur description est très défectueuse (i). L'auteur appelle l'opération césarienne «la plus horrible et la plus effrayante opération d . Il en pose toutefois six indications, parmi lesquelles l'endurcissement squirrheux des voies génitales qui empêche le passage de Tenfant. L'auteur a aussi admis la symphyséotomie, sans se prononcer sur sa valeur, il dit « qu'il importe peu au public de savoir si Je l'approuve ou si je la condamne ». Malgré tout cela, l'ouvrage a trouvé un traducteur allemand, qui ne craint pas de mettre Tauteur en parallèle avec Smellie, Puisse, après ce peu de mots, Touvrage rentrer dans l'oubli, d'où je l'ai arraché pour un instant, et que les mânes de Camper ne s'offensent pas si je l'ai placé si près de lui.

Obs. — * Ecole pratique des accouchements far le professeur J. A. Jacobs. * Gand, 1/85, in-q*. av. 21 pi. bien faites. Trad. par JoH. Dav. Busch., Marb., 1787, in-S^.

194. — Dissertations hollandaises importantes sur l'histoire de l'obstétricie.

En 1783, parurent, sous la haute autorité du Rector magnificus de l'université de Leyde, Ed. Sandifort, à Leyde, deux travaux historiques qui démontrent l'ardeur et la prédilection des hollandais pour Pobstétricie, et qui sont en même temps un témoi-

(i) L'ouvrage de Jacobs devait avoir un deuxième volume, car, dans l'article 2 du chapitre W, <i consacré aux instruments dont on se sert aujourd'hui dans les accouchements », il est dit, en parlant du forceps, p. 38o: «j'en parlerai plus amplement dans le volume suivant, qui regarde uniquement les accouchements qui doivent se terminer avec les innstruments ». C'est donc un ouvrage non achevé que SiEBOLD a apprécié, et cela explique la sévérité de son jugement. Les figures sont très bien faites; il en est empruntées à Hunter et à Smellie, et d'autres renferment des choses que le texte n'explique pas. On voit aux fig. 4 et 3 de la pi. XX, un lacs passé dans les fenêtres du forceps ayant une direction perpendiculaire aux branches, qui permettraient de donner aux tractions une direction meilleure qu'avec les branches seules, premier essai d'une traction dans l'axe du bassin. (F.-J. H.)

gnage de leur sérieuse érudition, bien supérieure à celle de tous lespeuples voisins. Deux candidats en médecine, Nic.vander Eem et Léonard van Leeuwen, se sont partagé l'histoire de l'obstétricie, dans leurs dissertattons inaugurales. Le premier exposa le sort et les progrès de Tart dans les temps modernes, comparés avec ceux de l'antiquité, dans l'accouchement normal, l'autre appliqua la même étude historique et critique aux accouchements contre nature. Ces écrits basés sur des recherches exactes, puisées aux sources mêmes, et où le côté pratique est également étudié, méritent justement d'être appelés classiques, ils laissent voir l'esprit élevé de l'homme dont le nom brille sur la première page. Ils sont la continuation, runderautre,et traitent ensemble, d'une manière complète, plusieurs sujets, ce qui est un grand avantage, tels que le bassin, l'utérus, la grossesse, l'accouchement, etc. Partout on trouve une bibliographie complète, si bien qu'on peut les citer comme des modèles de travaux analogues, et dont la valeur durable est parfaitement assurée. La véritable érudition, qui se montre dans ces écrits, s'est conservée chez les hollandais. Les études classiques, cultivées chez eux avec tant de succès, montrent leur bienfaisante influence dans le domaine des connaissances les plus diverses, et les travaux d'obstétricie des hollandais prouvent, qu'à côté de la direction pratique, celle de l'érudition a conservé ses droits.

Obs. — * Dissert, medica inaugural, de ariis obstetriciœ hodiernorum prœ veterum prœstantia, ratione partus natiiralis., giiam ex'auctoritate rect. magnif. Eduardi Sandifort pro gradu aoctoratus, etc.publico examini submittis Nicolaus van der Eem, Haga-Batavus, Lugd. Bat., 1783, in-4°.

*"Dissert. med. inaiigur. de art. obstetr. hod. prœ veteriim prœstantia., ratione partus difficilis et prœternaturalis, quam ex auct., etc. E. Sandifort j7Z^^/. ex subm. Léonardus van Leeuwen. Gouda-Batavus, L. B., 1783, in-4°. Ces deux dissertations ont été réimprimées dans* Sylloge oper. minor.prœstantior.adart. obstetr, spect. quam curavit., etc. J. Chr. Traug. Schlegel, vol. I. Lips., i795,in-8°.

§ 195. — État de Vobstétricie en Danemark. Balth. Jos. de Biichn>ald-Jan. Bing.

