‹ Essai d'une histoire de l'obstétricie (volume 2)Chapitre 24 sur 32 · CÉSARS · texte numérisé non relu

CÉSARS

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Ce qui fait une appl. du forceps sur 2,5 accouch; celle de Boer a été d'une sur 220 ace, suivanr Kilian Op. Geb, p. 553, qui fait remarquer que, dans la pratique et les petites cliniques, les applications du forceps sont plus fréquentes. (F.-J. H.)

bindiingsxpissenschaft betreffen. nebst Beilag. iind Kupf. (Observ.,mémoireset documents relatifs aux maladiesdes femmes et des enfants etauxaccouch.av. suppl. et pi.). Tûhing., 1787, in-8".

* Abhandliing von dem Nnt:[en iind der Bequemlichkeit eines Steinischen Gcburtsstuhls, mit K. (De l'utilité et de la commodité du fauteuil à'-ACc. de Stein, av. fig.).Tub., 1790, in-4".

De causa insertionis placentœ in nteri orificiiun ex novis circa generationem hiimanam observationibus et hypothcsibus declarata. Gott, , 1792, in-4'' (Discours d'ouverture de son enseignement)

* Denkn'iirdigkeiten fur die Heilkiuide iind Gcburtshulfe ans den Tagbiichcren der K.pract. Anstalten '{ur Erlernung dieser Wissurschaften in Gott. ausgehoben. (Choses mémorables pour la méd. et les accouchements, extraites des journaux, des établiss. d'instr. de ces sciences à G. 2 vol (en 4 fasc). Goett., 1794-1795, in-8° (renferment aussi des notices sur le Clinicum r. de G. , dont Osiander avait eu la direction, à laquelle il a renoncé en 1802).

* Lehrb. derHebammenkunst., m. k. Goett., t 796, in-8'^ (Manuel d'ace, p. les sages-f.),

* Kur^e Nachricht von der Entstehiing iind Einrichtung der Gesellschajt vonFreunden der Entbindiingskunst in Gott. (Quelques notices sur la fondation et l'organisation de la Société des amis de l'obstétricie à Goett.) G., 1796, iu-4°. — ZipeiteNachr. etc., (2^ notice). Goett., 1798, in-4" (Cette société fut fondée par Osiander le H sept. 1795, avec quelques étudiants de G. Elle admettait aussi des membres étrangers, mais elle cessa déjà à la tin du dernier siècle. Voy : * Nene Éeitschr.f. Geb.,X\Y. Berl., 1843, p. 325, obs.).

* Historia partiis naruv, versionis negotio afœtu vivo féliciter liberatœ, in concess. art. obst. amantium prœlecta. G., 1797, in-80.

* Neiie Denknnirdigh.f. Aer^te u. Gebustsh. I, B, i u. 2 Bogenz. Goett., 1797 et 1799, in-8° (Nouv. suite de choses mémorables, etc.).

* Lehrbiich der Entbindungs Kiinst., i Th. « Litterarische und pragmatische Geschichte dieser Kiinst. Goett., in-8° (Traité d'ace. Première partie contenant l'histoire littéraire et pragmatique de l'art des ace). Le traité n'a été publié qu'en 1818, comme on verra plus loin.

* Ajinalen der Entbindnngslehr-Anstalt ^u Gott. v. Jahre 1 800, I et 2 vol. Goett., 1801, in-8°(Annales de la Maternité de G.).

*Grundriss. der Entbindungskunst ^uni Leitfaden bei seinen Vorlesungen. 2 Th., 1802, in-8''(Precis de l'art, des ace. servant deprogram. de ses cours).

* Epigrammata in compliires musei sui anatomici res, quœ versuum amore fecit. Goett., 1807, in-8''. * Ed. alter. et emend., ^^H

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(Le riche musée qu'OsiANDER avait rassemblé, et dont les pièces les plus remarquables ont été décrites dans ce livre, a été acheté par la générosité du curatorium de l'université royale, il se trouve encore bien conservé dans la Maternité de Goett. avec ses catalogues qui témoignent du zèle du fondateur),

* Ubersicht der Ereignisse in der Entbindiingslchr-Anstalt. im Jahre i8i5. Dargestellt in einer Rede an seine Zuhôrer. (Revue des choses les plus intéressantes de la clin. obst. de G. Discours à ses auditeurs).

* Ueber die Entwicklungskrankheiten in den Blilhjahren des Weibl. Geschl., 2 th. Tiib., 1817 et 18 18 (Sur les maladies de l'âge du développ. de la femme). * 2^ éd., 1820 et 1821.

* Handbuch der Entbindungskunst (Manuel de l'art des ace), t. I, i''' part., 1818, 2" part. 1819; t. II, V^ part., 1820, 2® part., 1821 (le 3*^ vol. a été publié, après la mort de l'auteur, par son fils JoH. Fred. O, Tûb., 1825. Il forme un volume séparé sous le titre de : a Die An:[eigen i^iir Hiilfe bei iinregelmàssigen iind sclijpeeren Geburten (Indications et moyens curatifs dans les accouch. irrégul.et diffic). Nouv. éd. de tout l'ouvrage en 3 vol, Tiib., 1829-1833. Soignée également parle fils de l'auteur.

* Einfache Er\àhlung der veranlassung :[u seiner Reise nach Leipzig im Dec. 18 1 g und der daselbst verrichteten chir. Operationen. Tûbing., 1820 (voy. plus loin§ 225) (Simple récit des motifs de son voyage à Leipzig, en déc. 18 19, et des opérations chirurgicales qui y ont été pratiquées).

* Osiander's Geburtsgestelle, etc. mit 2 Abbild. Tiib., 1821, (fauteuil obstétrical d'Os.). On trouve encore quelques travaux d'accouchements dans les discussions de la Soc. des sciences de Goett. dont Osiander était un membre actif depuis 1804.

§ 208. — Joh. Phil. Vogler,

Déjà, à la fin du XVI II" siècle, un accoucheur allemand s"'éiaît engagé dans la voie tracée par Boer à Vienne, au moins partiellement, car il avait étudié aussi l'accouchement normal, et prétendait que, dans tous les accouchements, même ceux qui sont contre nature ou difficiles, il ne fallait pas se hâter d'intervenir, que le salut de l'obstétricie ne devait pas être cherché dans l'emploi fréquent des instruments, Joh. Phil. Vogler, médecin et accoucheur àWeilburg, dans le duché de Nassau, a cherché à répandre

ces doctrines, en publiant ses observations sur l'accouchement et l'obstétricie, recueillies dans une pratique de vingt-six années. Il enseignait que, dans la plupart des accouchements difficiles et contre nature, les obstacles à Taccouchement peuvent être levés par des moyens qui sont du domaine de la médecine, plutôt que de celui de la chirurgie. Dans la plupart de ces cas, l'intervention des instruments, non seulement n'est pas nécessaire mais inutile et dangereuse : une parturiente est bien plus heureuse entre les mains d'une sage-femme instruite des soins, à donner, et expérimentée pour pratiquer la version, « qu'entre les mains d'un chirurgien accoucheur empressé à faire usage de moyens violents «.Les disproportions entre le pelvis et le volume de l'enfant, qui exigent une intervention instrumentale, sont très rares. Pendant 26 ans, il neles a pas constatées une seule fois. Les accouchements, par les pieds, le siège et la face, ainsi que les accouchements gémellaires doivent se terminer par les seules forces delà nature. La délivrance doit être abandonnée à la nature, sinon dans tous, du moins dans la majorité des cas. L'auteur vante beaucoup l'utilité de l'opium chez les femmes enceintes et en travail. Aucune intervention artificielle ne devra avoir lieu avant que la tension, les contractures, et les spasmesdes partiesinternes aient été apaisés. Même dans les hémorrhagies, l'opium est le moyen le meilleur et le plus sûr, et c'est à lui qu'il attribue que, depuis 22 années, l'accouchement forcé n'a pas été pratiqué à Weilburg, quoique les occasions n'eussent pas manqué. L'opium calme les vomissements, les douleurs et les crampes des femmes enceintes et en travail, ainsi que la trop grande impressionnabilité et la trop grande sensibilité des parties génitales ; il fait cesser les fausses douleurs et celles qui sont trop intenses, pour ne laisser agir que les contractions véritablement utiles à l'accouchement. C'est à cette grande confiance, aux moyens pharmaceutiques, qu'on doit la division faite par l'auteur entre les accouchements médicaux et chirurgicaux, dont les premiers étaient de beaucoup les plus nombreux ; de là la recommandation de sa « mixtura antalgica », à l'usage interne, et son « oleum ano-

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dynum^^ Qnïricûons (Phaivnac. Select.^ p yi et loi). VoGLERn'a eu que peu d'e'cho auprès de ses contemporains, en raison de la partialité de ses doctrines, qui rcippelaient celles de Hunter, et on ne pouvait approuver que sa violente critique de l'abus des instruments. Pour combattre cet abus, il fallait des voix plus puissantes que la sienne. Il fallait des maîtres dont la parole inspirât aux élèves une confiance entière; ce vœu ne devait pas attendre longtemps sa réalisation.

Obs. I. — * Erfahrungen ilber Gebiirt und Geburtshiilfe (Observ. sur l'ace, et Tobstét.), von Joh. Phil.Vogler. Marb., 1797, in-8°. Déjà, en 1794, Vogler avait publié dans le * Muséum f. Heilk., de la Société helvétique, dont il était membre, T. 2. Zurich, 1794, in-8'^, p. 282, un tragment de son livre sous le titre de « Lobstétricie médicale ». Les remèdes cités plushaut sont décrits dans : Vogler's Pharmaca selccta, tert. éd. et additam. aucta.Wetzel, 1792, in-8". Vogler mourut le 14 avril 1816, à l'âge de 70 ans.

Obs. H. — L'erreur blâmable à la quelle peuvent conduire cette confianceexclusive dans les moyens médicaux, et le délaissement des autres moyens rationnels, est attestée par le fameux breuvage sanitaire destiné aux femmes enceintes; ce breuvage qui, à la fin du siècle dernier, fut prôné et exploité par un charlatan de QuendIinbourg,un nommé Joseph Lenhardt, qui en fit un commerce fort lucratif. D'après ses prospectus, « le breuvage prévient, chez les femmes enceintes, tous les maux, quels que soient leurs noms; il facilite l'accouchement, qui se termine par deux douleurs seulement, il prévient toutes les maladies puerpérales, et les avortements, préserve les enfants de toutes les maladies, et reproduit la minceur de la taille » (promesse certes bien séduisante pour les dames). Voy. : * D'' Jos. Lenhardt's med. Nachridit fur Schwangere.wie siesich n'àhrcnd der Schwangcrschait verhalten sollen., iim gesunde und starke Kinder ohne Schmcr^en^ \ur Welt ^u brigen (Avis médicaux pour enseigner aux femmes enceintes la manière de se conduire, pendant leur grossesse, pour mettre au monde, sans douleurs, des enfants robustes). Quendlinb. bei Gottkr. Basse, in-8°(S. date, avec attestations et lettres des années 1798 et i7()9,etc.). Ce merveilleux breuvage consistait en une solution de sel de Glauber, dans du mauvais vin, et des myrtilles! Le monde se laissa tromper, jusqu'au moment où cet arcane tomba dans l'oubli, comme cela arrive ordinairement en pareil cas. Voy. à ce sujet : * L. Vogel, Almanach desErnstes und Scher\es fur Aer^te, etc. (Alm. sérieux et comique pour les

médec), if« année. Erfurt, 1801, in-8° avec frontispice. Voy. : Histoire cI'Osiander, p. 534, sur un élixir analogue qui, dans les années 1770-71, fut vendu en France sous le nom de « Elixir américain ».

§ 209. — Ouvrages littéraires sur l'obstétricie. Roemer. Schn'eickhard. Schlegel.

Vers la fin du XVI II" siècle, parurent encore quelques collections, au moyen desquelles les auteurs s'étaient imposé la tâche méritoire de faire avancer le côté scientifique de l'obstétricie. Le médecin praticien de Zurich, Roemer, publia le catalogue de tous les écrits relatifs aux accouchements, qui avaient été publiés en 1790 et 1 791, avec l'indication de ce qu'ils renfermaient de plus important, et celle des analyses qui en avaient été faites ; cette publication ne fut pas continuée. Le médecin de la ville de Carlsruhe, Christ. Ludw. Schweickhard, a eu le grand mérite de publier un catalogue chronologique de toutes les dissertations obstétricales soutenues de i5i5ài792. Ce laborieux collectionneur avait commencé, pour les accouchements, un Magasin, qui devait renfermer des traductions, des écrits de polémique, et des extraits des dissertations latines et des journaux, etc. Un volume seulement a, malheureusement, paru. Enfin, le médecin particulier du prince de Schoenburg (Saxe), Joh. Car. Schlegel, publia une collection des principaux programmes des cours d'accouchements et des dissertations soutenues dans les principales universités, en texte original latin, travail considérable, qui, aujourd''hui encore, conserve toute sa valeur, car ces écrits sont devenus très rares et sont d'une grande importance pour les travailleurs.

Obs. I. — * Joh. Jac. Roemer, Annalen der Gebiirtshidfe, Fraiien\immer-und Kinder-Krankheiten fur das Jahr 1790. Winterth., 1793, fur das Jahr 1791. Ebendas, 1794, in-80 (Annales des ace. et des mal. des f. et des enf.).

* Chr. Ludw. Schweickhard, Tentamm catalogi rationalis

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dissertationum ad artem obstetriciayn spectantium ab anno i5i5, ad nostra iisqiie tempora. Francof. ad Maen. 1795,10-4°. * Maga- :{^in Jiïr Gcburtshelfer (Mag. p. les accoucheurs), t. I, i et 2 fasc. Frankf. et Leipz., 1794, in-S". Schweickhard mourut à l'âge de 78 ans, le 22 avril. 1825.

* J. Chr Traug. Schlegel, Sylloge operiim minornm prœ~ stantiorum ad artem obstetr. spect., \ol. l, Lips., 1795; vol. II, ibid., 1796, in-8°.

Obs. II. — Les journaux du temps ont aussi contribué aux progrès de Tobstétricie, par les choses nouvelles qu'ils publiaient, par rindication des ouvrages nouveaux, etc. En dehors des journaux consacrés à Tobstétricie, de celui de Starck (voy. § 170'», il faut nommer encore Baldinger's Ma^a:^. z/. Joz/;vza/. Richter's Biblioth., Journal des inventions med. chir. Zeitung de Salsbiirg (qui commença en 1790), le Journal de Loder. la Biblioth. d'ARNEMANX et Schn'eit\ersche Mus. f. Heilk. Zurich.^ '792.

§ 210. — Histoire de robstétricie.

Jos.Weydlich. Fr. B. Osiander.

A la fin du XYIII"^ siècle, s'éveilla aussi un véritable zèle pour l'histoire de l'obstétricie, dontdeux auteurs français, Sue et Leroy, ont été les précurseurs (voy. | 191). Ils ont été suivis dans cette voie par deux hollandais, Nie. van der Eem et Léon van Leeu- WEN qui, sous la présidence de Sandifort, ont soutenu à Leyde, en 1783, deux thèses (§ 194). Un accoucheur de Vienne, Jos. Weydlich, essaya de retracer les progrès de l'art dans le premier volume d'un traité général d'accouchements, qui seul parut en I 797. Il ne donna qu'un extrait de Sue et de Leroy; comme il a négligé de recourir aux sources, il n'est pas exempt d'inexactitudes, et il a lui-même commis la faute qu'il reprochait à Leroy; il faut louer, en lui, plutôt le zèle d'avoir voulu entreprendre une tâche, que la perfection avec laquelle il l'a remplie. Parcontrc, Fr. B. Osl\nder, publia, en 1799, son Histoire littéraire et pragmatique de Fart des accouchements^ qui, pendant une longue série d'années, a été la source générale où sont venus puiser

tous les écrivains de cette partie, donnant, parfois, le même livre sous une autre forme. Si grand qu'ait été le zèle du savant auteur, et si méritoire qu'ait été son œuvre, à une époque, où l'on n'avait que les livres de Sue, de Leroy, et du médecin de Vienne, il faut regretter, qu'en beaucoup d'endroits, il n'ait pas rendu exactement la pensée de ses confrères, faute d'avoir eu recours aux sources mêmes, si bien que ses erreurs se sont conservées jusqu'à nos jours, en raison de la grande considération dont l'auteur et le livre ont été entourés. Il faut y regretter aussi l'évidente partialité à laquelle Osiander s'estlaisséentraîner; il ne reconnaissait comme justes que ses propres idées, et prenait celles-ci comme mesure de celles des autres ; il en résulte une impression pénible, là surtout, où il juge ses contemporains. Cejugement, que nous croyons devoir porter sur ce livre, ne diminue pas les mérites d'Osi.\NDER dans le domaine de l'histoire; nous constatons, au contraire, avec une entière reconnaissance, ce qu'il a fait dans le domaine de l'art, bien que nous ayons cru devoir contredire quelques jugements, et rectifier quelques assertions.

