Aristote
Considérables sont dans le domaine des sciences naturelles les mérites d'ARisTOTE(né en 384a Stagire, morten322à Ghalcis). Dans ses ouvrages qui sont parvenus jusqu'à nous, on trouve beaucoup de choses qui se rapportent à la physiologie de la parturition. Bien que la plupart de ses recherches aient trait à la vie des animaux, il fait ressortir surtout leur analogie avec l'homme, si bien que c'est avec justice qu'ARisxoxE a été nommé le créateur de l'anatomie comparée ; sa renommée paraît d'autant plus grande, que ce n'est que bien plus tard que cette branche des connaissances humaines fut cultivée de nouveau. C'est avec raison que Hecker porte sur cet homme remarquable le jugement suivant : « Depuis lui, il n'est pas né un autre homme qui ait donné une démonstration plus brillante de ce que peut rendre de services un esprit encyclopédique favorisé par d'heureuses circonstances, animé d'un amour ardent de la vérité, et d'une ardeur infatigable dans le travail. Il est peu de branches qu' Aristote n'ait travaillées ; à toutes il a donné une forme nouvelle et posé pour elles les lois de leur futur perfectionnement. Il est le créateur des sciences naturelles, que des essais incomplets de travail avaient laissées dans le néant. Il leur a donné une base solide, de riches matériaux, et tout ce que l'expérience d'alors avait pu fournir. La variété de ses aptitudes reste admirable pour tous les temps. Beaucoup de philosophes sont à la hauteur de la pénétration de son esprit, beaucoup de naturalistes, favorisés par descirconstances analogues, ont égalé la richesse de ses connaissances, mais Aristoti; seul a pu tout réunir en lui. D'un côté la méthode philosophique des investigations, suivant les lois d'une dialectique sévère qu'il ne dépasse jamais, de l'autre, une observation perspicace de la nature, nette et sans le moindre mélange de spéculations philosophiques. La vie de la nature vue par lui dans sa fraîcheur en a fait un vrai philosophe, et la juste
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application des lois de la philosophie a fait de lui le plus heureux des observateurs « (i).
Beaucoup de ses aperçus sont justes aujourd'hui encore, alors que la science a fait des progrès si considérables, ils étaient déjà de son temps plus justes que ceux d'HippocRATi:, que ceux des écrivains postérieurs, qui n'avaient pas mis à profit les vérités que lui avait découvertes. Nous sommes obligé de dire qu'il n'a point enrichi l'obstétricie pratique, qui n'a pu tirer aucun avantage de ses travaux; la pratique de l'art se trouvant entre les mains de personnes qui n'étaient pas en situation de pouvoir en profiter. Toutefois l'influence des recherches d'ARisTOXE sur l'avenir est grande, celles-ci ont servi de base à des connaissances dont l'utilité est incontestable.
Obs. — Aristote appelé comme précepteur d'^/exan^re âgé de i5 ans, fut placé par son père Philippe dans des conditions favorables aux recherches les plus grandioses. Alexandre doit avoir donné à son précepteur la somme de huit cents talents pour la confection de son grand ouvrage d'histoire naturelle (voyez Athenceus. Deipnosoph., lib. IX, X. *Ed. Casavb. Liigd., 1612, in-8°, p. 398. Aristote n'a point disséqué de cadavre humain, il en avait senti la nécessité; pour combler cette lacune, il interrogea l'anatomie comparée pour en déduire des conclusions par analogie.Voyez *A}~istotelis historia de animalibus. J. C. Scaligero interprète cum ejiisd. commeîttariis. Tolos., 16 1 g, in-fol., 1. I, c. 17, CLVI. « Quaehominis partes extimas apparent, tuni situ tum nominibus usitatis, eo quo diximus, modo sic notae sunt. Contra interiores ignotae, quam obrem ad aliorum partes animantium relatas, quibuscum habent naturae affinitatem contemplari debemus ». Dans l'Ed. complète d' Aristote de* J. Bekker, Berol., i83i, in-4°, lib. I, 16.
§ 48. — Histoire naturelle des animaux d' Aristote,
Le grand ouvrage d'ARisTOTE, l'histoire des animaux, œuvre gigantesque, dont dix livres seulement, sur cinquante, que Pline avait pu mettre à profit, est une source d'informations très riche.
(1) Rapprocher le portrait remarquable tracé par Guardia, i7/5/. delà méd., p. 21. (F.-J. H.)
Dans les premier et second chapitres du 3^ livre, se trouve la description de la situation des organes génitaux, et bien que cette description se rapporte particulièrement aux animaux, l'auteur donne partout ses idées sur Tanatomie de l'homme, bien entendu d'après son analogie avec celle des animaux. Parmi les os du bassin, il ne nomme que l'acétabulum (Lib. III, c. 7, De ossibus). Très exactes sont ses idées sur la menstruation chez la femme (Lib. VII, c. 2). La stérilité est une conséquence de l'aménorrhée, bien qu'il admette qu'il y ait des exceptions : il a vu l'écoulement menstruel pendant la grossesse, qui a une influence fâcheuse sur la formation du fœtus. Très belles et très vraies sont, dans ce chapitre, ses observations sur les signes de la puberté dans les deux sexes. Dans le 3'= chapitre qui suit, Aristote passe en revue les signes de la grossesse, au point de vue de leur certitude; on trouve quelquefois des choses inexactes, ou au moins, non appuyées de preuves, mais aussi beaucoup de choses basées sur l'observation de la nature, par exemple : que la menstruation se montre parfois encore, alors que pendant la grossesse, les seins se modifient, etc. Aristote combat l'idée que les garçons se développent dans le côté droit de l'utérus, les filles dans le côté gauche, ce qui ne lui a pas paru prouvé par l'observation ; mais il admet encore que les filles se développent dans la matrice plus tardivement que les garçons (voyez plus haut,§ 39). Le quatrième chapitre contient la descripion des modifications qui se présentent sur le corps de la femme pendant la grossesse : après la conception, la matrice se referme ; elle ne s'ouvre de nouveau qu'au commencement du 8^ mois.
Au commencement de la grossesse se manifestent diverses douleurs sympathiques : céphalalgies, pesanteur dans les membres, dégoûts, vomissements. La femme enceinte souffre moins si elle porte un garçon, l'accouchement aussi est plus facile. Nous trouvons encore l'indication de la culbute sur la tetc. L'époque de l'accouchement est variable dans l'espèce humaine, il peut n'avoir lieu chez beaucoup de femmes que dans le dixième
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mois solaire, quelques-uns même pensent qu'il peut ne survenir que dans le onzième mois. Avant le septième mois le fœtus n'est pas viable. La viabilité ne commence qu'à dater de cette époque. Les enfants nés dans le 8^ mois sont viables, du moins en Egypte, et, ajoute l'auteur, moins sûrement en Grèce (voy. plus haut §§ 36 et 37). Malgré cette affirmation Aristotr incline vers l'ancienne idée d'HippocRATi: sur la non viabilité du fœtus au 8° mois ; et il ajoute : aquarenon solum non vivunt octimestres fœtus, sed et illorum pereuntium parentes in discrimine sunt. » Il doute des accouchements dans le onzième mois, il pense que dans ces cas il y a eu des erreurs de calcul. Quand au nombre des enfants, Aristote admet le nombre cinq comme chiffre le plus élevé des grossesses multiples (c. v. Scalig., 4, Bek.). La grossesse gémellaire doit être très fréquente en Egypte.
Remarquable est l'exemple qu'il donne d'une femme, qui, quatre fois, accoucha de cinq enfants, dont la plupart restèrent en vie. Il admet la superfœtation, tout en disant qu'elle est très rare ; il parle d'expulsion par avortement de dix ou douze œufs qui avaient dû avoir été le résultat de superfécondations. Il cite encore l'exemple d^une femme adultère qui mit au monde deux enfants, dont l'un ressemblait au mari, l'autre à l'amant. Une femme aussi accoucha à sept moisd'un enfant, et deux moisaprès, au terme normal, d''un autre, tous deux vivants. Suit un chapitre sur le lait, sur le commencement et la fin de la fécondabilité, sur la stérilité, et sur la ressemblance des nouveau-nés avec leur parents. La liqueur séminale admise par la matrice est entourée d'une enveloppe vasculaire. Dans la cavité où se trouve Tœuf, les deux enveloppes membraneuses sont passablement bien décrites. (Lib.VII, c. 10. ScAL., Bek. 7.). Les éléments de la nutrition passent par le cordon. Très exacte est la description qu'il donne des embryons des vaches ; il dit que deux vaisseaux sanguins pénétrent dans le corps de l'embryon à travers ce qu'on appelle les portes du foie, et se dirigent vers la veine cave (magna vena), que deux autres vaisseaux se dirigent vers l'aorte, à la place où
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le vaisseau se partage en deux (i). La situation de l'embryon dans l'espèce humaine est celle-ci : Le nez se trouve entre les genoux, les yeux sur ceux-ci, les oreillesplus en dehors. (8, Bek.) Au commencement la tête est dressée; quand le fœtus se développe et subit l'influence de la pression pendant l'accouchement elle se fléchit, et se dirige en bas, car dans tous les accouchements qui se font suivant Tétat normal, la tête vient la première. Contre nature est l'accouchement quand Tenfant se présente en travers ou par les pieds.
L'explication suivante est donnée dans le IV° livre de la génération, c. g : « Partus autem pronis in caput conversis fit per naturam animalibus omnibus, propterea quod partem ab umbilico majorem habeant, quam inferiorem. Majora autem plus ponderis continent : itaque veluti in statera dependentes eo vergunt quo trahuntur. » Les douleurs d'accouchement chez les femmes sont surtout intenses dans les cuisses. En général les femmes souffrent plus pendant la parturition que les animaux, parmi les premières, celles surtout qui sont toujours assises, qui n'ont pas une bonne poitrine, et ne peuvent pas bien retenir l'haleine(c. II, Scal., g. Bek.) L'accouchement en général est causé par les mouvements de l'enfant qui déchirent les membranes et produisent l'écoulement de Peau. L'enfant suit, pendant -que la matrice se renverse (umwendet, (jTO£cpo[j.c'vwv tôjv uîtspwv), et le délivre sort. Cette description dénote une grande ignorance des choses, qu'un manque complet de notions anatomiques des organes génitaux de la femme pourrait peut être excuser. La paroi antérieure du vagin, qui souvent est repoussée en avant pendant l'accouchement, peut avoir donné lieu à cette méprise. La section du cordon était une partie des fonctions des sagesfemmes (c. 12, Scal. lo, Bek.). Aristote a détaillé avec beaucoup de précision les soins à donner au cordon ; quand le placenta était sorti, le cordon était lié avec un fil de laine, si on ne le faisait
(i) Il est étonnant qu'une simple section en travers du cordon chez l'enfant n'ait pas lait constater qu'il ne renferme que trois vaisseaux, une veine et deux artères. IF.-J. H.)
DEPUIS HIPPOCKATE JUSQU AU COMMENCEMENT DU lU'' SIECLE 9I
pas, une hémorrhagie pourrait se produire, dit Aristote. Si la sortie du délivre devait tarder, le cordon serait coupé et lié. Les enfants faibles et d'apparence anémique peuvent être sauvés et ranimés par la sage-femme si elle repousse vers l'enfant le sang renfermé dans le cordon. Chez les enfants, les bras sont étendus le long du corps, tandis que chez les animaux les pieds de devant sortent avec la tête. Aussitôt après sa naissance l'enfant crie, porte ses mains dans sa bouche, et le méconium sort; bientôt les selles changent de couleur sous l'influence de la lactation. L'enfant ne crie pas avant d'être sorti complètement des parties delà mère; même pas, comme cela arrive dans des accouchements difficiles, où la tête se trouve sortie entièrement, et que le reste ne suit pas immédiatement; cette description ne concorde pas avec ce que l'expérience de tous les jours nous apprend. A la fin de ce septième livre si riche en documents, nous trouvons une description excellente des fonctions des seins. Intéressants encore sont les renseignements suivants: les enfants souffrent souvent de convulsions à la suite desquelles la plupart succombent le 7® jour ; de là la coutume de ne pas leur donner de nom avant le 7*^ jour, car ce n'est qu'après cette époque qu'on peut compter sur leur conservation (c. 1 5 , Scal. i 2, Bek.). Dans le lo'' livre de l'histoire des animaux, que Scaliger regarde comme la continuation du septième, mais dont l'authenticité est contestée par d'autres, on trouve encore quelque chose sur la stérilité, la menstruation et la fécondabilité.
Obs. — Voyez encore l'Édit. de Scaliger déjà mentionnée dans le paragraphe précédent, et dont nous avons fait usage pour notre travail, puisque la désignation des chapitres n'est pas la même que dansles autres éditions, p. ex. celle de *. Du Vall. Par., 1654, in-fol., t. II, et celle de*BEKKER,£ero/., i83 i,in-fol., in-40 (voir aussi l'éd. d'ARisxoxE de Didot).
Voy. encore * Aristoteles. Naturgesch.der Thiere, mit Aninerk. (Hist. nat. des animaux, av. obs.) von D^. Fr. Strack. Frankf. a. M., 18 16, in-8°.
g2 DEUXIEME EPOQUE
§ 49. — Autres écrits d'Aristote qui renferment des documents relatifs aux accouchements.
