‹ Essai d'une histoire de l'obstétricie (volume 2)Chapitre 25 sur 32 · Ch. Gust. Carus · texte numérisé non relu

Ch. Gust. Carus

Digne élève de Joerg, Charles Gustave Carus, composa un traité complet de gynécologie. Depuis 18 14 jusqu'en 1827, il fut professeur d'accouchements à l'académie de chirurgie et de médecine de Dresde, et directeur de l'école royale des sagesfemmes de la Saxe. Stimulé par les principes de son maître, Carus regardait comme contraire à l'utilité et aux progrès de la science de colliger, dans la vie sexuelle de la femme, un ensemble de préceptes qui ont trait aux maladies de la femme, pour en composer un traité spécial; c'est pour cette raison, qu'il commence son livre par une physiologie et une pathologie générales de la femme, sur lesquelles reposent les règles de l'hygiène, et de la thérapeutique, et comprennent ce qui a trait à la grossesse et à l'état puerpéral, et aussi aux maladies des enfants nouveaunés. Le succès de ce livre rendit nécessaires trois éditions successives. Les mémoires qu'il a publiés, sur la physiologie, la pathologie et la thérapeutique de la grossesse et de l'accouchement, montrent la part que Carus a prise, personnellement, aux progrès de l'obstétricie ; ces travaux sont épars dans divers journaux, où l'on trouve aussi un compte rendu régulier de son service. Ses travaux d'histoire naturelle, et surtout d'anatomie comparée, révèlent un observateur sagace, et sont une garantie du soin et de la précision de ses travaux d'obstétricie. La distinction qu'il établit, entre les diverses espèces de grossesses

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extra-Utérines, est importante et décisive; il admet une espèce où l'œuf s'est engagé dans la substance même de la matrice, et s'y est développé (gnavidit interstitialis), à laquelle il donne plus exactement le nom de a graviditas tubo-uterina « {Gyn. § 1434 et Abhandl. I. Abth.). Carus a pris une part active à la détermination de rinclinaison du bassin, à la conformation de Tœuf, aux maladies du placenta, et à leurs conséquences, ainsi qu'à toutes les questions d'obstétricie importantes qui étaient à l'ordre du jour à son époque.

Obs. — Carus est né le 3 juin 1789, à Leipzig, où il fut reçu docteur en 181 1, et déjà ses dissertations inaugurales révèlent la direction de ses travaux futurs : Specim. biol. gêner, def. 5 oct. 181 1, et : De iiteri rheumatismo^ def. 20 déc. 181 1. Cette année encore, il se fit recevoir Privât Docent à l'université royale de Saxe. 11 fut nommé professeur à cette université en 1814, et conserva ces fonctions jusqu'en 1827, où il y renonça pour celles de médecin particulier du Roi. Ses travaux d'obstétricie sont les suivants :

* Lehrbuch der Gynaekologie, oder systematische Darstellung der Lehre von Erkenntniss iind Behandlung eigentlnimlicher gesunder imd krankhafter Zustaende, sojpohl der Niclitschwangeren, ■ichwangeren und gebàrenden Frauen, als der Wôchnerinnen und Neugebornen Kinder. 2 Thle. M. K. Leipz., in-8°, 1820. * 2^ éd. augm. 1828. 3® éd., i838 (Traité de gynécol. ou exposé systématique de l'état physiol. et path. de la femme, non enceinte et de celle qui est à l'état gravide, en travail, et en couches, du diagnostic et du traitement de ces états et des maladies des enfants nouveau-nés).

* Znr Lehre von Schjvangerschaft und Geburt^ physiol. pathol. und therapeut. Abhandlungen mit besonderer Hinsicht auf vergleichende Beobachtungen an Thieren. 2 Abth. M. K. Leipz., 1 822, in-8" (Mém. sur la gros, et l'ace, à l'état physiol. et pathoL, au point de vue spécial de la physiol, comparée, av. pi.).

Il a écrit dans : Hufeland's Journal., d'ànsAllgem. med. Annal, de Pierre, dans le Journal de Siebold, la Gem. d. Zeitschr. f. Geb.,\e Conversationsbl. de Hohnbaum et Jahn (nov. i832). Lettre sur un nouveau cas de gross. tubo-utérine. Carus est aussi collaborateur des quatre premiers volumes de * Zeitschr fiir Natur und Heilkunde, par les prof, de l'acad. de Dresde. Dresd., 1820-1826, in-8°(i).

(i) Carus a un nom distingué dans le domaine de l'anatomie com-

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§ 23o. — Diedr. Wilh. Heinr. Busch.

La chaire d'obstétricie de Puniversité de Berlin, laissée vacante par la mort de El. de Siebold ( 1828), fut occupée, en automne de l'année 1829, par D. W. H. Busch, qui remplissait les mêmes fonctions à Marbourg. Il y avait pratiquéles accouchements avec beaucoup de succès. Dans ses considérations sur la version, publiées en 1823, il annonçait l'intention de soumettre à l'expérimentation les diverses opérations, et d'en poser nettement les indications. Ses recherches sur la contracture de l'utérus, sur le fœtus, après l'écoulement des eaux, sont précieuses; il distingue deux variétés, une contraction spasmodique et inflammatoire, et une contracture tétanique, et il indique le traitement qui convient à chacun de ces états. Busch a apprécié, avec plus de soin, la version céphalique, et a indiqué pour son application quelques conditions, et recommandé, comme mode opératoire, d'agir directement sur la tête avec la main. Busch a publié aussi quelques observations de version spontanée, qui lui ont appris que, quand la version spontanée a lieu avant l'écoulement des eaux, c'est généralement la tête qui se présente, tandis que c'est le siège si la version se produit après la rupture des membranes (i). Busch a

parée et philosophique, dans la symbolique des formes des diverses parties du corps, Son mémoire sur les diverses formes de la main est très remarquable (* Grund iind Bedeutung der Verschiedenen Formen der Hand in verschiedenen Personen. Stuttgart, 1846, in-4'', av. 9 pi.). Carus s'est aussi fait connaître comme un peintre de talent dont les toiles sont recherchées. (F.-J. H.)

(i) En parlant de l'évolution spontanée, II, § 139, p. SSq, le traducteur a renvoyé au § 23o, où cette question se trouve traitée plus complètement par Busch dans ses Geburtsh. Abhand., p. 34 et suiv. L'auteur dislingue trois cas: lt) avant l'écoulement des eaux, cas le plus fréquenter le plus facile; £>) après l'écoulement des eaux, la partie fœtale qui se présentait se retire, une autre se présente; c) troisième mode, qui n'est pas une version proprement dite : une partie du corps foetal (l'épaule) se fixe sous l'arcade pubienne, pendant que le reste du corps se développe sur le périnée. Busch dit : « Ce serait un pas rétrograde si l'accoucheur attendait ce résultat des efforts de la nature, qui ne

aussi publié, sur la perforation du crâne, des documents, où il établit, contrairementà l'opinion deWiGANo, qu'on ne doit jamais pratiquer la perforation du crâne d'un enfant vivant; toutefois, il ajoute : que si l'accoucheur a appliqué, sans succès, le forceps sur une tête enclavée, et s'il entrevoit qu'il ne peut pas pousser plus loin ses tentatives, sans craindre de léser la mère, il peut pratiquer la perforation. Busch a pris une part active à l'admission de l'accouchement provoqué, il a même inventé un instrument pour dilater Porifice, et pour faciliter l'introduction de l'éponge préparée dans l'orifice de la matrice. Busch a consigné dans son traité (1829), ses principes de l'art, ce livre a eu quatre éditions. L'auteur prend à tâche de traiter complètement la pathologie et la thérapeutique, il a divisé les états morbides en deux classes : selon que le trouble est de nature dynamique, ou mécanique, dépend de la matière organique, forme, situation. Une bibliographie étendue est ajoutée à l'ouvrage, aucun livre ne peut avoir la prétention de la donner complète. La ville de Berlin doit à BuscH l'organisation d'un vaste local, pour la clinique obstétricale, qui a permis de donnera l'enseignement une grande extension. Pendant six ans (i83o-i836) on y a observé 2,o56 accouchements, en y comptant ceux de la policlinique (voy. compte rendu dans la N. Z .f. G. t. V). Busch a publié, en outre, sur la vie génitale de la femme un grand ouvrage qui renferme le résultat d'une expérience de trente années. Partout il a cherché dans la physiologie et la pathologie générales une base large, et à appuyer ce qu'il dit sur des tableaux statistiques qui sont fort intéressants.

Obs.I. — Busch est né à Marburg le 16 juin 1788; son père Jean Dav. avait été également professeur de la Faculté de médecine et maître des sages-femmes (mort le 8 avril i833). Busch a fait ses études dans sa ville natale, et a été reçu docteur, le 4 juin 1808, après avoir soutenu sa thèse « De gangrœna nosocomio-

peuvent réussir que très exceptionnellement, avec un enfant petit et mort. C'est là, selon lui, la véritable évolution spontanée. Des observations très bien choisies appuient cette judicieuse classifàcation. (F.-J. H.)

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mm y^. Marb., in-8°. De i8 17 Jusqu'en 1827, il fut professeur de médecine et d'accouchements à Marburg, jusqu'au moment où il fut appelé à Berlin. (Depuis le 12 juillet 1828, jusqu'à l'arrivée de BuscH à Berlin, l'auteur de ce livre, fils aîné d'Eu, de Siebold, né à Wurzbourg, le 19 mars 1801. reçu docteur à Berlin le 29 mars 1826, depuis 1827, Priv. Doc. et premier assistant à la clinique obstétricale, avait fait l'intérim de la clinique de son père; il fut appelé à remplacer Busch à Marburg, en automne 1829 (i).

Les écrits d'obstétricie de Busch sont :

* Einrichtimg der g-eburtshulfliclien Klinik in der academischen Entbindungsanstalt ■{U Marbut'g. Marb., 1824, in-q** (Organisation de la clinique obstétricale académique à Marburg).

