‹ Essai d'une histoire de l'obstétricie (volume 2)Chapitre 22 sur 32 · Mathias Saxlorph · texte numérisé non relu

Mathias Saxlorph

La voie ouverte, par Berger, d'une manière si distinguée, fut poursuivie et menée plus loin par son digne disciple M. Saxtorph, qui, dans sa patrie, éleva l'obstétricie à une grande hauteur, d'où elle rayonnait non seulement sur les pays voisins, mais d'où elle envoyait au loin ses brillants rayons. Né en 1740, dans le village de Meirup près Holstebro dans le Jûttland, Saxtorph, très bien préparé par des études philosophiques, se voua à l'étude des sciences médicales, sous Buchwald, Lodberg, Friis et Kratzenstein, sans abandonner les sciences mathématiques qu'il aimait beaucoup. Nommé prosecieur, il fit, dès l'année i/Sg, à ses amis des leçons d'anatomie qui eurent une grande influence sur la carrière du futur professeur. Pour Pobstétricie, il profita des leçons publiques et privées de Berger, il fréquenta, en 1762, la maternité nouvellement organisée, et y trouva de nombreuses occasions d'observer les accouchements normaux; aussi Berger s'empressa-t-il départager avec son cher élève sa pratique privée, et de lui permettre d'agir lui-même. Saxtorph a continué, pendant 9 ans, ses études à Copenhague; il avait publié quelques petits écrits, un entre autres, en 1762, sur les accouchements, lorsqu'il passa ses examens théoriques et pratiques, pour obtenir le doctorat. En 1765, Saxtorph fut nommé médecin adjoint à l'hôpital Frédéric ; il venait de prouver son talent d'observation, en publiant un écrit, dans lequel il démontrait que, dans l'accouchement normal, la tête de l'enfant s'engageait dans le diamètre oblique du bassin. En 1767, il entreprit son voyage à l'étranger, pour répondre aux vues de son souverain qui le destinait aux accouchements; il passa deux années à Vienne, où enseignaient alors Plknk et Lebmacher ; il profita aussi des leçons de Fried fils à Strasbourg, puis se rendit à Paris, où il suivit les leçons de Levret sur les accouchements, ensuite il revint dans sa patrie

en 1770, en passant par la Hollande. Il écrivit alors sa dissertation inaugurale devenue si importante : « De diverso partit ob diversam capitis ad pelvim relationem mutuam^^^ qu'il défendit seul, sous la présidence de Berger. En 1771,11 fut nommé accoucheur de la ville, ce qui lui imposait l'obligation de faire un cours aux sages-femmes, et de présider à la salle des femmes enceintes, dans la maternité nouvellement établie. Il fut nommé membre de la commission des sages-femmes, à Copenhague. En 1773, il fut nommé professeur de médecine à l'université, l'année suivante, membre du collège des médecins. A dater de ce moment, Saxtorph consacra toute son activité à l'obstétricie; les nombreux travaux qui s'y rapportent, et qui ont été publiés par lui, témoignent de son ardeur pour le travail. Les résultats de son enseignement distingué et fructueux prouvent avec quel succès cet enseignement avait été donné à ses contemporains. Déjà en 1781, il fut adjoint à la direction de l'hôpital, en 1785, il fut nommé accoucheur et professeur de l'hôpital Frédéric, qui avait été séparé du grand hôpital, et ouvert le 3i mars 1787. De loin et de près affluaient de nombreux élèves attirés par la renommée du professeur, et l'établissement, devenu si brillant sous sa direction. La mort mit fin à son infatigable activité le 29 juin 1800, il avait été frappé d'un coup d'apoplexie.

Obs. — Voy. : Notice biographique sur Mathias Saxtorph, par Paul Scheel dans son livre : * M. 'SKy.io^vn s gesammelte Schriften geburtsh.prakt. und physiol. Inhalts (Œuv. compl. de M. S. comprenant les trav. obst., prat. et physiol.). Gopenh., in-8", p. 33o.

