VIII PREFACE DU TRADUCTEUR
manière la plus harmonieuse, chez le professeur de Gottingue. A une connaissance parfaite de l'art, qu'il pratiquait avec bonheur et habileté, qu'il enseignait avec éclat, il joignait la connaissance des langues et de l'histoire de l'antiquité, ces clefs qui ouvrent les portes du passé, il était doué en outre d'un esprit philosophique qui les éclaire ; les fondements sur lesquels repose l'édifice scientifique actuel ont donc pu être explorés par lui delafaçonlaplus fructueuse, et lui ont permis de trouver la voie qui, dans l'évolution de la science, conduit sûrement au progrès, et fait éviter ce qui en éloigne.
Dix années de travaux ont été consacrées à cette œuvre entreprise dans le milieu le plus favorable à l'étude, dans l'université de Gôttingue, où se trouve la bibliothèque la plus riche de l'Allemagne, dans cette université recueillie et laborieuse, où, pour les élèves et pour les maîtres, la distraction la plus élevée était l'étude, et où de savants professeurs exploraient le passé avec bonheur et le commentaient avec une rare compétence.
C'est sans doute parce que Elias de Siebold, professeur d'obstétricie à Berlin^ le père du jeune Ed. de Siebold, connaissait ces conditions si favorables, qu'il avait envoyé son fils commencer ses études médicales pratiques à Gôttingue, au lieu de le conserver près de lui à Berlin, où les distractions d'un autre genre étaient trop nombreuses. La conséquence du choix judicieux de ce père prévoyant fut de préparer le futur professeur à la culture de l'art par une étude complète des humanités, et de lui donner, avec un esprit philosophique, le goût des études sérieuses et approfondies, dans un domaine qui n'est fréquenté que par les esprits d'élite.
Des vues élevées étaient d'ailleurs dans ses aspirations: ce