Obs. — * Jos. Weydlich, Lehre dcr Geburtshulfe \ur Amvendiing nach dchtcn Grundsât^en iind der ErfaJiJ'ung gemàss bearbeitet^ aiich mit praktischen Anmerkiingen durchgehends e;7flz/fer^. Erst.Theil.Wien, 1797, in-8° (Principes d'obstétricie conformes à Texpérience avec des remarques pratiques).

* Fk. B. Osiander, Lehrb. der Entbindungskunst . Erst. Th. Litter. und pragmat. Geschidite der Kunst. Gott., i799,in-8" (Traité d'ace. I part., Histoire littér. et pragmatique de cet art).

§ 211. — Les instruments d'obstétricie.

Jofi. Mulder. Aiig. H. Hin^e. S. Saxtorph. B. G. Schreger.

Très considérable est le nombre des instruments et appareils qui, depuis les temps les plus anciens, ont été inventes pour les accouchements; beaucoup d'entre eux sont, depuis longtemps, tombés dans l'oubli de la pratique, mais subsistent encore dans

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les collections, comme des monuments attestant Tétat ancien de l'art. D'autres les ont remplacés, et, depuis le commencement du XVIII* siècle, le précieux instrument, qui avait été inventé de nouveau, a fourni aux accoucheurs l'occasion d'exercer leurgénie inventif, et de briller dans les modifications imprimées au forceps, Ilétait nécessaired'en faire lacollection,pourla conservera la postérité ; c'est ce travail qui a été entrepris simultanément par Jean AIuLDER accoucheur hollandais, Auguste Heimbert Hinze, accoucheur allemand, et par Sylv. Saxtorph, accoucheur danois. Ces auteurs nous ont donné un inventaire de l'arsenal obstétrical, qui, arrivant à la fin d'une époque, marque bien la limite entre le passé et le présent, dont les etforts pourleperfectionnement de l'art sont si considérables. Tout ce que le passé a possédé d'instruments, de toute espèce, est représenté dans ces écrits d'une façon très commode, qui permet de Jeter un coup d'œil sur l'état de l'obstétricie aux diverses époques, en tant qu'il peut être apprécié de cette façon (voy. t. I. Introd. § XIV), Le livre de Jean Mulder est classique (1794); il a décrit les forceps et les leviers; il donne une description très nette de chaque instrument, et, ajoute une bibliographie très riche, si bien que ce travail est devenu un modèle pour tous les autres. A. Hinze. médecin particulier du margrave de Hochberg, à Furtenstein en Silésie, a publié une revue chronologique de tous lesinstruments d'obstétricie, depuis HippocRATE, quil a divisée en i5 époques (Jusqu'en 1792). Ce petit ouvrage ne peut prétendre à une grande précision, toutefois, il n'omet rien d'essentiel. L'ouvrage de Sylv. Saxtorph (1795) est plus ingénieux et plus pratique. Cette dissertation porte le titre de : « Examen armameiitarii Lucinœ » et annonce la valeur de l'école d'où elle sort ; elle est ornée aussi du nom de Mathias Saxtorph, le président de cette thèse qui se termine par ces mots : « Numerus instrumentorum utilium, quœ necessario ad pra^xin requiruntur, hodiernis temporibus cum ad tantam perfectionem evecta est ars opifera, valde rarus est et parvus, inutilium vero et superfluorum nimis magnus et superabundans j). Bernh. Nath. Gottl. Schreger, professeur à Erlangcn,

commença en 1799 à décrire les instruments de l'obstétricie ancienne et nouvelle; il n'a paru malheureusement qu'un fascicule de l'ouvrage, représentant les instruments destinés à perforer les membranes, les baguettes pour la version et les pelvimètres. Plus tard (1810), l'auteur de cette histoire a donné une revue complète des instruments d'obstétricie, mais où l'on ne trouve qu'une indication sommaire des diverses inventions, avec celle des écrits où elles ont été publiées et décrites.

Obs. I. — * JoH. MuLDER, Historia litteraria et critica forc'ipumet vectiiim obstetricioriim. hu§,d. Bat., 1794, in-8°, cum XI tab.aen.

L'auteur mourut du typhus en 18 10, trop tôt pour la science, dit OsiANDER, II, 2, p. 60. Cette dissertation fut traduite en allemand peu après (1798), in-8°, par .Toh.Wilh. Schlegel, elle parut à * Leipzig, à la librairie Weidmann. Le traducteur y ajouta une XI P planche, représentant quatre forceps nouveaux parus depuis la dissertation de Mulder, dont un de l'auteur.

Un hollandais^ Joach. Lunsingh. Kymmel, publia à Groninguela continuation du travail de Mulder son compatriote, comme celui-ci, en thèse inaugurale ; ce travail porte le titre de : « Historia litterai-ia et critica forcipum obstetriciariim ab anno 1794 cid nostra iisque temporal. Cette thèse fut soutenue sous la présidence de Petr. Hofssede DE Grott, le 23 juin i838. IV, in-80, l'auteur a continué, comme Mulder, à donner la description et la figure dessinée de tous les forceps connus, qui^ avec ceux de Mulder, se montent au nombre de 144. Mines précieuses, mais rares, de documents sûrs. (F.-J.H.)

Obs. II. — L'écrit d'AuG. Heim Hinze : * Versuch einer chroîîolog. Ubersicht aller fïir die Geburtsh. erfundenen Instrumente (Essai d'une revue chronol. de tous les instr. inventés pour l'obstétr.) parut à Leipz. et Liegnitz, 1794, in-8". L'auteur, qui avait été praticien à la campagne, à Galvorde, avait publié un livre :

* Versuch eines systemat. Grundrisses der theoret und prakt. Geburtsh. (Essai d'une esquisse d'obstétricie théorique etprat.), Stendal, 1791, in-8", ouvrage sans valeur. Son livre intitulé :

* Kleine Aujfsàt^e aus dem Gebiete der med. chir. 11. Geburtsh. (Petits mémoires de méd. chir. et ace). Bresl., 1806, contient un cas très remarquable de môle hydatidique, d'une grosseur extraordinaire. Hlnze pratiqua plus tard, àWaldenburg, dans la basse Silésie, où il est mort le 23 déc. i832, il était né à Brunswick le 29 sept. 1765.

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Obs. III. — Sur Sylv. Saxtorph voy. plus haut§ 198. obs. III, et plus loin | 258.

Obs. IV. — ScHREGER, homme d'un grand mérite, depuis 1797 professeur de médecine et de chirurgie à Erlangen, est né à Zeitz le 4 juin 1766. Il lit ses études à Leipzig, depuis l'année 1783, y fut reçu comme magister legens en 1791. Se rendit à l'université d'Altdorf en 1793. comme professeur ordinaire d'anatomie, de chirurgie et d'accouchements, puis il fut appelé à Erlangen, où il mourut le 8 oct. 1825. Parmi ses nombreux écrits, relatifs en grande partie à la chirurgie, il convient de citer ici : Pelvis ani- 7nantium bnitoriim cum hiimana comparatio. Spec. I. Lips., 1787.

* Defunctioneplacentœ iiterinœ, ad S. Th. Saemmerixg epistola- Erl., 1799, in-8. Die Werk^eiige der aelteren iind Jieueren Entbindungskimst Instr. d'ohst. anc. et mod.j. Erst.Thl. Erl., 1799, in-8, av. pi. * Ubersicht der geburtsh. Werck:[euge imd Apparat. Ein Seitenstiick :[ii Arneniann's Ubers. d. Chir. Werk\. (Revue de l'arsenal obstétrical). Erl., 18 10, in-8°.

§ 212. — La séméiotique obstétricale.

Fr, W. Voigtel. Im. G. Knebel.

Des travaux, sur un point spécial de l'obstétricie, publiés à la fin du XVIIIs siècle, ont été un signe heureux des progrès que cette partie de l'art de guérir avait accomplis. Ces travaux n'auraient pu être entrepris, si l'ensemble n'avait atteint un certain degré de perfection. Une des parties de l'obstétricie, quia une grande importance, est la séméiologie, et dans la période dont nous parlons, il a paru deux ouvrages qui y étaient- spécialement consacrés. Déjà, antérieurement, J. Ph. Hagen avait fait un essai de séméiologie (voy. plus haut 1 1 58, obs. III). mais cette étude ne comprenaitqueles signesqui se rapportentà l'accouchement; ni la forme ni le fond du travail ne s'élevaient au-dessus de l'ordinaire. L'étude de Hagen fut surpassée considérablement par l'essai de Fr. Wilh. Voigtel, élève de Meckel, qui choisit ce sujet, restreint également à l'accouchement, pour sa thèse inaugurale. Une érudition très riche donne un grand ornement à ce livre, qui fut

traduit en allemand. Par contre, l'ouvrage de Im. Gott. Knebel (1798), contient un exposé complet de séméiotique, traité avec tous les détails. Il commence par les connaissances anatomophysiologiques préliminaires (étude des parties génitales et du fœtus); puis toutes les époques de la vie de la femme sont passées en revue (menstruation, fonction de reproduction, grossesse, accouchement et état puerpéral), et sont examinées au point de vue des signes qui leurs sont propres. Une littérature choisie ne manque pas dans ce livre, écritpour Tutilité des jeunes accoucheurs, et on peut dire qu'il a répondu à son but. Knebel a enrichi l'obstétricie d'un chapitre nouveau, en rassemblant tout ce qui avait trait à la police médicale et à la médecine légale, qui se trouvait disséminé dans les traités. Son livre forme deux volumes (i8oi-i8o3). Il a atteint le double but quMl s'était proposé : compléter l'art et en faciliter la pratique.

Obs. — * Fragmetîta Semeiologiœ obstetriciœ. Dissert, quam defendet Fr. Guil. Voigtel. Magdeb., ace. tab. aen sex. Hal., 1790, in-4'' (on y trouve représenté des monstruosités rares) * Èruchstlicke ans der Zeichenlehre der Entbindungrkimst. Trad. par C. F. E. Marb., 1799, in-S" (également avec les grav.).

* Grundriss :{ic einer Zeichenlehre der gesammten Entbindwigsivissenschaft. Zum Gebrauchfurangehende Geburtshelfer . EinVersuch von Imman Gottlieb Knebel (Esquisse d'une séméiotique générale d'obstétricie, à l'usage des jeunes accoucheurs, essai par J. G. K.). Du même auteur * Grundriss der Po!i:^ei gerichtlichen Entbindungskunde (Essai de police médico-légale obstétricale). Bresl., 1801, t. I, i8o3, t. II. in-8°. Knebel est mort comme médecin praticien à Goritz, le 3o janv. 1809, à l'âge de 43 ans.

Voy. encore : * Versuch einer Zeichenlehre fiir Gebiirtshiilfe (Essai d'une séméiotique pour les accouchements), von Chr Fr. ELL\s.Marb., 1798. L'auteur mourut médecin praticien à Hersfeld en mai 181 3.

Elias de Siebold a choisi une partie de la séméiotique, comme sujet de thèse inaugurale en 1799. Voy. plus bas § 218.

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§ 2x3. — Jean François Sacombe.

Pendant que Baudelocque Jouissait toujours, à Paris, de la haute considération dont il était entouré, surgit dans cette ville, à la fin du XVI 11^ siècle, un homme frappé du vertige de cette époque, qui rêvait de transporter, dans le paisible domaine de l'obstétricie, les bouleversements du monde politique ; il s'était donné la tâche de renverser toutes les doctrines anciennes que la terre avait respectées ou confirmées. Ce n'est que dans un temps aussi troublé, où la raison semblait absente, et où tout ce qui intéressait l'humanité excitait un fanatisme aveugle, que les doctrines folles et les agissements insensésdua citoyen» Sacombe ont pu acquérir une notoriété imméritée, que l'histoire est forcée de mentionner, et qui montre à quels égarements un homme peut arriver quand, en proie à un véritable délire, il s'élève contre l'ordre des choses tranquillement établi, confirmé et développé par l'expérience. Sacombe n'avait Jamais fait d'études préliminaires sérieuses; déjà, à 14 ans, il avait commencé la lecture des œuvres de Mauriceau, il s'attacha plus tard à Serres, ancien praticien à Montpellier; accompagna une dame anglaise à Londres, où il fit la connaissance des accoucheursWniTE, Os- BORN, HuNTER et autrcs ; il revint à Paris, où illoua une maison pour pouvoir observer des accouchements; la propriétaire devait recevoir, moyennant paiement, des femmes enceintes et les entretenir. Pendant ce temps, Sacombe était chargé de la surveillance d'un Jeune homme au collège Navarre. Il ne pouvait se rendre dans la maison qu'il avait louée, pour les femmes enceintes, que sur un coup de sifflet donné dans la rue, par le mari de sa propriétaire. Jusqu'en 1787, Sacombe avait observé 471 accouchements, auxquels il avait éié appelé par ces « sifflements nocturnes ». En 1760, Sacombe commença un cours d'accouchements, dans lequel il fit connaître, en même temps que par des écrits, les réformes au moyen desquelles il se proposait d'amé-

liorer la pratique des accouchements, et d'établir une méthode conforme à la nature. 11 fulminait contre l'emploi des instruments, et promettait d'accoucher, sans leur aide, toutes les fem mes, même celles dont le bassin était déformé, et de leur amener les enfants vivants, pourvu qu'on les lui confiât quelques Jours avant le terme de l'accouchement. Le livre publié par lui, en 1 79 1 , sous le titre de k Le médecin accoucheur y^ devait démontrer: i°que l'art des accouchements était si simple, dans ses principes, qu'on pouvait abandonner à la nature cette fonction; que la nature ayant rarement besoin de secours, est salie aujourd'hui par de funestes routines, et des pratiques meurtrières, et qu'il doit subir une réforme que réclame le bien de l'humanité ; 2"^ que le moyen le plus puissant, pour extirper les abus de cette branche de l'art de guérir, consisteàconfieràdes « médecins ministresdesanté» letraitement des femmes enceinteset accouchées, d'abandonner les opérations aux sages-femmes bien instruites et désintéressées, comme elles doivent l'être, pour mériter la confiance publique. C'est contre l'opération césarienne qu'il s'élevait avec le plus de violence, il appelait « assassins » ceux qui l'avaient pratiquée, fonda (1798) la fameuse école « anticésarienne », dont il commença à faire connaître les principes dans un écrit périodique. Dans le premier numéro, il fit figurer un pilori, sur lequel étaient inscrits les noms des accoucheurs qui, selon lui, l'avaient pratiquée d'une manière irresponsable (Baudelocque, A. Dubois, Coutuly, Pelletan). Dans cette société, on faisait des conférences publiques, le jour anniversaire de sa fondation, appelé « Fête de la nature », on distribuait des prix ; le programme de la fête était affiché à tous les coins de rue de Paris. Le premier prix consistait en une médaille en argent; sur une face était Hercule terrassant l'hydre de Lerne, avec la suscription « Plus d'opération césarienne ». De l'autre côté, était une ruche entourée d'abeilles en petits groupes, avec la suscription « École anticésarienne de Sacombe ». Cette médaille valait45 livr. L^'accessitavait, comme récompense, l'honneur d'embrasser M""^ Sacombe. De semblables farces pouvaient se jouer alors sous l'égide de la « liberté ctde l'égalité ». Les désa-

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gréments n'ont, toutefois, pas été épargnés à SACOMBE,dans ses rapports avecles maîtres ; la terminaison malheureuse d'un accouchement, que Sacombe avait promis heureux, et qui dut être terminé par l'embryotomie, décida Baudelocque et quelques collègues à engager laSociété de médecine àse mêler de cette affaire. Mais Sacombe protesta, le front haut, contre les conclusions delà Société, il continua à suivre sa voie, par ses paroles et par ses écrits, méditant, dans son cœur haineux, contre Baudelocque, une vengeance éclatante ; de là le fameux procès dirigé contre le grand maître (voy. plus haut | i86), et qui attrista les dernières années de sa vie, malgré la justification si pleine qui lui fut donnée; mais les menées de Sacombe prirent fin: condamné, comme calomniateur, à une forte amende, il prit la fuite, ne revint en France qu'en 1807 sous le faux nom de Lacombe, et ne reparut à Paris qu'en i8i3, comme marchand de remèdes secrets. Il s'occupa alors de la maladie vénérienne et de son traitement ; il tomba encore dans les bras de la Justice, il se réfugia à St-Gilles (dans le Gard) et fut mis en prison pour avoir écrit des pamphlets contre Napoléon; sous la Restauration, il recouvra la liberté. Il mourut en 1825, oublié de tous, malgré un écrit, publié par lui et annoncé à son de trompe en 1818, portant le titre de « Résurrection du D'" Sacombe, Etrennes aux dames », recourant, pour la dernière fois, à son ancien métier ; mais le temps de la folie était passé, et, en France, un Sacombe ne pouvait plus trouver un tremplin solide pour ses exploits.