* Geburtshiiljïiche Abhandhingen nebst einer Nachricht iiber die akademische Entbindiingsanstalt {u Marburg, mit. Abb. Marb., 1826 (Mém. d'obst. av. une notice sur la clin. obst. de Marb., réimpress. d'anicles puhl. dans € Rust' s Maga:{. », t. XV, 1823 et XVI. 1824, ainsi que dansles Obs. de Mende, t. II).

* Observata qiiœdam de febre puerperali. Marb., 1827 (Disc, comme Prorecteur, développé dans Gew.tf. Z ./. Gebiirtsk.A. I. et suiv.).

* Lehrbiich der Gebiirtskiinde. Marb, 1829, in-8'' (Traité d'ace). * 2* éd., ibid., i833. * 3^ éd., Berl., i836. * 4^ éd. avec 10 grav., ibid., 1842.

* Das Geschlechtsleben der Weibes in physiol. pathoL, iind therap. Hinsicht,5 Bd. Leipz., 1839-1844, in-8° (La vie génitale delà femme au point de vue de la physiologie, de la pathologie et de la thérapeutique).

* Handbuch der Geburtskunde in alphabetischer Ordnungbearb. VON Busch und Moser 4 Bd. Berlin, 1840-1843 (Manuel d'obstétricie disposé par ordre alphabet.).

Busch a coopéré, très activement à la rédaction de la Gem. d. Zeitschr.f. Geb. 7 vol. Weimar i827-i832;à la N.Zeitschr. f. Geb. 33 vol. de i833-i852,à \â Monatschr.f. Geb. jusqu'au vol. X inclus. Berlin. i853-i857. Dans les Heidelb. Annal. .x. II, se trouve un mémoire sur la tuméf. du cuir chevelu des nouv.nés.

Obs. II. — C'est ici le lieu de mentionner le nom de C.Alex. Ferd. Kluge professeur d'accouchements très méritant à Berlin, mort depuis peu (26 mai 1846), du directeurs! digne de la maternité annexée à la Charité, et professeur de l'académie militaire attachée à l'Université. Il a fort peu publié ; il a pris part aux

(1) Busch est mort à Berlin le i5 mars i858. Dans le t. XI delà Monatschrip se trouve son portrait, p, 241 et, p. 32i,un article nécrologique rédigé par Credé. (F.-J. H.)

progrès de l'art par l'accomplissement scrupuleux de ses devoirs, c'est ainsi qu'il a rendu tant de services. Ses nombreux élèves gardent de lui le souvenir le plus reconnaissant. Les résultats obtenus parKLUGE, dans la provocation de l'accouchement, ont été publiés par Betschler (en ce moment prof, d'ace, à Breslau), ils se trouvent dans ; « Mende's Beobachtungen, t. III, 1826. Kluge a le mérite d'avoir expérimenté Temploi de Téponge préparée, et de l'avoir perfectionné. C'est Jos, Herm. Schmidt, jusqu^alors Kreisphysicus, directeur de l'hôpital, et prof, d'ace, à Paderborn, qui a succédé à Kluge dans ses fonctions. Il a composé pour la Prusse un livre à l'usage des sages-femmes, qui leur est imposé par la loi depuis 1839.

§ 23 1. — Ludiv. Jul. Casp. Mende.

Le successeur d'OsiANDER, à Goettingue (voy. plus haut | 206) fut L. J. C. Mende, professeur de médecine à Greisswald (Poméranie). Mende s^appliqua,avec ardeur,aunouvelenseignement dont il était chargé, et, par la direction qu'il lui imprima, il s'efforça de faire oublier les excentricités de son prédécesseur. Il prit une part active aux progrès de la science, et chercha, dans une série de mémoires, à résoudre les questions du jour les plus importantes. S'appuyant sur Wigand, il montra l'influence du périnée sur le dégagement de la tête, et si son zèle l'a entraîné trop loin, puisqu'il déclare nuisible le soutien du périnée (t. I, de ses observ.), il faut direque les nouvelles idées, sur la fonction de la fente vulvaire tout entière, compensent, en quelque sorte, son erreur qu'il a rectifiée plus tard lui-même (obs., t. II, p. 394). Mende a accordé à la provocation de l'accouchement prématuré toute son attention; il l'a pratiqué quelquefois, et il a préféré la méthode par l'éponge préparée ; son mérite a été de préférer l'éponge préparée au moyen d'une solution de gomme, à celle préparée à la cire, et il l'a introduite dans la pratique. Ses travaux sérieuX; sur les rapports entre la perforation et l'opération césarienne, sur le fœtus, au point de vue médico-légal, ainsi que sur les fautes commises par les sages-femmes, dont elles peuvent

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être responsables devant la loi, confirment la réputation de médecin légiste, que Mende avait méritée par ses travaux antérieurs. Son grand ouvrage, qui comprend six volumes "(1819-1832) est distingué à tous égards, et peut être véritablement appelé classique. Déjà, en 1810, Mende avait publié un livre sur les maladies des femmes. De cet ouvrage, remanié par l'auteur, n'a paru que le premier volume (i83i), car, peu après, Mende fut ravi à la science.

Obs. — Né à Greisswald le 14 sept. 1779, Mende a fait ses études, en partie dans sa ville natale, et à Berlin et à Goettingue, c'est dans cette dernière ville qu'il fut reçu docteur (23 mai 1801), Sa thèse a pour titre : * Dissert, de exanthemate tiitorio quod vulgo variolas vaccinas dicunt. Gott., in-8''. La même année, il fut nommé Privât Docent à Greisswald, en 1807, prof, adjoint à la Faculté de médecine, en 1814 professeur extraordinaire et en 181 5, prof, ordinaire de médecine pratique. Comme membre du collège sanitaire, dont il fut directeur plus tard, il avait trouvé de nombreuses occasions de s'occuper de médecine légale, où il acquit une grande renommée. En avril 1823, il prit possession de sa nouvelle chaire à Goettingue (voy. son article nécrologique dans le i" vol. de la N. Zeitschr. f. Geb., p. i (1834), par Ritgen. Le successeur de Mende fut l'auteur de ce livre qui, jusque là, avait été professeur à Marburg ; c'est en avril i833 quMl prit possession de sa chaire.

Les écrits de Mende, qui ont trait à l'obstétricie, sont contenus dans ses: * Beobachtungen und Bemei'kungen ans der Geburtshiilfe iind gerichtl. Medi^. 5 pet. vol., 1824-1828, in-8°(0bserv. et remarques sur l'obstétr. et la méd. leg.) et dans la Gem. d. Zeitschr. f. Geb. 7 vol. Weim., 1827-1831, in-80 dont il était collaborateur. Un mémoire sur l'indication de l'intervention de Part dans les accouchements prolongés, etc. se trouve dans ses : * Beitraegen ^ur Prufungund Aufhellung àr^tlicher Meinungen fur Heilkiinstler (Contributions au jugement et à l'éclaircissement des opinions médicales à Tusage des artistes obstétriciens). I pet. vol. Leipz., 1802, in-8°, p. 38. * Die Krankheiten der Weiber nosolog. iind thérap. beasbeitet (Les malad. d. fem. au point de vue nosologique et thérapeutique, I part. Leipz., 18 10 et i8ii,in-8°. La seconde partie, qui a pour xhve :* Die Ges~ clilechtskrankheiten des Weibes von der Période der Pubertàt bis lur Involution (Les maladies sexuelles de la f. depuis la puberté jusqu'à la ménopause), qui forme une partie séparée, a été publiée par le D"" Fr.Ant. Balling à i836, in-8°(Dans les papiers de Mende on n'a pas trouvé de documents complémentaires.

§ 232. — U accouchement prématuré en Allemagne. Fr. Ant. Mai. Ch. Wen^el.

Lesefforts des accoucheursallemands pour modifier l'art d'une manière plus conforme à la nature, et perfectionner l'obstétricie dans le meilleur sens du mot, en unissant toutes leurs forces, afin de restreindre les abus des opérations si souvent préjudiciables à la mère et à l'enfant, et les soumettre à une revue et à une appréciation plus exactes, devaient fixer l'attention, particulièrement sur la partie opératoire de l'art. Toutes ces méthodes avaient subi d'heureuses modifications, des instruments précieux avaient été inventés, et les indications, et les limites de leur emploibien déterminées. Lesopérations quisacrifiaientlaviede l'enfant étaient devenues plus rares, et si la proposition d'OsuNDER, de bannir la perforation de la médecine opératoire obstétricale, n'avait pas été admise par la généralité des accoucheurs, ceux-ci ne la pratiquaient plus que dans des cas d'extrême nécessité. Le zèle des accoucheurs, pour mettre l'obstétricie en état de pouvoir, dans certains cas, sauvegarder la vie de l'enfant avec celle de la mère, les avait conduits à implanter sur le sol allemand une opération depuis longtemps imaginée par les accoucheurs anglais, qui consiste à provoquer l'accouchement prématurément (voy. plus haut § 140). Ces efforts ont été couronnés de succès, et ont enrichi l'art d'une manière considérable. Déjà, en 1779, Weidmann avait fait remarquer que, dans certains cas d'angustie pelvienne, on pouvait, au 7^ mois de la grossesse, dilater l'orifice utérin, et extraire ainsi l'enfant par la force (vi educere), mais les résultats de cet «accouchement forcé» n'avaient pas répondu au but de l'auteur ni invité les accoucheurs à l'imiter (voy. plus haut § 223). Par contre, Franz Ant. Mai, à Heidclberg, donna, en 1799, le conseil important de préparer la femme, atteinte d'un rétrécissement pelvien, par des bains et de légères excitations du col, de faire, au 7* mois, la ponction des membranes, d'extraire