Non moins importants sont les enseignements qu'ARisTOXE a insérés dans son livre « de la génération des animaux » et dans celui « des parties des animaux. » Dans le quatrième livre de la génération nous distinguons surtout ce qui a trait à l'homme, ainsi que les éclaircissements sur beaucoup de poinis traités dans l'histoire des animaux, principalement ce qu'il dit sur les monstruosités, la superfœtation, la grossesse molaire, etc., tous ces massages sont très remarquables. Le livre des parties des animaux est une véritable mine de pénétrantes réflexions et de hnes observations ; qu'on compare le liv. II, c. 9, et le liv. IV, c. 10, où est expliquée, entre autres choses, la cause pour laquelle la nature n'a pas formé la cavité abdominale en tissu osseux, ce qui eut été désavantageux au point de vue de la fonction de la reproduction. Nous devons au grand .sf(3^frz7e toute notre juste admiration qui grandira encore, quand nous dirons qu'il n'a pas eu de devanciers dans ses recherches ; si quelques-uns ont élevé certains soupçons sur l'usage déloyal qu'il aurait fait des travaux de ses devanciers, nous répondrons que Sprengel [Gesch. Thl. I. Abschn., 4, p. 48) a prouvé avec autant de talent que de justice, le peu de fondement qu'avaient de pareilles insinuations. Nous accordons une très grande confiance à ce qu'AnisTOTi: a écrit ; ce qu'il a vu, et ce qu'il a pu observer a été décrit par lui avec exactitude et précision. Ce qu'il n'a pu observer faute d'occasions, comme p. ex. ce que les mœurs du temps ne permettaient pas d'interroger, comme la dissection de cadavres humains, est décrit par voie d'analogie d'après les animaux, et là quelques lacunes ont pu être comblées par des déductions très heureuses, parfois et très perspicaces. Aussi longtemps qu'il existera une science qui sollicitera l'ardeur des travailleurs, ceux-ci vénéreront le nom d'AnisTOXE comme celui d'une étoile de première grandeur qui projettera sur leurs tra-
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vaux le reflet de ses recherches dans le domaine de l'histoire naturelle et les guidera dans leur voie.
Obs. — Sur Aristote, sa vie, ses écrits, etc., voy. l'ouvrage important de
* Ad. Stahr. Aristoteleia. 2.Thl. Halle, i83o et i832,in-8''.
Comparez aussi : * Lud. Phiuppson " TXt) àvOpwTii'vrj. Berol., i83i,in-8°.
§ 5o. — État de l obslétricie du temps d' Aristote ; sages-femmes grecques.
Les travaux si importants d'ARisxoTE devaient rester sans influence sur la pratique des accouchements. Les enseignements pratiques d'HippocRAXE subsistent tels qu'il ont été formulés, et cela pendant une série de siècles. Si quelques points ont subi de légères modifications, les principes sont restés invariables. La considération dont jouissaient les sages-femmes, loin de diminuer semble avoir augmenté après le temps d'HippocRATE, attendu qu^elles avaient eu une connaissance au moins partielle de ses écrits, et qu'elles en avaient tiré quelque profit.
L'ancienne loi attique : « Ne quis servus neve qua femina artem medicinam discito, » fut modifiée plus tard de la manière suivante : « Ingenuae feminae artem medicam discunto ». Il faut rappeler ici ce qui a été raconté plus haut (§ 24. obs.) sur Agnodice, De ce fait la dignité des sages-femmes était déjà ainsi légalement reconnue, ce qui devait avoir pour effet d'élargir le cercle de leur action, surtout dans la prescription de médicaments, etles soins à donner aux maladies des femmes, etc. toutes choses, dont la science ne devait tirer aucun profit.
Obs. — Voy. sur la loi citée plus haut :
* Jurisprudentia romana et attica, t. III, dans laquelle se trouve : S. Petiti. Leges atticœ et commentarius . Lugd. Bat., 1741, in-fol., 387.
§ 5i. — Cercle d'activité des sages-femmes.
Nous trouvons dans un endroit des œuvres de Platon (né en 43o, mort en 348) un passage très important se rapportant au cercle d^activité des sages-femmes d'une époque où vivait Hippo- CRATE. Dans son Theœtetus (Ed. de * L. Bekker. BeroL, 18 17, in-8°, p. 2, 1 vol., p. 189 et suiv.) Platon fait exposer par Socrate comme fils de Phœnarète « obstetricis generosae admodum acrisque et torvœ » toute sa manière de comprendre les conceptions philosophiques comparées à Part des accouchements ; à cette occasion nous apprenons beaucoup sur les qualités, les devoirs et les œuvres des sages-femmes. Avant tout, ne peuvent pratiquer cet art que les femmes qui ne doivent plus avoir d'enfants ; Socrate ajoute : « Causam hujus Dianam ferunt, quœ cum sterilis sit, partuum tutelam suscepit. «Parmi les fonctions usuelles des sages-femmes, il cite l'administration de médicaments, l'emploi de formules, de sortilèges qui passent pour avoir le pouvoir de hâter les accouchements. Elle devront aussi provoquer des avortements » (â;j.6Xia/.stv) quand cela leur paraît nécessaire. On vante enfin leur adresse à faire des mariages, attendu qu'elles savent le mieux quelles sont les unions les plus aptes à la procréation d'enfants bien portants. Le passage (ouv. c, p. 191) « legitimis obstetricibus solis (xaî^ yî ov-w; [j.aiatç) convenit recte mares feminasquc jugare » paraît indiquer qu'à cette époque les sages-femmes s'occupaient de diverses pratiques suspectes.
Obs. I. — La manière d'enseigner de Socratk, à laquelle Platon fait allusion ici, est appelée par ce motif « Aj\s ubstetriciaSocRAtks » voyez * L A. Lossius, De arte obstctricia Socratis sive de institiitione. Lips., 1785, in-4'*, La citation que fait un historien récent de l'obstétricie, dans sa riche bibliographie, de l'écrit de Lossius, comme renfermant des choses intéressant l'obstétricie, prouve que l'avis que donne ()sl\ndi:u dans son histoire des accouchements « de ne pas se fier à des titres trompeurs », n'a
DEPUIS HIPPOCIIATE JUSQu'aU COMMENCEMENT DU III^ SIECLE qS
pas été écoulé, ou que, dans de pareils travaux, on s'est tenu au proverbe : « In indicibur sapere aude » (i).*
Obs. IL — Dans l'explication du passage de Platon, cité plus haut, OsiANDEu ne s'en est tenu qu'à la traduction latine, qui a bien le sens qu'il indique, mais qui n'est pas conforme à l'original (voyez OsiAND. Gcsch.^ p. '47, î^ 85). Schleiermacher en a fait une traduction exacte : « la es koennen auch die Hebammen durch Artzneimittel und Zaubersprûche die Wehen erregen, und wenn sie wollen, sie auch lindern, und den Schwergebaerenden zur Geburt helfen, oder auch das Kind , wenn dièse beschlossen haben, sich dessen zuentledigen, abtreiben ». (Oui, les sages-femmes peuvent, par des médicaments ou des formules cabalistiques, exciter les contractions, les diminuer si elles le veulent, aider les parturientes dans l'accouchement, porter secours à celles dont Taccouchement est difficile, et débarrasser de leur enfant les femmes enceintes, si celles-ci se sont décidées à cette mesure.) (Œuv. de Platon, 2 Th., i Bd, Berl,, 1804, in-8°, p. 201.)
Obs. III. — Renommé et souvent cité par les auteurs est le passage du Timée dans lequel Socrate se souvient de l'expérience de sa mère. « Vulva quoque matrixquein feminis eadem ratione animal avidum generandi, quando procul a fœtu per œtatis florem aut ultra diutius detinetur, segre fert moram ac plurimum indignatur, passimque per corpus aberrans meatus spiritus intercludit, respirare non sinit, extremis vexât angustiis, morbis denique omnibus premit, etc. Plat. Timœas., t. I, I, p. 3, vol. 2, p. iSq.
§52. — Considération dont jouissaient les sages-femmes dans Vantiqiiité en général.
Nous voyons par les écrits de quelques auteurs classiques que dans l'antiquité les sages-femmes jouissaient d'une grande considération, qu'elles s'occupaient du traitement d'autres maladies, et qu'elles ont composé des écrits auxquels renvoient des auteurs postérieurs, mais qui ont été perdus pour nous. Pline nous a conservé le nom de quelques-unes ; entre autres une Olym-
(1) Comme il est nécessaire aujourd'hui de répéter toujours ce conseil salutaire! (F.-J. H.)
piAS Thebana (voy. * Ed. de Harduin. Paris, i74i,in-f°, lib. XXVII, c. XIX, t. II, p. 484 et 485, et plus loin p. 222 et 455), où sont indiqués des remèdes pour provoquer l'avortement, l'écoulement lochial, et combattre la stérilité. Plin. Valerianus. De reinedica (* Colîectio Aldina, 1547, in-fol., p. 102) signale les mêmes choses qui concordent parfaitement avec ce que dit Pline dans son Histoire naturelle. Dans celle-ci se trouve décrit un onguent (p. 591) qui est appelé « Obstetrix ». Voy. aussi, p. 450, 455, 458, 468, où il est dit que cette sage-femme indiqua aussi des remèdes contre les maladies des yeux, contre la morsure des chiens enragés, et, contre la fièvre intermittente. Le même auteur mentionne encore une Laïs, une Sotira obstetrix, une Eléphant is, dont la première et la dernière indiquent à Poccasion des moyens abortifs. Diogene Laerc mentionne P/?f//5fa, la sœur du philosophe /^rr/zo/z, et la désigne comme sage-femme (* Diog. Laer. Ed. H. G. Huebner. Lips., i83 i , vol. II, p. 393). Pline aussi (p. 455) en préconisant un remède parle d'une « obstetricum nobilitas,» de sorte que nous ne pouvons douter, par ce qui a été dit, que les sages-femmes de cette époque n'aient joui d'une grande considération et n'aient constitué un état médical particulier.
Obs. — Ici il faut mentionner aussi Aspasia qu'AEXius a fait connaître, et qui ne s'occupait pas seulement d'obstétricie pratique, mais aussi du traitement de maladies externes. Parmi les auteurs les plus récents, Harless a parlé le plus longuement sur les femmes médecins grecques.
* Chr. Fr. Harless. Die Verdiensle der Frauen lun Naturjuissenschafft.Gesundheits-undHcilkunde.iLt mérite des femmes dans le domaine de l'histoire naturelle, l'hygiène et la médecine.) Gotting.; i83o, in-8'', p. 104 et 120.
^ 53, — Ktat de la médecine le plus ancien che^ les Romains.
Pendant que chez les grecs la médecine et les sciences naturelles étaient arrivées à un haut degré de perfectionnement, ainsi que nous l'avons vu, par les écrits de ces temps qui nous sont parve-
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nus, qui donnent sur l'obstétricie et les maladies des femmes autantde notions que les connaissances personnelles des auteurs avaient pu le leur permettre, nous cherchons vainement chez les romains de semblables documents ; ce n'est que bien plus tard, que nous trouvons quelques écrits qui nous permettent de jeter un coup d'œil sur l'état de la médecine et de l'obstétricie chez ce peuple. Les arts de la paix devaient pendant longtemps encore rester étrangers à une nation, qui, par ses conquêtes et son expansion vers le dehors, travaillait à s'assurer la domination sur les autres peuples. Les guerriers et les hommes d'état seuls jouissaient de la considération publique, et sa faveur ne s'accordait qu'à eux. Les médecins étaient regardés comme des étrangers, et ils n'estimaient l'art de guérir que quand il pouvait cicatriser des blessures, comme dit Sénèque (Ep. g5) : <c Medecina quondam paucarum fuit scientia herbarum, quibus sistereturfluens sanguis, vulnera coirent «. Le passage si connu de Pline dit la même chose (lib. XXIX, c. i) : « ceu vero non millia gentium sine medicis degant, nec tamen sine medicina : sicut populus romanus ultra sexcentesimum annum, nec ipse in accipiendis artibus lentus » cette « medicina » ne consistait en partie qu'en des moyens superstitieux, ou en des formules pour invoquer des divinités, dont le nombre à Rome était considérable, car les maux corporels et des causes de maladies avaient été élevés par eux au rang de divinités; par exemple : La fièvre, le méphitisme, etc. Les premiers médecins véritables arrivés à Rome étaient des grecs, et on peut facilement comprendre que ce devaient être des aventuriers et des charlatans, qui n'ayant pas réussi dans leur patrie, cherchaient fortune chez un peuple, dont l'ignorance leur garantissait une certaine sécurité pour pratiquer un art abandonné aux esclaves et tout au plus aux affranchis.
Nous voyons dans un passage de Pline (lib. XXIX, c. i, ouv. c, p. 495) quel était l'abaissement de la médecine, par les paroles que Caton prononce contre les médecins grecs : « Quandocumque ista gens suas literas dabit, omnia corrumpet. Tum
etiam magis, si medicos suos hue mittet. Jurarunt iiiter se barbares necare omnes mediciiia. Et hoc ipsum mercede faciunt, ut fidesiissit, et facile disperdant. » Pline ajoute très bien ces paroles explicatives : « Non rem damnabant antiqui, sed artem ».
Obs. — Sur l'état le plus ancien de la médecine chez les Romains, voy. le commencement du XXIX'^ livre de V Histoire naturelle de Pline.
On trouve d'autres renseignements dans * C. Drelincurtius. Medicus romarins serviis sexaginta solidis œsiimatus. Lugd. Bat., 1 671, in- 13. * H. Bernegau prsesid. J. H. Schulze. Excursio in aritiqiiitates ad sei^vi medici apiid Grœcos et Romanos conditionem eriiendam. Hal., i733,in-4°. Le passage suivant de Denis d'HALiCARN. donne la meilleure idée de la considération dont jouissaient à Rome, dans les premiers temps, ceux qui s^occupaient d'autre chose que de Part de la guerre ou d'économie domestique : « Quum enim (Romulus) animadverteret cœtus civiles, ut temperanter viverent, et justitiam lucro autaponerent, et labores cum tolerantia exercèrent, et virtutem omnibus rébus pretiosiorem existimarent, verborum doctrina non facile adduci, sed consuetudine operum, quae homines ad unamquamque virtutem dicunt ; et quum sciret eos qui coactipotius quam sponte ad ea accédèrent, si nullum esset impedimentum, redire ad suum ingenium, artes sedentarias ac illiberales atque ad fœtas, cupiditates impellentes, ut corpus et animum hominum eas exercentium perdentes et labefactantes servis et exteris exercenda dédit; et diu apud Romanos hœc opéra habita sunt ignominiosa, nec ullus indigena ea exercuit : duo vero sola studia ingenuis hominibus reliquit, Agriculturumci bellicam artem, eic. * DioNYs. Hallic. Op. omn. gr.etlat. Ed. J. J.Reiske. Lips.,1774, in-8°, lib. i5, c. XXVIII, p. 296.