Obs. I. — Pour l'exposé des doctrines de Sacombe, parmi les Journaux nombreux du temps, voy. : * Joiirn. der Erfind. Theor, undWiderspr. (Journal des inventions et contestations), fasc. 19 et 20. Goth., in-S", p. qS et 59. L'histoire d'OsiANOEu, p. 496-508 où les folies de S. sont exposées avec détails. A Paris même parut : Examen critique de la doctrine et des procédés du cit. Sacombe, en contradiction avec les autres accoucheurs., avec la physique, la géométrie., et avec lui-même. Par., 1799, in-80.

Obs. II. — Les écrits de Sacombe, relatés dans l'ordre chronologique, sont les suivants :

* Le médecin accoucheur. Ouvrage utile aux mères de famille.^

et nécessaire aux personnes qui se destinent à la pratique de Part des accouchements. Paris, 1 791, in- 1 2" (avec l'épigraphe : « Verax et audax «, dédié aux représentants de la nation française). Trad. en allem. av. observ. par Chr. Kramp. * Manh., 1796, in-8° et par le conseiller aulique dp: Eickkn, av. obs. par Kranz. Elberf, 1797, in-8°.

Avis aux sages-femmes. Par., 1792, in-8°. La Luciniade. Poème en dix chants sur l'art des accouchements. Paris, 1792, * 3° éd. corrig. et augm. de 3ooo vers, av. portrait de l'auteur. Par., an VII (1799), in-12, « par le citoyen Sacombe de Carcassonne, département de l'Aude, médecin accoucheur de la faculté de Montpellier, professeur de médecine, de chirurgie et des accouchements, au Palais national des sciences et des arts, fondateur de l'école anti-césarienne, directeur du collège des accoucheurs et membre de la Société libre des sciences, belles-lettres et arts de Paris ».

Ce livre porte la dédicace suivante :

« A mon respectable ami, le D"" Silberling, médecin titulaire de l'hôpital m//z7afre sédentaire de Strasbourg, armée du Rhin; ancien professeur de l'art des accouchements, chargé par le gouvernement de l'instruction des élèves sages-femmes dans la ci-devant province d'Alsace, auteur de la Genenethliéie (yîvs'OX'.a), poème latin en dix chants, sur la théorie et la pratique des accouchements ».

4^ éd. considér. augm. av. un épisode histor. sur les deux Restaurations. Nîmes, i8i5,in-8°.

Nous donnons un petit spécimen de ce poème, en choisissam le moment oîi l'auteur se trouve dans le temple de Lucine et où la déesse elle-même l'invite à y entrer.

« Dans un fruit pyriforme on voyait la matrice. Ses ligaments, son col et son double orifice. Un gâteau circulaire, aminci sur les bords, Offrait du placenta, le cordon et le corps ; Des bonbons avec art moulés sur vingt modèles, Offraient de vingt fœtus les images fidèles ; Des pâtés, des biscuits faits sur de beaux dessins. Du beau sexe à tout âge imitaient les bassins, Et les vins colorés par une main habile Retraçaient à l'esprit le lait, le sang, la bile. »

La déesse elle-même s^adresse à son cher fils en ces paroles ;

« Nul accoucheur, dit-elle, en France, en Angleterre, Que dis-je, nul mortel avant toi sur la terre. De ce procédé simple et dont tu sens le prix,

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A la nature avare, encor ne Ta surpris. Toi seul, de ses desseins interprète fidèle, Connaîtras le premier un art que Je tiens d'elle. »

Et la déesse lui découvre tous les mystères de l'accouchement.

* Observations médico-chirur gicales sur le travail et la couche. Par., 1793, in-8°, avec l'épigraphe : « Natura duce ». Dans la préface S donne quelques renseignements sur sa vie.

Ecrits contre l'opération césarienne :

* Encore une victime de Popération césarienne ou le cri de l'humanité. Par., 1796, in-S" (contre Ant. Dubois). — * Plus d'opération césarienne, ou le vœu de l'humanité. Par., i797,in-8° (avec l'épigraphe : « Mentiri nescio »). — Les dou'{e mois de l'école anti-césarienne. Publ, périod., t. I, Par., 1798, in-S" (le premier fascicule contient les statuts de la nouvelle Société ; des injures contre Pelletan, Leroy, Dubois et autres ; il est orné du fameux pilori que Sacombe a fait ériger, dans une séance solennelle, pour célébrer les funérailles de la femme Vasseur, opérée par Dubois ; on y lit l'inscription suivante : « A la Postérité vengeresse du crime et juge impartiale de la vérité, l'école anti-césarienne transmet les noms des Dubois, des Baudelocque aîné ; le premier comme auteur, le second comme complice de l'assassinat de la femme Vasseur, des Coutuly, qui ouvrit le flanc de la citoyenne Denos ; enfin des Pelletan, qui éventra quatre femmes enceintes au grand hospice de l'Humanité à Paris, quoique le fondateur de cette école eût donné, l'an II, dans ses observations à tous les instruments crocheteurs, opérateurs-césariens et symphisiens le défi loyal et solennel de terminer tout accouchement avec sa main ». A la base de la pyramide se trouvaient ces mots : « Sommes-nous auXVP ou au XYIII^sièclejChez les Français ou chez les Anthropophages? Mânes des Bailly, des Roucher, des Lavoisier. répondez-nous ! » U ne analyse ^de ses leçons fut donnée, par Sacombe, sous le titre de : * École anti-césarienne avec l'épigraphe : « Humanité, Vérité, homo sum ; mentiri nescio », in-8" (Il y raconte que le 3o nov. 1780,11 avait reçu à Montpellier le diplôme de docteur des mains de Barthez, ce que niaient les accoucheurs césariens et symphisiens).

* Eléments de la science des accouchements. Par., 1802 (avec le portrait de Fauteur, au-dessous duquel se trouve cette pensée de Juvénal : « Que ferai-je à Rome? je ne sais pas mentir. (Sat. in, v. 41). je veux et je puis y dire la vérité ». Le livre est dédié aux consuls : Bonaparte, Cambacérès et Lebrun et à Roederer directeur de l'Instruction publique.)

* Lucine française ou recueil d'observations médicales, chi-

nirgicales, pharmaceutiques, historiques, critiques et littéraires relatives à la Science des accouchements et aux maladies des femmeset des enfants. Par., 1802 et i8o3 (2 années).

Obs. III. — Dans son livre « Résurrection du D^ Sacombe, Etrennes aux dames » on voit qu'il avait composé une tragédie « Térée », et publié, déjà en 1799, sous le voile de l'anonyme, «l'arf de la teinture », mérite qu'il a sans doute voulu rappeler au souvenir des dames de Paris; mais en 18 18 les oripeaux révolutionnaire n^naient plus de mode. Parmi les écrits imprimés, Sacombe mentionne lui-même encore a Hommage au premier consul, h Poccasion de l'affreux événement du 3 nivôse an IX, dans la rue St-Nicaise; et l'inauguration du buste de ce magistrat dans l'école anti-césarienne «.Plus tard, il est vrai que ce fut en 181 3, il écrivit contre l'empereur un pamphlet qui eut pour effet de le faire emprisonner. Quand Sacombe sévit abandonné de la déesse LuciNE, il s'adressa à une autre divinité, à Vénus; il publia en 18141a « Venusalgie ou la maladie de Vénus, poème didactique », qui fut réimprimé en i8i6,sousle nom de Vénuset Adonis, poème, sur l'origine, la cause, les symptômes et le traitement de la venusalgie. Bordeaux, 18 j6, in-8°.

§ 214. — Obslétricie en Italie.

Valle et Asdrubali.

Dans la dernière dizaine du dernier siècle, parurent en Italie deux grands ouvrages consacrés à l'obstétricie, qui prouvaient que, de l'autre côté des Alpes, on participait aussi à ses progrès; le premier, fut celui que publia Francisco Valle de Florence (1792), le second celui de Francisco Asdrubali de Rome, 1795. L^obstétricie avait déjà trouvé à Florence un terrain solide (voy. I 199) Fr. Valle chercha à le raffermir encore, en publiant, dans un livre étendu, les doctrines obstétricales, dont il était facile de reconnaître l'origine française. La plupart des instruments recommandés sont ceux de Levret, les principes du maître français sont partout en vigueur. Les manœuvres de la version et de l'ap^ plication du forceps sont dessinées dans de grandes figures où l'on voit l'accoucheur, la parturienie et l'enfant; la partu-

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riente, dans une situation qui rend l'intervention ope'ratoire peu commode : sur un canapé sans dossiers, avec les jambes pendantes à droite et à gauche. Les dessins des enfants prouvent qu'il n'est pas vrai qu'ils aient été faits d'après nature, comme Valle le prétend; du reste, le livre est complet, sa bonne ordonnance mérite des éloges. Fr. Asdrubali, de Rome, fut envoyé à Paris par le pape Pie VI, pour étudier les accouchements, afin de pouvoir occuper la chaire d'accouchements dans « l'archiginnasio délia Sapienza ». Asdrubali étudia particulièrement sousla direction de Leroy; à son retour, il occupa la chaire qui lui était destinée, et fut chargé de l'instruction des sagesfemmes à l'archiospedale di S. Rocco, où il exposa les doctrines de Leroy et de Baudelocque. Le livre d'accouchements qu'il publia, d'après ces principes, est bien supérieur à celui de Valle, dont nous venons de parler, il témoigne d'une grande érudition ; on y trouve une bibliographie très riche, son exposition es excellente. Asdrubali est l'inventeur d'un pelvimètre (pelvimetro digitale) qu'il décrit dans le t. I, p. 33 de son ouvrage, il consiste en un dé allongé, dont il coiffe l'index, et au moyen duquel il atteint l'angle sacro-vertébral, ce qui lui permet de mesurer le diamètre antéro-postérieur (sacro-sous-pubien). Avant ces deux auteurs, Gius.Nessi à Pavie, Nannoni à Sienne, et P. Urb. . Galeotti à Naples, avaient publié des traités d'accouchements en parfaite concordance avec les doctrines de Levret, et prouvant qu'il y avait en Italie des hommes auxquels l'obstétricie ne restait pas indifférente.

Obs. — * Opéra d'ostetricia di Francesco Valle, 3 tomi, in Fircnze, 1792, in-S".

* Elementi di Ostetricia scritti da Franc. Asdrubali, 2 tomi. Rom., I 795-1797, in-8", nouv. éd. Napoli, 181 1, en 4 vol. av. notes de Scattigna.

Pour pousser à l'étude de l'obstétricie, le Pape Pie VI avait fait frapper une médaille destinée aux jeunes accoucheurs distingues dans les études par leur zèle et leurs succès. Elle est représentée dans la première partie du livre d'AsDRUBALi. On doit une grande reconnaissance à Don Pasquale di Piktro,

SlliBOLn-HKRRGOTT. II — 35

avocat consistorial du Pape, qui s'était beaucoup intéressé aux études obstétricales, et qui avait fourni des subsides à Asdrubali pendant son voyage à Paris. Asdrubali mourut le 7 juillet i832. Voy. Ga:^. de Salsb., 1834, 4° vol., p. 224.

Arte ostetricia teoi^ico pratica di Gius. Nessi. Venez., 1790, in-8° (i"'*' éd. Pavie, 1779).

Trattato di Ostetricia e di lei rispettivc opera:[ioni di Lor. Nannoni. Sien., 1875, in-8''.

* Ostetricia pratica ove si dimostra il metodo piii simplice e piii facile per assistere ai Parti diveniiti difficili par la cattiva sitiia\ione delfeto, con un brève discorso sopra lo genera\ione, ed avan^amenti délia i:çravidan:[a e Parto nalurale di Pio Ur- BANO Galeotti. Napoli, 1787, in-8°.

§ 21 5. — Obstétricie eu Russie.

Jos. von Mohrenheim. Wilh. Midi. Richter.

L'impératrice de Russie, Catherine II(régn. 1762- 1796), portait intérêt àTamélioration de Tétat des sages-femmes en Russie. Elleétablitdes orphelinats à St-Pétersbourg,à Moscou et à Cronstadt, et y adjoignit, pour les premiers, des chaires d'accouchements. Des jeunes filles capables devaient suivre lesleçons comme sages-femmes, et être répandues dans le pays. Aux services de l'enseignement de la chirurgie, nouvellement établis, on adjoignit un service pour les sages-femmes, où unprofcsseurleur enseignait leur art en langue russe. V. Ambodik a été le premier professeur qui, en 1784, publia le premier manuel d'accouchements dans cette langue. Plus tard, Joseph de Mohrenheim, chirurgien oculiste, accoucheur de la grande-duchesse, fut chargé de composer, pour tout l'empire, un traité d'accouchements, qui devait être imprimé aux frais de l'État et distribué à tous les médecins de l'empire russe. Mohrenheim était au-dessous decette tâche, le livre tout entier prouve que le choix de l'auteur de ce livre avait été très malheureux. Il lui manquait une éducation vraiment scientifique; il a colligé, dans les écrits des autres, ce qu'il croyait utile au sujet qu'il traitait, sans discernement et sans

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expérience, si bien que, dans la littératures obstétricale, il est difficile de trouver quelque chose de plus médiocre que ce factum ; ajoutez à cela des fautes grossières d'orthographe et de syntaxe, on aura une idée de ce livre, imprimé avec luxe, enformatin-folio impérial, orné d'un grand nombre de planches empruntées à Smellie, à RoEDERER, à AiTKEN ct à d'autrcs. L'impératrice Fedo- ROWNA fonda, en 1797, pour l'éducalion des sages-femmes, un nouvel établissement, dans lequel vingt femmes pauvres étaient entretenues gratuitement, et où autant de sages-femmes pouvaient être instruites, sousla direction d'un professeur d'accouchements, d'un chirurgien et d'une sage-femme âgée. La direction de l'établissement était confiée à Mohrenheim et l'instruction à Boek élève d'OsiANDER. Après la mort de Mohrenheim, le D"" Suthof, également formé à Goettingue, fut chargé de la direction de l'établissement. Marie Feodorowna prit sous sa protection spéciale l'orphelinat et la maison d'accouchements, que l'impératrice Catherine II avait fondés en 1770, ainsi que les autres établissements charitables créés par cette souveraine aimée, dont le souvenir est pieusement conservé. A Moscou, se distingua, comme professeur d'obstétricie (depuis 1795), Guill. Mich. RiCHTER, qui renonça à ses fonctions en 1806, et qui fit connaître les résultats de sa pratique dans un ouvrage considérable, qu'il publia en 1810, où l'on rencontre des observations très estimables sur la version et l'emploi du forceps.