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l'enfant au moyen de la version, ou, si la tête se présente, de laisser la nature terminer l'accouchement. En 179g PaulScheel, médecin danois, tit la proposition de provoquer l'accouchement prématurément, par la ponction des membranes, dans les cas d'étroitesse pelvienne qui ne permettraient de terminer Taccouchement, que par la perforation du crâne ou par l'opération césarienne. Mais le premier qui, en Allemagne, provoqua l'accouchement, prématuré, fut Ch. Wenzel, à Francfort-s.-le-M. un élève de Weidmann. ce dernier avait réitéré le conseil qu'il avait donné, de l'accouchement forcé, mais était resté sympathique à la provocation de l'accouchement, qu'il n'avait cessé de recommander. Stimulé par les conseils de son maître, Wenzel pratiqua, pour la première fois, en 1804, cette opération, avec succès, sur une femme enceinte pour la sixième fois, et qui, par suite de rétrécissement du bassin, était accouchée cinq fois d'enfants morts. Wenzel pratiqua encore cette opération en i8o5, et en 1807. Déjà en i8o3, un autre accoucheur de Mayence, le D'' Kraus, aussi un élève de Weidmann, avait pratiqué la provocation de l'accouchement. Le travail de Wenzel consacré à cette opération, fut publié en 1818, en même temps que paraissait la 6® édition du livre de Froriep, si répandu (voy. plus haut § 222), où cette opération était recommandée. Froriep avait appris à connaître cette opération en Angleterre ; il engagea ses compatriotes à faire l'essai d'une méthode si pleine de promesses, et d'en recueillir les observations. El. de Siebold pratiqua l'accouchement prématuré, à la clinique de Berlin, en 1819, et le pratiqua encore trois fois depuis avec des succès divers, si bien qu'il n'a pas porté sur cette opération un jugement définitif. Bientôt il fut suivi dans cette voie par d'Outrepont, Kluge, Ritgen, Carus, Mende, BuscH et autres ; dans l'espace de 10 ans, Kluge la pratiqua vingt fois, Ritgen trente fois, en sept ans, certainement pas toujours suivant des indications rigoureuses; il a imprimé ainsi une fausse direction au zèle pour cette opération, diminué la satisfaction qu'elle inspirait, et conduit à des abus, comme cela est arrivé à la suite de l'invention de l'opération césarienne, du forceps et

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de la symphyséotomie. Plus tard, arriva le temps d'une réflexion calme, qui fit place aux expériences hâtives pour une opération qui ne peut être salutaire que quand elle est appliquée dans les limites d'une indication positive, et pratiquée par des procédés bien étudiés. Les efforts réunis des accoucheurs allemands ont réussi à en poser nettement ses indications, et à enrichir l'art de méthodes sûres, parmi lesquelles il faut citer, avant tout, Texcitation, et la dilatation du col au moyen de l'éponge préparée, que Brûnnighausen, à Wurtzbourg, a proposé le premier, et à la quelle El. de Siebold et Kluge doivent leurs meilleurs succès. Cette méthode a le grand avantage de ne pas produire l'écoulement du liquide amniotique, de le conserver jusqu'à la dilatation complète de l'orifice. Fr. L. Meissner, à Leipzig, avait cherché aussi ce résultat, en faisant la ponction de l'œuf le plus haut possible ; il a fait connaître ses succès (1840). Dans ces derniers temps (1842), Jtles Vict. Schôller, de Berlin, a cherché à simplifier la méthode, en introduisant un tampon dans le vagin, Les adversaires de ce procédé n'ont pas manqué, en Allemagne, parmi eux, il faut citer Fr. B.Osiander, SteinIc jeune, et Joerg, mais leurs critiques n'ont pas eu d'écho, et n'ont pas empêché l'art de s'enrichir de ce sérieux progrès, au contraire, l'obstétricie allemande s'appliqua, avec zèle, à cette nouvelle opération qui était restée confinée, pendant si longtemps, en Angleterre, elle en prépara l'introduction en France.

Obs. — Voy. sur l'histoire de l'accouchement prématuré artificiel :

Fr. Ant. Mai, Progr. de necessitate partus quandoque pt'œmatiire vel solo 7namium, vel instrumentorum adjutoiHo pt^omovendi. Heidelb., 1799, in-40. L'auteur, né à Heidelberg le i7déc, 1742, fut, depuis 1773, professeur dans sa ville natale, après avoir été, dès 1766, professeur des sages-femmes de l'école de Mannheim. Il mourut senior universitatis, le 20 avril 1814. 11 est l'auteur des écrits suivants consacrés à l'obstétricie : * Unterricht Jïir Hebammen. Mannh., 1779, in-8° (Instr. pour les sages-f.). Fata etfiinera puerperarum ex soliitione placejitœ artijiciali oriunda. Heidelb., 1786, in-40. * Apliorismi circa seqiielas ex prolapsu utei'i oriundas, ibid., 1786. * STOLPEirruseinjunger Geburtshel-

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fer am Kreisbette. Von einem patriotischen Pfàl\er (V Theil). Mannh., 1807 (Stolpertus, un jeune accoucheur au lit d'une parturiente, par un patriote habitant du Palatinat).

* Commeniatio de liqiioris amnii asperœ arteriœ fœtuum humanoj'iim natura et usu ejiisque in asphyxiant neonatorum et medicinam forensem injluxu, cui adjectns est appendix sistens quœdam generaliora de liquore amnii^ auctore Paulo Scheel. Hafn., 1799, in-8°, p. 75.

Kraus, Spec. inaug. positiones qiiasdam medicas exhibens. Mog.,i8i5, in-4°,pos XXIX-XXXII. L^eèer iie von Kraus. 181 3, verrichtete kïinstliche FrUhgebw^t. (Sur l'ace, prémat. provoqué par K. en 181 3), voy, dans * J. P. Weidmann, de forcip. obstetr., etc. Magunt., i8i3, in-4°, p. 67.

* Carl. Wenzel allgem geburtshulfl. Betrachtwigen iind ûber die kunstl. Frilhgeb. Mainz, 1818, in-4° (Obs. générales d'obstétr. et sur l'ace, prémat.). L'auteur, né en 1769, était un accoucheur recherché à Frankf.-s.-le-M. où il mourut le 18 oct. 1827. Wenzel a proposé, pour faire la ponction des membranes, un instrument qui a la forme d'un troeart courbe, avec un poinçon caché. El. de SiEsoLDet d'Outrepont ont cherchée modifier cet instrument. Parmi les travaux de Wenzel il convient de mentionner : * Ueberdie Krankheitendes Utérus, mit. K. (Sur les mal. de rutér.,av. pi.). Mainz, i8i6,in-f°.

Les opérations pratiquées par El. de Siebold ont été publiées dans son Journal., t. III, p. 407, t. IV, p. 267 et 3ii et t. V, p. 17. En dehors de cela, Siebold confia la publication de ses deux premiers cas à deux de ses élèves : * Jo. G. Im. Harras Je partu per paracentesin ovi tempestive eliciendo. Berol., 1819, in-8°. * G. Aem. Kelsch, de partu arte prœmaturo. Berol., 1824, in-4° (avec une histoire étendue et une bibliographie complète de l'ace, prém. artif.).

Sur l'emploi de l'éponge comprimée. Voy. El. du: Siebold, Journal, t. IV, p. 270 note. Mend's Méthode., die Pressschwœmme mit Giimmi arabic an\ufertigen (Méthode de M. pour la confection de l'ép. prép. au moyen de la gomme arab.), voy. dans : Gôtt. gelehrt. An^. (Annonces seientif. de Gocttingen), st. 177, 1828, et * Comment, soc. reg. scient. Gott. recentior. vol. VII, Goett., i832, in-4", p. 45.

* Fr. Ludw. Meissner, Ueber das \weckmàssigste undsicherste Verfahren die Friihgeburt ^u bewirken (Sur le procédé le plus avantageux et le plus sûr de prov. l'ace), dans les Annal, méd. de Heidelb.., VI, 4*^ fasc. 1840, in-8'', p. 495.

* Die kunstl. Friihgeburt bennrkt durch den Tampon. Mittheilung eines neuen hochst einfachen Verfahrens von Dr. Jul. VicT. ScHOELLER (Prov. dc l'acc. prém. parle tampon, méth. très simple). Berl., 1842, in-8".

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Sur l'histoire de l'opération :

* Fr. Reisinger die kiinstliche Friihgebiirt als ein michtiges Mittel in der Entbindimgskunst iind vor\uglich als Beitrag :[um Characteristischetî der englischen Gebitrtshiïlfe Jiisior. iind kritisch dargestellt. Augsb. u. Leipz., 1 8 19, in-S" (L'accouchement prématuré, moyen important en obstétricie, surtout contribution à la caractéristique de l'obstétricie anglaise, histoire et critique).

* E. L. ScHippAN, Ueber die kiïnstl. Frûhgeb. (Sur l'ace, prémat.) Dissert, inaug. Wurtzb., i83i, in-8°.

* Éd. C. J. de Siebold, Zur Lehre von der kiinst. Friihgeburt. Goett., i 824. (De l'ace, prémat. artif. , avec la descript. d'un cas suivi de succès, et contrib. à l'hist.).

233. — La médecine opératoire obstétricale actuelle. J. Fredr. Osiander. Herm. Fr. Kilian.

Bien que les plus grands efforts des accoucheurs modernes eussent eu pour but de simplifier, de plus en plus, l'intervention de Part, et même de la restreindre, autant que possible, pour laisser agir la nature, ils avaient néanmoins accordé une grande attention aux perfectionnements des méthodes opératoires. Les efforts individuels, pour arriver à ce but, ne peuvent être exposés ici, mais il convient de dire que tous ceux que, leurs talents, leur situation, ou leur vocation appelaient à une grande activité professionnelle, s'étaient préoccupés d'améliorer la partie opératoire de l'art. Éviter l'emploi des méthodes violentes, simplifier, exposer et apprécier les opérations, avoir l'œil sur les indications de la nature, même dans l'emploi des moyens artificiels, ne faire usage que des méthodes les plus sûres, les mieux indiquées, et perfectionner les instruments habituels, furent les objets des méditations constantes des accoucheurs actuels. Beaucoup de progrès ont été réalisés dans cette direction ; c'est avec confiance, que la femme peut s'abandonner aux mains de l'accoucheur, dont l'art est arrivé à une perfection inconnue jusqu'ici. L'obstétricie a pu reléguer, bien loin, ces opérations cruelles qui sacrifiaient la

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vie des enfants, et si elle n'a pu bannir encore entièrement la perforation, de la pratique, les améliorations dont elle a été l'objet, ne laissent plus, heureusement, après elle , ces lésions de la mère, qui, autrefois, en étaient si souvent la conséquence.