§ 198. — Principes d'obstétrique de Math. Saxtorph.

Saxtorph est entré, par son premier travail, dans la voie qui seule peut conduite au véritable progrès. Il commença par observer fidèlement la nature, recherchant les lois qu'elle suit dans

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l'accomplissement de sa grande œuvre ; de cette façon, il posa les fondements solides de la science future, et prépara à ses travaux le succès le plus brillant. ]~)e très bonne heure (1764), il avait publié, sur l'accouchement complet, ses recherches qu'il avait entreprises dans la maternité de Copenhague. Déjà alors, il exposa des idées justes sur le passage de la tête à travers la filière du bassin, montra comment elle se présentait avec son long diamètre dans le diamètre oblique du détroit supérieur, comment l'occiput pénétrant toujours plus profondément dans la cavité pelvienne, se dirigeait en avant, pendant que la partie antérieure de la tête plongeait, de plus en plus, dans la concavité du sacrum, si bien, que la grande fontanelle ne peut plus être touchée, le menton appuyant sur la poitrine, la tête et le tronc ne formant plus ensemble qu'un coin, sur lequel peut agir fermement et sûrement la force expulsive de la matrice. Comme conséquence de ces faits, il posa la règle générale suivante : Pour qu'un accouchement soit parfait, il faut des rapports déterminés entre la tête fœtale et le bassin de la mère. Cette proposition fut développée par lui dans sa thèse inaugurale, 1771, et a servi de base à son excellent enseignement. Parmi les conséquences tirées de cette loi, il faut citer, en première ligne, la description du bassin vicieux. Ce n'est pas seulement l'étroitesse du pelvis, mais sa trop grande amplitude, qui doivent être rangées parmi les viciations de ce canal; le manque de résistance, qui existe dans le bassin trop large, est la cause principale des accidents qui résultent d'un accouchement trop rapide. Les variétés d'étroitesse du bassin sont exposées avec grands détails puisés aux sources d'une riche observation, si bien que, pour cette partie, Saxtorph peut être cité comme un modèle pour les travaux futurs. Au point de vue de savoir si, pendant l'accouchement, les os du bassin s'écartent, question restée pendante depuis des siècles, Saxtorph déclare que ce phénomène ne peut se produire que pendant un travail dillicile. A côté du bassin, Saxtorph examine la conformation de la tête fœ'tale, qui, au point de vue de sa grosseur, de sa structure et de sa position, peut présenter des défectuosités.

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4q8 HUITIÈME ÉPOQUE

Quant à la position, Saxtorph admet des variétés nombreuses, qui, selon la science d'aujourd'hui, ne peuvent plus être regardées comme pathologiques : telles les positions occipito-postérieures et les présentations de la face. Celles-ci sont regardées comme pathologiques par Saxtorph, puisque ce sont des exceptions rares où, le plus souvent, l'intervention de l'art est indiquée.

L'observation devait nécessairement aussi apprendre à Saxtorph que l'accouchement se termine, parfois, autrement qu'on ne s'y attend, et que la théorie ne l'avait fait présumer. Les variétés de position et de structure de la matrice, la compressibilité de la tête fœtale, les variétés de positions, et de présentations du fœtus, l'action des forces expulsives, celle des résistances si variables sont des facteurs importants qui, dit-il, doivent entrer en ligne décompte ; à ces restrictions on reconnaît le praticien expérimenté qui ne s'est pas laissé dominer par des idées préconçues. Ces principes ont dû conduire Saxtorph aux réflexions suivantes : bien que la connaissance des rapports entre la tête fœtale et le bassin soit d'une grande importance en obstétricie, elle ne suffit pas pour porter un jugement sur un accouchement, il faut encore prendre en considération les rapports, l'action et la concordance des autres parties qui ont leur part dans la parturition, notamment l'état des contractions utérines, qui sont à considérer, aussi bien que les rapports de la tête et du bassin, quand dans une présentation crânienne, on veut porter un pronostic sur un accouchement. Ces vues si justes sur cette fonction ont dû mettre Saxtorph sur la voie exacte du traitement. On ne devra faire ni frictions ni de pressions sur le bas-ventre, ni se presser de rompre la poche, avant qu'elle ait fait saillie à la vulve, on ne devra dilater artiticiellement ni l'orifice utérin, ni le canal vaginal. La situation dans un lit ordinaire est bien préférable à celle dans un fauteuilobstétrical ; le périnée sera convenablement soutenu avecla main, mais pas repoussé en arrière. On ne devra pas se hâter de faire la délivrance. Pendant la puerpéralité, on devra soigneusement éviter les excitants. Ici, comme pendant le