C'est par ce motif, qu'au commencement, les étrangers seuls, et surtout les grecs, pouvaient pratiquer la médecine chez les romains. Lorsque la peste sévit chez eux, ils firent chercher EscuLAPE à Epidanre (Yal. Max. I, III, 2). Voilà pourquoi il se créa à Rome une langue médicale scientitique grecque, ce qucCiCLSE déplore, lib. VI, c. 18.
La médecine fut remise toutefois en honneur plus tard par AscLEPiADE et son élève Thicmison, le fondateur de l'école méthodique, malgré Archagatus que les romains appellent « Carnifex » et ses successeurs, dont l'art n'a point à s'enorgueillir.
Outre les histoires connues de Si'rkngel et de Hiocker, voy. : *J. H. ScHULzn. Historia medicina a rerum initia ad annuni iirbis DXXXV deducta. Lips., 1728, in-40, c. VI. « De médicinal grœcanicœ apud Romanos adventu », p. 427.
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§ 54. — Mythologie romaine.
La mythologie romaine nous met en rapport avec une foule de divinités qui présidaient à l'accouchement, et dont les secours étaient invoqués. Ici aussi se révèle la grande superstition des romains, qui croyaient avoir tout fait, quand en cas de danger imminent, ils s'étaient adressés aux divinités qu'ils possédaient pour tous les cas possibles. Leurs divinités principales avaient été empruntées aux grecs et accommodées à leurs mœurs, mais leur nombre s'était considérablement augmenté. Gomme présidant aux accouchements, nous trouvons surtout Li^cme qui était invoquée par toutes les femmes en travail. Elle forme tantôt avec Junon, tantôt avec Diane, une même divinité, et à cet égard elle concorde parfaitement avec VEileithyia des grecs, seulement le mythe à'Eileithyia n'est pas aussi pur chez les romains que chez les grecs, comme par exemple chez Homère. Plaute et Térence nous ont conservé dans leurs comédies des passages ou « Junon Liicine » est invoquée par les parturientes, derrière la scène. Elle se présente encore sous le nom de Sispita, ou Sos^ pita, et dans les inscriptions ce nom est ajouté à celui de Junon aussi bien qu'à celui de Diane. Junon est aussi vénérée comme déesse des accouchements sous le nom d''Opigena. A côté d'elle se tiennent Carmentes Prosa (Prorsa) et Postverta (Post-vorta) toutes deux invoquées dans les présentations anormales; la première prêtait secours dans les présentations normales. On mentionne de plus les « DU nixi » qui étaient invoquées aussi avec Lucine.
Comme protectrices des femmes accouchées et de leurs enfants sont invoqués Piliiinnus, Intercidona et Deverra qui les protègent contre les attaques nocturnes de Sylvanus. A côté de ces divinités, il en était qui devaient être particulièrement propices , aux enfants nouveau-nés : Carna comme protectrice des enfants au berceau, surtout pour éloigner tous les maléfices, et comme gardienne de la porte : Rumina qui présidait à la lactation;
Educa et Potina qui soignaient la nourriture de Tenfant, Cunia qui veillait sur le berceau, Ossipaga ou Ossipagma qui veillait sur la croissance du corps, et surtout sur celle des os ; plus les divinités Vaticanus et Fabulinus qui présidaient aux cris et aux premiers bégaiements. Ici il faut citer encore la déesse LevMia qui facilitait la reconnaissance de Tenfant nouveau-né par son père, Nundina qui présidait au choix d'un nom favorable. En dehors de ces dieux ou déesses, étaient vénérées comme divinités favorables surtout aux femmes : Fliionia (également une Junon) (c Fluoniam Junonem, dit Festus, mulieres colebant, quod eam sanguinis florem in conceptu retinere putabant ». Juno Februata (aussi appelée Februalis, Februlis) présidant aux purifications qui étaient faîtes aux Lupercales ; Mena comme déesse de la menstruation, Userina, etc. Une Prema et une Pertunda ne manquaient pas pour les rapports conjugaux. Cette considérable quantité de divinités, la confiance dont elles étaient honorées, ne pouvaient manquer de produire une grande indifférence pour les moyens humains ; on arriva facilement à regarder comme un crime d'empiéter sur les desseins de la divinité, et en cas d'accident, on se consolait en attribuant le malheur à la colère, ou au manque de bienveillance des dieux. Toute recherche d'amélioration était paralysée par ces idées. Le mépris des médecins et de leur art ne devait pas se faire attendre, Thistoire de la médecine chez les romains l'a suffisamment constaté. Nous trouvons les mêmes superstitions aggravées par les idées étroites des moines, ces convertis du paganisme, et pénétrant plus profondément encore que chez les croyants du paganisme, car elles se basaient sur une idée religieuse, et cependant ne pouvant rien offrir de meilleur. Pour conduire à ces erreurs, et tomber plus bas que le paganisme, les doctrines si pures du christianisme devaient avoir été profondément altérées. L^isagc d'images bénies, de reliques, l'eau bénite en boisson, etc., ne sontils pas les preuves de ce que nous avançons?
Obs. I. — Lucine apparaît souvent sous le nom de Jiinon.
DEPUIS HIPPOCRATE JUSQU AU COMMENCEMENT DU 111° SIECLE lOI
Voy. dans les passages cités plus haut, chez Plaute, AiiIuL, IV, se Vil, II, et chez Térence, Andria, III, Se. I, i5. Adelph., III, se. IV, 41 ; chez Properce, Liv. IV, Eleg: I, gS. et suiv. CicERON, De natiir. Deor., liv. II, c. 27, dit : « Ut apud Grœcos Dianam, eamque Luciferam, sic apud nostros Junonem Lucinam in pariendoinvocant ». Ovin. Fastor.y\,3(^, Jiinon s^appelle ellemême Liicine. C'est ainsi aussi que dans Apulée, Metam., lib. VI (*Ed. Fr. Oudendorp. Lugd. Batav., 1786, in-4°, p. 389), Jimon est appelée comme Liicine « quam omnis occidens Lucinam appellat». Dans Gruter * (Inscription, romanarum, corpus absolutissimum. ausp. J. Scaliger, etc., 1616, \r\-ï°)\ Junon ex Lucine arrivent réunies, p. XXIV, 16 et MIX, 12. Également chez Reinesius (* Syntagma, 117 inscriptionum antiquarum. Lips. et Franco, f. i, 1682, in-f°), p. 57, et 241. Par contra £)zawe est appelée Liicine dans, Horace. Carm, Secul, i5 ainsi que dans Carmin, lib. III, od. 22. In Dianam.
« Montium Custos, nemorumque Virgo
Quse laborantes utero puellas
Ter vocata (i) audis, adimisque leto. »
Sur Diane dans le carmen sœcculare de Catulle, XXXIV, i3, où il est dix Juno Lucinia. Voy. aussi Virgil. BuccoL, IV, 10, et Apulé, Met., lib. XI, p. 257. « Seu Phœbi soror, quae partu fœtarum medelis lenientibus recreato, populos tantoseducasti, praeclarisque nunc veneraris delubris Ephesi». Cruter, ouv. c. Inscriptiojis sur Diana Liicina^ p. XLI, p. 4 (MXI), 3. Enfin Liicine est invoquée et vénérée comme déesse spéciale par Plaute, Trucul., II, se. V, 23, Hor., Epod., V, 5. Ovide. Meta, morph., lib. IX, 292. Fast, lib. II, 451, où il est dit:
« Parce precor, gravidis, facilis Lucina puellis : Maturumque utero molliter effer onus. »
Icil'épithète « facilis » concorde parfaitement avec l'Eileithyia des grecs {îr.iluaoïixv^ri, voy. obs. § 19), voy. aussi Sénèque, Trag. Medea, act. i, 2. Il y a concordance parfaite entre la mythologie latine et la mythologie grecque ; et nous retrouvons Y^Wenhyia. dans la Lucine romaine. L'étymologie, ou la signification du mot « Lucina » est donnée par Cicéron : « Luna a lucendo nominata, eadem est enim Lucina ». Il en est ainsi dans Plutarque^ Qiiœst. rom. (* Ed. Reiske, vol. VII, p. i38). « Aouxtvav "Hpav
-/.aXouatv oiov çastvTiv ^' çwxi'î^ouciav, xal vo;j.tsOua'.v, £v Tatç 'koyiia.'.;; xat 'jj3î1'.
[ior\%ziv oJijTcïp v.olX x7]v <^{ki^r\v )). Par contfc Pline pense que ce nom
(1) Ter vocata t> in cœlo Diana, in terra Lucina, in [nÏQVïxo Hecata. (F.-J. H.)
de date plus ancienne (450 ans av. Pline), provient d'un lieu ou d'un temple consacré à cette déesse, « ab eo loco Lucina nominatur ». Ovide dans ses Fastes (II, 449) réunit ces deux origines.
« Gratia Lucinïe : dédit hcec tibi nomina lucus. Aut quia principium tu Dea, lucis habes. »
Macrobe appelle l'attention sur Tinfluence de la lune. Saturnœ, lib.VII, c. 16. (*Ed. Zeunius, Lips., 1774, in-8°, p. 696). a Hinc est, quod Diana, quœ luna est, apTSfj.-.; dicitur, quasi a£poT;c[j.'.; hoc est, aerem secans, Liicina a parturientibus invocatur, quia proprium ejus munus est distendere rimas corporis et meatibus viam dare : quod est ad celerandos partus salutare ». Varro. De ling. lati?i., lib. IV (* Ed. Gothofred, in-4°), p. i3, dit : « Facta igitur a juvandoet luce Jimo Lucina: a quo parientes eam invocant. Lunam enim nascentium dux, quod menses hujus ». Delà, ajoute Varro, l'usage chez les femmes de sacrifier leurs sourcils à cette déesse, ce que dit aussi Festus à l'article « Supercilia» quod iisprotegantur oculi, per quos luce fruimur, unde et Lucina dicta est. Martian Capella. Deniiptiis philologiœ et Mercurii (* Ed. H. Grotius. Lugd. Batavor., 1599, in-8°, p. 37) : « A Juvando nos Junonem nominamus, sive te Liicinam, quod lucem nascentibus tribuas, ac Liicetiam convenit nuncupari ». Ainsi aussi Isidor Hispal. Or/^.,l.VII (*Ed. Gothofred, p. 1028) « Ipsam (Dianam) et Lucinam asseverant eo quod luceat ». Il y a évidemment connexion entre le nom de Liicine avec le surnom grec « ooa^opo; » ajouté à celui de Diane (voy. plus haut, § 20). L'identité de Diane et de Lucine est aussi parfaitement établie, quoique souvent on trouve la dénomination de Jiinon Lucine^ c'est ce que démontre, le mieux le vers de Catulle (ad Dianam, XXXIV).
« Tu Lucina dolentibus Juno dicta puerperis. »
Et ce vers de Virgile (Eglog. IV, 8, 10) :
« Casta fave Lucina: tuus jam régnât Apollo. »
La déesse Natio ou Nascio dont parle Cicéron [De natur. deor. , lib. III, c. 18), « quœ quia partus matronarum tueatur, a nascentibus Natio nominata est » est sûrement notre Lucine quoique Cicéron, ainsi que Sprengel, I. P. 2 Ed., p. 236 ne paraissent pas s'exprimer aussi affirmativement. C'est ainsi que Sprengel ne s'accorde pas entièrement avec Reinesius, en affirmant que dans les Inscriptions on ne trouvait que Juno Lucina^ tandis que ce dernier auteur dit que Lz/no? et Lz<c/;za' concordent, p. 241 et 242. Chez Gruter, /oc. cit., XLI,in-4'', on trouve « Dianœ Lucinœ».
Obs. IL — Sur Sispita et Sospita, voy. les inscriptions chez Reinesius, p. 240, « Dianœ Sospitœ )),etc. ,et 383. a jiinonis reg: Sispitœ (Sacerdos), etc. Jiinon Sospita était surtout vénérée à Lanuvium. Voy. Liv., lib. VIII, c. 14 ; XXIV, 10; XXIX, 14; LXXX, 2 ; XXXII, 3o; XXXIV, 57 ; et Sil. Ital., lib. XIII, 364, dit:
Lanuvio generate, inquit, quem Sospita Juno. Dat nobis, etc.
Voy. aussi Giceron de Nat. Deor., lib. I, c. 29.
Festus cite Opigena Juno. Voy. ce mot, chez Martian Ca- PELLA, ouv. c, lib. II, p. 38. La dénomination Sotigena se trouve où d'autres lisent Opigena. Les inscriptions de Gruter, p. XXIV, i, 5 « Junonibus sacrum» indiquent que la dénomination « Juno y> peut comprendre beaucoup de personnalités.