Des recherches profondes ont été faites, par les accoucheurs allemands, sur l'opération césarienne, en connexion si étroite avec la perforation, et, si l'indication précise de Tune ou de l'autre n'a pas atteint à une fixité désirable, il n'en est pas moins vrai, que les hommes les plus compétents ont accordé toute leur attention'à cette question litigieuse, pour arriver à la lumière, si bien qu'on est aussi près que possible d'une solution, et que le jeune praticien hésitant peut s'appuyer sur des opinio|s considérables, si tant est, que l'on puisse, dans une situation pareille, être, en général, guidé par des autorités. Le célèbre jurisconsulte C. J. A. MiTTERMAiER a fait entendre sa voie grave sur la légitimité juridique de la perforation, et a fourni au médecin légiste si distingué, Mende, de Goettingue, l'occasion de publier une explication très instructive sur ce point litigieux.

L'obstétricie allemande a le mérite de pouvoir citer un grand nombre d^opérations césariennes terminées avec succès, qui sont à mettreen face delà mortalité absolue obtenue par les accoucheurs anglais. Le professeur expérimenté de Goettingue, Joh. Fred. OsiANDER, a eu un grand mérite en publiant, sur les opérations obstétricales un livre (qui forme le troisième volume du Traité de son père), dans lequel il s'estefforcé de préciser les indications positives de chaque opération. Un livre spécial plus considérable, a été consacré à l'obstétricie opératoire par le digne professeur de Bonn, Herm. Fr. Kilian (i833 ; 2* éd., 1849); dans cet ouvrage se trouve, pour chaque opération, un historique soigné et une bibliographie très riche. Il a écrit aussi un traité d'accouchements très estimable, dans lequel la partie opératoire de l'art est exposée avec le même soin et une grande clarté, parfaitement mise au courant des progrès de la science (t. II, T* part.), et d'où il a éliminé un grand nombre de scories accumulées parle temps. Dans d'autres livres aussi, la partie opératoire est exposée avec

SIEBOLD-HERBGOTT. II — 3g

6lO NEUVIÈME ÉPOQUE

soin, et, dans toutes les facultés, les élèves sont exercés sur le mannequin à la pratique des opérations obstétricales.

Obs. I. — Le mémoire de Mittermaier se trouve dans le : « * Neii. Archiv. des Criminah^echts (Nouv. arch. du droit criminel), t. VIII. Halle, 1826, in-8°, p. 596. « Ueber die Graen- :^en und Bedingungen der Straflosikeit de?' Perfoj'ation » (Sur les limites et les conditions d'impunité de la perforation). Voy. à ce sujet : * Mende iiber die Anbohriing iind Enthirnung des Kopfes einer Leibesfruchtbei Schypereii Geburten, und iiber ilir Verhàltniss siim Kaiserschnitte (Sur la perforation et l'excérébration du foetus dans les accouchements difficiles, et leurs rapports avec l'opér. césar.) dans ses Beob. und Bemerk.^ t. V. Goett., i828,in-8°, p. 75.

Nous devons un mémoire très instructif, sur l'opération césarienne, à la plume habile du prof. Gust. Ad. Michaelis, à Kiel, woy. ses* A bhandl. ausdem Gebieteder Geburtshillfe, m. k.(Mém. d'obstétr. av. pi.), Kiel, i833, in-8° (Relation de trois opérations césariennes pratiquées sur la même femme avec succès, avec remarques historiques sur Top. ces. et la collection complète des cas observés jusque-là).

Obs. II. — Jean Fred. Osiander, né à Kirchheim-sous-Teck, le 2 fév. 1787, professeur à Goettingue, a été formé à l'école de sonpère,et parde nombreux voyages(voy. ses écrits sur les écoles devienne et de Paris); lia publié, jusqu'ici, des travaux estimables dans plusieurs journaux, puis le livre dont il a été question plus haut, 1825 et i833 (voy. § 207, obs. 11). « * Zur Praxis der Geburtshiil/e » (Mém. prat. d'obstétr.). Obs. et rétlex. empruntées à la maternité de Goettingue, pendant les années 1 822-1 832. Hannov., 1837, in-8°. * Hebammenbuch oder Anleitung :{ur Geb.f. Heb. (Elém. d'obst. p. les sages-femmes). Tûb., 1839, in-8°. Osiander a composé aussi* Volksarineimittel . Tûb., 1826, in-8° (Médicaments popul.), nouv. éd., 1829, in-8". Les écrits antérieurs ont été : * Dissert. De flux 11 menstruo atque uteri prolapsu. Gott., 1808, in-4°. * Comtn. qua edisseritiiruterum nervoshabere. Gott., 1809, in-40(Ecrit pour un concours) : *Progr. quo in docenda et discenda medic. atque arte obstetr. methodum activam potiorem in facienda expectationem saepe non alienam esse of tendit et observationes quasdam de papillis mammar. numero et structura variis commémorât. Gott., 17 17, in-4°.

Obs. 111. — Herm. Fri:d. Kilian est né à St-Pétersbourg, le 5 fév, 1800, il a fait sesétudesàVilna,et fut, jusqu'en 1826, médecin de la poste impériale de St-Pétersbourg. Depuis 1826, il s'établit à Mannheim, puis se rendit à Berlin; en i83i, il fut

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nommé professeur ordinaire d'obstétricie à Bonn, et directeur de la clinique d'accouchements, après en avoir été chargé provisoirementdéjà pendantquelquesannées. Ses écrits sont les suivants :

* Ueber den Kreislaiif der Blutes iniKinde, welches noch nicht geathmet hat, mit lithogr. 7^a/(?/«. Karlsruhe, 1826, in-4° (Sur la circulation du sang chez l'enfant qui n'a pas encore respiré, av. pi.).

* Beitraege :[ii einer genaueren Kenntniss der allgemeinen knochenerweichimg der Fraiien iind ihres Einflusses auf das Becken. Mit lithogr. Taf. Bonn, 1829, in-4''. (Documents pour le diagn. du ramolliss. général des os chez la femme, et sur son influence sur le bassin, avec lith.).

* Die Gebiirt der Kindeskopfs in dei'jenigen Scheitelstelhmg, welche man Hinterhauptslage \u )ieunen pflegt nach Beobacht. dargestellt. Bonn, i83o. in-8° (Accouchements par la tète dans les présentations occipito postérieures, d'après des observations).

* Operationslhere fiir Gebiirtshelfer, in 2 Th. u. 3 Banden. Bonn, 1834, i835, in-8° (Traité de Médecine opératoire obstétricale).

En 1 849, parurent les deux premiers volumes d'une * seconde édition, complètement remaniée et augmentée, qui comprennent les opérations obstétricales proprement dites, et, en 18 56, parut le troisième volume consacré aux opérations purement chirurgicales (rein chirurgische operationen) de l'accoucheur. Nous croyons devoir dire quelques mots déplus, que l'auteur de cette histoire, sur ce livre, qui est une mine inépuisable de renseignements historiques, dont souvent nous avons eu occasion de vérifier l'exactitude, documents parfaitement ordonnés, et exposés avec une grande clarté. KiLiANa, dans ce livre, fait, pour la médecine opératoire obstétricale, ce que SiEBOLDa fait pour l'histoire entière de l'obstétricie, et il mérite de prendre une place distinguée parmi les historiens de l'art. (F.-J. H.)

* Die Gebiirtslehre von Seiten der Wissenschaft und Runst dargestellt.,?, Thle. Frankl.u.M., 1 839-1842, in-8'' (Traité des accouch. au point de vue delà science et de la prat.).

KiLiAN a publié, en outre, un * Atlas obstétrical, in-4'^ long., Dusseld., i836.En 1^56., Armamentariiim Lucinœ novum.'in-Y'.

En 1854^ 9 ans après la publication de cette histoire, Kilian, publia unmémoire important, devenu classique, sur des altérationspelviennes, ayant pour titre : * Schilderungen neiier Beckenformen und ihres VerhaltensimLeben.Mannh., 1834, in-fol, av. 9 pi. lithogr. (Nouvelles formes d'altérations pelviennes et leur influence sur la vie). Ces deux formes d'altérations nouvelles sont : 1" causées par le glissement des

6l2 NEUVIÈME ÉPOQUE

vertèbres lombaires dans l'aire du pelvis, lésion que l'auteur a appele'e spondyloîisthesis ; et 2'^ par la formation d'éminences pointues, dirigées vers la cavité pelvienne ; cette seconde forme d'altération, moins inconnue que la première, a été appelée par l'auteur akantopelys. Depuis la publication de cet important mémoire on a trouvé un grand nombre de lésions semblables, qui ont été réunies et publiées par M. Fr. L. Neugebauer, dans sa thèse inaugurale. Halle, 1882, i v. in-S", av. 97 fig.

Enfin^ en 1837, l'infatigable professeur de Bonn publia un nouveau travail sur le ramollissement des os des femmes, qui porte le titre suivant : * Das Halisteretische Becken (aÀ; sel 3T£pr,a'.; manque de) constituée parle départ des sels calcaires delà substance osseuse, l'ostéomalacie proprement dite) in seiner Weichheit und Dehnbarkeit n'âhrend der Geburt durch neue Beobachtungen erlautert, nebst allgemeinen Bernerkungen iiber Halisterese, von H. F. Kilian. Bonn, 1857, in-40, IV, et 107p. av. 3 pl.lithogr. et une grav. sur bois (Le bassin ostéomal., sa flexibilité et sa dilatabilité pendant la naissance, prouvées par des observations nouvelles). Nous ne connaissons cette publicationque par l'analyse que nous trouvons dans le t. XI àelTiMonatschr. d. Geb. p. 77. (F.-J. H.)