Obs. I. -r- Déjà, en 1754, avaient été établies, par ordre de l'Impératrice Elisabeth Petrowna (morte en 1 762), des écoles de sagesfemmes, dans les deux capitales de la Russie. Voy. : * Gesch. d. medi:{.in Riissland (Hhx. de la méd. en Russie), par Wilh. Mich. VON RicHTKR. Moskowa., 18 17, in-8°, p. 827, où l'on donne des renseignements sur l'état de l'obstétricie en Russie. Pour ce que doit, à l'impératrice Catherine II, la médecine en général, voy. : « Uniriss einer Geschichtc des médicinal- Wesens in Russland » (Esquisse dune hist. de la méd. en Russie), dans : * Riissiscli. Samml .fiir Natunuissenschaft iind Heilkunst (collect. russe pour l'hist. nat. et la méd.), publ. par A. Crichton, Rehmann et K. Fr. Burdach, t. I, 2e fasc. Riga et Liepz., i8i5,in-8°, p. i85, et surtout p. 1 92. La nouvelle ordonnance pour les sages-femmes,

548 neuvièmk époque

du 20 sept. 1789, se trouve dans la GtT^. ;7ze'<i. c/i. de Salzb., i7()3, t. II, p. 122.

Obs. IL — Les doctrines de Mohkenheim ont été longuement exposées par OsiANDER,dans son Hist., p, 562 et suiv., nous y renvoyons le lecteur. Il suffit d'indiquer ici le titre de son livre : * Abhandliing iiber die EntbindungskitnstA erfast \um Nut{en des Russichen Reichs von Jos. Freyh. von Mohrenheim. i vol. av. pi. St-Pétersb., 1791, in-fol. * Leipz., i8o3, in-8" (sans changement, et sans correction des fautes d'orthographe et autres, seulement avec un autre titre).

* Synopsis praxis medico-obstetriciœ quam Mosqiiœ exercuit. GuiL. M. RiCHTEu. Mosq. 1810, in-4'' (contient, dans le premier chapitre, une histoire succincte du développement de l'obstétricie en Russie, et surtout à Moscou).

I 216. — Uobstétricie allemande au XI X*^ siècle.

Le nouveau siècle trouve, en Allemagne, les deux écoles dont nous avons parlé plus haut, celle de Boer et celle d'OsiANDER, qui, par leurs principes, étaient en opposition directe. A Vienne, on se confiait absolument aux forces de la nature, à Goettingue, à la puissance de l'art qui était regardée comme ce qu'il y avait de plus élevé. Beaucoup d'accoucheurs allemands inclinaient vers l'un ou l'autre de ces pôles, selon que le sort les avait conduits vers l'un ou vers l'autre de ces maîtres. La majorité des accoucheurs allemands avait des préférences pour les principes d'OsiANDER, qui semblaient mieux porter l'empreinte de l'état antérieur de l'obstétricie, et n'être que la continuation des principes français (de Levret), depuis longtemps adoptés en Allemagne, tandis que l'école de Vienne avait cherché à ouvrir une voie nouvelle, et trouvait en face d'elle toutes les oppositions qui se dressent devant une réforme, à laquelle une période de transition n'avait pas préparé les esprits. Les changements subits, dans la science, ont toujours rencontré ces puissants obstacles dans leur chemin. L'homme ne renonce pas facilement à ce qu'il possède ;

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une connexion habile entre ce qui est ancien et ce qui est nouveau, dans laquelle le nouveau est démontre' supérieur à ce qui existait, peut seule faciliter son adoption. C'est là le travail qu'accomplit, au commencement du XIX^ siècle, Adam Elias de SiEBOLD, qui avait parfaitement compris les besoins de son époque.

Le sort l'avait envové successivement dans le sud et dans le nord de l'Allemagne, à Wurtzbourget à Berlin, dans deux écoles d'une grande importance, où il exerça sur Tart une bienfaisante influence.

§217. — Adam Elias de Siebold.

SiEBOLD appartenait à une famille médicale; le grand-père avait été chirurgien à Xideggen, province rhénane, le père, Charles Gaspard, de son temps, « interCermanos chirurgusprinceps», fut le célèbre chirurgien de Wurtzbourg (mort en 1807). ^^^ trois frères avaient pratiqué la médecine. Adam Elias de Siebold, né à Wurtzbourg le 5 mai 1775, quoique destiné au commerce par sa famille, ne put résister à l'attrait du culte d'Esculape, il tit ses études à Wurtzbourg, sous la direction de son père, et il s'adonna particulièrement à l'étude de Tanatomie et de la chirurgie ; déjà alors, il se sentit attiré vers Tobstétricie, à l'étude de laquelle il fut initié par son frère Christophe, trop tôt enlevé à la science, et qui avait été élève de Fischer, à Goettingue. En 1795, El. de Siebold se rendit à l'universitéde léna, où il continua ses études médicales, sous les célèbres maîtres Gruner, Loder et HuFELAND, et où l'enseignement théorique et pratique de l'obstétricie, donné par Starck, fortifia sa prédilection pour cette partie de l'art de guérir. En automne 1797. Siebold se rendit à Goettingue poursuivre les cours de Richter, Blumenbach, Stromever et Arnemann, mais, avant tout, pour connaître les principes d'OsiANDER, il rentra chez lui en 1 7Q8. en passant par Marbourg,

55o NEUVIÈME ÉPOQUE

OÙ il s'arrêta pendant deux mois chez Stkin. Arrivé dans sa ville natale, ilentreprit, sous la direction de son père, un enseignement pratique dans la maison d'accouchement alors presque insignifiante; il pratiqua les accouchements, passa ses examens, et reçut le diplôme de docteur des mains de son père, après avoir soutenu sa thèse sur un sujet d'obstétricie. Pendant le semestre d'hiver 1798, SiEBOLD obtint la permission d'enseigner l'obstétricie à l'université, en qualité de Privât Docent, et d'instruire, les sagesfemmes. En août 1799, il fut nommé professeur extraordinaire et professeur des sages-femmes de la contrée. Au printemps tSoo, il se rendit à Vienne, pour prendre une connaissance plus complète de la pratique de Bokr, et examiner de près l'établissement de la maison d'accouchement de cette université, car, dès le début de sa carrière, il avait formé le projet de perfectionner l'établissement consacré, dans sa ville, à l'enseignement des accouchements. En i8o5, El. de Siebold avait atteint enfin le but poursuivi depuis si longtemps; le nouvel établissement était achevé, et, en octobre, il put être ouvert. A cette occasion, il publia un discours sur « le but et Vorganisation de la clinique dans une maternité. » A dater de ce moment, il consacra toute son activité à ses fonctions académiques : la renommée de son enseignement attira à Wurtzbourg un grand nombre d'élèves, et la reconciliation des deux écoles rivales, de Vienne et de Goettingue, tentée par lui, fut accueillie partout avec une grande reconnaissance. Siebold était très aimé et recherché comme praticien, il consacra ses soins à la gynécologie, dans la conviction que l'adjonction de cette partie de la pathologie à l'art des accouchements, aurait les plus heureux résultats pour son perfectionnement. La plupart des maladies des femmes ont leur origine dans le système génital, et les accoucheurs, seuls, sont en situation d'en faire une étude complète, bien des obscurités, dans ces affections, ne peuvent être éclaircies que par les accoucheurs, auxquels sont dus de grands progrès dans ce domaine. Siebold avait aussi à cœur de perfectionner, dans son pays, tout ce qui avait trait à l'art des sages-femmes. Le livre qu'il écrivit pour elles, en 1 808, et qui, en

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peu de temps, eut cinqéditions, atteste cette sollicitude ; Jusqu'en 18 14, ce livre fut répandu dans toutes les écoles de sages-femmes de la Bavière. En 1816, s'ouvrit pour Siebold un nouveau cercle d'activité, lorsqu'il fut appelé à Berlin, et qu'il entra en fonctions au mois d'octobre. Il fonda, pour la seconde fois, une maternité, car cet établissement manquait à l'université, bien que la maternité qui se trouvait à la Charité de Berlin, fut ouverte aux étudiants, elle servait plus à Pinstruction des élèves militaires qu'aux autres; le nouvel établissement fut ouvert en automne 1817. La réunion de la policlinique à la maternité, dans une ville comme Berlin, donnait une grande richesse au champ d'observation, et étendait le domaine de son enseignement de la manière la plus heureuse. La publication des observations, faites à Berlin, dans les Journaux fondés par Siebold (Lucina), dès 1802, et dans le Journal qui en fut la suite, dans lequel se trouvent les observations recueillies par lui, depuis son séjour à Berlin, et d'autres publications, et par lesquelles il cherchait à être utile à tous, étendirent sa réputation au loin, où ses doctrines furent connues pour le plus grand bien de la science et de l'humanité. La mort seule put mettre fin à une activité consacrée, sans relâche, à l'humanité et à la science. Il mourut le 12 Juillet 1828, après une courte maladie, à l'âge de 53 ans, vivement regretté par les hommes de science, pleuré par ses nombreux élèves reconnaissants de l'instruction qu'il leur avait donnée, et regretté par le public considérable qui lui avait été confié et qui lui devait la santé et la vie.

Paix, et souvenir affectueux à ses cendres!

Obs. — Si les renseignements, donnésparle fils, surlaviedeE.DE Siebold avaient besoin d'une confirmation, on la trouverait, pour ses études académiques : dans le Cin~riculum vitœ qui est annexé à sa dissertation inaugurale (17QS) puis dans: * Biogr. cCAd. E. DE Sii;bold, extraite de VHistoire de la chirurgie par Berns- TEiN. Leipz., 1822, et dans la * Biographie des médecins les plus renommés de l'Allemagne des XVIII'' et AYA'*^ i/èc/ci- par Meiss- N'Eu. Leipz., 1S28. El. de Siebold a donné lui-même quelques détails sur sa vie dans son dernier écrit sur les bains de Kissingen.

§ 218, — Principes d'obstétrique d'Él, de Siebold.

Pendant sa scolarité, El. de Siebold avait étudié les doctrines de diverses écoles; son frère, Christophe, et Starck, à léna, lui avaient fait connaître celles des écoles de Roederer, de Levret et Stein. AGoettingue, ila suivi Osiander, à Vienne, BoER,ces deux chefs de deux écoles antagonistes. Regardant les principes de ces deux écoles comme exagérés, ses efforts ont tendu à trouver une voie moyenne entre elles, se refusant de se laisser asservir par Tune ou par l'autre. Il cherchait à découvrir ce que chacune avait de bon et d'utile dans ses principes, et à le réunir en un tout. Appréciant la puissance de l'art, il a cherché à restreindre son intervention. 11 ne pensait pas, qu'avec les instruments et les opérations, l'obstétricie pouvait arriver à son dernier perfectionnement, bien que, pour employer les uns et pratiquer les autres, un grand talent et une grande habileté fussent nécessaires, choses qu'il possédait à un haut degré, et qu'il cultivait avec soin chez ses élèves.

Il cherchait à maintenir la grossesse et l'accouchement dans la plus parfaite harmonie avec les lois normales de la nature ; apprendre à connaître ces lois, lui a paru alors la tâche la plus importante de l'accoucheur. Dans toute déviation de cette normalité, on doit s'efforcer, avant tout, de l'y ramener d'une manière simple et douce, pour pouvoir abandonner à la nature l'accomplissement de son œuvre. L'accoucheur ne doit jamais recourir, tout d'abord, à Taccouchement artificiel, c'est cet empressement à opérer qui a si souvent porté préjudice à l'art. 11 pensait qu'il est peu digne d'un professeur de ne pas tenir compte, dans sa clinique, des bornes qui limitent le domaine de l'art et celui de la nature, pour procurer aux élèves l'occasion d'assister à une application du forceps, chez une femme en travail, comme s'il s'agissait d'exercices sur le mannequin, attendu que le but de son enseignement est de montrer aux élèves une pratique rationnelle,

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et de leur mettre clairement sous les yeux les indications ve'ritables de l'intervention de l'art. El. de Siebold connaissait et appréciait, à un haut degré, l'obstétricie dite médicale. L'expérience lui avait appris qu'un grand nombre de troubles et d'obstacles sont de cause essentiellement dynamique, et sont levés bien plus facilement par des médicaments que par une intervention mécanique. Il avait donné toute son attention aux maladies des femmes en travail, et les a longuement exposées dans son traité de gynécologie (t. II, p. 445 et suiv.).

Partout, E. de Siebold cherche à éviter la partialité; ainsi il s'élève contre la trop grande contiance accordée aux remèdes. constatée chez un certain nombre de médecins anglais, confiance qui s'est étendue aussi en Allemagne, et s'y est manifestée d'une manière fâcheuse. Son but principal était d'arriver à une grande simplicité dans le traitement des accouchements : il rejetait le fauteuil obstétrical, bien, qu'aux débuts de sa pratique, il en eût indiqué un ; il apprenait aux femmes à accoucher dans leurs lits. Plus tard, il a imaginé un coussin particulier qui devait faciliter aux parturientes les soins de propreté, à l'accoucheur la pratique des opérations nécessaires, sans changement de position de la femme en travail ; comme ce coussin représentait seulement le siège du fauteuil, il devait avoir pour effet d'introduire l'usage du lit, ce qui arriva en effet. E. de Siebold attachait une grande impciriance à une position convenable donnée à la parturiente, et il a appris à la varier selon les inclinaisons de la matrice, ou les anomalies des contractions. Siebold était opposé aux manœuvres, pratiquées pour engager la tête au moyen delà main ou du levier; l'expérience lui avait appris combien la nature était puissante dans cette œuvre, et combien il était préjudiciable de vouloir se substituer à elle. Toutes le.s présentations, de la lête, du siège, de la face et des pieds, devaient être abandonnées à la nature, si les contractions étaient suffisamment énergiques, l'enfant de grosseur moyenne, le bassin exempt de défectuosités, et s'il ne survenait aucun danger. La grande confiance que Siebold accordait à la nature (dans le sens des doctrines de Roi:r),

ne Ta pas empêché déporter toute son attention à la partie opératoire de l'art, ce qui donna à ses doctrines une faveur extraordinaire, dès l'époque où il commença son enseignement. Siebold a toujours rendu hommage à son maître Osiander, bien qu'il ait combattu, dans ses écrits, sa trop grande prédilection pour l'emploi du forceps.' Il était un maître accompli dans l'exécution de ses opérations, et il cherchait à donner à ses élèves sa sûreté et son élégance dans l'exécution des opérations obstétricales, en tant que ces opérations comportent cette dernière qualité. Il assigna la limite de l'action du forceps, imprima à son instrument une forme très convenable qui le répandit beaucoup (i). On doit regarder comme une amélioration de la méthode d\ipplication, le conseil de ne pas employer toujours le lit eu travers, souvent inutile, et d'appliquer Pinstrument à la femme couchée dans son lit, en se plaçant à côté de celui-ci, il apprenait cette manœuvre à ses élèves, et il leur recommandait de n'appliquer cet instrument que quand la tête se trouvait dans le petit bassin, ou tout au moins engagée dans sa moitié supérieure. Siebold ne rejetait pas complètement la version céphalique, mais l'accoucheur devra bien chercher à connaître d'abord les rapports exacts entre la tête et la capacité pelvienne, et savoir s'il pourra donner à la tète une situation convenable, si elle se trouve assez près de l'oritice, pour pouvoir compter sur le succès de son opération. Siebold ne pouvait admettre, comme Osiander, que la perforation devait être rayée des opérations obstétricales. Pour lui, la perforation est indispensable, quand l'opération césarienne n'est plus indiquée, elle l'est encore, quand il est possible de prévoir que, par la perforation, la mère peut encore être

(!) Ce forceps fut décrit d'abord en i S02 par Andr. Laubreis à VVurtzbourg, puis par l'auteur lui-même dans son journal Lucina^X. I, 2" fasc.,p. 226, pi. III. SiEBOi.i) y adapta un mode de fixation des branches qui rend leur jonction plus facile, tout en leur donnant unegrande solidité, il consiste en un pivot à vis fixe dans la branche mâle qui s'engage dans une encoche de la branche femelle, où celle-ci est fixée par un tour de vis. Ce mode de jonction a été adopté par un grand nombre d'accoucheurs : Stoli.z (th. de Sontag), i853, etTARNiER.