Obs. III. — A. Gelle, lib. XVI, c. 16, parle de Prosa et de Postverta, d'aprèsYARKON qui dit : « Quando igitur contra naturam forte conversi in pedes, brachiis plerumque diductis retineri soient : segriusque tune mulieres enituntur. Hujus periculi deprecandi gratia aère statutae sunt Romae duabus Carmentibus : quarum altéra Postve7'ta nominata est, Prosa altéra ; a recti perversique partus et potestate et nomine ». Ces divinités paraissent toutefois aussi avec une autre signification : Voy., OviD. Fastor.., lib. V, 633, et Macrob. Saturnal..,\. I, c. 7, chez lequel les Postverta., en connexion avec Antivorta, sont désignées comme divinités du passé et de l'avenir. Sur la dénomination Carmentes^ voyez les Gomment, de Servius sur Virgile Aen, VIII, 5i et 335. Carmenta, ou Carmentis était un sur- •^nom de la mère d'Evander d'Arcadie, qui, longtemps avant la construction de Rome, arriva d'Arcadie en Italie avec son fils ; ils demeuraient au pied de Téminence du Gapitole. Elle prédisait l'avenir ; on lui éleva des autels, et on institua des fêtes en son honneur (Garmentalia, Varr., /. c, p. 32). Pour l'explication de la Carmentis, voy. les niytho graphies publiées par Bode (* Gell., 1834, in-8°), p. 24 et 127. Sur la Postverta, voy. une inscription de Gruter. L. 9. Voy. la figure qui y correspond dans Ilithyia de Boettiger, la vignette du titre, et p. 47. Sur les DU nixii, voy. Festus, à ce mot : « Apellantur tria signa in Gapitolio, ante cellam Minervœ, genibus nixa, veluti présidentes (dii) parientium nixibus, etc. » Ovide, Metam., lib. IX, v. 294, dit :
« Lucinam nixos pares clamore vocabam ».
(Nous suivons pour le mot nixos la manière de lire de Burmann). La forme des Dii nixii décrite à genoux par Festus peut bien être en connexion avec le mythe grec de la naissance
d'Apollon d'après lequel I,rttone s'appuie sur la terre à genoux et entourant de ses bras un palmier (voy. Obs. I, du § 5). Une Ninnej'ia était aussi invoquée pendant les accouchements pour en hâter la tin, le mot dérive probablement de numerus; voy. Non. M.\rcell. Deproprietate sermonum : dans Gothokred, c. IV, p. 684, extrait de l'écrit de Varro : Cato sive de lib. educand.
Obs. IV. — Pour les trois divinités nommées plus haut, Pilumniis, Intercidona et Deverra, voy. * S. Aurelii Augustini, de civitate Dei. Franckf. et Hamb., 1661, in-4'', lib. VI, c. ix,
Pour personnifier ces divinités, il était d'usage que trois hommes se tinssent sur le seuil de la maison dans laquelle était une femme en travail, afin d'en faire la garde ; l'un frappait contre la porte avec une hache (Intercidona a securis intercisione), l'autre armé d'un pilon de mortier, comme on en avait pour écraser le blé (Pilumnos), le troisième armé d'un balais nettoyait le seuil de la maison (Deverra, de scopis deverre) « ut his datis culturae signis, dit saint Augustin, deus SiLVANUsprohibeaturintrare. « De là l'usage décrit par Varro. Do popiil. roman., lib II : « Natus si erat vitalis ac sublatus ab obstetrice statuebatur in terra, ut auspicaretur rectus, diisque conjugalibus Pi/z/mno et Picumno(ïratribus) in aedibus lectus sternebatur ». Voy. Non. Marcellus, ouv. c, XII, p. 782.
Obs. V. — Sur la Carna, voy. Ovid. Fast., VI, loi et suiv. On trouve aussi quelques documents sur cette divinité défavorable dans Macrob. Satiirn., L. I, c. 12: « Rumina ou Riimia dea, i. e. mammis et infantibus lactentibus proesidebat. Varro. De re 7~ustica^ Yih. II, c. 11, Voy. aussi Non, Mahcell. L. I, c. II, p. 579 : « Rumam veteres mammam dixerunt. Varro. Cato vel de liber, educandis : Hisce manibus lacté fit, non vino : Cuninœ propter cunas, Ruminœ propter rumam, idest prisco vocabulo, mammam, a quo subrumi etiam nune discuntur agni ». Voy. aussi Augustin, loc. cit.., lib. IV, c. XI. Sur Educa ou Edusa et Potina. S. August. Lib. IV. c. XI. On leur consacrait particulièrement les enfants au moment du sevrage. Voy. Non. Marc, c. II, p. 544, sur Cunina. Non. Marcell., c. II. p. 579, ainsi queCoEL Lactantu, Firm. défais. relig.A'xh. I, 20. \* Opéra., c not Thysii, Lugd. Batav., i652, in-S", p. 65): « et Cunina, quas infantes in cunistuetur, ac fascinum summovet ». Puis St-AuGi'STiN, /. c, L. IV, c. XI. Gruticr dans ses inscription, /. c XGVI, 6. « Cuninaî felici ». Ossipaga ou Ossipagina, aussi Ossilago, voy. Aknobii Akri. Disput. contra gentes, lib. VII, Ed. I. G. Orellius, Lips., 1816, in-8% lib. III, c. 3o, et IV, 8. Vaticanus 0X1 Fabulinus dans Aulu-Gelle, XVI, 17 et Non.
DEPUIS HIPPOCRATE JUSQu'aU COMMENCEMENT DU ITI® SIECLE I o5
Marcell., c. XII, p. 784, au mot Statilin. Levana. S. August. L. IV, c. XI, et au § suivant. Nundina chez Macrob. Satiirnal., lib. I, c. XVI. « Est etiam Niindina Romanorum Dea, a nono die nascentium nuncupata, qui lustricus dicitur. « Est autem dies lustricus, que infantes lustrantur et nomen accipiunt. « Sur Fliionia, Februalis, ou Februa. Voy. : Mart. Gaprlla. 1. cit., lib. II, p. 37. Sur les lupercales fêtées en février, voy. Ovid. Fast., lib. II, 19 et suiv. De là Mena il est question dans S. Augustin. Lib. IV, c. XI, et lib. VII, c. II, dans les premiers passages elle est citée comme bru deJunonLiicine. Tertulien. De anima, c. 3j, nomme une déesse Partula et une déesse Alemona : « quae alit in utero toetum ». Voy. * H. P. S (Schlosser). De divis obstetricantibus ac circa partiim recens editiim occiipatis ex antiquitate romananon nihil. Francof. ad Moen., 1767, in-4°.
* Harless, déjà cité,
* J. A. Hartung. Die Religion des Roemernach denquellen durgestellt, 2 Thle. Erlangen, 1 836, in-8°. (La religion des romains exposée d'après les sources).
§ 55. — Obstétricie che^ les Romains.
Les idées religieuses que nous avons exposées, la multiplicité des divinités présidant aux accouchements, expliquent les usages qui correspondent à ces superstitions, qui étaient mis en pratique lors des accouchements. Les parturientes ne demandaient secours et consolations qu'aux divinités, elles les invoquaient, leur faisaient des vœux, et leur offraient des sacrifices.
L'art humain était à leurs yeux de peu de valeur, et celles qui les assistaient pendant leur travail, n'avaient à y Jouer qu'un rôle fort accessoire. Ce n'étaient que des sages-femmes, obstetrices, aussi opstetrices (ainsi que le constatent quelques inscriptions), dont l'intervention se rapportant à Taccouchement dans le sens étroit, ne se trouve décrite nulle part avant Gelse. Il est vrai de dire que le livre de Gelse est l'ouvrage le plus ancien de la médecine romaine, nous donnant quelques renseignements, desquels nous pouvons conclure à l'état de la médecine d'alors; avant lui, on ne trouve dans les écrits classiques que quelques documents, qui puissent autoriser des présomp-
tions. Nulle part nous ne voyons que les soins aux femmes en couche aient été donnés par des hommes ; partout ce sont des femmes qui sont appelées, elles empiètent même sur le rôle du médecin, en prescrivant des remèdes qui leur paraissent nécessaires. Les « medicas y, dont parle Martial dans une de ses épigrammes, étaient certainement des sages-femmes, et plus tard les « obstetrices » furent appelées » medicae. » (Voy. JuL. Ï^AVL, Sentientiœ recepœ, lib. II,tit. 24, dans* Schultingh, Jiu'ispî'ud. Vêtus anti-Jiistinian. Lips., 173 1, in-4°, p.S/S). La considération dont ces sages-femmes étaient honorées dura longtemps; nous trouvons dans les lois romaines maints passages où l'on renvoyait à leur avis, etc., et desquels il faut naturellement conclure que, plus tard, des livres pour les sagesfemmes ont été composés, livres qui ont dû contribuer à donner à ce corps une considération plus élevée que celle dont-elles jouissaient à l'époque dont nous parlons ici (i). Il est certain que chez les romains des premiers temps les sages-femmes étaient grossières et peu instruites, qu'elles ont dû finir par colliger quelques observations sur les sujets les plus nécessaires; peut-être des sages-femmes grecques plus exercées sont-elles arrivées en Italie avec les médecins grecs.
Pline, voy. plus haut, | 52, donne leurs noms grecs. Elles eurent des élèves qui ont hérité de leur expérience et de leurs connaissances.
Peut-être, ce qu'on a appelé les catéchismes des sages-femmes étaient-ils répandus parmi elles; il est à peine vraisemblable que MoscHiON soit l'auteur du premier livre de cette espèce. Leur cercle d'action était très étendu, leurs connaissances certainement très restreintes, si dans les écrivains postérieurs, qui ont traité de l'art des accouchements, nous les trouvons encore à un niveau très bas ; nous devons conclure de l'état des connaissances dans le présent à ce qu'il a dû avoir été dans le
(1) On verra plus tard par le livre retrouvé de Soranus combien était juste l'appréciation de Siebold. (F.-J . II.)
passé, et compléter ainsi le Jugement par induction^ puisque les documents anciens n'ont pas été conservés.
Les sages-femmes étaient bien de quelque secours aux accouchées, en les consolant, en faisant les choses de première nécessité, en réglant l'hygiène, en leur donnant m.eme quelques médicaments, en recevantl'enfant, en en achevant l'extraction ; en liant et en coupant le cordon, en lavant et en emmaillotant l'enfant. Leur science allait-elle plus loin ? ont-elles essayé de faire la version ? ont-elles pratiqué l'embryotomie ? Ni Celse ni MoscHiON ne donnent à cet égard de renseignements positifs. Il est certain qu'elles se vantaient beaucoup de leur œuvre, comme les nôtres, et faisaient ressortir l&ur aide là où la bonne nature leur avait mis l'enfant dans les mains, et que celles-ci n'avaient été appliquées que pour la forme. Un passage de Non. Marcell, ch. V, p. 736, nous en donne la certitude, et fait ressortir la différence entre la sage-femme et la nourrice par ces mots expressifs : a Educit enim obstetrix, educat nutrix ».
Obs. — Les a obstetrices » sont seules nommées quand d'anciens auteurs parlent occasionnellement d'accouchements, par contre, nulle part il n'est fait mention de médecins. Osiander indique dans son histoire, p. 54, § 92, qu'ANxoNius Musa aurait été appelé auprès de Livie en travail, mais il n'indique pas le livre de cet auteur dans lequeld'après Suétone se trouverait la citation, ni l'édition à laquelle il l'aurait empruntée. Ce passage qui ne se trouve pas dans cet auteur, a tout simplement été copié dans Sue (ouv. c, t. I, p. 70), qui a écrit avec beaucoup de légèreté et qui n'a pas rougi d'attribuer à Suétone des paroles qui ne se trouvent nulle part dans cet auteur, à moins qu'on veuille admettre qu'il ait eu à sa disposition une édition que personne ne connaît. — Sur les sages-femmes, voy. quelques passages de Plaute, Cavtiv., III, IV, 96. Trucul.^ I, II, 28, et Terence, Adelph., III; I, 5, et III, II, 56, surtout Andria, I, IV, où à propos des sages-femmes il est raconté des choses qui pourraient quelquefois s'appliquer à nos prudentes matrones d'aujourd'hui. Nous voulons bien admettre cependant que c'étaient là des exceptions chez les romains, car les femmes jouissaient d'une grande considération, et, elles cherchaient à être utiles dans les maladies des femmes, par l'emploi de médicaments ainsi que cela ressort d'un passage de Martial où nous le voyons leur appliquer le nom de
« Medicse », 1. XI, 72. Les medicœ et les médecins devaient donner leur avis sur un cas rare.
En lisant ce passage qui ne pense à la commission établie en France au XVI* siècle, pour décider sur les cas de demandes en séparation ; cette commissionétait composée de vétérans de la chirurgie et de matrones compétentes ?Voy. * J . H. Kopp, Jahrb. der staast Ar^neikunde (Annales de médecine légale), Frankf. a M., i8o8,in-8°,p. 18 2). On trouve souvent le mot obstetrix dans les inscriptionsromaineSjVoy.GRUTER, ouv. c. DGXXXVI,in-4", 5 et 6, DCLII, 10 où se trouve écrit Opstetrix (i), si bien que Th. Bar- THOLiN dans * Antiquitat. veteris piœrperii, Amstel., 1676 in-12. p. 109, pense à l'étymologie dérivée : « ab ope, ce qui est une supposition vague, attendu que la manière d'écrire Opstare au lieu d^Obstare n'a rien de remarquable.
La dénomination « medica » est trouvée aussi sur des inscriptions, par exemple chez Gruter, DCXXXV, 9, aFlaviœ Hedones medicas ». Par un passage d'vELius Lampridius qui se trouve in vita Antonin. Diadiunen. nous voyons comment les sages-femmes prêtaient leurs mains pour soutenir les superstitions; nous y lisons: « Soient pueri pileo insigniri naturali, quod obstetrices rapiunt, et advocatis credulis vendunt, si quidem causidici hoc juvari dicuntur. « * {Vitœ Cœsarum, etc. Basil., 1546, in-fol. p. 206). Une manière de voir qui se conserve encore aujourdUiui parmi de vieilles femmes sur ce « bonnet porte-bonheur » non seulement pour les avocats comme jadis, mais pour tous les enfants (2).