§ 234. — Le diagnostic obstétrical .

Dans ces derniers temps, on s^est occupé avec zèle du diagnostic, et on doit aux accoucheurs une grande reconnaissance pour l'avoir sensiblement perfectionné. Déjà, le mécanisme de Taccouchement avait été notablement éclairé par Solayres, et ce sont les accoucheurs allemands qui ont étudié, avec le plus grand soin, les conditions de son accomplissement normal. On a donné les signes pathognomoniques de la grossesse, qui permettent de la distinguer des états pathologiques, on a indiqué les signes de la vie ou de la mort du fœtus, on a aussi accordé une grande attention à la configuration du bassin et enrichi, de cette façon, la pratique, de la manière la plus avantageuse. On s'exerça beaucoup dans l'art d'explorer, et les accoucheurs allemands ont rendu hommage à la loi posée par Roederkr en ces termes : « praecipua artis obstetriciae praxis circa explorationem versatur, cujus

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quidem frequens exercitatio satis commendari nequit». Nous avons dit, plus haut, ce que Stein, Schmitt et Wigand avaient fait dans cette voie. La connexion intime, qu^EL. de Siebold, JoERG, Carus et d'autres avaient établie, entre le domaine des maladies des femmes et l'obstétricie, et leurs travaux, devaient avoir pour effet de perfectionner le diagnostic, et lui donner une extension plus grande, profitable à tous deux. Les accoucheurs allemands ont soumis à un examen sérieux Tauscultation, appliquée à l'obstétricie, pour la première fois, par un Français (1821), afin de constater les signes de la vie de l'enfant (voy. plus bas § 247). Les efforts des allemands ont réussi à donner à ce signe toute sa valeur véritable, D'Outrepont et Kluge firent étudier cette méthode par leurs élèves dès iSaS; le premier, par Hans et Ulsamer, le second, par Lau, qui, dans d'excellentes dissertations exposèrent leurs recherches et leur jugement sur ce moyen d'investigation; d'autres suivirent la même voie; les travauxrécentsde Hohl, de Halle, etde Naegele fils de Heidelberg, sont d'excellents témoignages de leurs recherches si sérieuses et si fécondes. Les excellents travaux de Hohl sur l'exploration obstétricale (1834) et l'écrit récent de Birnbaum, sur les signes fournis par l'exploration (1844), montrent à quelle perfection est arrivé, en Allemagne, le diagnostic obstétrical.

Obs. — Les premiers travaux sur l'auscultation, publiés en Allemagne, sont :

* C. J. Haus, Die Auscultation in Be\ug aiif die Schwangerschaft (L'auscult. appliq. à la grossesse). Wurtzb., 1823, in-S" (L'auteur, né à Wurtzb. le 9 mars 1779, a été médecin des eaux de Bocklet, de 1824-1829; actuellement (1845), il est conseiller médical du gouvernement à Augsbourg). Ce travail fut traduit en français en 1828, par R. Courtois. Liège, 1828, in-8''.

* Ad. Ulsamer. Auscultation bei Schwangeren, als ein jpichtiges Mittel \urVervolkommung der acusserlichen Untersuchung ivàhrend der Schwangerschaft und Geburt. (L'auscultation des femmes enceintes, comme moyen important, pour compléter l'exploration externe pendant la grossesse et l'accouchement), dans Harless rhein. Jahrb., t. VII. Elberfeld, 1823, in-8°, p. 5o. (L'auteur, répétiteur à Técole des sages-femmes, à Wurtzb. sous El. DE SiEBOLDCt d'Outuepont, fut nomméle 3onov. 1829,

professeur d'accoDUchements et directeur de la maternité de l'école de chirurgie de Landshut, et, après la suppression de cette école en 1842, il fut nommé médecin légiste à Ansbach.)

* G. A. Lau, Diss. de tiibi acustici ad sciscitandam graviditatem efficacia. Berol, 1823, in-S".

L'auscultation est traitée d'une manière complète dans l'excellent livre de * Ant. Fr. Hohl, Die geburtshidfliche Exploration I Th. das Hôren. Hall., (833, in-8°, das 2 Th. hat das explorative Sehen und Hôren ■{iim Ge^^/z^^a/zt/c (^exploration obstétricale, repart, par l'ouïe, 11° part, par la vue et par l'ouïe). L'auteur est né le 17 nov. 1794. (Depuis i83o, Priv. Doc. ; en i832 prof, à Halle, et, après la mort de Niemeyer, 26 mars 1840,11 fut nommé directeur de la Maternité.)

Les ouvrages de Naegele fils, sur Tauscultation et sur le mécanisme de l'accouchement, ont été cités plus haut(|226, obs. II). Freder. Birnbaum, Priv. Doc. à Bonn, a écrit l'ouvrage suivant mentionné plus haut : * Ueber die Veràndernngen des Schei, dentheils und des unteren Abschnittes der Gebdrmutter in der Zweiten Hàljte der Schwangerschaft. Bonn., 1841, in-8° (Sur les modifications du col et du segment inférieur delà matrice, dans la seconde moitié delà grossesse).

Birnbaum fut appelé en 1844 à St-Pétersbourg, comme professeur des sages-femmes.

§235. — Influence de la ■physiologie nouvelle sur Vobstétricie.

Les richesses physiologiques, qui ont été le fruit des progrès et des découvertes embryologiques récentes, ont exercé de Tinfluence sur l'obstétricie, en éclairant d\in jour nouveau la fonction de reproduction, la grossesse et Taccouchement, ainsi que la composition de l'œuf tout entier. Les éclaircissements donnés par ces recherches, dans un domaine où elles sont si difficiles, ont dû être utiles à la pratique. C'est avec une vive reconnaissance, que l'obstétricie envisage les travaux si considérables de la physiologie moderne, dont elle a tiré grand profit, et c'est avec un grand respect, qu'elle salue les noms de C. de Baer, Fr. Bischoft, C. F. Buhdach, J. Ev. Purkinje, B. W. Seiler, G, Valentin et Rud. Wagner (et de Kolliker et Duval aujour-

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d'hui) (i), qui ont fait des reclierches si intéressantes sur l'œuf et les parties qui le composent, sur le développement du fœtus, sur la grossesse et la naissance. Nous ne pouvons entrer ici dans des détails qui nous éloigneraient de notre but; ces quelques mots doivent suffire pour signaler ces progrès de la physiologie moderne, auxquels ne peut rester étranger celui qui connaît l'influence de ces travaux physiologiques sur les connaissances pratiques.

Obs. — Nous ne renvoyons ici qu'au livre de * Rud. Wagner's Lehj'b. der Spec. Physiol. 2^ éd., Leipz., 1843, in-8^ I livre « de la génération et du développement de l'œuf » qui donne le meilleur coup d'œil sur les progrès mentionnés cidessus.

L'embryologie est appréciée en France où elle compte d'illustres représentants; elle était enseignée à Strasbourg, dans un cours spécial, par l'auteur de cette traduction ; M. leprofesseur Tarnier ne lui a pas consacré moins de 100 pages dans le i«^''vol. de son Traité paru en 1882. (F.-J. H.)

§ 236. — Méthode d'enseignement de l'obstétricie en Allemagne, les maternités et leurs directeurs.

Les progrès de Tobstétricie allemande, depuis le commencement du XIX^ siècle, sont dus en grande partie à l'excellent enseignement des facultés, et à la bonne organisation des cliniques qui fut installée partout où elle avait fait défaut. Ces établissements remplissent un double but : d'une part ils préparent les élèves aux difficultés de la pratique, puisqu'ils sont admis à examiner les femmes enceintes, en travail et accouchées, sous la direction de maîtres éprouvés; pouvant observer sans obstacle le cours de la grossesse, du travail et delapuerpéralité,etsont exercés, par le maître, à l'exploration delà femme, si difficile, dans tous

(i) Nous devons mentionner ici le livre de Kolliker. * Entwickekungs- Geschicht der Meuschen und der hoeheren. Thiere. Leipz.. i8(')i qui a eu une 2^ éd. qui a été traduite en fr. (F.-J. H.)

6l6 NEUVIÈME ÉPOQUE

les états morbides, dans lesquels elle peut se trouver. Le maître lui-même trouve des éléments d'instruction personnelle, que la pratique privée ne donne pas si facilement, et acquiert des notions scientifiques qu'il utilise pour les progrès de l'art. L'histoire nous a appris que Tétat de la science a subi une amélioration notable, depuis le moment, où les accoucheurs ont eu une maternité à leur disposition. Ce que la science a gagné dans ces derniers temps, elle le doit incontestablement à ces établissements, dans lesquels on a pu observer, sans trouble, la nature dans son œuvre, surprendre ses lois, et arriver à la simplification des moyens d'intervention. Ajoutez encorecette mode allemande, suivie dans tous les établissements qui forment des accoucheurs exercés, qui consiste à laisser les élèves prendre part, eux-mêmes, aux accouchements, non seulement par une simple exploration, mais par les soins et les observations que comprend ce rôle : que tout ce qui sepasse, est observé et discuté, comme dans un examen, où l'élève a le rôle principal, et où le maître n'intervient que pour rectifier les erreurs de l'élève ; qu'avant de prendre ainsi part à la pratique, Télève a dû, par des leçons, être mis au courant delà science, avoir sa main exercée par des manœuvres sur le mannequin, avec les détails de la pratique. Il reste de ce côté peu à désirer à Pobstétricie, qui doit la reconnaissance la plus profonde à ceux dont la sage prévoyance a si bien organisé cet enseignement, si supérieur, dans toutes les facultés, à ce qu'il avait été jusque-là. Dans aucun de ces établissements ne manquent les collections nécessaires, de merveilleuses préparations et les collections d'instruments, qui sont de si précieux auxiliaires de l'enseignement.