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sauvée, et quand son omission a pour effet, comme toute autre opération, la mort de l'enfant, et meten danger de mort la mère, Sie- BOLD a e'tudié sérieusement la provocation artificielle et prématurée del'accouchementqui, auXIX^siècle, avaitpénétré en Allemagne; cette opération avait été pratiquée quatre fois depuisiSig, deux fois sur une même femme. Il a été le premier (déc. 1820), à faire usage de l'éponge préparée, mode opératoire qu'il devait à son ami Brunnighausen àWurtzbourg, qui, en 1820, lui en donna l'idée après, qu'en 1819 il avait éprouvé des difficultés, dans l'emploi du trocart de Wenzel, en faisant sa première opération. L'emploi de Péponge préparée poursuivi par Kluge, à Berlin, a paru si avantageux, qu'il a été préféré plus tard à tous les autres moyens. Toutefois, Siebold ne s'était pas encore prononcé positivement pour ou contre cette méthode opératoire ; l'expérience n'était pas suffisante pour lui permettre de porter un Jugement définitif, bien qu'il ne se soit pas déclaré l'adversaire de cette opération. Siebold attachait une grande importance au perfectionnement du tact, ce moyen de diagnostic par excellence de l'accoucheur ; et si Siebold ne s'est pas familiarisé avec l'auscultation obstétricale enseignée en France (1822), c'est par la crainte de voir ce nouveau moyen de diagnostic nuire au perfectionnement du toucher. La suite a démontré que, si l'auscultation n'est pas devenue le phare lumineux que Bozzini avait prédit pour lui, Siebold s'était, néanmoins, trompé sur son importance; sa bonne intention doit lui servir d'excuse. L'art doit beaucoup à Siebold pour les progrès qu'il a fait faire, dans le domaine de la gynécologie ; l'occasion que l'accoucheur avait trouvée, lie prendre une connaissance plus profonde de l'organisme féminin, lui a permis de reconnaître la connexion intime entre les maladies des femmes et l'accouchement, et de perfectionner l'exploration nécessaire à leur découverte, exploration, avec laquelle les accoucheurs sont particulièrement familiarisés ; conduit ainsi à étudier d'une manière spéciale les maladies des femmes, il les traita avec grand succès. Les écrits qu'il a consacrés à cette partie delà science ont été accueillis partout avec le

plus vif empressement, surtout ses conseils pour le traitement des polypes, dont il faisait Tablation, moyennant l'instrument tranchant (il avait mC-me imaginé, à cet effet, une forme spéciale de ciseaux). Ce mode de traitement a été généralement adopté, ainsi que celui des déviations utérines au moyen d'épongés, de préférence aux pessaires. Il s'est aussi occupé du cancer utérin (il a fait deux fois l'extirpation totale de Putérus carcinomateux). il a accordé la plus sérieuse attention à cette affreuse maladie, au moins, pour prévenir cette terrible affection, dont la fréquence semble augmenter de plus en plus. Les nombreux écrits de Siebold sont un témoignage de son infatigable ardeur pour Tobstétricie et pour son développement. De nombreux élèves gardent un souvenir reconnaissant de leur ancien maître de Wurtzbourg et de Berlin ; la science conserve le nom de Siebold, qui a pris une part si active à ses progrès.

Obs. — Les écrits de Siebold sont les suivants, par ordre chronologique :

* Diss. inaug. medico-obstetricia sistens diagnosin conceptio- Jiis et graviditatis sœpe dubiam. Quam prœside C. C. Siebold, die III octobr. 1798, publiée propugnabit auct. et respond. A. El. Siebold. Wirceb., in-4''.

* Ein paar Worte an meine Herrn Zuhorer iïber einige Gegenstaende der Gebiirtshïdfc (Quelques mots à mes auditeurs sur des points d'obstétricie). Wurz., 1799, in-8°.

* Ueber praktischen Unterricht inder Entbindungskiinst nebst einer systematischen Uebersicht seiner praktischen Uebnngen am Phantome.Ninnh., i8o3, in-S" (Sur l'enseignement pratique de l'art des accouchements avec une revue systématique de ses exercices sur le mannequin). En i8o3, le libraire fit faire un nouveau titre pour les exemplaires qu'il possédait encore, avec l'indication de : « deuxièrne édition (non modifiée »).

* Lehrbuch der theoretisch-praktischen Entbindungskunde \iiseinen Vorlesungen entworfen (Traité d'ace, théor. et prat. comme programme de ses leçons). T. I. Théorie. Leipz., i8o3. T. II, Pratique, ibid. 1804. * 2* éd. corrig. T. I. Leipz., 1808. T. IL Nurnb. 1810. * 3* éd. avecindic. bibliogr. T. L, Nurnb., i8i2.'T. II, ibid. 1821. * 4'' éd. T. I. Nurnb, 1824.

* Abhandl^ ïiber den neuen von ihm er/undenen Geburtsstiihl. M. K. (Sur un nouveau fauteuil obstétrical), av. pi. Weim., 1804.

* Ueber Zweck itnd Organisation der Klinik in einer Entbin-

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dungsAnstalt. Progr. zur Eroeftnung der klin Schule in der neuen Entbindungs-Anstalt zu Wûrzburg. Bainb. et Wûrzb. 1806, in-4" (But et organisation de la clinique dans une maternité. Disc, d'ouvert, de la clin, dans la nouvelle maternité).

* Annalen der Klinischen Schule an der Entbindungs-Anstalt ^u Wiir^b., t. I. Leipz., 1806 (Annales de la clinique obst. de W. qui furent réunies plus tard à la Liicina de l'auteur).

* Lehrbuch der Hebanimenkunst als Leitfaden lum Unterricht fiir Hebammen und ^ur Belehrung der Miltter (Traité de l'art des accouchements pour l'instruction des sages-femmes et celle des mères. Programme de son cours). Wûrzb., 1808, in-80. * 2^ éd. corr. et augm., i8i3. * 3^ éd. augm. av. pi. 1819. * 4* éd. rev. et augm., 1822. * 5^ éd. (après la mort de l'auteur, soignée par son tils Ed. C. J. de Siebold, i83 i . * 6^ éd., i838, in-8°).

* Geschchite der Hebammen-Schule :{U Wilr:^b. Prog. :^ur offentl. Priifungu. Preisvertheil. an der Hebammen Schule {Hhx. de l'école des sages-femmes de Wûrzb. Disc, à l'occasion de l'examen pnjblic, et de la distribution des prix. Wûrzb., 1810, in-4°.

* Handbuch ■{ur Erkenntniss und Heilung der Fraueni'immer- Krankheiten (Manuel de diagnostic et de traitement des maladies des femmes). 2 vol. (le 2^ en 2 part.), 1. 1. Généralités et malad. non puerpér. Frankf.. 1 J : i . T. II, i et 2 sect. Mal. desf. enceintes et des f. accouchées). PYankf., 181 5 (du 2^ vol., 3* section, 1826, formant un Z" vol.Trad. en hollandais par Gaaswijk. 4 part. in-8°. Amst.), 1822-1827 (Les mal. des f. accouchées (trad. par G. J. VAN Epen).

* Ueber die Graen-en der Natur und Kunst in Be\iehung auf das Nachgeburtsgeschàft. Progr. Wurz., 1814, in-8" (Les limites de la nature et de l'art dans la délivrance).

* De Paediometro Commentarius quo ad audiend. Oration, in dedicando instituto regio obstetric. clinic. univ. Berolinens. invitât, c. tab. aen. Berol., 18 18, in-4°.

* Oratio ad inaugurandum institut, obstetric. Berol., i Mail 1818, habita., Berol., 1818, in-4^

* Ueber ein bequemes und einfaches Kissen \ur Erleichterung der Gebiirt und Geburtshillfe. M. K. Berlin, 18 18 (Sur un coussin simple et commode pour les parturientes et les accoucheurs, av. pi ). * 2* éd. augm., 18 ig.

* Ueber deu Gebdrmutterkrebs, dessen Entstehung und Verhulung (Du cancer utérin, son mode de production et sa prophylaxie). Berol., 1824, in-8°.

* Darstell. des Kindbctterfiebers , Frankf. M., 1826, in-8° (Tableau de la fièvre puerpérale) L'épidémie, observée en 1825 dans la maternité de Berlin, donna lieu à ce travail.

* Ausjuhrliche Beschreibung der Heilquellen ^u Kissingen und ihrer Wirkungen. besonders bei Frauen\immerkrankheiten

nebst emer gleich\eitigen Abhandliing iïber die ■:[iLm Bchuf der Nachkur wichtifçen Qiiellen :{u Bocklet iind Briickenau. Berl., 1828, in-8° (Descrip. compl. des sources de Kissingen, et de leur efficacité, spécialement dans le traitement des maladies des femmes, avec la description des sources de Boklet et Bruckenau, pour le traitement consécutif (dernier travail de l'auteur, qui, en faisant connaître les qualités des eaux de Kissingen, a rendu de si grands services au nord de l'Allemagne).

En dehors des écrits nommés ci-dessus, il y en a beaucoup d'autres dans les journaux spéciaux qu'il a fondés, et qui ont été continués après sa mort: * Lucina, écrit périodique consacré aux progrès de l'obstétricie, t. 1-1 V, Leipz., 1802- 1808; V-VI, Marb., i8og-i8i i. Comme suite à ce journal, il fonda * journal Jlir Gebiirtshuîfe ^ Fratien^imtner iind Kinderkhciten (Journal d'obstétricie, de gynécologie et des maladies des enfants, in-8° Frankf. a M., 181 3-1828 (à dater du 6® vol. continué par son fils, E. C. J. DE Siebold) ; à dater du 14* vol. publ. à Leipz. et terminéau ij^vol. attendu que l'éditeur, fonda, en 1837, en collaboration avec BuscH et d^Outrepont la Neue Zeistchriftfur Geburtskunde; et avec Ritgen, à dater du 7*' vol.

* A ce journal succéda la Monatschrift f. Geb. qui cessa en 1869, avec le 84^ vol., remplacé depuis 1870, par « Archiv. f.Gynaekol. qui en est aujourd'hui au t. XXXVIII. La Ze//5c/îrî/'?/»r Ge^., commencée en 1876, le Centralbl. qui constituent les précieux répertoires des travaux d'obstétricie en Allemagne. Siebold peut être regardé, sinon comme le véritable créateur,du moins comme un des fondateurs, de ce journalisme obstétrical allemand si important pour la science. (F. -J. H.)

Sur éloge de Siebold, comme professeur de clinique obstétricale à Berlin, voy. * Ed. C. J. de Siebold, Die Einrichreng der Entbindiingsatisanstalt an der k. Univ. in Berlin, nebst einem. Ueberbliche der Leistungen derselben seit dem Jahre., 18 17. Berl., 1827, in-8° (Organisation de la Maternité de l'univ. r. de Berlin, services qu'elle a rendus depuis 1 8 1 7).

§ 219. — Justus Heinrich Wigand.

Les efforts et les travaux, auxquels se livra, avec une grande ardeur, Just. Henry Wigand, pour ramener l'obstétricie à une tendance plus conforme à la nature, sont très importants, et ont exercé une grande influence. Né à Revel, en Esthonie, à l'entrée

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du golfe de Finlande, le i3 sept. 1769, il se rendit, en 1788, à l'université de léna, où il s'occupa d'accouchements, sous la direction de Starck. Il continua ses études à Erlangen, où il fut particulièrement favorisépar la bienveillante sympathie de J. Ph. J. RuDOLPH (mort en 1797), qui enseignait les accouchements, et sous la direction duquel, il se perfectionna spécialement dans la partie opératoire, et où les occasions de l'étudier étaient nombreuses. Il fut reçu docteur à Erlangen, mais pensant ne pas devoir s'établir dans sa patrie, en raison d'une correspondance pénible, qu'il eut avec un de ses examinateurs de Saint- Pétersbourg, il se rendit à Hambourg pour s'établir dans cette ville comme médecin praticien et accoucheur, peu de temps auparavant, étaientmorts deux accoucheurs ti es aimés du public. "WiGAND eut beaucoup de bonheur et de succès dans sa pratique, et bientôt il fut le médecinpréféré du public, qui avait l'habitude d"'appeler l'accoucheur, non seulement dans les cas difficiles, mais aussi dans les accouchements normaux, ce qui lui fournit l'occasion d'étudier et de connaître l'œuvre de la nature, ce qu'il n'avait pu faire complètement jusqu'alors, et de se familiariser avec les exigeances de la pratique, pour donner à celle-ci une forme plus douce et plus parfaite. Les soins de sa santé lui ont fait quitter Hambourg en 18 14, pour chercher, au sud de l'Allemagne, un climat meilleur, dont il espérait une influence salutaire : il était atteint d'une affection rhumatismale, et d'une maladie sérieuse du larynx. Il habitait alternativement Heidelberg, Schwetzingen et Mannheim, c'est dans cette dernière ville, qu'il s'était fixé, comme médecin, consacrant son temps à la pratique et surtout à ses travaux, et à ses relations avec son excellent ami Naegele, qui vivait en communion d'idées avec lui, et qui fut chargé de la publication de ses travaux, que sa santé, de plus en plus ébranlée, ne lui permit pas de terminer. Il mourut le 10 fév. 1817, à l'âge de 47 ans et 4 mois, enlevé trop tôt à la science et aux services qu'il rendait à l'humanité.

Obs. —Voy. la notice intéressante, sur la vie deWiOAND, écrite

par Naegele comme préface de son livre : « Die Geburt des Menschen ». La préface de l'auteur renferme aussi quelques détails sur son développement scientifique, et ses principes d'obstétrique.

I 220. — Mérites de Wigand en obstélricie.