§ 56. — Usages des Romains dans les accouchements.
Essayons maintenant d'acquérir une intelligence plus parfaite de ce que nous avons trouvé épars dans les auteurs romains, sur les usages pendant la grossesse, l'accouchement et la puerpéralité, et de réunir ces documents afin d'arriver à prouver ce qui a été dit dans le paragraphe précédent. Il est clairement établi que la plus grande confiance était accordée aux divinités dont nous avons parlé dans le § 54, et qu'il en était ré-
(1) Le nom masculin d'obstetrix a été donné pour la première fois à Paul d'Egine en arabe « alkawabeli », voy. trad. de R. Brian du 5« livre. Introd.,p. 23 {¥.-]. H.).
(2) De là le dicton « il est né coiffé » (F.-J. H.).
serve très peu pour les secours de l'homme. Déjà immédiatement après le mariage, commençaient quelques fêtes religieuses qui avaient trait à l'espoir d'une grossesse, etc. ; les femmes invoquaient la Vénus genitrix, pour devenir mère; on lui faisait des vœux (voy. Gruter, MXII, 3 ; sur son temple, dans Suétone, /. César, c. 6i). La ceinture était dénouée dans le temple de Diane et consacrée à cette déesse ; aux Lupercales, les femmes se laissaient fouetter avec des verges (voy. Plutarch. Romul. *Ed. Reiske, vol. I, XXI. Ovid. Fast. II, 425. Juvenal, II, 142). A la divinité Miitiniis ou Mutanus les nouveaux mariés rendaient des hommages particuliers, que les Jeunes époux d'aujourd'hui ne toléreraient certainement pas (voy. Tertul. Apolog., c. 25. Arnob. lib. IV, 7. Lactant. lib, I, 20. Augustin. De civ. deî, lib. IV, c. XI et lib. VI, c. IX). A cette prière pour avoir des enfants s'ajoutait le vœu de les obtenir très ressemblants au père, ce signe étant regardé essentiellement comme celui de la légitimité (voy. Quinctil. Declam., XVIII, III, * Ed. Burmann. P. Lugd. Batav., 1720, in-4", p. 352). La stérilité étant une cause de divorce, on comprend combien les femmes tenaient à avoir des enfants, et à en avoir beaucoup; des droits particuliers étant accordés à celle qui en avait mis au monde trois [Jus trium libe rorum. Juvenal. IX, 87, Martial. Lib. II, Epigr. gi. Aulu-Gell. Lib. II, c. XV). Les femmes enceintes invoquaient également certaines divinités, nommées au § 54, leur offraient des vœux et des sacrifices et fêtaient la déesse Parilia (voy. Fest. chez * GoTHOFRED, p, i52). Lcs jcuncs femmes employaient divers moyens pour préparer des couches heureuses et éviter l'avortement, par exemple des escargots, des breuvages de Diptam (* Q. Seren. Samonic. Prascept saluber. Ed. Ackermann, Lips., 1786, V. c. XXXIII, 624); les écorces de grenade (Plaut. Amphitr. II, II, 91. Plin. Hist. nat., lib. XXX, c. VI) étaient particulièrement recommandées contre la malacie. Des moyens superstitieux étaient aussi à l'ordre du jour, par exemple les cendres d'un ibis, des pierres trouvées dans des arbres, l'œil d'un caméléon, les premiers cheveux coupés à un enfant, une première
dent tombée, des calculs urinaires, etc. (Plin. II, p. 451. Ed. de Harduin).
Les femmes enceintes se faisaient porter dans une chaise à porteur, et pour aller en voiture elles employaient des juments pleines; les droits dont jouissaient les femmes enceintes étaient considérables chez les romains ; celles qui étaient condamnées à mort ne devaient par être exécutées avant leur délivrance, ni soumises à la question (Lex. 3, Dig. de pcen., lib. 48, tit. 19). Quand Faccouchement était proche, les déesses Lucine, Postversa, Mena^ etc., étaient invoquées (voy. plus haut § 54, obs. /, Plaute, Amphitr.^ V, I. 41 . Horat., Epod., V, 5), on faisait des vœux (Propert. lib., IV, I, 95). La parturiente se rendait dans ses appartements privés, où étaient étendus de précieux tapis; elle se lavait, s'entourait la tête d^une bande [Amphitr.^N , I, 42), se déchaussait de ses sandales (Plaute, TriicuL, II, v. 26), et revêtue de son pallium (ibid.) se couchait sur le lit qui était préparé pour son accouchement. On évitait de mettre une main dans Tautre, et de croiser les genoux, car on pensait que par ces positions l'accouchement pouvait être empêché. La sage-femme entourée des esclaves Tencourageait, et lui donnait les soins nécessaires, détachait l'enfant de sa mère, et s'occupait du nouveau-né. L'enfant était ensuite approprié et lavé (Plaute, Amphitr., v. i, 5o, 5i) par la sage-femme et les esclaves qui étaient à son service. Si le père lui-même donnait ces soins, il voulait prouver par là sa grande affection pour son enfant. Après avoir été ainsi purifié, l'enfant était placé nu par terre et relevé avec solennité par le père [la Reconnaissance) . Terence, Andr. I, III, 14. Senicc. Consol ad Marc, c. 18. Sueton. Ner., c. 6. Pendant cette cérémonie la déesse Levanaéiah invoquée.
L'enfant qui n'était pas reconnu, comme les monstres, les hermaphrodites, était exposé. L'enfant ayant été relevé était habillé, emmailloté et placé dans la couchette qui lui était destinée (Plaint. Truciil.,Y, i3), où tout l'appareil d'enveloppement et le berceau sont nettement décrits (voy. encore Atnphritr.Y, i, 52) Le berceau pouvait avoir des formes variées (voy.BARTHOL, ouv.
c, p. 102). Les nourrices (nutrices) ou des esclaves (cunarii, voy. Martial, 1. XI, Epig. 3o) avaient le devoir de le bercer ; il y avait aussi quelquefois des domestiques spéciales pour cet office, cunariœ anciliœ (GRUT./;2.?cr/p., CCCXI, 7). Les enfants avaient des nourrices, et on choisissait de préférence des étrangères (externse atque barberas nationis) (Gellius. XII, I). Aussitôt après l'accouchement la parturiente était nettoyée avec soin (Ter. Andr.^ III, II, 3). Au cinquième jour après la naissance, on faisait de nouveaux sacrifices, de nouvelles ablutions, etc., auxquelles prenaient essentiellement part les sages-femmes. (Plaute. Trucul., T. I, IV, 69, 70). L'enfant était porté avec pompe par la sage-femme autour de l'autel de la maison, et remis ensuite entre les mains de la nourrice, et on distribuait des présents. Aux huitième et neuvième jours, on donnait avec solennité le nom aux enfants; le g" aux filles, le S" jour aux garçons. Dies lustricus : Macrob. Saturn., i, 16. Solemnitates nominales. Tertull. De Idolatr., c. 16. Mais la maison dans laquelle se trouvait l'accouchée était considérée comme impure, celui qui en sortait était tenu de faire des ablutions. Ce n'est que plus tard qu'on faisait des sacrifices pour la purifier.
Obs. I. — On voit que tous les usages décrits par nous chez les romains ont avec ceux des grecs la plus grande ressemblance qui ne peut échapper au lecteur, s'il veut comparer ce qui vient d'être exposé avec ce que nous avons dit plus haut au § 23, et se rappeler l'analogie entre les divinités grecques et romaines dont nous avons parlé au § 54. Il est incontestable qu'un grand nombre de ces usages sont d'origine grecque.
Obs. IL — Une copie du « ïmmanis fascini », sur lequel les nouveaux mariés devaient s'asseoir, a été donné par Meursius (ouv. c.) d'après une figure du musée Gaddianum de Florence. Remarquable dans cette figure est le caractère féminin des traits de la femme qui peut servir de modèle pour un pareil travail.
Voy. * R. P. Knight, An account of the remains of the Worship of Priapiis lately existing at Ibernia, in the Kingdom of Naples. London, 1786, in-4°. Sur Payne Knight et son ouvrage rare * C. A. Boettiger. Ainalthea, 3^ vol. Leipz., 1825, p. 408 (voy. la cause de la rareté de cet ouvrage, p. 414. L'exeni-
plaire dont nous parlons est arrivé à la biblioth. r. de Goettingue par l'entremise de Heyne).
Ici il faut citer encore * L. Choulant. Phallische Votiv-bilder von IsERNiA (images votives du phallus), dans Hecker « neiie xvissenschaftl Annalen.y>^ t. III, fasc. Berlin, i836,in-8°, p. 414.
Obs. III. — Sur la resse7nblance désirée par les femmes, voy. HoR., Carm., IV, s. 23 :
K I.audantur simili proie puerpercc >i.
Séneq.Trag. Hercul. furios, v, ioi5 :
«Parce jam conjux precor, Agnosce Megaram ; natus hic vultus tuos. Habitusque reddit. »
Martial, VI, 27, 3 :
« Est tibi, qu£e patrii signatur imagine vultus Testis maternée nata pudicitia; ».
Ainsi que chez Quintillien, Déclamât. .^ XVIII, dans Pédit. * P. Burmann, c. III, p. 35 I.
La même chose se trouvait chez les grecs ; voy : * Phocylidis. Carmina. Ed. Schier. Lips., ijSi, in-S", v. 167.
« Non enim pariunt similes libères acdulterini lecti «.
Les jumeaux causaient un grand bonheur. Voy. Plaut. Amphitr. — Tacit. Annal.., lib. II, c. 84, « Soror Germanici Livia, nupta Druso., duos virilis sexus simul enixa est, quod rarum lactum que modicis penatibus. »
Obs. IV. — Une singulière coutume pour faciliter l'accouchement est racontée par Pline. [Hist. nat., lib. XXVIII, c. IV, Ed. Hard., p. 451.) « Ex quo quaeque conceperit, si cinctu suo soluto feminam cinxerit, dein solverit, adjecta precatione, se vinxisse, eumdem et soluturum, at que abierit ; » et plus haut, p. 449, « Ferunt difficiles partus statim solvi, cum quis tectum, in quo sit gravida, transmiserit lapide, vel missili, ex his, quia tria animalia singulis ictibus interfecerint, hominem, aprum, ursum. Probabilius id facit hasta velitaris, evulsa e corpore hominis, si terram non attigerit ». Chez Gruter, on trouve, page MX, I, cette inscription : « Lucinie sacr. L. Soter et stahle )), avec cette inscription : « Hic visitur viminaeus corbis refectus malis punicis, aliisque tum foliis tum fructibus ». Ces grenades sont en concordance certainement avec Faction favorable qui lui est attribuée chez les femmes enceintes. Un exemple
DEPUIS HIPPOCRATE JUSQu'aU COMMENCEMENT DU lU^ SIECLE Il3
de l'obstacle causé par le croisement des mains dans l'accouchement, est donné par Ovide dans ses Métamorphoses ^ lib, IX, Sgg, où Alcmène accouche, et où Junon prie Lucine d'arrêter l'accouchement.
« Subsedit in illa.
Ante fores ara, dextroque est poplite la^vum Pressa genu, digitisque inter se pectine junctis. Sustinuit partus ».
La même chose est racontée par Antonin, Liberalis transform. conger. * Ed. Verheyk. Lugd. Batav., 1774, in-8°, c. XXVIII, p. 189. De là l'avertissement de Pline qui dit : lib. XXVIII, c VI. f Adsidere gravidis, vel cum remedium alicui adhibeatur, digitis pectinaiim inter se implexis, veneticium est; pejus si circa unum ambove genua. Item poplites alternis genibus imponi », et Pline ajoute même: « Ideo haec in consiliis ducum potestatum que fieri vetuere majores, velut omnem actum impedientia. Vetuere et sacris, votisve, simili modo interesse » voyez aussi Ilithjyia de Boettiger, p, 33 et suiv.
Obs. V. — L'exposition d'un enfant n^entraînait pas toujours sa mort, au contraire, une place spéciale avait été choisie pour cela, et elle était souvent visitée. C^est ainsi que les enfants exposés pendant la nuit, pouvaient être facilement trouvés le matin, et être l'objet de soins ultérieurs qui consistaient à les admettre comme esclaves. Voy. Sénèque, liv. V, Controv. 33, « Exposiii in nullo ordine sunt : servi sunt. » A ces enfants on appliquait quelques signes au moyen desquels ils pouvaient plus tard être reconnus. Plaute, Cist.^ III, 5, dit :
« Nam hic crepundia insunt, quibuscum te illa olim ad me detulit Quœ mihi dédit : parentes te ut cognoscant facilius. »
De même dans Térence, Eiinuch., IV, 6, i5. Cicéron dans Briit.^ c. 91. c( Quoniam totum me non nœvo aliquo aut crepundiis, sed toto corpore videris velle cognoscere. » Quant à Texposition des monstres, qui d'après Dion Halic. (lib. II, c. X de i'Ed. de Reiske) aurait déjà été ordonnée par Romiilus ; SÉi<kQXjE, Controv. XXX, lib. V dit : « Nascuntur quidam statim aliqua parte corporis mutilati, infirmi et in nullam spem idonei : quos parentes sui projiciunt magis, quam exponunt «. Sénèque fait une distinction entre « projicere et exponere». Au reste, tout ce chapitre est pour ce sujet de la plus haute importance. Quelquefois de semblables expositions étaient faites en signe de deuil, dans des calamités publiques qui avaient atteint l'état ; Sueton, Caligula, c. 5. « Quo defunctus est die, lapidata sunt templa, subver-
SIEBOLD-HERRGorT.
sae deum arœ, lares a quibusdam familiares in publicum abjecti, partus conjugum exposiii ».