Obs. — C'est le lieu, ici, de nommer toutes ces cliniques obstétricales allemandes, ainsi que les maîtres qui en ont ladirection ; nous adoptons l'ordre alphabétique.

Berlin, a) Maternité de ^université. Directeur depuis l'automne 1829, DiETR. W. H. BuscH (voy, plus haut | 23o).

b) Maternité de la Charité. Directeur : Jos. Herm. Schmidt, né à Paderbern, 14 juin 1804, élève de Naegele et d'EL. DE SiEBOLD. Directeur depuis l'été 1844, auteur du livre

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officiel des sages-femmes delà Prusse (voy. plus haut § 23o), son dernier écrit est : Mille aphorismes sur l'accouchement. Berl., 1844, in-8°.

Bonn. Direct. H. Fr. Kilian (| 233).

B?'eslau. Jul. Wilh. Betschler, né à Landsberg (Bavière), le 14 octobre 1796 ; formé à Berlin sousKluge, direct. depuis 1828 ; écrits : * Annal, der klin Anstalt. der Universit \u Breslaufur Gebiirtsh. und Krankh. der Weiber und Kinder (Annales de la clin, d'ace, et de gynécol. et malad. des enfants), 2 vol. BresL, i832 et 1834, in-8°. * De naturœ auxilio dystocias e situ infantis vitioso ortas adsolvente. Vratisl, i834,in-4''. Comm., dystociae decursutn in pelvi rachit. sist., Y raùsl, iS3j, in-4°.

Erlangen. Joh. Eug.Rosshirt, né à Oberscheinfeld (Bavière), le 10 novembre 1793, élève de d'Outrepont, prof, et direct, depuis i833. Ecrits : * Dissert, de iiteri sub graviditate metamorphosi. Wirceb., 1818, in-S». * De perforatione fétu licet vivo instituenda. Erl., i833 in-8''. * De asphyxia infantium rec. nator Erl., 1834, in-8°. * Die An^eigen :{u den geburtsh. Operationen. Erl., i835, in-8° (Indic. des opér. obstétr.). * Die Geburtsh. Operationem. Erl., 1842, in-8° (Les opér. obstétr.), Progr. Quœ~ dam ad artis ohstetr. uti nunc exercetur., statum pestinentia. E., 1843, in-4°.

Fribourg. Ign. Schwoerer. Écrits : « De situpelvis in ventre cavique ejus que directione. Frib. Brisg,, 1828, in-4°. * Grundsàt\e der Geburtskundeim gan^en Umfange(9vmc.gér\, d'obst.). I livr. Frib., i83i. \n.-^''.*Beitràge^ur Lehrevom Thatbestande des Kindermordes, etc. av.pl. Frib., i826,in-8° (Gontrib. à l'infanticide).

Giessen. F. A. de Ritgen (voy. § 229).

Goettingue. Ed. Casp. Jac. de Siebold (l'auteur de cette histoire), voy. plus haut § 23o, obs.I.

Greissivald. Fred. Aug. G. Berndt, né le 14 mai 179 1. Directeur, depuis 1824. Berndt est en même temps un professeur de clinique médicale très estimé, et auteur de beaucoup d^écrits qui ont trait à la médecine.

Halle. A. Fr. Hohl. Dir. depuis 1840 (voy. § 234).

Heidelberg. Fr. G. Naegele, Dir. dep. 18 10 (voy. § 226).

lena. Ed. Arn. Martin, Dir. depuis i838. Priv. Doc. depuis i833, prof, extraord. depuis 1837. Disc, d'ouv. de son enseignement. * De pelvi oblique ovata cum ancylosi sacro-iliaca, Cum lab. len., 1848, in-4°.

, Kiel. GusT. Ad. Michaelis, né legjuill. 1798. Dir. dep. 1841. Ecrits : De indurat. telœ cell. rec. nator. Kil., 1825 (Progr. pro ven. legendi) * Abhandlungen aus dem Giebete der Geburtsh. Kiel, i833, in-8". * Unterricht fiïr Hebammem. Kiel, 1842,10-8". Das Enge Becken nach eigenen Beobachtungen und Untersu-

6l8 NEUVIÈME ÉPOQUE

chimgen. publ., après la mort de l'auteur, par C. C. Th. Litz- MANN. Leipz., i85 1 , in- 8° (Le bassin étroit d'après ses observ. et rech., œuvre très importante, devenue classique).

Koenigsberg. Alb. Hayn. Dir. dep. i83o, avait été Priv. Doc. à Bonn. Ecrits : Ueber die Selbstiuendiing (Version spont.). Wurtzb., 1824. Diss. inaug. * Abhandl ans dem Giebete der Geburtsh. (Mém. d'obstétr.). Bonn., 1828, in-S".

Leipzig. JoERG. J. Chr. G. Dir. dep. 1810 (voy. § 225).

Marhourg. Carl. Christ. Hûter, né à Melzungen, le 6 mars i8o3. Élève de BuscH. Direct, dep i833 Ècvhs: Diss. duos sectionis cœsar. casiis relatos exhibens. Marb., 1824, in-8°. * Die Pathol. iind Therap. der Jïuiften Geburtsperiode (Pathol. et thérap. de la délivrance). Marb., 1828, in-8°.*D/e dynamische Ceburtsslôrungen (La dystocie dynamique), 2 v. in-S". Berlin, i83o.

* Die Lehre von den Wôchnerinnenfiebcrn (De la fièv. puerp.). Marb,, 1 832, in-4''. * De singul. exempl. pelvis forma infantili in adulta reperta., c. tab. aen. Marb., 1837, in-4°. * Lehrb. der Geburtsh./. Hebamm. (Man. d^acc. pour les sages-f.). Marb., i838, in-8°. * Eine Gehurts:{ange (Un forceps). M., 1839, in-8''. * Die Embryothlasis ., etc. (Embryotripsie), av. pi. Leipz., 1844, in-8°.

Munich. Joh. B. Weissbrod. Dir. dep. 1826, a écrit un mémoire sur les forceps publ. dans * Neu. Chir,, p. Textor, 2 vol.- I fasc. Sulzb., 1825, in-8°, p. 87.

, Pra^. Ant. Joh. Jungmann, né le 19 mai 1775. Dir. dep. 181 1. Ecrits : * Lehrb. d. Geb. (Trahé d'ace), 2 part. 18 12, in-S".

* Lehrb. d.Geb.f. H eb amm. (Y .d'ace, ^ç). les sages-f.), Prag., 1824, in-8°. * Das Technische der Geburtsh. (Techn. de l'obstétr.). Prague, 1824, in-8".

Tubingue. Leop. Socr. Riecke, né à Stuttg. le 10 oct. 1790. Dir, dep., 1820.

Vienne. Joh. Klein. Dir, de l'Ec. prat. à l'hôpit. général depuis 1822, voy. ses Notices sur Técole prat. dans: * Oestr. med. Jahrb. Dern. suite, 1. 1, et IV et X. — Une deuxième cliniqueobstétricale, à l'université de Vienne, fuc ouverte, depuis le i5 oct. i833, sous la direction du méd.en chef, et le prof, suppléant de cette seconde clinique fut D'' Franz Bartsch ; voy. ses premiers annuaires dans * Oestr. med. Jarhb. Dernière suite, t X, p, 107.

Wurt^bourgL d'Outrepont. Dir. dep. 1816 (voy. § 227), (malheureusement, cet éminent professeur est mort le 7 mai 1845. Que la terre lui soit légère).

Les écoles chirurgicales d'Allemagne possèdent aussi des maternités analogues qui servent à l'instruction des élèves, et des sages-femmes, ainsi à Brunswick (Dir. G. Knocke), à Dresde (Dir. G. Fr. Haase), à Hanovre (Dir. G. St. Kaufkmann), etc.

DEPUIS LA FIN DU XVIII^ SIECLE JUSQU'a 1845 619

I 237. — L'état des sages-femmes en Allemagne.

De grandes modifications, qui sont le résultat des progrès de l'obstétricie, ont amélioré notablement l'état des sages-femmes en Allemagne. L'instruction des sages-femmes se ressent nécessairement des progrès de l'obstrécie en général. L'étendue de l'intervention des sages-femmes dans Paccouchement a été restreinte ; d'excellents règlements déterminent le cercle de leur action, et sont l'objet d'une surveillance attentive. Dans tous les états, on a créé, pour elles, de très bonnes écoles dirigées par des maîtres parfaitement au courant du progrès, et elles ont en mains des livres excellents.

Presque partout, il y a des maternités, où elles reçoivent l'instruction pratique. Dans la plupart des pays, c'est le professeur même de l'Université qui instruit les sages-femmes, et les maternités sont aussi ouvertes aux élèves sages-femmes. Il existe une exception à cette règle dans le royaume de Prusse, où, dans quelques provinces, l'école des sages-femmes est séparée de celle des étudiants en médecine, mais à toutes deux sont jointes des maternités. Dans des états plus grands, il y a, en outre, les écoles universitaires des sages-femmes, et d'autres encore, comme en Bavière, dans le Hanovre et la Saxe.

Les petits états, qui ne possèdent pas d'université, ont néanmoins d'excellentes écoles de sages-femmes bien organisées, avec des maternités, de sorte que la vieille coutume de faire instruire les sages-femmes, tant bien que mal, par des médecins, est complètementtombée en désuétude. Les fruits de ces effortsse remarquent partout. Les villes et les campagnes sontpourvues de sagesfemmes bien instruites, en état de donner, à toutes celles qui les réclament, les soins que leur état exige, et de leur appliquer le meilleurtraitement, suivant les règles actuelles de l'art. Lesabus et les préjugés qui existaient chez elles depuis si longtemps, comme une partie intégrante d'elles mêmes, sont extirpés, et elles

sont en état de prodiguer ces soins simples et efficaces qui rendent leur intervention si salutaire.