WiGAND arriva, au moment où les doctrines de Levret et de Stein étaient généralement prépondérantes, et ou la partie opératoire de l'art était placée en première ligne. Les maîtres de Wigand, Starck et Rudolph (à Erlangen) étaient de fervents partisans de ces doctrines, et, suivant le témoignage même de leur disciple (préface p. xviii), il se sentait peu disposé à combler la lacune, ouverte à Hambourg, par la mort des deux accoucheurs, dont nous avons parlé plus haut ; mais les conseils de plusieurs amis et médecins lui persuadèrent, d'essayer au moins, de pratiquer les accouchements. Wigand entra avec beaucoup de zèle dans la voie tracée devant lui, et les succès de ses débuts le décidèrent à se livrer aux accouchements, dans la limite de ses forces. Son but principal fut de se faire une idée exacte des phénomènes qui se présentent dans l'accouchement normal ; il voyait là le fondement solide, sur lequel pourrait reposer un système, et où l'on pourrait construire l'art de conserver et de sauver en obstétricie; il s'efforça, enconséquence, de trouver les lois dynamiques, au moyen desquelles la nature fait agir les organes qui fonctionnent dans l'accouchement. C'est par cette voie seule, par la détermination de ces règles, disait-il, qu'on peut arriver à savoir ce qui est anormal, et comment il faut y aider. L'intervention hâtive de l'art, l'emploi fréquent des instruments, de méthodes cruelles et insensées devaient exciter Wigand à faire ces recherches, qui ont été l'occupation constante de toute sa vie. Tout ce qui tombe dans le domaine de l'observation doit être utilisé par l'accoucheur. Toute la durée de la grossesse, même les grossesses antérieures, l'accouchement et la puerpéralité qui

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ont suivi, doivent être pris en considération, et avoir été bien observés car, dans les cas difficiles, ils facilitent le diagnostic et le pronostic. Établir le diagnostic avec précision et certitude est, pour l'accoucheur, l'œuvre la plus importante, il guide dans le choix des moyens, et préserve l'accoucheur des fautes. Les formes extérieures appréciables, les contours de la région pelvienne, les déviations de la colonne vertébrale, la conformation des cuisses, des jambes et des bras sont de la plus haute importance, pour apprécier la capacité pelvienne; non moins importante est la forme du corps de la femme enceinte, Wigand a appris à les apprécier, de façon à arriver aux résultats les plus utiles. WiGAND a appelé, avec une grande perspicacité, l'attention sur les manifestations nombreuses, appréciables à la matrice, au col, et au fond de l'organe, et il a mis en relief les alternances de contraction, dans ces régions, dans les diverses variétés de coniraciions et de spasme. Les phénomènes qu'on peut remarquer dans la sécrétion vaginale, dans la forme de la poche, dans la partie f(etale qui se présente, les modifications du vagin, de la vulve, du périnée, du rectum, et même dans les parties éloignées, dans les efforts d'expulsion, dans la poitrine, etc., ont été soumis à un examen rigoureux qui apprend comment la nature s'aide dans les cas normaux et anormaux, et qui indiquent seuls la véritable voie pour une intervention. Un des grands mérites de WiGANDCst d'avoir démontré que, dans un grand nombre d'accouchements anormaux, qui ordinairement imposent l'intervention de l'art, les remèdes efficaces n'ont pas consisté en des moyens mécaniques, mais en des moyens dynamiques, en une modification des forces expulsives de l'utérus, qui, quelquefois, sont altérées dans leur modalité, et qui sont la cause essentielle du trouble de la fonction, ou qui rendent quelquefois l'intervention opératoire très difficile. Wigano s'était imposé la tâche d'apprendre à traiter ces états par l'hygiène, et les moyens pharmaceutiques. Un état de pléthore lymphatique ou sanguine, le rhumatisme utérin, les crampes de cet organe, etc. peuvent être une cause de dystocie qui réclame l'intervention du médecin, plutôt que

celle du chirurgien accoucheur. C'est par ces motifs, que Wigand insiste particulièrement pour que chaque accoucheur soit, en même temps, un médecin habile, instruit, non seulement dans la mécanique, mais aussi dans la dynamique de l'art. « Il faui incomparablemeni plus d''art et plus d'habileté (dit-il, ce sont ses propres paroles) pour faire usage de médicaments appropriés, pour indiquer à la parturiente la situation la plus convenable, pour faire des manipulations légères et sans douleur, pour prévenir une opération difficile et pénible, ou pour la préparer de façon à ce qu'elle puisse être pratiquée aisément et sans grande douleur pour la mère et pour l'enfant, que pour entrer en conflit, à la sueur de son front, avec l'utérus et les voies génitales, et n'arriver à en être vainqueur, qu'au prix d'un grave préjudice pour la mère ou pour l'enfant ». L'œuvre de Wigand a été de fonder une obstétricie médicale plus rationnelle que celle qui existait : sa doctrine fut mise à profit par les accoucheurs qui lui succédèrent ; il ne faut pas oublier de mentionner ici J. Ant. ScHMiDTMULLER, profcsscur d'accouchcments à Landshut, qui publia, déjà en 1809, un traité d'obstétricie médicale, en deux volumes. La sollicitude de Wigand s'est étendue aussià la partie opératoire de l'art, il chercha, pour la version, une méthode opératoire exempte d'efforts, qui consiste à changer la situation anormale du foetus, au moyen de manœuvres externes exercées sur la matrice, à travers les parois de l'abdomen, aidées par une situation latérale donnée à la femme, et par des contre-pressions exercées, par des coussins solides, sur les côtés du bas-ventre, afin de faire ainsi la version sur la tête ou sur les pieds, suivant les indications, et, par là, rendre inutiles les manœuvres de la version interne, qui sont souvent dangereuses. Ce mode opératoire, que RuEFF avait déjà indiqué partiellement autrefois (voy. I 32), est entré dans la médecine opératoire obstétricale sous la dénomination, de « méthode de version de Wigand ». Dans le chapitre consacré à la version céphalique. Wigand a aussi donné quelques conseils pour l'opération césarienne ; après que l'extraction du fœtus est faite, il recommande d'exciter les contrac-

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tions énergiques de l'utérus, en pratiquant, sur l'organe, des frictions, qui ont pour effet de le rendre moins volumineux, et de l'amener, par des pressions, dans la cavité pelvienne, par ce moyen, l'ouverture utérine doit devenir moins béante. Il conseille de ne pas extraire le délivre par la plaie utérine, après l'opération césarienne, mais de diriger le cordon par l'orifice utérin dans le vagin, pour l'extraire par la voie normale.

Les conseils de Wigand, pour la délivrance (i8o3), sont précieux, il n'a pas peu contribué à donner, pourladoctrine, des principes meilleurs ayant trait à ce temps si difficile de l'accouchement. Le perforateur courbe, en fer de lance, à gaine, imaginé parWicAND a été accueilli froidement par les accoucheurs, et ne se trouve plus que dans l'arsenal historique. Mais Wigand occupe un rang élevé parmi les accoucheurs qui, dans les premières années du siècle, se sont efforcés d'introduire plus de douceur et d'humanité dans l'obstétricie ; il a le mérite d'avoir basé solidement ses conseils sur l'observation de la nature. La science lui conserve, pour les temps futurs son souvenir reconnaissant.

Obs. I. — Les écrits de Wigand sont :

* Diss. inaug. med. de noxa fasciarum infantum imprimis qiioad genitalia. Erlang., i7g3,in-8°.

* Beitraege ^ur theoret. iind pract. Gebiirtshuelfe iind, ^iir Kenntniss iind Kur einiger Kinderkratikh. (Contrib. à l'obst, théor, et prat., au diagn. et au trait, de quelques mal. d'enf.). Hamb., i fasc, 1798, 2* fasc, 1800, S'^ fasc, 1808, in-80.

* Einige Worte an den H. prof. Osiander in Goett. (Quelques mots à M. le prof. Os. à Goett.). Hamb., 1801 (Contre l'analvse faite par le Prof. O. du 2° fasc, publiée dans ses Annal,, t. IL Goett., 1801 , p. 145.

* Vo7î den Ursachen iind der Behandlung der Nachgeburts:[ogerungen (Sur les causes et le traitement des rét. du placenta). Hamb. i8o3.

* Ueber Gebàrstiihle und Gebiirtslagen, M.K. (Fauteuils et lits pour l'accouch.) avec pi., Hamb., 1806, in-S'.

* Hambiirgisches Magasin fur die Geburtshiilfe ( Magasin de Hamb, p. les ace), t. 1, i fasc. Hamb., 1807, 2^ fasc, 1808, in-8° (avec la collaboration de J. J. Gumbrecht, t. II, i fasc, 18 10, in-8°, par Wigand seul. Gumbrecht, depuis 1800, Priv. doc. a Gôtt. depuis 1806, accoucheur à Hambourg, atteint d'une

affection incurable de la moelle, se retira à Hanovre, où il succomba le i«'' janvier i838. \^QMaga\in renferme un grand nombre d'articles très précieux de Wigand.

* Drei dcn medi:{. Facultàten :{u Paris un d Berlin \ur Prilfung ubergegebene gebiirtshiilfliche Abhandlungen. M. K. Hamb., 1812, in-4°^Trois me'moires d'obstétrique soumis à l'approbation des Facultés de médecine de Paris et de Berlin). [Sur V opération césarienne, un nouveau pelvimètre, et une nouvelle méthode de pratiquer la version), 2^ éd. (de la version seulement) dans^;2tzlektenf. Geburtsh.Leipz.^ i849,in-8o, t. I, p. 362.Trad.en français par F.-J. Herrgott « De la version par manœuvres ex ternes, et de Vextractioti par les pieds ^k Pariset Strasb., 1857, in-8''.

* Die Gcburt des Maenschen in physiologisch dietetischer und pathologisch-therapeutischer Be^iehung grostentheils nach eigenen Beobachtungen und Versuchen dargestellt (La naissance de l'homme, au point de vue de la physiologie, de l'hygiène, de la pathologie et de la thérapeutique, d'après des observations et essais personnels), publ., après la mort de l'auteur, par Fr. C. Naegele 2 vol., Berlin, 1820, in-8'>. 2'^ éd. soignée par Rob. Froriep, Berl., i vol. 1839. La liste complète des publications de Wigand se trouve t. II, p. lui; et p. xlix de la 2^ éd.

Obs. IL — L'accoucheur distingué Schmidtmueller, dont il a été parlé plus haut, était, depuis i8o5, professeur d'accouchements et de médecine légale à Landshut, où il avait fondé une maternité qui, à peu de frais, put être portée à un grand état de perfection.

Déjà, en 1801, il avait soutenu une dissertation : « Conspectus politiœ obstetriciœ » pro facultate docendi, et publié plus tard : « Jahrbuch der Geburtshiilfe oder kritische Uebersichi der Literatur und des Standes der Geburtshulfe » (Journal d'obstétricie ou revue critique de la littérature et de l'état de l'art des accouchements) de 1801-1806, i pet. vol. Erlang., 1807, in-8°. En 1809, parut son n* Handb. der medi^in. Geburtsh. ■{ur Grundlage bei academ. Vorles. und ^vm Gebranche fur angehende pract. Aer:{te (Manuel d'obstétricie médicale, programme de ses cours, et guide des jeunes accoucheurs). Frankf. a M., 1809, in-8° (La première partie contient les maladies des femmes enceintes et en travail, la seconde, les maladies des femmes accouchées et des enfants nouveau-nés (celle-ci a paru en 181 2, après la mort de l'auteur). Dans le domaine de la médecine légale, Schmidtmueller a un nom considéré ; il mourut le 7 mai 1809, à Tâge de 33 ans, voy. sa biographie dans la Galette médico-chirurgicale de Salzburg, 1810, 2^ vol., p. 238.

DEPUIS LA FIN DU XVIII® SIECLE JUSQU'a 1845 565

22 1. — Willi. Jos. Schmitt,

Au commencement du XIX^ siècle,WiLH. Jos. Schmitt, depuis j 796, professeur d'accouchements et directeur de la maternité de l'acade'mie r. imp. Joseph, à "Vienne, sut, même à côté de Boer, acquérir de grands mérites pour le perfectionnement de l'art. Bien que cette maternité datât de l'établissement de l'académie, elle n'avait été organisée, comme établissement d'instruction et comme une clinique obstétricale universitaire, que depuis un an; elle était destinée particulièrement aux femmes enceintes des militaires, et à l'instruction des élèves et des sages-femmes. Schmitt était un élève de C. C. Siebold de Wurtzbourg (1781- 1783), il- avait reçu une instruction médicale distinguée, et, à l'exemple de Roederer, il chercha à démontrer que l'obstétricie ne pouvait accomplir pleinement sa tâche, que si elle se considérait comme une branche de l'art de guérir, et participait à tous ses progrès. SMl n'en est pas ainsi, elle ne forme plus, pour Schmitt, qu'une branche arrachée du tronc, et transplantée, qui, entre des mains indignes,, conduit Jusqu'au métier. Les efforts de Schmitt tendaient à préserver l'obstétricie de cette triste déchéance. Il réunissait, aux connaissances pratiques fondamentales, une profonde érudition et, entre ses mains, l'obstétricie prit une forme qui révélait une grande capacité et la véritable vocation du maître.

Partant du principe, que l'art devait s'adapter à la nature et à la servir sans la dominer, il chercha à mettre partout en relief les œuvres de cette grande maîtresse, età apprendre à avoir pour elle la plus haute considération. A l'appui de son savoir, il possédait ungrandtalentde parole, et c'est sous une forme attrayante qu'il exposait ses doctrines, de vive voix, et par ses écrits à ses élèves età ses lecteurs, avantage que Boer ne possédait pas. Il avait appris les doctrines, des anciens par une lecture attentive

de leurs écrits : son travail si remarquable sur de la Motte en est la preuve (i), ses connaissances se basent partout sur le terrain historique, mais toujours aussi on y trouve ses observations personnelles et l'empreinte des progrès. Il n'avait aucun dédainpour l'art véritable, mais partout il cherche à prévenir ses abus, surtout Pemploi trop fréquent du forceps, comme on peut le voir dans son travail « sur la valeur du forceps », dont il chercha à régler l'emploi d'une façon convenable. Son mérite est d'avoir démontré que, pour faire usage de cet instrument, il ne faut aucun dérangement (changement de position, de la parturiente lit en travers), et qu'un accoucheur habile doit savoir appliquer le forceps chez une femme couchée dans son lit ordinaire, conseil écouté aujourd'hui par tout le monde. En général, il cherchait à enseigner la plus grande simplicité dans le traitement de Taccouchement; et il s'élève contre tous les fauteuils et autres appareils. Mais, de premier ordre, est son mémoire sur les grossesses douteuses, et sur la manière d'explorer, qui rend les plus signalés services aux jeunes accoucheurs. 11 appréciait au plus haut degré le tact et les moyens de l'exercer; par le toucher seul, l'accoucheur apprend à bien observer. Il communiqua, dans le travail sur les grossesses douteuses, un grand nombre de cas tirés de sa pratique si riche, oii la grossesse avait été méconnue, ou supposée alors qu'elle n'avait pas existé. Le chapitre consacré par les auteurs aux grossesses douteuses doit énormément à ce travail. Il accorda aussi une grande attention au mécanisme de l'accouchement, et il fait remarquer le mouvement en spirale qu'exécute l'enfant en naissant, et dont rien n'explique la cause; il pense en trouver la raison dans les lois organiques, le mouvement en spirale est un type, suivant lequel se meut l'enfant, en totalité, pendant l'accouchement, que ce soit telle partie ou telle

(i) (II, p. i68.) C'est par cette étude si consciencieuse du vieux maître français que El. de Siebold commence son Nouveau journal, pour donner, par ce premier numéro, un spécimen des travaux qu'il devra renfermer; on y lit entre autres ces paroles : «celui qui ne connaît que le présent ne peut apprécier l'originalité des choses nouvelles ». (F.-J. H.)

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autrequi s'engage lapremière, il a lieu pendanttout lepassage(i).

Les changements spontanés de présentation qui se produisent pendant l'accouchement (Denman et autres), dont la possibilité réside dans la grandeur de l'espace intra-utérin, avaient motivé le conseil fondé de ne pas faire la rupture prématurée de la poche, quand des présentations anormales du fœtus, qui ont lieu, indiquent la version ; il conseille de ne pas entreprendre cette opération avant que la totalité du liquide amniotique soit écoulée, si les circonstances permettent d'attendre: Les doctrines de ScHMiTT, sur l'indispensable nécessité de la perforation en obstétricie, révèlent un praticien éminent qui sait assigner sa place à chaque opération. Il a le mérite d'avoir appelé l'attention sur une atrésieparticulière de l'oritice utérin, qui consiste en une agglutination de Torifice externe, qu'il appelle « conglutinatio organica », et qui peut être détruite facilement avec Tindex ou une sonde de femme. Schmitt est aussi l'auteur d'un travail remarquable, dans le domaine médico-légal, sur l'épreuve du poumon, moyennant l'eau (docimasie pulmonaire). Il a fait un grand nombre d'expérimentations pour en déterminer la valeur, au point de vue médico-légal. Très importantes aussi sont, à ce point de vue, ses recherches sur les lésions du crâne, dépressions ou plaies des enfants nouveau-nés (i8i3). Les conclusions de ce travail ont été adoptées avec d'autant plus d'empressement, que l'expérience ne tarda pas à en démontrer la Justesse,

L'instruction variée de, Schmitt l'a conduit aussi dans le domaine de la chirurgie, où, dans une composition sur un sujet mis au concours pour un prix; il a déterminé le meilleur traitement des plaies par armes à feu. Ce qu'il a fait pour l'obstétricie lui assure, pour toutes les époques, un honorable souvenir. Il a travaillé dignement et raisonnablement à améliorer la pratique des accouchements, et à la diriger dans une voie meilleure, en indiquant les moyens d'y progresser. Il était né à Lorch, sur le Rhin,

(i) L'étude plus parfaite de tous les diamètres du bassin, aux diverses hauteurs du canal pelvien, a donné de ce mouvement une explication plus satisfaisante. (F.-.I. II.)

le 10 août I 760, et il est mort le 3 juin 1827 àOberdoebling, près de Vienne, où il avait passé les dernières années de sa vie.

Obs. — Les écrits d'obstétrique de Schmitt sont les suivants :

* Gebiirtshulfl. Ffagmente, m. K.Wien, 1804 (Fragm. d'obst. av. fig.).