Obs.VI. — Très remarquable est le discours sur l'utilité, et le devoir pour chaque mère de nourrir elle-même son enfant, que prononce le philosophe Favorinus dans Aulu-Gelle (lib. XII, c. i). Il est précieux dans toutes ses parties, et digne aujourd hui encore d''étre transcrit dans tous les traités d'accouchements ; il montre aussi combien était rare chez les anciens la coutume des mères d'allaiter leurs enfants. « Orote,ditle Philosophe entre autres choses, mulier sine eamtotam integram esse matrem tilii sui; quod est enimhoc contra naturam imperfectumatque dimidiatum matris genus, peperisse, ac statim ab sese abjecisse ? Aluisse in utero sangume suo nescio quid, quod non videret : non alere nunc suo lacté quod videat, jam viveniera, jam homimem, jam matris ofïicia implorantem ? An tu quoque putas naturam feminis mammarum ubera quasi quosdam nœvulos venustiores, non liberum alendorum, sed ornandi pecîoris causa dédisse? Sic enim, quod a vobis scilicet abest plerse que istae prodigiossemulieres fontem illum sanctissimum corporis, generis humani educatorem, arefacere et extinguere cum periculo quoque aversi corruptique lactis laborant tamquam pulchritudinis sibi insignia devenustet. »
Obs. VIL — Comparez les écrits suivants avec ce qui a été dit dans le paragraphe plus haut.
* JoANN. Meursii, De puerperio syntagma, dans ses oper. ex rec. Lamii. Florent., vol. V, in-f°, p. 273 (imprimé à part, * Ed. Franzius. Lips., 1785, in-8°).
* Thom. Bartholini. Casp. Jîl. Antiquitatum veteris puerperii synopsis. Hafn., 1646, in-8°. D'après la préface, ce livre, ne devait être que Tintroduction d'un ouvrage plus considérable. Malheureusement rincendie de la campagne de l'auteur anéantit l'œuvre principale : « Antiquitat. puerperii variar, gcntium, imprimis Romanorum )n ce fruit de trente années d'un travail soutenu. Voy. * Thom. Barthol., De Bibliothecœ incendia. Hafn., 1670, in-8°, p. 61. Le fils Casp. Barthol, donna plus tard un résumé (synopsis) du travail du père avec un commentaire * Th. Bartholini, Antiq. vet. pucrp. synopsis afilio. Casp. Bartholino commentario illiistrata,ctc. Amsielod., 1676, in- 12, avec une lettre du père de l'année lôvS. Thom. Barthol., mourut le 4 décembre 1680. Voy. * WiLH. WoKM, Oratio in excessum. Th. Barth. Hafn., 1681, in-4''.
* Casp. Bartolini, Thom. fil. Expositio veteris in puerperio riius ex arcasepulchraliantiqua desumpti. Rom., 1677, in-8''.
Pour le lit de travail chez les romains, voy. la peinture murale
DEPUIS HIPPOCRATE JUSQu'a.U COMMENCEMENT DU III^ SIECLE Il5
remarquable représentant l'apothéose de Titus sous la forme d'Apollon dans :
* Almanach ans Rom. fur Kûnstler undFreundeder bildenden Kunst. 2 Jahrg, mit Kupfern. Herausgeg. von F. Sickler u. C. Reinhart. Leipz., 1811, in-8% p. 87, u. Abbild. n» 2, surtout n° 4 (Almanach de Rome pourartistes et amateurs de l'art).
Cette planche est reproduite comme vignette de titre dans :
* B. Chr. Faust., G ut c 7- Rat h au Frauen ûber das Gebaeren, mit einem Schreibem des Hofr. Boettiger« ûber das Gebaren bei den Alten, 181 1 , in-8° (Bons conseils aux femmes pour l'accouchement avec un écrit ducons. aul. Boettiger sur Taccouchement chez les anciens).
§ 57. — Considération accordée aux sages-femmes.
Ainsi que nous l'avons vu, les sages-femmes étaient seules à donner les soins aux femmes en couche, elles étaient consultées pour les maladies des femmes ; dans ces conditions, elles devaient nécessairement acquérir une grande considération, qui peu à peu allait les réunir en un corps (nobilitas obstetricium. Pline), et engager un peu plus tard les jurisconsultes romains, Ulpien, JusTiNiEN, etc., à insérer dans la législation, que dans des cas douteux on aurait recours à leurs avis. En vertu de cette disposition, elles devaient être appelées comme experts ; c'est ainsi, par exemple, que d'après Jul. Paul, lib. II, titre XXIV, cinq sagesfemmes, qui dans le texte sont qualifiées de medicae, sont nécessaires pour faire une exploration dans des cas de grossesse douteuse ; c'est la majorité qui décidait. Dans la même loi, il est question de peines dont seraient passibles les sages-femmes qui auraient pris part à la substitution d'un enfant. On sait pendant combien de temps a été maintenue la validité devant les tribunaux de la déposition des sages-femmes, au grand préjudice de la chose.
Obs. — Dans « Lex I, pr, Digestor. de extraordinariis cognitionibus (Pandect., lib. 5o, titre i3) il est parlé de praeceptoribus studiorum liberalium, auxquels il était permis de prétendre à des honoraires pour leurs peines ; il range dans le même cas :
Îl6 DEUXIÈME ÉPOQUE
rhetores gramtnatici, geometra^, puis il ajoute : § i, « Medicorum quoque eadem causa est, quœ professorum, nisi quod justior, quum lii salutis liominum illi studiorum curam agant » ; ainsi, le droit de réquisition devait leur être accordé, et il ajoute : « Sed et obstetricem audiant «, car le magistrat ajoute : « Quœ utique medicinam exhibere videtur ». Dans la Loi q, pr. Digestorum ad legem Aquiliam (lib. IX, tit. 2, Pandect.) Ulpien dit: « Item si obstetrix medicamentum dederit et inde
mulier perierit » Ce que Jul. Paul., ouv. c, lib. II, tit. 24,
§ 7, dit, se rapporte à un Rescrit des Divi Fratres, de Marc- Aurèle et de Lucius Verus, qui est contenu dans Lex I, pr. Digestor. de ventre inspiciendo (lib. XXV, tit. 4, Pandect.).
Sur les femmes médecins romaines, voy. Harless, ouv. c, p. i3 I.
§ 58. — La loi royale de Numa Pompilius, l'excision de l'enfant du ventre de la femme après sa mort.
Parmi les monuments obstétricaux de l'ancienne Rome nous devons nommer la loi si importante, appelée royale (lex regia) qui a été inscrite dans les Pandectes, et qui prescrit de ne pas laisser enterrer une femme morte en état de gestation sans avoir extrait l'enfant de son corps. Cette loi doit avoir été faite par Numa Pompilius (regn. 715-673 av. J.-C.) et bien que cela ne soit pas positivement prouvé, tous les historiens s'accordent pour attribuer à cette loi une haute antiquité ; Hottomanus l'attribue même déjà à Romulus. Les recherches des historiens à cet égard se perdent dans un passé lointain, ainsi que les traces de l'emploi de ce moyen. La mythologie déjà donne des indices. Les historiens romains citent des noms d'hommes qui doivent la vie à ce moyen, c'est ainsi que Pline (lib. VII, c. IX) parle de cette opération et explique pourquoi elle a été appelée opération césarienne : ^< Auspicatius enecta parente gignuntur : sicut Scipio Africanus prior natus, primusque Caisarum a citso matris utero dicius : qua de causa et ciCoOnesappellati. Simili modo natus est Manlius, qui Carthaginem cum cxcrcitu intravit ». La loi était exécutée dans Pantiquité, et plus tard elle se trouva dans tous les codes. Quant à ce qui a donné lieu à cette manière d'agir.
DEPUIS HIPPOCRATE JUSQU AU COMMENCEMENT DU IIl" SIECLE II7
on pense, que ce sont sans doute les sacrifices de femelles pleines. Nous renvoyons à ce qui a été dit plus haut § 25. Ce que nous avons dit alors, nous ne pouvons que le répéter ici, attendu que dans les historiens, et les documents de l'époque romaine dont nous parlons, nous ne trouvons rien sur la manière dont cette opération était pratiquée. ,
Obs. I. — La lex regia, telle qu'elle se trouve dans le Digest., 1. II, « De mortuo inferendo » est conçue en ces termes : « Negat lex regia mulierem quae praegnans mortua sit, humari, antequam partus ei excidatur : qui contra fecerit, spem animantis cum gravida peremisse videtur ». Voy. sur cette loi : * S. H. Van Idsigna, Varioriim juris civilis liber singularis qiio leges quœdam regiœ etc. explicantiir. Harling, 1738, in-S", cap. XIV, p. 116, où sont données des explications nécessaires au point de vue juridique par * Marc Commentaire sur la loi JSiima Pompiliiis, relative à l'ouverture cadavérique des femmes mortes enceintes. In Mémoires de la Société médicale d'émulation, séant à l'Ecole de médecine de Paris, VIP vol., p. 247. Paris, 181 1, in-8°. Les premiers temps du christianisme devaient maintenir la Lex regia en raison du baptême; de là le renouvellement fréquent de cette loi par les prescriptions de l'Eglise etpar le Rituel romain, qui au titre « De bapt. parv. » prescrit cette opération par ces paroles : « Si mater praegnans mortua fuerit, fœtus quamprimum caute extrahatur : ac si vivus fuerit, baptizetur ». Voy. * Fr. E. Cangiamilla, Sacra embryologia sive de ofïicio sacerdotum, medicorum et aliorum circa asternam parvulorum in utero existantium salutem, Monach. et Ingolst, 1764, in-4°, p. 104.
Obs. II. — Quand Pline dit : « Auspicatius enecta parente gignuntur » ce que répète aussi Solinus (* Ed. Claud, Salmasius. Lips., 1777, in-8°, c. I, § 62, p. 21), cela se rapporte certes à la rareté des cas, qui justifie la qualification « heureuse ». La provenance du mot « Cassar » a utero cseso, que Pline donne, que Festus répète fouv. c. p. 262), « caesones appellantur ex utero matri exsecti », le dire d'écrivains postérieurs, qui dans les mots de « primus caesar » veulent voir Jules César si connu, estaussi inexact qu'irréfléchi, car lors delà guerredans les Gaules sa mère vivait encore, ainsi que cela est prouvé par les anciens auteurs. L'opération pratiquée sur la femme vivante appartient à une époque bien postérieure. Aussi Festus déjà, donnait-il une autre origine du mot caesar ajouté au nom de Jules.
Il8 DEUXIÈME ÉPOQUE
§59. — Aul. Cornel. Celse.
Le tableau le plus ancien de Tobstétricie romaine, exposée sous forme de principes que nous possédions, se trouve dans un chapitre du livre classique du traité de médecine de Aulus Cornélius Celsus. Sa vie et ses travaux n^ont pu jusqu'ici être éclaircis comme ils le méritent. D'après les recherches récentes, il a vécu à Rome du temps d'AuorsTE (3o av. J.-C. 14 après).
11 a écrit sur diverses branches des connaissances humaines des ouvrages importants, qui sous le nom de f^iAi'tesy> comprenaient la rhétorique, Thistoire, la jurisprudence, la philosophie, la guerre, l'agriculture et la médecine. Ce dernier traité seul est arrivé jusqu'à nous ; il porte l'empreinte d'un homme éclairé par un savoir encyclopédique, affranchi de tout entraînement d'une fausse philosophie ; ce qu'il renferme, est exposé avec concision, clarté et une rare élégance. Quand bien même on ne pourrait prouver qu'il a pratiqué la médecine, il parle des connaissances médicales avec la plus grande compétence, et il traite des maladies d'après une expérience personnelle. Il a l'immense mérite d'avoir été le premier qui ait exposé, d'après un ordre systématique, les doctrines de la médecine pratique. Les quatre premiers livres de son œuvre traitent des maladies internes, le cinquième et le sixième des maladies externes; le septième et le huitième de la chirurgie; dans le chapitre 29 du Liv. VII se trouve ce qui a trait à notre étude. Celse a utilisé les œuvres de ses célèbres de vanciers : Hippocrate, Asclépiade de Prusa en Bithynie (médecin à Rome, au ic siècle avant J.-C, et véritable fondateur de l'Ecole méthodique), de Themison, son élève renommé (au milieu du i" siècle après J.-C), de Cassius et d'autres ; mais ses expositions sont accompagnées d'une judicieuse critique, et laissent toujours percer la pensée de l'auteur. Les parties les plus parfaites de son œuvre sont les liv, VII et VIII, dans lesc^uels sont
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exposées, de main de maître, les opérations de la taille (avec le petit appareil), l'abaissement du cristallin dans la cataracte. Ces deux livres appartiennent à la célèbre école d'Alexandrie, en tout cas il se rattachent (par les doctrines) à des maîtres antérieurs aux chirurgiens de Rome (voy. la préface du VII" livre), où l'on a mis à profit les enseignements de Tryphon, d'ENELpisTus et surtout de Mkgès.