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travail, il faut agir avec la plus grande simplicité. Les avantages qu'on rencontre dans les maternités, sont de pouvoir observer avec une tranquillité qui conduit dans le vrai chemin ; après une observation suffisamment prolongée, on peut arriver à connaître l'accouchement normal. Les mérites de Saxtohph, dans le domaine de l'obstétricie opératoire, ne sont pas moindres; leur beau côté a été d'avoir posé des indications positives, d'avoir bien distingué celles delà version, de celles de l'emploi du forceps, et d\ivoir donné les règles pratiques de ces opérations. Saxtorph rejette le redressement de la tète dans les obliquités utérines, dans ces cas, il préfère la version à ces tentatives inutiles. En cas d'obliquité modérée, l'accouchement peut être abandonné à la nature, pour peu que les contractions aient conservé d'énergie. Dans tous les cas, où la tête est engagée dans le bassin, la version ne devra plus être entreprise ; une déchirure de l'utérus peut être la suite de cette opération imprudente. Les règles pour pratiquer la version, et celles qui président à l'extraction, ne laissent rien à désirer, elles révèlent un grand maître de l'art. Saxtorph s'était donné la tâche de poser des règles qui, dans tous les cas, devaient être prises en considération. L'extraction du fœtus, après la version, ne devra pas être pratiquée trop vite, ce n'est que l'extraction de la tête qui devra être faite sans retard, à cause du danger que court l'enfant par suite delà compression du cordon. Lors de l'extraction, on devra agir de façon que la surface antérieure du fœtus soit dirigée en arrière, ou vers un des côtés, afin que la tête s'engage par son long diamètre dans le diamètre oblique du bassin. En cas de grossesse gémellaire, on devra faire la version du second enfant immédiatement, des contractions irrégulières de la matrice, ou son obliquité pourraient empêcher son engagement régulier, et causer un accouchement contre nature, qu'une version préventive empêcherait. Quant au forceps, Saxtorph ne donne pas une préférence absolue au forceps courbe de Li;vri;t, sur le forceps droit de Smellie, il emploie tantôt l'un , tantôt l'autre. En général, on applique le forceps quand la tête est enclavée dans le bassin, ou quand

la position de la tête est mauvaise, en cas d'hémorrhagie, de convulsions, d'inflammation, d'insuffisance de contractions, et quand la terminaison du travail est indiquée. Dans toutes présentations du crâne, on devra tenter l'application du forceps, avant d'employer des instruments tranchants. L'emploi du forceps est contre-indiqué, aussi longtemps que persistent les contractions, même faibles, et s'il n'y a pas de danger qui l'impose. D'après Saxtorph, le levier ne convient que dans un petit nombre de cas. Les perforateurs et crochets ne doivent être appliqués que si l'enfant est mort. S'il n'y a pas d'autre moyen d'extraction, on devra recourir à l'opération césarienne. En cas de placenta pragvia, Saxtorph conseille de hâter l'accouchement, car la durée du travail augmente le danger. A propos du placenta prœvia, Saxtorph sedemande s'il y a des accouchements épidémiques, comme des maladies. Pendant un grand nombre d'années il ne Ta vu que deux fois, sur 3, 600 accouchements, une seule fois à la Maternité, puis il l'a vu huit fois dans six mois (1774). Parmi les moyens les plus sûrs d'arrêter les hémorrhagies utérines intenses, Saxtorph cite les injections d'eau froide. Sa communication sur les nœuds et circulaires du cordon, chez les enfants vivants, est fort intéressante (1774).

