‹ Essai d'une histoire de l'obstétricieChapitre 33 sur 68 · XL EDOUARD GASPARD JACQUES DE SIEBOLD · texte numérisé non relu

XL EDOUARD GASPARD JACQUES DE SIEBOLD

Heidelberg, l'élève exposant ce que je lui avais appris, Naegele disait : « Comment pouvez-vous soutenir cela devant deux professeurs d'accouchements » ! Nous étions si profondément engagés dans l'obstétricie, que la magnifique vallée de Neckarsteinach que nous parcourrions fut complément inaperçue. Naegele ne vivait que pour son art, toutes ses pensées lui étaient exclusivement consacrées. Quand, plus tard, j'allai avec lui au théâtre de Mannheim pour assister à une exécution de Fidelio de Beethoven, et pendant que j'écoutais avec ravissement la voix de la célèbre Schrôder- Devrient, et que j'étais tout enthousiasmé par la magnifique scène du cachot, Naegele qui était assis à mes côtés, se pencha vers moi et me dit : très beau, très beau, et ajouta tout bas : « mon ami, croyez-vous véritablement que la tête du fœtus puisse s'engager dans le diamètre sacro-pubien » ? Naegele avait un très grand talent de parole; quel que fut le sujet dont il s'occupât, on l'écoutait avec plaisir. »

Il lui fit visiter sa maternité, son installation, ses collections; en lui montrant un forceps, il dit : « ce doit être l'instrument de votre père». Cerétait,eneffet,mais exécuté d'une manière si défectueuse, qu'il avait été difficile à reconnaître. Sa conversation la plus importante roula sur les grands maîtres de l'art que Naegele possédait à merveille : Deventer, Roederer, Solayres qu'il avait particulièrement étudié, car il avait lui-même continué les études sur le mécanisme de l'accouchement du grand maître français, le maître de Baudelocque, et dont il possédait la thèse devenue si rare.

Cette visite établit entre le maître de Heidelberg et le jeune professeur de Marbourg des relations de plus en plus intimes, qui eurent, sur son éducation obstétricale, la plus heu-

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