Obs. — Les derniers livres publiés à l'usage des sages-femmes sont le meilleur témoignage des progrès que la science a réalisés dans cette direction. Des règlements qui existent dans divers états ont établi une grande uniformité entre eux, quant à l'instruction ; la surveillance par l'autorité supérieure en est devenue plus facile. Les noms des auteurs de ces livres sont un sûr garant de l'excellence de ce qui y est enseigné. Nous donnons ici les noms des auteurs qui, dans ces derniers temps, ont écrit ces livres à Pusage des sages-femmes : W. Josephi, professeur très méritant, à Rostock. Le livre pour les sages-femmes de Meklembourg-Schwerin, a eu, depuis 1 797, trois éditions, la dernière est de i833.El. de Siebold; son livre a eu, depuis 1808, six éditions, la dernière est de i838; jusqu'en 1844, il était imposé dans la Bavière. J. Chr. G. Joerg; son manuel des sages-femmes a eu, depuis 1814, jusqu'en 1829, trois éditions, pour le royaume de Saxe. Thom. Lederer. Excellent livre paru en 1822, l'auteur était un assistant à l'école pratique de Vienne, et élève de Boer, malheureusement, lapremièrepartie seule a paru. Fr.C.Naegele; de i83o à 1844 six, éditions de ce livre introduit dans les écoles du grand-duché de Bade. Léop. A. Ricker; Manuel publié en i832 pour les sages-femmes du duché de Nassau, nouv. éd. en 1844. JoH. Chr. Starck; Manuel publié en 1837 pour les duchés saxons de Weimar et ,Meiningen. J. H. Schmidt ; manuel pour les sages-femmes des Etats de la Prusse, 1839. G. A. Michaelis; manuel pour les sages-f. du Holstein, 1842.

§ 238. — Coup d'œil rétrospectif.

Un coup d'œil impartial jeté sur ce qui a été réalisé en Allemagne pour l'obstétricie, depuis le commencement de ce siècle, est à la fois consolant et plein de promesses.

La science a conquis une situation élevée qui ne pourra plus lui être ravie désormais, et le zèle des travailleurs, excité partout, promet dans l'avenir d'autres progrès encore. Au commencement du siècle, les accoucheurs étaient divisés en deux camps, qui luttaient l'un contre l'autre ; la victoire appartient définitivement à

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ceux qui ont combattu pour assurer à la nature ses droits. Les doctrines de Boer ont été accueillies partout ; l'obstétricie, qui ne se complaît que dans des opérations, est rentrée dans ses véritables limites. La tâche de ces derniers temps a été d'aider la nature à arriver à une fin heureuse, de se servir des voies et moyens qu'emploie cette grande maîtresse, et de baser sur elle les procédés d'intervention de l'art. Cette méthode a conduit aux résultats les plus heureux : une grande simplicité dans le traitement des accouchements, et la tendance de l'accoucheur à éviter la nécessité d'une intervention. L'emploi de certains médicaments, au moment opportun, a été particulièrement mis en relief par des accoucheurs allemands; c'est le fruit de l'attention accordée par eux aux troubles dynamiques de l'accouchement. A la tête de ces médecins, il faut placer Wigand. Des hommes d'une éducation et d'une instruction supérieures, agissant en Allemagne dans cette voie, ont réussi à donner à l'obstétricie cette considération élevée dont doit Jouir une des trois branches de l'art de guérir. Le but lointain que Roederer avait indiqué dans son célèbre discours d'ouverture, il y a un siècle, et auquel il était nécessaire d'arriver, a été brillamment atteint en Allemagne ; pour cela, on n'a eu qu'à suivre, sans l'abandonner un instant, la voie qu'il avait tracée.

§ 23g. — L'obstétricie en France après Baudelocque. J. P. Maygrier. Cl. M. Gardien. Jos. Capuron. L. Ch. Deneux.

La haute considération que Baudelocque s'était acquise par ses doctrines, en France, s'est maintenue dans le commencement duXIX° siècle, et les accoucheurs qui lui ont succédé restaient attachés aux doctrines de leur illustre prédécesseur. Toutefois, dès 1802, Jacques Pierre Maygrier avait suivi une voie personnelle, qui ne concordait pas, entous points, avec les doctrines que Baudelocque avait enseignées ; il s'etîorça, notamment,de réduire

le chitîrc des positions fœtales, il n^en admettait plus que 48, réduisant aussi, à ce chiffre, les procédés opératoires qu'il divisa en simples, manuels, et composés, instrumentaux, donnant toujours la préférence aux premiers. Dans leur généralité, les doctrines de Maygrier concordent cependant avec les doctrines de Baudelocque, et, dans des écrits postérieurs, Maygrier ne put que répéter ce qui, depuis longtemps, était dans le domaine de ses compatriotes. Le professeur aimé, Claude Marie Gardien, publia un livre plus étendu (1807), comprenant les accouchements, les maladies des femmes et des enfants, et un exposé enrichi de la bibliographie ancienne et moderne, des opinions des autres accoucheurs, même de celles des accoucheurs allemands (Stein, Osiander), ce qui donne à ce livre la double consécration, de l'utilité pratique, et de l'érudition. Gardien a exposé très bien les phénomènes de « Paccouchement naturel » et, par sa division de ces accouchements, en deux ordres, suivant que l'enfant se présente par la partie supérieure du tronc (la tête), ou par sa par tie inférieure (membres abdominaux), il a cherché à répandre des idées simples en France. C'est à lui qu'on doit les dénominations des présentations crâniennes « position occipito-cotyloïdiennc gauche » notre première position du crâne « posit. occ.-cot. dr. », qui sont encore en usage aujourd'hui. Il a accordé une grande attention à la médecine opératoire obstétricale et, dans toutes ses descriptions, on constate une critique sévère. Après la mort de Baudelocque (18 10), Antoine Dubois fut préféré à Gardien, par la Faculté, à la suite du concours ouvert devant elle; depuis ce temps, Gardien se retira de son enseignement privé et de la pratique, probablement par dépit. Jos. Capuron, contemporain de GARDiEN(et comme lui concurrent pour la chaire de Baudelocque), réunit demême, dans un livre, les accouchements, lesmaladiesdes femmes et des enfants, partant du principe : « qu'il est une foule de cas, où Tonne saurait être médecin ni chirurgien des femmes sans être accoucheur ». Cet accoucheur fut aussi, de son temps, un excellent professeur, très aimé du public. Enfin il ne faut pas négliger de mentionner les travaux, trop rares, du vénérable

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Louis Charles Deneux, praticien expérimenté, plus tard professeur à la Faculté de médecine de Paris, qui a cherché à éclairer quelques points ayant trait à l'obstétricie.

Obs. I. — J. P. Maygrier, né à Angoulême, le 1 1 juin 1771, était un élève d'ANTOiNE Dubois. Il faisait à Paris des cours d'accouchements et fut, plus tard, un des concurrents pour la chaire de Baudelocque. C'était un praticien très occupé ; il mourut le 29 avril 1834. Outre sa thèse pour le doctorat, sur la délivrance 1802, on possède de lui : * Nouv. méthode pour manœuvrer les accouchements. Par., 1802, in-8". Elém. de la science et de lart des accouchements. Par., 1814, in-8°, 2*= éd., ï8iy. * Nouvelles démonstrations des accouchem. av. des pi. en taille-douce, etc. Par., 1822, in-f° (Texte concis mais magnifiques planches sur cuivre. * Trad. et remanié par E. C. de Siebold, avec conservation des planches. Berlin, 1829. * 2® éd., i835, gr. in-8°. * Nouv. éd. franc, soignée par Halmagrand, gendre de l'auteur, i v., in-8°, Atlas in-f° de 80 pi., 1840. Trad. espagnole par José Lletor. Castroverde. Par. y Mexico, 1828, in-f°.

Obs. II. — Cl. Mar. Gardien, né le 14 juillet 1767, arriva à Paris, en 1 799, il a écrit : Du toucher ^ 1 8 1 1 , in-4°. * Traité complet d' accouchements et des maladies des filles., des femmes et des enfants, 4vol. Par., 1807, in-8°. 2eéd., 1816. 3*^ éd. * 1824, in-8°.

Obs. III. — Jos. Capuron, né le 10 mai 1767, à Larroque- St-Sernin (Gers), mourut le 2 avril i85o;il a composé un Cours théorique et pratique d'accouchements., dans lequel il expose les principes de cette branche de l'art, les soins que la femme exige pendant et après le travail, ainsi que les éléments de l'éducation physique et morale de Penfant. 4*^ éd., 1828, in-8''. * Traité des maladies des femmes depuis la puberté jusqu à l'âge critique inclusivement. Par., 18 17, in-8°. Capuron a encore écrit une médecine légale relative à l'art des accouchements. Paris, 1821, in-8°(i).

Obs. IV. — Louis Ch. Deneux est né à Heilly (Somme), le 25 août I yôy, il est mort à Nogent-le-Rotrou le 28 déc. 1846. A la suite de la révolution de juillet, ayant refusé de prêter serment au nouveau gouvernement, il fut destitué de ses fonctions de professeur de la clinique des accouchements de la Faculté de médecine de Paris, il n'avait jamais enseigné la Clinique d'ac-

(i) Voy. notice sur sa vie, dans les Eloges de l'Académie de méd., par Dubois, d'Amiens, secret, perp., t. I, p. 419. (F.-J. H.)

couchements, qui ne fut ouverte qu'en 1834. H était accoucheur de la duchesse de Berry. Il vécut silencieusement dans la retraite, ne se livrant qu'à l'étude et à la pratique privée. Ses écrits sont : * Essai sur la rupture de la matrice pendant la grossesse et V accouchement. Par., 1804, in-4°(i). * Recherches sur la hernie de Vovaire. Paris, 18 10, in-S". * Considérations sur les propriétés de la matrice. Par., 1818, in-8°. * Mémoire sur la sortie du cordon ombilical pendant le travail de V enfantement, 1820, in-8°. * Recherches sur la cause de V accouchement spontané après la mort. Par., i823,in-8'^. * Observation sur une tumeur fibreuse expulsée dans le vagin après un avortetnent, au terme de quatre mois., et prise pour V arrière- faix, 1839, in-4°. * Mémoire sur les tumeurs sanguines de la vulve et du vagin. Par., i83o, in-8°.