* Sammliing ^xveifelhafter Schiuangerschaftsf'àlle ncbst einer kritischen Einleitung iiber die Méthode des Untej^siichens^ ■{iim Gebrauchefiir angehende Geburîshelfer.Wien, 18 18, in-8°.

Trad. par M. le D"" J. A. Stoltz (Recueil d'observations sur des cas de grossesses douteuses précédé d'une introduction critique sur la manière d'explorer). Strasb., 182g.

* Gesammelte obsteîricische Sclu^iften mit Zusaet:[e?î und einetn Anhange iibe)' den }ierrsche?ideii Lehrbegriff der Einsackung des MutterkuclwJis (Collection des mémoires d'obstétricie avec suppléments, et un appendice sur les idées régnantes sur l'enkystement du placenta). Wien, 1820, in-8° (ces mémoires se trouvaient épars dans les journaux de Siebold et de Harless, ainsi que dans les ôstreich. med. Jahrb. des années 1809-1 8 17). Les compte rendus complets, si instructifs, de la clinique, de 1795 à 1820, écrits par l'aut., se trouvent dans la Sal:[b.med. chir. Zeit., 1798, 3^ V., 1800, 3M\, 1802, 3<= v., 1804, 40 V., 1807, i"v., 1809, !«'■ V., 181 1, I*' vol., i8i3, i"vol., i8i5, 2« V., 1817, 2" v.,

1819, I^r vol., 182I, 2"= V.

Nous mentionnons le travail de gynécologie suivant, qui est important : * Bemei'kungen und Ej^fahrungen iieber die Zuruckbeiigung der Gebàrmutter bei Nichtschwangeren, nebst einigen Bemerkungen iiber die Voripàrtsbeugiing. Wien. 1820. (Rem. et obs. sur la rétroversion utérine chez les f. non enceintes et sur l'antéversion).

Nous devons mentionner encore : * Neue Versuche und Er/ahrungen ueber die Plouquet' sche und hydrostatische Lungenprobe. Wien, 1806, in 8"^ (Nouvelles expérimentations et obs. sur la docimasie pulm.). * Beleuchtung einiger au/ die gerichtliche Beurtheilung der Kopfverlet-{ungen neugeborner Kinder sicli be^:[iehender Fragepunkte durch \ivei belehrende Geburts/àlle (Èclàlrcïss. sur l'appréc. médico-légale des lésions de la tête chez les nouveau-nés, observées dans deux accouchements très instructifs). Ext. des Mém. de la Soc. médic.d''Erlan~ gen avec pi. Niirnb., 181 3, in-4".

Des mémoires, sur quelques points d'obstétricie, se trouvent encore dans les journaux suivants : * Med. Jahrb. des Oestr. Staates, t. VI, 4^ fasc. Wien, 182 1, in-80, p. 32. Sur V écoulement prématuré des eaux et V accouchemetit sec. * Rhein. Jahrb. fiier med. II. C/nV.,voN Chr. Fr. Harless, t. III, i fasc. Bonn, 18 12, in-S", p. 18. Sur la grossesse molaire hydatique, p. 44, et sur

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la version spontanée . Dans Heidelb. Klin. Annalen,\. I. Heidelb., 1825, in-8°, p. 63. « Sur la nécessité indispensable de la perforation et le danger de lui substituer le forceps », p. 537. « Choix d'obs. clin., où se trouve le mémoire sur la conglutination de l'orifice utérin.

§ 222. — Traités systématiques d'obstétricie. Ad. Fr. Nolde. Lud. Fr. v. Froriep. Fr. H. Martens. Joh. Chr.

Ebermaier.

Les progrès réalisés par l'obstétricie, au commencement du XIX* siècle, avaient fait sentir, de plus en plus, le besoin d'une forme convenable, pour mieux exposer. etpouvoirplusfacilement enseigner ses doctrines. Déjà, en 1 801, Adolphe Freder. Nolde, professeur à Rostock, plus tard à Brunswick, puis à Halle, avait publié un plan d'un exposé systématique, et dit que cette branche devait être divisée en trois parties : la première comprenant l'anatomie et la physiologie, la seconde la pathologie et la séméiologie, et la troisième la pratique de Tart. Cette esquisse est bien réussie, et n'a pas été sans influence, à son époque. Nolde a poursuivi son travail, et, en 1 808, il publia une critique des systèmes des accoucheurs allemands contemporains depuis le commencement du siècle, travail impartial, dans lequel il soumet leurs travaux à un examen critique, et où il signale même les défectuosités de son propre travail. Dans un troisième mémoire, il chercha à déterminer les limites entre la nature et l'art, en obstétricie, et à trouver un moyen terme entre les deux écoles, qui, à cette époque, se partageaient les accoucheurs. Ses écrits se distinguent par leur clarté et leur précision, ils révèlent, chez l'auteur, de grandes connaissances, et un homme dévoué aux progrès de la science. Il a beaucoup de mérite pour avoir réorganisé l'art des accouchements, dans le duché de Brunswick, où pendant 4 années (1806-18 10), il fut professeur et directeur de la maternité. Ses contemporains le représentent comme un professeur

aimé et cligne de l'être, et comme un médecin réfléchi et heureux. 11 est bien regrettable qu'une mort prématurée ait mis tin à sa vie à la fleur de l'âge.

Le premier essai d'un exposé complet de l'obstéiricie, suivant un ordre rationnel, fut fait, en 1802, par Ludw. Frieder. Fro- RiEP d'Iéna. Après avoir achevé ses études dans cette ville, et reçu le diplôme de docteur en 1799, il passa 10 mois à Vienne pour se perfectionner sousBoer ; en 1 800, il fut nomméprofesseur d'accouchements et sous-directeur de la maternité à léna. Fro- RiEP a exposé succinctement et très clairement les principes de l'art, dans son livre destiné à servir de programme à ses cours ; le maître se chargeait d'en combler oralement les lacunes, et de donner les éclaircissements nécessaires sur les sujets qui n'étaient que simplement indiqués. Ce livre contient une bibliographie très riche, et il est encore très recherché aujourd'hui; il a eu un grand succès, plusieurs éditions se sont succédé très rapidement ; plusieurs accoucheurs très renommés (Naegele, d^Outre- PONT, Busch), l'ont honoré de leur faveur et ont indiquédes améliorations à y faire (voy. la préface desdiverses éditions). En i832 parut encore une nouvelle édition (la 9*^). Quoique, depuis 18 14, l'auteur se fut retiré de l'enseignement, la faveur s'était soutenue, bien que, dans les dernières éditions, le livre n'ait plus été au niveau des découvertes récentes, que l'auteur n'avait pu suivre, puisque les circonstances de sa vie l'avaient éloigné de la pratique. Froriep a pris une part active à l'établissement de la maternité de Halle, sous Loder (1804), il en a eu la direction depuis 1804 à 1806, et de celle de Tubingue, de 1808 à 1814, dont il améliora les dispositions, et où il enseigna l'anatomie et la chirurgie. Moins heureux fut l'essai d'un système complet d'obstétricie que, tenta d'après un nouveau plan, Fr. Heim. Martens, méd. prat. et accoucheur à Leipzig, plus tard (1804), professeur d'accouchements à léna.

Il laissa de côté complètement les sciences auxiliaires : l'anatomie et la physiologie, et divisa l'obstéiricie en séméiotique, pathologie, thérapeutique et histoire. Quanta ses principes, il cher-

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cha à suivre la voie moyenne entre les doctrines de Boer et celles d'OsiANDER, mais il se perd souvent dans des contradictions, traite plusieurs sujets d'une haute importance avec une regrettable concision, trop longuement des sujetsdemoindreimportance, si bien que l'ensemble de son essai peut être regardé comme malheureux. Bien meilleur est le manuel d'accouchements de JoH. Chr. Ebermaier, e]ui fait partie d'une encyclopédie de médecine pratique, qu'il composa en collaboration avec Georges WiLH. GoNSBRUCH, pour Ics médccius et chirurgiens praticiens (i8o5). Cet écrit comprend tout ce qu'un accoucheur praticien a besoin desavoir; le livre est clair, disposé dans un ordre facile à suivre ; malgré sa concision, il est aussi complet que possible. Les découvertes nouvelles, qui ont enrichi la science, s'y trouvent, ainsi qu'une bibliographie choisie, à la tin de chaque chapitre (comme dans le livre de Froriep). Quant aux principes, l'auteur est un ardent défenseur de Tintervention instrumentale, toutefois, dans les cas difficiles et irréguliers, il accorda à la nature unegrande confiance. Accoucheur livré à la pratique, il en a connu les besoins, et il donne partout des conseils justes aux praticiens, pour lesquels le livre a été écrit. Dix ans après la publication de son livre, il dut en publier une seconde édition qui fut mise au courant des progrès de la science.

Obs. I. — Ad. Frieder. Nolde est né à Nouv. Strelitz (Meklemb.), le i'^'' mai 1764. En 1791 ; il fut prof. extraord.,en 1794, prof, ordinaire d'accouchements à Rostock. En 1806, il arrive à Brunswick comme professeur ordinaire au Collège des médecins, et directeur de la maternité ducale, et il fut adjoint au collège supérieur de la santé publique. Depuis 18 10, il fut prof. ord. de thérapeutique et directeur delà clinique de Halle, où il mourut le 2 septembre i8i3. Ses écrits d'obstéiricie sont les suivants : « Beitràge \ur GebiirtshiilJ'e (Contrib. à l'obstétr.), i^r fasc. Rostock et Leipz., 1801, 2'' fasc. Erfurt, 1808, 3® fasc. 181 1, in-8° (contient les mémoires mentionnés plus haut). * Gedankcn ueber die Zu^eckmdssigste Einrichtiing iind Benut- :[iing djfentlicher Entbindungsan^talten{T>Q la meilleure manière d'organiser les maternités et de les utiliser pour le public). Braunschw., 1806, \n-^^ (Disc, d'ouvert, de son enseignement). * Notii^en ^ur Kultiirgeschichte der Geburtshiilfe indem

Herzogthume Braunschw. (Notices sur l'hist. du développement de Tobstétr. dans le duché de B.)- Erf., 1807, in-8».

Obs.ll. — Louis Fred. Frorikp(p1us tard de Froriep, naquit à Erfurt le 1 5 janvier 1 779. 11 a fait ses études à léna, et, suivant la préface de son manuel, il devait beaucoup à son savant ami le D"" d'Eckhardt privât doc. d'accouchements et sous-chef de la maternité, qui, malheureusement, mourut trèsjeune(iomars 1800). Le 6 avril 1799, il soutint sa thèse qui a pour titre : * De recto emeticoriim iisu. Jcn. in-40 et, à son retour de Vienne, 1 800, il fut nommé Privât Doc. et sous-directeur delà maternité, et, en 1801, professeur extraordinaire; plus tard, 1804-180611 fut nommé professeur d'accouchements à Halle, et, de 1 808-1814, il occupa, àTubingue, la chaire d'anatomie et de chirurgie. Jusqu'à 1816, il fut médecin particulier du roi de Wurtemberg, à Stuttgard, puis, au printemps de 18 16, il se retira à Weimar, pour diriger la banque industrielle de son beau-père Bestlxh, sans abandonner complètement ses travaux scientifiques. Les différentes éditions de son manuel ont pour titre : * Theoretisch praktisches Handbiich der Gebiirtshïilfe :{um Gebrauche bei academischen Vorlesiingcn^ iind fiir angehende Gebitrtshelfer. mit. K. (Manuel théorique et pratique de l'art desaccouch. comme guide du cours académique et de la pratique des jeunes accoucheurs av. pi.), Weimar, 1802, in-8°, * 2" éd. 1804.* 3^ éd. 1806. * 4^ éd. 1810. 5° éd. 1814. *6'^éd. i8i8.'7=éd. 1822.* S'' éd. 1827. *9«éd. i832. Froriep a aussi publié un recueil de planches obstétricales tirées, la plupart, de recueils étrangers, son titre est: * Geburtshiilfliche Demo}2St?-ationen,X\ livr. Weimar, 1824-1832, in-80.

Obs. m. — Fr. Henri Martens est né à Wismar, le 4 novembre 1778 ; il fut reçu docteur à lena le 5 juillet 1800, à cette occasion, il soutint sa thèse qui a pour titre : « Dissert. sist. critic. forcipum Jionnullarum in arte obstetr. iisitatarum, c. tab. aen, in-8°. Le traité d'obstétricie, dont il a été parlé plus haut, a pour titre : * Versiich eines volïstaend. Systems der theoret. u prabt. Geburtsii. mit einem Kiipfer. Leipz., 1 802, in-8° (Essai d'un syst. complet d'obstétricie théor. etprat.av. i pL). 11 publia encore : * Critik derneuesien Gebiirts:[angen, etc. (Critique des forceps les plus nouvellement inventés), len , 1800 (Cest une trad. allemande de sa thèse). * Kritisch. Jahrb. ^iir Verbreitung der neiiesten Entdeckimgen iind Beforderung der Aiifklàrung in der Geburtshiilfenebst An^eige der neiiesten n'ichtigsten Schriften dieser Wissensch. (P^nnuOi'we des découvertes et des progrès en obstétricie. avec indic. des écritslesplus nouv. se rapportantàcette science), i vol. av. pi. Leipz. ,1802, in-S**. * Tabellar. Ubersicht der pract. Entbindungskiinst in Hinsicht au/ die verschiedenen

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Lagen der Kinder iind die ii^ichtigsten Manual-und Instrumental Operationen (Tabl. donnant une revue de l'obstétricie pratique, au point de vue des présentations fœtales, et des opérations manuelles ou instrumentales. léna, i8o5, in-f" transversal. Mar- TENS mourut le i i mai i 8o5.

Obs. IV. — JoH. Chr. Ebermaier, né à Melle, dans le gouv. d'Osnabrûck (Hanovre), en 1768, avait fait des études à Brunswick, à Goettingue et à Helmstadt, s'était fixé, comme médecin praticien, à Rehda; plus tard, il devint médecin officiel de la ville de Dertmund; il mourut comme conseiller du gouvernement à Dusseldorf, le 21 fév. 1825. Voy.sa biographie dans la Medi^. II. chir. Zeit., 1826, t. II, p. 430. Le livre mentionné plus haut porte le titre de : * Taschenbiichder Geburtshïilfe fur angehende Gebui-tshelfer (Guide des jeunes accouch.), t. I. Leipz., i8o5, t. II, 1807. in-8^ * 2'' éd. i8i5-i8i6, in-8".

§ 228. — Joh. Peter Weidmann.

Après avoir enseigné, pendant vingt ans, à l'école supérieure de Mayence, J. P. Weidmaxx écrivit, en 1808, un excellent livre d'accouchement, basé sur cette longue expérience. Né en 1 75 i , il avait fait ses études médicales à Wurtzbourg, et les y termina, en soutenant, sous la présidence de G. Gasp de Siebold, le 9 sept. 1779, sa thèse inaugurale sur la parallèle entre l'opération césarienne et la symphyséotomie; le président de la thèse lui avait communiqué ses deux observations d'opération césarienne et celle de symphyséotomie, dont il a été question plus haut §122. Weidmann occupait, à Mayence, les chaires de chirurgie et d'accouchements, il se livrait particulièrement à la pratique de cet art, pour lequel il trouvait d'excellentes ressources dans la maternité où il enseignait. Après que l'université eût cessé d'exister (i 798), Wkidmann conserva sa chaire d'accouchements à l'école centrale qui la remplaça. Son livre porte le titre modeste d' « Esquisse de l'art des accouchements, programme de ses leçons » ; il expose les principes qu'il suivait dans sa pratique,

principes, qui révèlent un praticien éminent, répondant très bien aux besoins de son époque, auxquels il s'étaitdévoué avec ardeur. Weidmann avait la conviction intime que l'art ne progresse que par l'étude delà grossesse, de l'accouchement et de la puerpéralité à l'état normal, « les lois de la nature, dit-il, sont et restent toujours vraies, les jugements et les opinions des hommes sont trompeurs et soumis aux influences variables des temps » (i).

