EDOUARD GASPARD JACQUES DE SIEBOLD XXIX
tude, qu'il a conservée depuis, de tenir un journal dans lequel il notait les événements de chaque jour.
Ces éphémérides avaient contenu d'abord les faits de l'école et des histoires amusantes ; plus tard, il y consigna des observations scientifiques, des résumés de ses cours et de ses lectures, et des événements qui apportent dans l'existence alternativement la gaieté et la tristesse, et donnent, en un mot, un reflet de la vie. Ce journal, continué jusqu'à la mort de Tauteur, contient la relation de ses voyages, de ses rapports avec ses maîtres, ses collègues et élèves et ses amis^ si bien qu'à chaque moment il pouvait évoquer le passé avec certitude, en raison de l'ordre et de la méthode avec lesquels ces notes étaient tenues. Un auteur n'a-t-il pas eu raison de dire, en l'appliquant aux lectures qu'on fait : « labor sine calamo somnium ».
Le moment approchait à grands pas, où il dut quitter la maison paternelle et faire dans un autre milieu son éducation pratique. Ce milieu choisi par le père était l'université de Gottingue. Elle était moins peuplée, moins encombrée que l'université de Berlin, Elias de Siebold savait que l'éducation clinique se fait infiniment mieux quand le nombre des élèves est restreint que là oii l'on peut à grand'peine approcher du lit des malades, le père le savait, puisqu'il y avait aussi étudié. A la clinique de chirurgie se trouvait le célèbre Langenbeck, un ami qui, plus tard, s'allia à la famille de Siebold, et qui a été particulièrement utile aux progrès de la chirurgie.
De Siebold quitta Berlin, à pied^, le 1 1 août 1823, trouva à Magdebourg quelques étudiants berlinois avec lesquels il fit la route par le Hartz et arriva à Gottingue le 22 août. Les