Obs. I. — Leclerc, Schulz, Morgagni, Bianconi et Targa sont unanimes a penser que Celse a vécu et écrit sous Auguste Ses livres appartiennent à cet âge d'or. D"'après Schilling, ouv. c. p. 23, il serait mort l'an i3 de notre ère, par conséquent un an avant Auguste. Quant à la question tant controversée de savoir s'il a pratiqué la médecine ou non, elle paraît le mieux résolue par l'œuvre qu'il a laissée, et qui constitue un témoignage éclatant de ses connaissances; c'est ainsi que pensent Rubeus Van DER LiNDEN, daus Ics Icttrcs qui précèdent son édition de Celse, Morgagni (ouv. c, Epist. IV) qui pensent qu'il a pratiqué différentes branches de l'art de guérir. Bianconi il est vrai (ouv. c. Epist. 8) ne partage par cette manière de voir, il ne pense pas qu'il ait pratiqué la médecine, mais il le regarde comme très versé dans les connaissances médicales (dottissimo nella medicina come lo fu nell' altre facoltâ). Targa (dans la deuxième préface de réd. 1810, p. XIII) exprime par ces paroles les mérites de Celse : « Mihi verisimile quoque videdur, nonnumquam ab aegro aliquo sive cognato, sive amico rogatum fuisse ut se inviseret, consilio que juvaret, vel etiam ut de curatione judicaret, quceipsi a medicis adhibebatur : atque ita quae recte, quae minus bene cédèrent notando, de lis quae in aliorum libris legerat, judicium suum ferre potuisse ». Toujours il y a eu des médecins qui ne pratiquaient pas habituellement, qui s'adonnaient plutôt à l'étude des sciences médicales, les cultivaient au point de vue scientifique, et qui étaient consultés dans des cas graves, et donnaient alors volontiers leurs conseils et l'indication des remèdes qu'ils pensaient devoir être utiles.
Obs. IL — ■ Les renseignements sur les œuvres perdues de Celse dont nous avons parlé plus haut se trouvent dans beaucoup de passages de V Hist. nat. de Pline, dans Columelle, De re rustica^ lib. I, c. I (voy. * Scriptor. rei rustic. curante. Gesnero. Lips, 1773, in-4°), p. 429. Lib. II, c. Il, p. 453. Lib. IV, c. XVII, p. 526. Lib. VIII, c. XIII, p. 689. Lib. IX, c. Il, p. 702. (Colum. appelle Celse, II, 2, « Universae naturse prudentem virum », et Celse lui-même parle de son écrit d'économie rurale (liv. V,
c. 28, 16). Dans Quintilien, De instit. orator. Lib. X, c. I (Ed. P. Burmann), p. 920, lib. XII, c. II, p. 1 1 1 2, ainsi que dans beaucoup d'autres passages, ilest parlé de Celse ; dansVEGEXius, De remilitar. * (Ed. Scriverius, p. 1 607, in-4°).CELSEestmentionné comme écrivain militaire, et il est dit que ses œuvres portaient le nom de « Artes », formaient un ensemble, ce qui est prouvé aussi par d'anciens manuscrits de Celse qui portent le titre de (f Artiiim. A. Cornelii Celsi. Lib. VI, medicinœ viro liber primus », d'où il résulte qu'avant les livres de médecine que nous possédons, encore cinq autres ouvrages avaient été écrits parlui, qui ont été perdus. Voy. Bianconi,ouv. c.,lettera XI, et Croulant. Prodrom., p. 9. Il ressort aussi de la division des œuvres de Celse que les livres sur la médecine ont été écrits dans les années de sa pleine maturité, ce qui leur donne encore une plus grande valeur.
Les écrits les plus importants pour éclairer la vie de Celse, ses ouvrages, sa patrie, et le temps où il a écrit, etc., sont :
* HiERON, RuBEi Ravenant, Awiotationes in libros octo-Corn. Celsi de re medica. Venet., 16 16, in-40 (surtout Tintroduction).
* Joann. Bapt. Morgagni, Epistolœ in. A. Corn. Celsum, etc. Patav., 1721 (contient trois lettres) * Lugd. Batav., i/SS, in-4°. (nouvelle édit. du précédent livre). Augmentée de cinq lettres nouvelles est l'Ed.de Celse et Samonicus, soignée par J. B. Vul- Plus *. Patav., 1750, in-S", tom. II. Voy aussi : * J„ B. Morgagni. 0/7. omn. Lugd. Batav., 1765, in-fol°, t. V, p. 5o.
* G. Mathiae (respond. S. Chr. Kortiiold), De A. Coin. Celsi medicina. Goetting , 1766, in-4°).
* J. L. BiANcoNi, Lettere sopra A. Corn. Celso al célèbre Abate Girol. Tiraboschi. Rom., 1729, in-8'^ (trad. en allemand avec supplém. par Dr * C. Chr. Krause. Leipz., 1781, in-8°).
* J. L. BiANCONi, Epistola de Celsi œtate (dans l'Ed. * Lugd. Batav., ap. Luchtmans, 1785, in-4°).
* Léonard Targa, Praefat. ad lectorem secunda (dans son éd.
* Veron, 1810, in-4°, p. VII).
* Gius. Anton, del Chiappa, Intorno aile opère e alla condi:{ione personale diAiilo. Corn. Celso, discorsimedicijilologici. Milan, 1819, in-8°.
* M. G. Schilling, Questionis de Corn. Celsi vita pars prior (De Celsi œtate). Lips., 1824, in-8° (voy. aussi l'article Celsus de l'auteur, dans Algetn. Encyclopœd.àt Ersch et Gruber. 16 Thl. Leipz., 1827, in-4°, p. 23.
* L. Croulant, Prodromus novœ editionis, A. Corn. Celsi libror. VIII. De medicina. Inest apparatus critici Celsiani tentamen bibliographicum. Lips., 1824, in-4" (ouvrage très complet et indispensable pour l'histoire littéraire de Celse).
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* H.-J. Chr. Brandenburg. — Schaefler, i)(3 arte obstetricia. A. Corn. Celsi. Goetting., 1837, in-40 (nous en parlons plus plus loin).
Voy. encore les hist. de Sprengel, et de Hecker, Haeser, ainsi que l'article Gelsus de Hecker dans : Encycloped. Woerterbiich. der med.Wissensch.yW T. Berlin, i83i, in-S", p. 314. (Diction, encyclopédique des sciences médicales.)
§ 60. — Etat de Vobstétricie du temps de Celse.
Le chapitre sur Tobstétricie contenu dans les œuvres médicales de Celse nous donne avant tout le tableau de Tétat dans lequel se trouvait l'obstétricie ancienne, aussitôt qu'elle était appelée à agir; elle faisait partie de la chirurgie par les opérations qu'elle exécutait, ainsi que Celse lui-même l'exprime par ces mots : « quœ manibus curât ». Illedit encore par la placequ'il assigneà l'obstétricie dans son livre, au chapitre 29, qui traite des maladies chirurgicales, et OLi l'auteur, suivant l'ordre naturel des maladies, arrive de la tête, au bas-ventre, puis des organes de la région abdominale, aux parties génitales. Dans le chapitre qui précède (le28«)il S'occupe du traitement des atrésies des organes génitaux de lafemme, et dans celui qui suit (le 3o) des maladies de l'anus. L'opinion qui régnait alors sur le traitement des accouchements anormaux est de cette façon clairement exprimée. Dans les cas où les secours des sages-femmes étaient impuissants, les chirurgiens étaient appelés en aide, et ils cherchaient à faire naître l'enfant par une intervention manuelle ou instrumentale. Dans quels cas cette intervention devait-elle être solicitée ? C'est ce que nous disent le titre (i) et le commencement de ce chapitre, où on lit : « Ubi concepit autem aliqua, si jam prope maturus intus emortiius est^ neque excidere (d'après d'anciens manuscrits, « excedere ») potest, adhibenda curatio est. »
En jugeant les règles données par Celse, il ne faut jamais per*
(1) Qua ratione/^jr^t/s emortuus ex utero excutiatiur.
dre de vue que celles-ci ne s'appliquent qu'à des enfants morts ; sauver la vie de la mère, était pour lui le but principal, car dans ces temps anciens, la vie de l'enfant était prise en moindre considération ; ce n'est que le christianisme qui a modifié les idées à cet égard, par des motifs faciles à comprendre. On est conduit à penser que les sages-femmes n'appelaient les médecins que fort tard, quand les moyens dont elles disposaient étaient restés inefficaces, et qu'elles avaient la certitude de la mort de l'enfant; seulement il est à déplorer que Celse n'ait pas indiqué les signes de cette mort. Le motifde ce silence est que, peut-être sur ce point, on n'avait pas à cette époque autant de sollicitude que celle inspirée plus tard par le christianisme pour lequel le but essentiel de l'accouchement est devenu de sauver la vie de la mère et celle de l'enfant. D'autre part tous les accouchements dans lesquels la tête ne se présentait pas étaient, suivant les anciennes doctrines (hippocratiques) regardés comme très dangereux, entraînant le plus souvent la mort de l'enfant et motivaient alors l'appel du chirurgien. C'est l'action du chirurgien dans ces cas que Celse expose dans ce chapitre, et bien qu'elle nous paraisse incomplète, si on l'apprécie avec les connaissances actuelles de l'obstétricie, il faut redire qu'il ne s'agit que d'enfants morts à morceler, et reconnaître que la méthode de Celse prouve clairement que depuis HippocRATE l'obstétricie avait fait de sensibles progrès. Nous signalerons l'usage du lit en travers, indiqué comme nécessaire à la pratiquedes opérations obstétricales, la version sur les pieds enseignée pour la première fois pour faire l'extraction du foetus, le changement de la présentation du siège en présentation des pieds. Nous devons faire remarquer que ces progrès ont dû avoir été accomplis avant Celse, car dans la préface du VII°livre, qui renferme le chapitre dont nous parlons, on trouve les paroles suivantes : « Deinde posteaquam diducta (chirurgia) ab aliis habere professores suos caepit, in ^gypto quoque increvit, Philoxeno maxime auctore, qui pluribus voluminibus hanc partem diligentissime comprehendit, Gorgias quoque et Sos-
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TRATUS, etc. multi que alii célèbres viri, singuli quaedam repererunt. Ac Romae quoque, ajoute Celse, non médiocres professores, etc. aliquantum ei disciplinas adjecerunt.» Malheureusement tous les écrits des hommes qui viennent d'être nommés ont été perdus, et nous devons nous estimer heureux de posséder en Celse un conservateur fidèle de ces travaux et de ces expériences, et de pouvoir apprendre par lui quel était Pétat de l'obstétricie à son époque. Il devient difficile sinon impossible de déterminer avec certitude ce qui appartient aux uns et aux autres, en tout cas Celse a le mérite de nous avoir dit dans une langue claire et élégante ce qu'il savait, cela fut-il acquis par son expérience personnelle ou par celle des autres.
Obs. — OsiANDER dans son histoire a totalement oublié le titre que Celse met au commencement du ch. 29, du VIP' livre, car dans le ,^ 91, qui est consacré à Celse il ne fait pas remarquer que ces préceptes s'appliquent à « l'enfant mort ». Pour le reste Osiander rend entièrement justice à Celse en disant « que ses doctrines donnent une très bonne idée de Tétat de l'obstétricie à son époque ». L'historien, qui est en même temps accoucheur, devait porter sur Celse ce jugement favorable ; en présence de ces documents incomplets, nous ne sommes pas étonné de trouver dans un autre livre qui n'est pas d'un accoucheur (Hecker. Gesch. Bd I, p. 433) les paroles suivantes : « L'obstétricie fut encore (chez Celse) très imparfaite, on n'y trouve rien de plus que quelques versions ! et l'extraction de l'enfant mort moyennant un crochet ». C'est ce jugement qu'a reproduit Schilling dans son article du livre de Ersch et Gruber.
§ 61. • — Obstétricie de Celse.
Si, après ce que nous venons de dire dans ces préliminaires, nous passons en revue avec plus d'attention les règles données par Celse, nous trouvons relativement aux modes de présentations fœtales, qu'il en admet quatre : celles par : a) la tête ; b) les fesses; c) les pieds, et d) les présentations transversales. Aucune
d'elles n'est décrite plus spécialement; nous pouvons du passage suivant : « ac si pes aller juxta repertus est, alter rétro cum corpore est «, conclure quMl connaissait les présentations des pieds incomplètes. Les opérations que le chirurgien aura à pratiquer dans ces quatre modes de présentation fœtale, devront consister en des extractions avec les mains, après qu'il aura fait la version dans les cas spécifiés, ou bien en l'extraction de l'enfant moyennant le crochet, ou à faire l'embryotomie. L'extraction moyennant le crochet se fera en appliquant cet instrument sur la tête, et Celse a décrit cette opération, en indiquant toutes les précautions qu'on doit prendre pour éviter de blesser la mère. Si l'enfant a été tuméfié par la putréfaction, le volume de son corps devra être diminué en pratiquant sur lui une ouverture moyennant le doigt ; puis il devra être extrait avec la main, car dans ce cas le crochet ne tiendrait pas. Si l'enfant est en présentation transversale (il s'agit certainement ici d'une présentation de l'épaule), et si la version n'est pas possible, l'épaule sera attirée moyennant un crochet, il en résultera que la tête s'incline en haut; celle-ci devra être coupée (détachée) moyennant un autre crochet, qui n'est tranchant que du côté de la concavité « qui ininteriore tantum parte per totam aciem exacuitur », alors le tronc sera extrait, après quoi la tête pourra être enlevée sans beaucoup de difficulté.