Le forceps de Saxtorph ne diffère pas essentiellement de celui de Fried, mais il l'a disposé de façon à être plié en deux pour pouvoir le mettre plus facilement en poche (voy. Act. reg. soc. med. Havn., vol. II, 1791, p. 33g et Mulder, pi. VI, fig. 3 et 4).

Il a aussi ajouté à son armamentarium obstétrical une pince à crochets, dont les pointes peuvent être attirées et cachées pour l'introduction et l'extraction de l'instrument, sans blesser la femme. Saxtorph a contribué, avec huit autres médecins, à la fondation de la Société royale de médecine de Copenhague (1774). Il a enrichi les mémoires de cette Société de 18 travaux consacrés, pour la plupart, àl'obstétricie et aux maladies des femmes. C'est ainsi que Saxtorph paya son tribut à la science. Il n'a pas travaillé seulement pour son époque, mais il a laissé à la posté-

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rite de précieux monuments destinés à conserver fidèlement son nom, qui ne disparaîtra Jamais de la littérature obstétricale.

Obs. I. — Les écrits de Saxtorph sont les suivants : Dispiitatio de doloribus partitrienthim, signumfelicis partiis prœbentibus. Havn., 1762, in-4''.

* Erfahriingen die voltstaendige Geburt betreffend : so auf dem konigl. Jreyen Geburtshause in Kopenhagen angestellt sind. Ziigleich mit der theoret. Lehre derselben. A. d. Dan. ubers.^ 1766, in-8'' (Obs. faites à la mat. de Cop., etc. trad. du dan.). Kopenh., 1766, in-S" (l'original parut en 1764).

* Theoria de diverso partit ob divcrsam capitis ad pelvis relationem mutiiam experientia fundata etjig. aen. illustr. Havn. et Lips., 1772, in-80 (Réimpression de la Dissert, inaugur. sous la présid. de Berger, parue d'abord en 1771; se trouve dans les œuvr. compl.).

Plan til Forelaesinger over Jordemodervidenskaben. Kopenh., 1772, in-S" (« Plan des leçons pour l'art de la sage-femme », publie' par Saxtorph comme maître des sages-femmes) .

* Umriss der Geburtsh. fiir Wehemiitter. Mit Genehmigung iind vielen Vermehnoigen des Verf. a. d.Dcin. iibersct^t von Karl Franz. Schroder (Esquisse de l'art des ace. p. les sages-f., trad. du dan. par K. .F. S. avec l'autor. de Faut, et beauc, d'addit.). Kopenh. u Leipz, 1783, in-S" (L'original parut en 1776). John Svendsen, Provincial medicus en Islande à traduit ce livre en langue islandaise, 1789.

* Umriss der Entbindungs-Wissenschaftfilr Wehmiitter . Nach der neiiest. Original- Ausgabe diirchaiis iimgcarbeitet von Joh. Cl. Tode. Kopenh. et Leipz., 1782 (Esquisse de la science obstétricale pour les sages-femmes, etc., traduite d'après l'édit. de Pouvr.précéd.que Schroeder venait de traduire; il parut en 1790, et une nouvelle traduction par Kerstens parut la même année. Leipz.). * Nouv. éd. à Copenh. et Leipz., iSoi (après revision nouvelle par le fils de l'auteur, publ. par Tode). Un extrait de cet ouvrage fut fait par Saxtorph, pour en faciliter l'étude aux sages-femmes en 1790 : Kort inhold af det nyeste Utdoq of Fœdsels- Videnskabcn.

Voy. encore les mémoires de Saxtorph dans : * Soc. med. Havniens. Collectan., vol. I et IL Hafn., 1774 et 1775, in-8°. — * Act. Soc. med. Havn. I et II, 17776! 1779, in-8°et * Nov. act. reg. soc. med. Havn., vol. I, II, III, 1783, 1791 et i792,in-o°.