L'obstétricie se trouva, en Danemark, au commencement du XVI IP siècle, au même niveau qu'en Allemagne, à la même époque, concentrée entre les mains des sages-femmes ; elle ne s'élevait pas au-dessus du niveau ordinaire, ce n'est que dans les cas extraordinaires, que le secours des chirurgiens était invoqué ; ils faisaient emploi d'instruments meurtriers, qui ne pouvaient inspirer aux parturientes une grande confiance en un art si grossier. Les médecins n'avaient que rarement l'occasion d'observer des accouchements, et les hommes désireux de s'instruire étaient réduits à chercher à l'étranger la connaissance des progrès qui, chez eux, ne s'étaient pas accomplis, et étaient même entravés. Le premier effort qui fut fait, en Danemark, auXVIII" siècle, pour améliorer cet état, a été accompli par Balth. Joh. de BucHWALD, il avait pour but l'instruction des sages-femmes. Il entreprit, en 1720, un voyage en Hollande pour s'instruire sous RuYscH, RooNHUYSEN et Deventer. En 1739, il fut professeur à Copenhague, fit un cours pour les sages-femmes avec un tel succès, qu'on vit luire dans ce pays une clarté meilleure. Il publia en 1725, pour les sages-femmes, une courte instruction qui était un extrait du livre de Deventer et de Van Hoorn. Plus tard, il fit faire par J. J. Holm la traduction du livre de Mesnard (voy. I II 3), 1749. Peu à peu s'éveilla, chez les médecins danois, une prédilection pour l'obstétricie, et peu à peu aussi, on trouve dans les annales les noms de médecins danois qui pratiquaient l'obstétricie dans leur pays, à leur retour de l'étranger, où ils avaient fait leurs études. Ils visitaient particulièrement Strasbourg, Paris et Goetiingue. Parmi eux, Janus Bing, qui fut plus tard assesseur de la commission des sages-femmes à Copenhague ; il faisait usage du forceps (1750), instrument nouveau alors, et

auquel il apporta quelques modifications. L'instruction était donnée aux étudiants de Copenhague par Buchwald déjà nommé, il s'acquittait de cette tâche avec une grande ardeur, mais à défaut d'une maternité, il était réduit à leur donner un enseignement du haut de sa chaire. Cependant, grâces à ses excellents élèves, cette lacune fut comblée^ et à dater de ce moment, le Danemark compta parmi les nations animées d'un zèle ardent pour les progrès de l'obstétricie.

Obs. 1. — Balth. Joh.v, Buchwald, dont le père, Joh. avait été également professeur à Copenhague, y est né le 22 janv. 1697, il acheva ses études médicales dans cette ville en 1720, puis fit des voyages. A son retour, en 1722, il s'établit comme médecin dans l'îleLaaland etFalster ; à la mortde sonpère,il futappelé à Copenhague pour lui succéder dans sa chaire ; il était encore en vie en [ 760, du moins à cette époque, on trouve encore son nom comme président, dans la dissertation de Chr. C. Kramer(* Insectolog. danic. spechnen, 29déc.i76o,in-4").Sur la vie de Buchwald, voy. ; * Fr. Bœrner Fo« den vornchmsten Lebens umstaenden iind Schrif ten jet\ leb. berilhmt. Aert^e ii Natiirf. etc. (sur la vie et les écrits des med. et naturalistes vivants), 3 v.Wolfenb, 1753, in-8°. 5 17,

Parmi les dissertations, auxquelles il prit part comme président, nous devons citer : Dissert, exhîbcns historiam gemelli coaliti et compositi. Hav., 1748, in-4° (voy. aussi * Prodromiis prœvertens contin. act. med. Havniens. Havn., 1753, in-40, p. 18 où se trouve l'extrait de cette thèse). De causis partiis difficilis notabilioribus^ adjecta iiteri constrictione tribus observationibus illustrât. Resp. Jan Bing. Havn. 1746, in-4°. — De perfectissimis enixus signis. Resp. C. J. Berger. Havn., 1759, in-4°, (voy. paragr. suivant).

La dissertation : * Thés, decas de musculo Ruyschii in uteri fundo. Havn., 1740, in-4°, est du frère de BiiChwald, Friederich, qui s'est aussi formé en France et en Hollande, et qui plus tard, pratiqua les accouchements à Aalburg.

Obs. 11. — Sur Janus Bing, voy. : * J. G. J. Janckii. Commentatio de forcipe acforjiceferramentis a Bi^gio chirur go H qfn. inventis eorumqueusu in partu difficili. Lips., 1750, in-4''(av. fig.).

C'est le premier forceps qui se démonte, voy. Mulder, p. 48, pi. 1 1 1, fig. 1-4. (F.-J. H.)