Sa tâche principale lui paraissait consister à faire connaître, à ses élèves, ces lois immuables, et à faire ressortir clairement, de toutes les observations, le traitement des accouchements normaux, parmi lesquels il comprend aussi ceux par les pieds et le siège, traitement qui est exposé simplement et d'une manière très instructive.

L'expulsion du délivre est, comme celle de l'enfant, une œuvre naturelle de l'organisme, et l'extraction rapide n'est pas dans les desseins de la nature. L^art ne doit intervenir que quand la nature quitte la voie normale, sa tâche de l'art consiste à l'y ramener. Ces règles révèlent le praticien excellent, ce sont celles qui ont permis à l'art de progresser véritablement plus tard. Les règles que donne Weidmann pour pratiquer la version podalique sont précieuses. Les maîtres de l'art peuvent seuls tenter la version, céphalique; il se demande si, après avoir pratiqué la version, on ne doit pas abandonner à la nature l'expulsion de l'enfant placéen situation normale; jusqu'alors, version et extraction étaient regardées comme une seule opération. Weidmann appréciait très bien les avantages de la question présentée sous cette face ; la suite a montré la justesse de sa manière de voir, et a séparé nettement ces deux opérations. Weidmann conseillait de placer la parturiente sur le côté, pour pratiquer les versions difficiles. Les mérites de Weidmann ne sont pas moindres dans les préceptes qu'il donne pour l'application du forceps. 11 combat l'ancienne opinion, qui attribuait à la compression exercée par

(i) Ciceron avait dit ces paroles : opinioninn commenta delet dies, naturœ judicia confirmât. (F.-J. H.)

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les cuillers de l'instrument, la propriété de diminuer le volume de la tête.

Il prévient le lecteur contre les abus que Ton faisait de cet instrument, et les règles pour l'appliquer sont excellentes. Weid- MANX avait adopté le modèle de Levret, et n'y avait pas apporté la plus légère modification. Dans un écrit de concours, sur un sujet proposé par l'académie de médecine de Toulouse, Weid- MANN avait soumis, à un examen rigoureux, Tutilité du forceps et les indications de son emploi (1806). Ce mémoire a été couronné par la savante Compagnie.

La perforation ne doit pas être pratiquée sur un enfant vivant. Le refus absolu de la mère de se soumettre à l'opération césarienne, à laquelle elle seule peut se décider, suivant son sentiment, peut, dans des cas où la vie de l'enfant est encore douteuse, autoriser l'accoucheur à pratiquer la perforation^ afin de ne pas rester inactif en présence de deux êtres dont la vie est menacée l'un par l'autre. Au reste, dès 1779, Weidmann avait soutenu, dans sa thèse inaugurale, qu'en cas d'étroitesse pelvienne, l'accoucheur pouvait, dès le septième mois, dilater peu à peu l'orifice, et extraire l'enfant par la force (vi educere). Il convient de dire que ce n'est pas là l'accouchement prématuré, tel que les accoucheurs anglais l'avaient proposé (voy. § 140J; mais bien plutôt, l'accouchement forcé, Weidmaxx, lui-même, a combattu plus tard cette manière de voir et relire ces conseils, comme nous l'apprend son élève Wenzel. Dans son « Esquisse » (1808) il ne touche, qu'en quelques mots, cette question (§ ']2Ç) et 744) et il rappelle seulement qu'antérieurement il avait conseillé de provoquer prématurément l'accouchement. C'est la crainte des abus qui rend Weidmann si réservé, bien qu'on possédât alors de nombreux exemples, où l'opération avait été tentée avec succès. La proposition que Weidmann défendit, dans deux écrits (1804 et 1807), de confier la pratique des accouchements aux hommes exclusivement, est assez singulière; dans la préface de son écrit, il dit qu'il ne fait aucune différence entre Part des sagesfemmes et l'art des accouchements, il confie son livre aux élèves

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sages-femmes, il regarde au-dessous de lui, et de Part, d'écrire pour elles une espèce de catéchisme par demandes et par réponses, il pense que, si les femmes ne peuvent arriver à pouvoir administrer les moyens actifs de l'art, l'instruction qu'elles trouveront dans son livre peut avoir, au moins, l'utilité de ne pas causer de malheur par l'art mal appliqué à des accouchements normaux. Weidmann mourut le 23 juin 1819, à l'âge de 68 ans, à la suite d'un affaiblissement progressif, avec le renom d'un homme distingué, qui avait voué sa vie entière au bien de Ihumanité et aux progrès de la science.

Obs. — Les écrits de Weidmann sont :

* Comparatio inter sectioncm cœsaream et dissectionem cartilaginis et ligamentorum pubis, in partit, ob pelvis angustiam impossibili suscipiendas. Diss. prœsid. C. C. Siebold, etc. Wirceb., 1 779, in-40.

* De officio artis obstetriciœ concedendo solis viris. Magoncias, ann. XII (1804), in-4".

* De offic. art. obst. conc. sol. viris, annotatio ulterior : qiiomodo res ista intra virorum solas manits tradi possit? Magon.,

1807, in-4°.

* In qua'stionem ab. illustr. medica Tolosana proemio expositam : « Utrum forcipis usus in arte obstetricia uiilis sit an noscivus? » G. lig. duct. in aère. Magont., 1806, in-4°.

* De forcipe obstetricia, in quœstionem an usus ejus in génère utilis sit an noscivus? Respons. revisa, etc. Magunt., 181 3, in-40 (Trad. par C. Wenzel).

* Entjpurf der Geburtshiilfe fUr seine Vorlesungen, Mainz,

1808, in-8° (Esquisse de l'art des ace. Progr. de sesleç.).

* Memoria casus rari in gynœceis prœcipue adnotandi : cum iiteri anticafacie otnenti margo ex aligna parte coaluerat ; prcegnansfacta médium graviditatis non assecuta inopinato moritur, c. fig. Magunt, 18 18, in-fo.

Sur la proposition de Weidmann, de pratiquer l'accouch. prématuré, et son opinion ultérieure sur l'ace, prémat. voy. : * C. Wenzel. Allgem. geburtsh. Bctracht. liber die kiinstliche Friihgeburt. (Consid. gén. sur l'ace, prém. artif.). Mainz, 18 18, in-40, p. i3i, là se trouve décrit aussi l'instrument imaginé par Weidmann pour introduire de l'air dans l'utérus (vcctis a.'rophorus), p. 28.

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§ 228. — Ferd. Aug. de Ritgen.

Ferd. Aug.de Ritgen, chargé depuis 1 8 14, de l'enseignement des accouchements à TUniversité de la Hesse, à Giessen, a déployé une grande activité pour les progrès de l'obstétricie. Ritgen n'avait été formé par aucun maître célèbre, son éducation obstétricale fut faite par un professeur de Miinster, du nom de Fries, qui s'était longtemps occupé d'accouchements en Angleterre. Il faut voir là la cause de l'isolement dans lequel Ritgen se maintint pour poursuivre sa voie, et sa persistance à ne vouloir faire partie d'aucune école nouvelle. A Giessen, il avait été chargé de diverses fonctions pratiques assez pénibles, qui devaient lui faire désirer un changement ; celui-ci se réalisa par sa nomination à la chaire de Chirurgie et d'accouchements qui lui fut confiée.

Arrivé au but qu'il désirait, il se livra à ces nouvelles fonctions avec une grande ardeur. La création de la clinique obstétricale, à Giessen, est son œuvre, ses efforts tendaient à élever l'obstétricie à un niveau supérieur, à améliorer aussi l'état des sages-femmes, fort triste dans cette ville ; ses efforts furent couronnés d'un plein succès. Ritgen commença à passer en revue les indications des interventions artificielles dans l'accouchement, ce fut son premier soin ; il voulait préciser les limites de l'innocuité de l'action de la nature, et savoir quand une intervention devenait nécessaire, fût-elle mécanique ou dynamique. Dans cette voie, Ritgen était entièrement libre de toute attache scolaire et agissait de lui-même; il pensait que le moyen souverain de perfectionnement était d'apprendre à observer la nature dans son action isolée, dans tous les cas simples et difficiles. Le plus grand succès, pour lui, devait être recherché dans l'intervention la moins considérable de l'art; à cet effet, on devait nettement déterminer les indications de cette intervention, s'efforcer

d'agir, sur la matrice, par des moyens dynamiques, pour pouvoir se passer, plus souvent, d'une intervention mécanique. Ritgen appréciait beaucoup les méthodes de version de Wigand, l'accouchement prématuré artificiel, et une nouvelle opération (l'incision de l'abdomen et du vagin), pour se passer de l'opération césarienne et delà symphyséotomie. Ritgen a eu la noble franchise de publier l'insuccès de cette opération (dans les Annales clin, de Heidelberg, t. I, i825). Ritgen a le mérite d'avoir cherché à connaître nettement la capacité pelvienne, en poursuivant les travaux de Wigand, sur les rapports qu'il est possible de trouver entre l'examen extérieur, l'inclinaison du bassin des femmes enceintes, et la capacité pelvienne, les déductions qu'on peut tirer delà circonférence de l'abdomen, pour déterminer la durée de la grossesse. Il a même confectionné, à la fin, un appareil spécial pour dessiner exactement la forme du corps des femmes enceintes (MENDE.£eo^ac/î^, t. II, 1825), appareil fort ingénieux, mais qui, dans la pratique privée, se heurterait à beaucoup de refus.

Par contre, Ritgen, admet une quatrième ouverture pelvienne, la plus petite, généralement admise depuis, et figurée dans tous les livres (i) Ritgen a accordé une grande attention au mécanisme de l'accouchement dans les présentations du crâne (mechanismus partus, même journal, II) ; il admet huit positions ; mais il s'éloignait tellement de la simplicité admise depuis, que les accoucheurs n'ont pas adopté ses doctrines. Parmi les opérations obstétricales, Ritgen accorda une attention spéciale à la version céphalique, et à la ponction des membranes pour provoquer l'accouchement prématuré: il était un des premiers qui, enAlle-

(i) Dans le premier volume de la Gemeinsamme deiitsche Zeitschrift fïtr die Geburtskunde, rédige par Busch, Mende et Ritgen et d'autres (Weimar, 1827, in-8"), Ritgen, dans le premier article du journal, qui est un fragment d'un travail plus considérable, donne la forme du bassin à Vetitrée (détroit supérieur), puisa deux hauteurs (2« et 3<= détroits) qui ne sont pas des détroits, mais des changements de forme, et k\a sortie ; 4' détroit, au détroit inférieur, expliqués p. 28. et figures dans les deux planches de cette livraison. (F.-J. H.)

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magne, aient admis cette opération; depuis 1818 jusqu'à 1825 il l'avait pratiqué, trois fois (Gem. d. Z.^ I. ae 281 et III, b. 54). Il donna à la ponction de l'œuf une extension plus grande, opération qu'il regardait comme une de ses meilleures conceptions, car il avait réussi souvent, par la ponction de la poche des eaux, à donner au foetus une situation meilleure, alors que Tabondance des eaux avait donné lieu à une présentation anormale, ce qui arrivait par l'accommodation de l'enfant à la forme rapetissée et plus normale de l'utérus {beilegen des utérus ; beiwenden) sans autre intervention de l'art.

Ainsi, quand la grossesse est arrivée à terme, et si la présentation constatée antérieurement subsiste encore, on fera la ponction de l'œuf, et on couchera la femme sur le côté. Pendant que le liquide s'écoule peu à peu, s^accomplit successivement l'amélioration de la présentation, et quand le liquide est réduit à une petite quantité, on trouve toujours la tête, ou le siège dans le segment inférieur !

RiTGEN est convaincu que la version, par manœuvres internes, peut être évitée par la ponction des membranes. Les expérimentations qu'il a faites sur la respiration de l'enfant, quand la tête est sortie des parties génitales, sont devenues importantes ; d'après ses observations, c'est chose extraordinaire si l'enfant ne respire déjà pas énergiquement, quand la tête a franchi la vulve, et quand le tronc n'est pas encore sorti {Gem. d. Z., I). Ritgen s'est aussi occupé de Physiologie : son histoire du développement de l'embryon humain renferme des Observations judicieuses, et révèle un naturaliste ingénieux.

Obs. — Ferd. Franz. Augt. de Ritgen est né le 11 oct. 1787 à Wulfen dans le comté de Salm-Salm ; il fit son éducation scientifique à Munster. En 1808, il fut physicats-chirurgus du district de Belke, puis après qu'il fut reçu docteur à Giessen, le 3 déc. 1808, il fut, en 1809, nommé physicus à Stadtberg, et en 181 1, à Medebach jusqu'en 18 14, où il fut nommé professeur à l'université de Giessen ; il y mourut le 14 avril 1867. En 1864, on avait célébré à Giessen son jubilé cinquantenaire du professorat.

RiTGEN est auteur de nombreux écrits, les principaux se rapportant à l'obstétricie sont :

* Jahrbiiclier der Entbimingsanstalt \îi Giessen, enthaltend ein kiu'ie Beschreibiing der Entbindimgsanstalt, und der damit in Verbindung stehende Hebammenschiile , etc. nebst einem aîlgemein. Berichte iiber die klinische Anstalt in den Jahren 1814-1818, mit 281 Entbindungsgeschichten und der dabei stattgefundenen drt\lichen Behandlung. M. K. u Tab. 2 vol. Giess., 1820, in-f° (Annuaires de la Maternité de G. contenant la description de l'établ. et de l'école de sages-f. annexée, avec documents sur la clinique des années 1814-1818, avec 281 observ., etc.).

* Die An^eigen der mechanischen Hiilfen bei Entbindungen nebst Beschreibiing einiger in neiierer Zeit empfohlenen geburtshiilflichen Operationen iind einer verbesserten Gebicrts:{ange. M. K. Giess., 1820, in-8°. (Les indications de l'intervention mécanique dans les accouchements, avec la description de quelques opérations nouvelles recommandées dans les derniers temps, et d'un forceps amélioré).

* Handb. der niederen Geburtsh. Giess., 1824, in-8° (Manuel pour les sages-f.).

* Probefragment einer Physiologie des Menschen, enthaltend die Enttuickeliinsgeschichte der menschlichen Friicht, (Fragm. d'une physiol. de l'homme, contenant l'hist, du développ. de l'embryon humain). Kassel^ i832, in-8° (3« vol. des mém. de la Soc. pour l'avancementdes se. naturelles à Marbourg).

* Beitraege \ur Aufhellung der Verbindung der menschlichen Frucht mit dem Fruchthalter und der Erndhrung derselben. Mit. Abb. Leipz. und Stuttg., 1 835, in-f<'(Contrib. à l'étude des connexions de l'œuf humain avec l'utérus, et delanutrition du fœtus, av. pi.).

RiTGEN a publié un grand nombre de mémoires dans : * Gemeifis deutsche Z eitschr .f. die Geburtsh. 7 vol., Weim., 1 827, il a pris, à la fondation de ce journal, la part principale. Il est devenu collaborateur de la Neue Zeitschr.f. Geb. qui a remplacé le premier journal, et de la Monatschrift qui lui a succédé, jusqu'au vol. XXVIII. Ces journaux renferment de lui un grand nombre de travaux (i).

Les * Geburtshujlliche Demonstrationen (Démonstr. obstétr.), 1824, donnent une suite de recherches sur la forme extérieure

(1) pans le t. XXIX est inséré un article nécrologique, consacré à la mémoire du laborieux collaborateur,par K. F. J. Birnbaum, où se trouve l'indication de tous les travaux publies dans ces journaux par ce Nestor de l'obstétricie allemande. Dans cet article, R. porte les prénoms de Ferdin. Aug. Marie François. (F.-J. H.)

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du bassin (pi. 21-26). Dans les planches 40 et 42 sont figurés le pelvimètre de Ritgen, et son trocart pour la ponction de l'œuf, et l'aspiration du liquide amniotique. Une autobiographie de R. se trouve dans : * K. W. Jiistï's Grundlage :{ii einer Hess, Gelchrten. — Schriftsteller iind Kïinstler. — Geschichte vom Jahre i8o6-i83o. Marb., i83i, in-8" (Documents pour l'histoire des savants, écrivains et artistes de la Hesse de i8o6-i83o),ony trouve, p. 55o l'indication des écrits publiés par lui jusqu'à cette époque.

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