Enfin , * M. Saxtorph gesammelte Schrijten geburtsh. praktisch. und. pliysiologisch. Inhalts. Hcrausgegcb, von Pa-^l Scheel, m. Kupf (Œuvres compl. etc. publ. par P. S. av. gr., i8o3, in-8^).

Jugement des doctrines de S. voy : * J. Ph. Rogert, desimplis-

sima methodo tractandi puerperas in domo obstctricia reg. Havniensi, anno ijtS observata. Dans les Collcct. soc. med. Hûvn., vol. I, Havn., 1774, in-8°, p. 358.

Obs. II. — Pour apprécier le vif intérêt, et Theureux succès, excités, en Danemark, pour l'étude de Taccouchement naturel, par Berger (BucH^YALD), et poursuivis par Saxtorph, voyez la thèse de Janus Bang, soutenue en 1774 sous la présidence de Saxtorph: De mechanismo partiis perjecti. L'auteur, plus tard médecin à Pacadémie des chevaliers à Soroe, resta fidèle, en général, aux doctrines de ses maitres Berger et Saxtorph, mais il décritl'entrée des épaules dans le bassin, dans le diamètre oblique, et donne plus de précision que ses devanciers à la situation de la tête. Il est remarquable qu'à la même année 1 771, en deux endroits différents, Copenhague, et Paris, parurent, sur le même sujet, deux écrits importants qui ont eu, sur ces doctrines, une influence si grande et si durable (voy. plus haut | i85).

Obs. III. — Après la mort de Saxtorph, ce fut son fils, Joh. Sylvestre S., qui fut nommé comme son remplaçant ; il est né le 27 oct. 1772. Il s^était fait connaître par sa thèse soutenue sous la présidence de son père : * Examen aj'mamentarii Liicinœ dissertatione inaugiirali suh praesid. M. Saxtorph instituit Joh Sylvester Saxtorph, art. obstetr.lector. Havn., i795,in-8°. — S. Saxtorph mourut le 22 avril 1840. Voy : * Callisen, medicinisch. Schriftsteller. Lcxicon \N\\.

^ 191). — Obstétricie en Italie.

L'Italie n'a pris part, que tardivement, aux progrès que Tobstétricie avait réalisés dans les autres pays; ce furent particulièrement les doctrines de Levret, qu'un accoucheur de Florence, du nom de GiuseppeVespa, introduisit dans sa patrie. Avant lui, un médecin de Venise, Sebastiano Melli, avait publié, sur les accouchements (1721), un ouvrage qui n'est qu'une longue compilation riche en érudition, et qui eut 4 éditions. Cet ouvrage fait sans expérience personnelle, et sans ordre, est une collection des opinions des anciens, on n'a naturellement négligé ni Hippocrate ni Avicenne, si bien que ce livre ne pouvait avoir au-