Ph. Ad. Boehmer a fait une critique de ce forceps dans son écrit : * De sarcomate uteri, etc. subjuncta disquisitione qua prcestantia forcipis Chamberl. etc., conjirmatur et quid de for-

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cipe Bingiana setitiendiim sit indication, in * Act. physic. med.^ vol. IX. Norimb., 1752, 10-4". Append., p. 59.

Sur l'obstétricie en Danemark, au commencement du XVIII^ siècle, voy. : * Matth. Saxtorph Gesammelte Schriffen (Œuv. compl.) heraiisgegeben von P. Scheel (publ. par P. S.), Kopenh., i883,in-8°, p. 369.

§ 196. — Établissement d'une maternité à Copenliague. Cliristian Johann. Berger.

Chr. J. Berger, élève de Buchwald, professeur à Copenhague (plus tard à Kiel 1774), exerça une influence considérable sur les progrès de l'obstétricie en Danemark. Après s'être perfectionné à l'étranger, surtout à Strasbourg, et publié sa dissertation inaugurale « De perfectiss. enixus signis » (1759) sous la présidence de Buchwald, il fut nommé professeur d'accouchements ; il vit avec bonheur la réalisation de son vœu le plus cher : l'établissement d'une maternité, créée, par la sollicitude du roi Frédéric V. Cet édifice, parfaitement aménagé, dans le grand hôpital Frédéric, fut attribué à la faculté de médecine, comme une école pratique d'accouchements, dans laquelle les sagesfemmes, les médecins et les chirurgiens pouvaient avoir libre accès pour s'y instruire. C'est dans cet établissement, qu'enseignait Berger, que la nature avait destiné à être accoucheur, suivant l'expression de Saxtorph son digne élève; une foule d'accoucheurs distingués ont été formés à cette école. Déjà, dans sa thèseinauguralc, Berger, s'était efforcé de montrer quelles étaient les ressources puissantes de la nature dans l'accouchement. Il connaissait très bien la direction oblique de la tête, à l'entrée du bassin ; il cherchait à découvrir les lois de la nature, devant lui servir de guide dans des interventions opératoires. Il avait pris à tâche de restreindre l'emploi des instruments meurtriers, et des crochets, dans la pratique de Fart. Il a enseigné l'emploi du forceps, et, comme son élève Saxtorph, il savait trouver le moment

précis où cet instrument devait être appliqué ; il a ainsi sauvé la vie à un très grand nombre d'enfants. Suivant cet élève, son exposé était clair, et sa pratique heureuse ; il aimait la vérité, avait une grande expérience, et enseignait à ses élèves ce qui était essentiellement vrai et utile dans l'art des accouchements. La ville et le pays lui doivent un grand nombre d'excellents accoucheurs, et les danois n'avaient plus aucun motif d'aller chercher à l'étranger ce que, chez eux, ils avaient tant d'occasion et de facilité à apprendre. Ce nouvel établissement et ce maître excellent ne servaient pas seulement à former de bons accoucheurs, et d'excellentes sages-femmes, ils étaient aussi utiles aux progrès de l'art, car ils fournissaient Poccasion de scruter les lois immuables de la nature, sans la connaissance desquelles, aucun progrès réel n'est possible. Si l'obstétricie est arrivée, rapidement en Danemark, à un grand degré de perfectionnement, que d'autres peuples n'ont pu atteindre que longtemps après, il faut l'attribuer à la création d'un établissement destiné à l'instruction, et à une méthode d'enseignement rationnelle, qui sont de première nécessité.

Obs. — Sur la dissertation inaugurale de Berger, qui renferme tant de choses utiles, et qui chercha à propager ses idées justes, sur la manière dont la tête se présente à l'entrée du bassin, et sur le mode suivant lequel elle traverse ce canal, voy. * H. Fr. Naegele, Die Lehre vom Mechanismus der Geb. etc^^ Mayence, i838, in-8°, p. 90. On y trouve aussi le titre de cette publication (devenue si rare) avec un passage important; le titre est celui-ci: Tentamen med. semeioticœ partus legitbni, enjus sectionemprimam: perfectissimi enixus signa^ prxs. Balth. "JoH. deBuchwald, pro summ. in art. salutar. honoribus erud. exam. subm. Ghr. J. Berger, in reg. pulchrar. art. academ. anatom. prof. coll. obstetr. soc. et metropolis summa auctoritate constitutus obstetricans. Hafn., i/Sg, in-40. Voy. p. 92 quelle est la part de ce travail qui revient au président.

Lorsque Berger prit possession de sa chaire, il écrivit comme discours d'ouverture : De placenta lUerina niortis et morborum caiisis, et donna ensuite un livre écrit en danois « Sur l'accouchement humain et l'art des accouchements », qui élève à son digne maître le monument le plus digne de lui, voy. Saxtorph ouv. c, p. 397.

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