§ 240. — Jacques André Millot.

J. A. MiLLOT, né à Dijon, en 1738, a fait ses études médicales à Paris, où il pratiqua longtemps les accouchements, imagina une manière nouvelle d'exposer scientifiquement les accouchements ; il composa un « Supplément à tous les traités » dans lequel il soumit à une critique sévère des doctrines anciennes et modernes, sans égard pour la notoriété des personnes qu'il attaquait, déclarant leurs doctrines inexactes et mettant les siennes à leur place; ses doctrines révèlent un praticien expérimenté, beaucoup de propositions méritent d'être prises en considération bien qu'on y trouve maint paradoxe. Il commence son ouvrage par un examen complet des parties génitales delà femme, et de leurs fonctions, où il rectifie quelquefois les idées de Baudelocque et d'autres. Il combat, d'après son expérience, la superfétation admise par le premier, il croit qu'elle ne pourrait se produire que dans un utérus bicorne. Les obliquités utérines dépendent d'une conformation vicieuse delà matrice, antérieure à la grossesse. Millot a examiné les parties constituantes de l'œuf, et est arrivé à dire que le foetus était nourri par Peau de l'amnios. Dans les soins à

(1) Voy. notice s. sa vie, Éloges de Dubois, t. I, p. 435. (F.-J. H.)

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donner pour la délivrance; il insiste sur la ligature de la partie placentaire du cordon ; l'expulsion du délivre en est rendue plus facile. Le travail de l'accouchement commence déjà avant les douleurs ; cette première période qu'il appelle « premier temps secret » commence déjà trois ou quatre jours avant la manifestation des douleurs ; il est annoncé par l'augmentation des mucosités vaginales, par l'abaissement du ventre, et par des contractions légères que les femmes, quelquefois, ne ressentent même pas, cela a été confirmé dans ces derniers temps. Les accouchements, par les pieds ou par le siège sont appelés par Millot : « naturels au second genre, ou naturels irréguliers ». Il s'élève avec violence contre leur qualification de « contre nature «, attendu que les dénominations doivent exprimer la réalité des choses. Il a aussi accordé une grande attention aux opérations, fait ressortir les avantages du forceps courbe de Levret, pour lequel il donne des préceptes bien nets. Dans l'extraction de l'enfant par les pieds, il regarde le dégagement des bras comme inutile, et comme gênant les contractions de la matrice, la tête devra être mise dans le diamètre oblique par son axe longitudinal, qui est le plus favorable à son engagement. Après la délivrance, le meilleur moyen de prévenir les hémorrhagies est d'exercer une forte compression sur le ventre. Millot fait un examen critique très attentif des doctrines relatives à la puerpéralité et aux mahidies des femmes accouchées. Millot a aussi accordé une attention sérieuse à Popération césarienne, qui doit être conservée dans la pratique; il donne le conseil de pratiquer à l'utérus une incision latérale, éloignée^ le plus possible, du fond de l'organe, pour éviter les étranglements intestinaux ; il recommande d'inciser latéralement aussi les parois de l'abdomen, de choisir le côté vers lequel la matrice est inclinée, et de faire les deux incisions l'une vis avis de l'autre. Il donne, dans un écrit spécial, la relation d une opération césarienne terminée heureusement pour la mère, qui était rachitique. Il a eu aussi la chance d'extraire un enfant vivant j^ar une opération césarienne pratiquée après la

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monde la mère (1773). L'enfant vivait encore en 1789. Millot mourut au mois d'août 181 i à la suite d'une apoplexie.

Obs. — * Observation sur lopération dite césarienne faite avec succès, ou sur V accouchement contre nature avec la description d'une noîivelle manière de r opérer, par J. A. Millot, Paris, 1798, in-8°.

* Supplément à tous les traités tant étrangers que nationaux, anciens et modernes sur Vart des accouchements. 2 tom. Paris, 1809, m-8° (la if« éd. est de 1804).

* Histoire physiologique de la génération humaine, suivie de rart de procréer les sexes àvolonté », qui, en 1807, était arrivée à sa 4e édition. Au reste, Millot a eu plus de bonheur dans sa carrière de praticien que dans celle d'écrivain : « Le discrédit de ses productions, dit Nauche, son biographe, contribua beaucoup à la ruine du libraire, qui s'en était chargé, vov. * Biogr. univers.,î.XXlX, p. 53.

I 241 . — Antoine Dubois.

Antoine Dubois, successeur de Baudelocque, occupa un rang élevé parmi les professeurs d'accouchements de Paris. Malheureusement, aucun écrit de sa main ne fait connaître à la postérité ses nombreux services, pendant les longues années de son professorat à la maternité de Paris. C'était un maître excellent, dont les contemporains ont vanté la vivacité, la précision et la clarté dans son enseignement, que ce grand maître basait sur une vaste expérience. En s'éloignant quelque peu des principes de Baudelocque, il suivait Timpulsion des temps nouveaux, et des progrès qu'ils apportaient avec eux, il exerçait une action considérable sur les élèves, et il a su stimuler le zèle d'un grand nombre d'entre eux.

Par l'enseignement des sages-femmes, dont il fut chargé à la Maternité, après la mort de Baudelocque, il exerça une influence salutaire sur leur instruction, dans toute la France. Il a moditié avantageusement le forceps, en garnissant les manches de bois,

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qui peuvent être enlevés facilement, quand on veut se servir des crochets qui terminent les manches. Il fut appelé par Corvisart, pour assister l'impératrice Marie-Louise dans son accouchement (rendu difficile par une présentation vicieuse, qui l'obligea à faire la version podalique, et à appliquer le forceps pour l'extraction de la tête) (181 1). A. Dubois mourut le 3o mars 1837 dans sa Si*" année. Il s'était retiré de l'enseignement peu après i83o.

Obs. — Dubois était né le 19 juin 1756 à Gramat (Dép. du Lot). Voy. : Arch. g. de méd. Mars 1837, p. 393 (par Orfila). Biillet. de l'Acad. de méd.^ X. I, p. 544. Disc, de Pariset prononcé sur sa tombe. Eloges lus dans les séances de VAcad. de méd. par Dubois (d'Amiens), t. I. Paris, 1864, in-8°, p. iii. notice parfaitement écrite. En parlant de ce grand professeur, Orfila dit : « Le talent du professeur ne le cédait en rien à celui de l'opérateur. Doué d'une élocution facile, Dubois captivait son auditoire par la simplicité de son langage, à la fois aphoristique et clair, par l'évidence de ses démonstrations, et par les ressources de son esprit. Jamais l'art d'exposer ne fut porté plus loin, et celui qui ne profitait pas de ses leçons devait renoncer à jamais à l'étude de la médecine ».

§ 242. — Manque d'établissements publics pour l'enseignement de l'obstétricie à Paris.

L'enseignement public de l'obstétricie était resté, jusque dans ces derniers temps, très en arrière de ce qu'il était dans les autres États ; autrefois, de nombreux élèves, avides de s'instruire dans l'art des accouchements, affluaient à Paris; de nos jours ils trouvaient une infériorité considérable dans cette ville, en raison de l'absence d'établissements publics destinés à Tcnseignenient de cet art ; depuis le milieu du dernier siècle, des établissements pareils avaient été créés en Angleterre, en Allemagne et en Danemark. Les professeurs de Paris, les plus célèbres, étaient réduits à avoir des salles privées, pour donner leur enseignement, et leur

exiguïté les rendait si insuffisantes, qu'on ne pouvait en tirer beaucoup de profit. La grande Maternité, exclusivement réservée pour l'instruction des sages-femmes, et interdite aux élèves et aux docteurs, ne pouvait profiter qu'aux médecins qui y étaient attachés. Les professeurs privés étaient réduits à donner, presque exclusivement, un enseignement oral, et à exercer leurs élèves sur le mannequin, dans un amphithéâtre que tenait chaque professeur, et qui, le plus souvent, était Joué par une sagefemme qui devait s'occuper de Tadmission de pauvres femmes enceintes. Une organisation si défectueuse restait presquetoujours abandonnée à la sage-femme, et ne pouvait répondre au but qu'on s'était proposé. On n'avait absolument aucune occasion d'observer des femmes enceintes ou accouchées. Osiander nous apprend, qu'après l'accouchement, la femme était mise dans un fiacre et transportée dans son domicile ou à l'Hôtel-Dieu : l'enfant était placé aux orphelins. Un cours durait ordinairement un trimestre, pendant lequel il y avait dix ou quinze accouchements ; chaque auditeur inscrit avait le droit de pratiquer un accouchement normal. Il n'est pas besoin de remarquer que, dans ces conditions, c'étaient les sages-femmes qui instruisaient les jeunes médecins, qu'elles leur apprenaient à explorer, à appliquer le cathéter, le spéculum, etc., comme l'auteur de cette histoire a pu s'en assurer, lors de son séjour à Paris en i83i, où il a eu l'occasion de lire, à tous les coins de rue, de longues affiches annonçant cet enseignement, et de voir, étalé sur les enseignes des sages-femmes, leur empressement à otîrir au public cet enseignement (voy. plus loin § 25o, Obs. III).

Obs. — La défectuosité de l'enseignement de Pobstétricie, à Paris, a été signalée, au commencement de ce siècle, par plusieurs écrits : C. H. Weidmann, Ueber Pariser Gebdranstalten iind Gebiirtshelfcr (Sur les établissements d'accouchement et les accoucheurs de Paris). Braunsw., i8o3, in-8% et* J. Fr. Osiander Bemerkiingenïiber die/i'an^ôsische GeburtsJnllfe(Réûex. sur Tobstétr. franc.), i8i3, in-B". Osiander parle, p. 3oo, d'une sagefemme nommcj Lkmache, qui enseignait même auxéludianls la pratique des oj^érations obstétricales, elle acquit ainsi une celé-

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