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cune utilité pour le temps auquel il a paru. La représentation des positions fantaisistes des enfants, données par les anciens auteurs, sont mentionnées; il en est de même des positions les plus pénibles de Scipion Mercurio (voy. § 58). Les nombreuses stances de VAriostey qu'on trouve citées, n'empêchent pas cet ouvrage d'être entièrement manqué; l'auteur ne rougit pas de recommander la version céphalique dans les présentations des pieds. Ce n'est qu'au milieu du XVII I^ siècle, que commencèrent à luire, en Italie, pour l'obstétricie, des jours meilleurs, après que le grand-duc de Toscane, Pierre Léopold, eut CBéé à Florence une chaire d'accouchements, qu'il confia au chirurgien Giuseppe Vespa. après Tavoir envoyé à Paris pour y apprendre les accouchements. A son retour, il entra en fonctions, fit des leçons pour les étudiants et les sages-femmes, dans la « scuola del régi ospedale di S. Maria nuovadi Firenze », d'après un plan (i 761), qui révèle un homme solidement instruit, et au courant des progrès de son temps. C'est à lui que l'Italie doit la connaissance du forceps de Levret. Un autre médecin de Florence, Pieiro Paulo Tanaron, professeur de chirurgie, publia un livre complet d'accouchements, systématiquement ordonné, très au courant des progrès modernes, où Ton trouve bien appréciés la version podalique, le forceps de Levret « forcipe curvo », celui de Smellie « f. curto ^), où sont rejetées les opérations avec les crochets et perforateurs quand l'enfant est encore en vie, et où l'opération césarienne est chaudement recommandée. Le chapitre consacré à l'exploration (ch.VII, '< del Toccamento «) révéla un accoucheur exercé, et tout l'ouvrage est fort utile et bien écrit. La plupart des figures sont empruntées à Mesnard (voy. plus haut § 1 1 3). En 1778, on créa à Naples une chaire d'accouchements, qui fut confiée à DoMENico Ferkaro, qui s'était aussi formé à Paris. Il avait paru, en 1745, à Palerme, un livre destiné aux accoucheurs, écrit par un clerc Fu. Km. Cangiamila, qui avait principalement pour but d'assurer aux enfants le salut de leur âme, par le baptême. On y trouve des recherches surravortement et ro}K'ration césarienne, chez les femmes mortes en état de grossesse; à défaut de

chirurgien, cette opération devra être pratiquée par les prêtres, et on leur donne à cet effet les instructions nécessaires. L'auteur s'était familiarisé avec les écrits des médecins, et avait cherché à résoudre quelques polémiques, en se plaçant au point de vue philosophico-théologique. La grande publicitéquifutdonnéeà ce livre, surtout dansles pays catholiques, peutavoir eu de l'influence pour la conservation de la mère et de l'enfant, mais l'exécution des préceptes avait été confiée à des personnes qui ont joui d'une grande influence sur le peuple, et il ne faut pas méconnaître que leur zèle à racheter l'âme de l'enfant peut avoir contribué à négliger la mère.

Obs. I. — * La commare levatrice instniita nel suo iifi\io secundo le regole pin certe, e gli ammaestramenti pin moderni, opéra di Sebastiano Melli. Veneto, professore di chirurgia. Terz. Ediz in 'Venez., ijSo, in-4°. * Quart. Ed., ibid., 1766, in-40 (la première est de 1721, la deuxième de lySy).

* Dell arte ostetricia trattato di Gius. Vespa, profess. di chirurg., diviso in tre parti precedute da varj ragionamenti. In Firenz., i 761, in-4°.

* L Ostetricia ovvero l'arte di raccogliere i parti e di soccorrere le Donne nelle malattie, che accompagnano la lora gravidan:{a, ed in quelle che sopravengono loro dopo il Parto ; e di sollevare i Bambini nelle loro malattie dopo la nascita. Opéra utilissima per i chiriirgi-raccoglitori e le levatrice di I^ietro Paolo Tanaron. Firenz, 1768, in-8".

Sur rétablissement de la chaire d'accouchements à Naples, voy. * Galette salutaire, n° VIII, 9 fév. 1778.

Obs. IL — * Fmbriologia sacra ovvero delViiffi^io de sacerdoti, medici e superiori, circa Veterna sainte de' bambini, racchiusi nell'utero; libri quattro di Francesco Eman. Cangiamila, Palermitano Dottore in theologia e nell'una e l'altra legge. Milan, 175 1, in-4°. Une édition latine parut à Munich et Ingolst., 1764, in-4''. Trad. franc. : * Abrégé de Tembryologic sacrée, etc. (par l'abbé Dinouart). Par., 1762, in-8° et * seconde édit. fè/rf., 1774, in-S" (où l'on a oublié le nom de l'auteur). Intéressantes pour toutes les prescriptions nouvelles de l'église qu'on y a ajoutées, relatives au traitement des femmes enceintes mortes et de leurs enfants.

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