Ici, pour diriger la tête séparée du tronc dans le bassin, Celsk prescrit de faire quelques manœuvres su rie ventre, qui sont encore usitées aujourd'hui. Dans l'obstétricie de CELSEexposée jusqu'ici, nous ne trouvons pas de différence bien notable avec celle d'IIippocRATE ; elle conserve toujours le mêine caractère de cruauté, mais elle diminue dans ce qui va suivre : Celse conseille de faire la version de l'enfant sur la tête, et d'engager cette partie, ou de faire la version sur les pieds, si déjà il ne se présentent. La traction sur la niain opère la version sur la tête, pense-t-il, la traction sur un pied, la version sur les pieds. Si la tête s'est présentée primitivement, ou si elle a été amenée par la main de l'accoucheur, il ne reste à celui-ci pour terminer, que
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l'application du crochet décrite plus haut ; par contre Celse dit positivement : « Sed in pedes quoque conversus infans non difficulter extrahitur : quibus apprehensis pcr ipsas manus commode educitur », ce qui doit se rapporter aussi aux présentations tranversales, car k ce précepte s''ajoute ce qui suit : « infantam manu dirigat (medicus) vel in caput, vel etiam in pedes, si aliter compositus est ». Si cela ne re'ussit pas, Pembryotomie est pratiquée comme ci-dessus. Dans les présentations pelviennes, Celse conseille de repousser le siège, et d^attirer un pied, puis, si des difficultés surviennent, de morceler l'enfant; toutes ces opérations doivent être pratiquées la femme étant couchée en travers sur son lit : « Opportet autem ante omnia resupinam mulierem transverso lecto sic collocare, ut ieminibus ejusipsius ilia comprimantur ». Les conditions favorables à l'opération sont, du côté de la mère : « Magnutido vulvae, vis nervorum ejus (fibrarum), et corporis totius habitus et mentis robur ». Ce qui rend l'opération difficile, c'est un commencement d'inflammation, car dans ces conditions il se produit « mortifera nervorum distentio » (distension (déchirure) de la matrice) cum vomitu et tremore ». Celse a donné d'excellentes règles pour l'introduction de la main, et il reconnaît très bien la valeur de l'exploration obstétricale. A la fin du chapitre se trouvent pour l'extraction du placenta, et le traitement des femmes accouchées, des règles excellentes qui aujourd'hui encore sont suivies. Quant à la délivrance, nous apprenons que le cordon ne doit pas être lié de suite et coupé, comme cela se pratique aujourd'hui, mais que le placenta doit être extrait, l'enfant restant en rapport avec lui par le cordon, et que ce n'est qu'après qu'il est lié et sectionné.
Obs. I. — Combien ne faut-il pas regretter que le conseil excellent de Celse, de faire la version sur les pieds, et ensuite l'extraction, n'ait pas été suivi par ses successeurs, et que ceuxci aient écouté le précepte d'HippocRATE, bien moins avantageux, qui consiste à faire la version sur la tête, au grand préjudice des mères et des enfants, et que cette version sur les pieds ait dû être réinventée plus tard. Celse, il est vrai, ne recommandait la version sur les pieds que pour les enfants morts ; mais un peu
d'attention devait bientôt la faire pratiquer sur les enfants vivants ; mais, hélas ! la postérité, ainsi que les Arabes, puisèrent leur instruction de préférence dans les écrits d'HippocRAXE ; il en résulta que la méthode de Celse ne fut pas prise en considération et tomba bientôt dans l'oubli (i).
Obs. II. — Dans la mé'Jiode de Celse, appliquée aux présentations transversales, où la version est devenue impossible, et où l'embryotomie et la décollation sont indiquées ; qui ne pense au « Guardet embryotomy knife » que D. Davis a fait connaître comme utile en pareil cas, en l'an du Salut 1825 ! voy. son ouvrage où se trouvent encore d'autres choses dangereuses. * « Eléments of opej^ative midypifery ^ Lond., 1825, in-4°, p. 327. Planche XVII, f. i. Cette décapitation a été recommandée récemment encore, dans les mêmes cas, par E. Rhinfeld, méd. en chef de l'hôpit. de Mittau, dans un travail sur « l'Embryotomie et l'Excérébration * N. Zeilschr.,/. Geb.,V, 3, Berl., 183/, in-8^ p. 337.
Obs. III. — Il y a à faire encore d'autres remarques sur quelques passages de Celse, qui se rapportent à la grossesse et à l'accouchement, et qui sont formulés sous forme aphoristique ; p. ex. lib. II, c. 6, (une femme enceinte atteinte d'une maladie fébrile succombe facilement), c. 7, si (les seins deviennent flasques chez une femme enceinte Tavortement est à craindre], c. 8. (sternutatoires recommandés dans les accouchements difficiles), lib. V, c. 25 (moyens internes pour déterminer l'accouchement d'un enfant mort, etc. Le 20^ ch. du livre IV, traite « de morbivulvce (d'après la signification ancienne « l'utérus». Voy. ce mot dans Forcellini, Lexic. tôt latinitat. ; puis dans Celse. 1. VI, c, 18. « Si anus vel vulva procedit ». Malheureusement dans ce 20^ chap. il y a une importante lacune, voy. Morgagni. Epist. 2 et 3. — Un passage important se trouve dans la préface du i" liv., où Morgagni présume qu'il est question d'une inversion utérine [Epist., 4, i, i, éd. 1750, p. 86). Dans l'édition de Krause, p. i3, on lit : « Rarius, sed aliquando morbus quoque ipse novus est : cum œtatc nostra quitdam, ex naturalibus partibus carne prolapsa et arente, intra paucas horas expiraverit, sic ut nobilissimi medici neque genus mali, neque remedium invenerint ».
Toutefois l'expression « arens » paraît rendre douteuse la présomption de Morgagni, bien qu'il cherche à l'éclairer par la gangrène « sicca et arida, qui s'est emparée de la matrice en inver-
(i)Voy. Contributions à l'histoire de la version podaliquc, par F.-J. H. Arch. de (ryn., avril 1882.
sion et qu'il cite des exemples pareils. Ne pourrait-on pas penser à un polype, en admettant d'abord que les « naturales paries « fussent les parties génitales, polype, qui sortant des parties génitales aurait occasionné une hémorrhagie considérable et par la suite mort. Que la nobilis persona, comme Celse l'appelle, ait accouché, cela n'est dit nulle part L'ancien éditeur Rubens pense que cette tumeur a dû avoir été une mole. Le prolapsus anal auquel on pouvait penser aussi, était parfaitement connu de Celse. Bien imparfaite est chez lui la connaissance du bassin, que nous trouvons décrit au liv. VIII, c. I, « De positu et figura ossium totius corporis humani » . La partie inférieure de la spina repose sur l'os des hanches (os coxarum) dont la partie postérieure est couverte d'aspérités (le sacrum). En avant est situé l'os « quod pectinem vocant», les branches du pubis. La différence entre le bassin de l'homme et celui de la femme paraît ne pas avoir été ignorée par Celse, quoiqu'il s'exprime à cet égard très brièvement et avec peu de clarté : « rectius (os, quod pect. vocant) in viris, recurvatum magis in exteriora in feminis, ne partum prohibeat ». Voy. P. Paaw^. A. Corn. Celsi^ de re medica liber oclavus, ejus priora capita commentariis illustrata. Lugd. Batav. , i6i6,in-40., p. 57, 011 sont donnés d'importants éclaircissements sur l'ostéologie du bassin des anciens anatomistes. (L'ouvrage de Paaw cité ci-dessus est réuni à son ouvrage intiiulé : * Succenturiatus anatomiciis contin. comment, in Hippocr. de capitis vulucribus. Lugd. B., 1616, in-4°.l
Pour la littérature complète de Celse nous renvoyons à Touvrage de Croulant dont nous avons profité largement.
Nous n'indiquons ici que les éditions dont nous avons fait usage pour nos recherches.
* AuREL. Corn. Celsi, De re medica libri octo. Accessere in primum ejusd. Hier. Triveri Brachelii Commentarii doctissimi in reliqiLOS vero sepieni Balduini Koussei enarrationes. Lugd. Batav., 1592, in-4°.
* A. Corn. Celsus et Q. Seren Samonicus, De medicina alter, ut et ab Almeloveenio editus est 171 3, alter ut a Constantin© a i566. Editio novissima in qua, etc. epistolae sex accedunt cel. J. B. MoRGAGNinunquam antea vulgatœ. Tomi II. Patav., 1730, in-8°.
* A. Corn. Celse, De medicina libri octo. ed C. Chr. Krause. Lips., 1766. Livre excellent et commode. * A. Corn. Celse, etc. ex recens. Targ.'E acced. notae varior. item quas nunc primum prodeunt Bianconi dissertatio de Celsi state et G. Mathle, Lexicon Celsianum. Lugd. Bat., 1785, in-4'' (i).
(i) Cette édition renferme le fameux index de Georg. Mathue, qui
*A. Corn. Celsi medicinae libri octo ex recens. L. Targue. Ed. altéra accuraiior, cui accedit lexicoa Celsianum. Veron., 1810, in-4'^ (Edition très importante publiée pour la première fois * PattEv., 1769, in-4°).
Parmi les traductions nous citerons :
*A. Corn. Celsus, of medicine in eight books translated rvith notes critical and explanatorjr, by J. Greive. Lond., 1756, in-8°.
* Grundriss der Wiindar^neikiinst in den alten Zeiten der Roemer, oder A. Corn Celsus, siebentes und achtes Buch von der Ar^neikiinst, a. d. latein von J. C. Jaeger w7/f einer Vorredevon Gruner. Frankf. a M,, 1789, in-8°.
(Principes de chirurgie dans les temps anciens des Romains, ou septième et huitième livres de la chirurgie de Celse. trad. par J. avec préf. de G.) (i).
Comme commentaire du ch. 29 du liv. VII, voy. :
* H. J. Chr. Fr. Brandenburg. — Schaeffer, Z)e arte obstetricia, A Corn. Celsi. Goett., 1837, in-40, p. 3 i et suiv. (2).
§ 62. — C. Pline Vaîné, secundus major. Pline l Ancien.
Nous avons à mentionner ici un écrivain qui quoique non médecin a laissé dans ses écrits beaucoup de documents sur les sciences médicales et naturelles dans lesquels on trouve des
ne contient pas moins de 468 p. à 3 colonnes chacune, qui est très précieux pour les recherches. (F.-J. H.)
(i) Nous devons mentionner ici la trad. franc, parle D''A. Vedrenks avec texte latin, des notes, et XIV pi. lithographiées, représentant les instruments trouvés à Pompéi. Paris, in-8", 1876. (F.-J. H.)
(2) Cette savante dissertation d'un élève de F. G. J. de Siebold, soutenue à l'Université dt; Giktingen, est dédiée à Fr. Carl. Naegele.
Dans la première partie, qui contient de savants détails historiques sur (^ELSE et ses contemporains, nous lisons, p. 12 * « in arte obsteiricia studiosissimum ohservatorcm, excellentissimum que scriptorem recentioiis temporis Celsum, inter embryiilcos vidimus ».
Dans la seconde partie, qui commence à la paye 3 1 , est cité en entier le chapitre 29 du livre VII, sous le texte duquel se trouvent des documents aussi riches que bien choisis pour faciliter l'interprétation du texte. Ce livre fait le plus grand honneur à l'auteur, aussi bien qu'aux savants maîtres qui l'ont inspiré, (F.-J. M.)
choses importantes pour l'obstétricie et les maladies des femmes ; nous voulons parler de Caius Plinius secundus, né à Côme ou à Vérone, qui a vécu sous l'empereur Vespasien (69-79), dont il était le confident.
Les trente-sept livres d'histoire naturelle, les seuls de ses nombreux ouvrages qui soient parvenus jusqu'à nous, sont un témoignage de son infatigable ardeur; ils forment un répertoire des connaissances, sur chaque branche du savoir humain de son époque, que l'historien ne peut et ne doit pas manquer d'explorer.
Obs. — Nous renvoyons pour les recherches à l'édition si belle et si conimode : * C. Plini secundi, Historiée naturalis, libri XXXVIl ; (\\ios interpretatione etnotis illustravit, J. PIarduinus. Par., 1748, 2 v. in-fol. (ou à * Véà'monvarioi'iim soignée par Gronovius,3, v. in-8", Lugd. Bat., 1669) ; de précieux index terminent chaque vol. (F. -J. H.)
§ 63. — Rufus d'Eplièse.
Les écrits qui sont parvenus jusqu'à nous de Rufus d'Ephèsk et de Soranus, aussi d'Ephèse, montrent jusqu'où étaient arrivées les connaissances de cette époque sur l'anatomie des parties génitales de la femme. Le premier vécut probablement sous Trajan (98- 1 1 7) et l'écrit dont nous parlons porte le titre suivant : « nsp'i Osastoç xal ôvoaaaiaç xwv toSavÔpojTuou [loptwv » (du nom des parties du corps humain) (i), écrit pour lequel il avait fait usage dans les dissections des animaux et de celles d'Hérophile, qui ont été perdues pour nous. Les organes génitaux de la femme sont décrits en trois endroits : dans le premier livre (c. i3. Ed. Clinch. p. 32), où les organes externes sont assez nettement exposés. [Ibid. ,ch. 3i, p. 40), où il est question des parties internes, notam-
(i) Dans la liste des œuvres de Soranus, donnée par Ermerins nous trouvons mentionné, p. XXI, un écrit analogue : « XIII [j.ovo6iSX!.'ov Tïcpl ovo[i.acji'.ojv, quod ~£pl eTuijioXoyltov tou «vOpwTiov. (F.-J. H.)
l5o DEUXIEME ÉPOQUE
ment de la matrice, à laquelle il attribue encore deux cornes. La matrice elle-même à laquelle les anciens joignaient aussi le vagin, sans le nommer formellement, est divise'e en fond au/jivet en partie inférieure, col, Tpa-/7)Xo; ; cette dernière dénomination s'applique au vagin, dont l'ouverture externe est appelée colli ostium (T,ca-/7)Xouxoa-oiia). Cette vue sur Tensemble des organes génitaux de la femme s'est conservée très longtemps, et les figures bien postérieures s'y rapportent toujours. Un troisième passage se trouve dans le 3*^ livre à la fin « de seminariis conceptaculis et semine » (p. 64), où est décrite la situation de la matrice. Dans le 2g'^ chapitre du premier livre (p. 40), Rufus indique assez exactement les tubes que Fallopia a décrits plus tard, et qui portent son nom : « Fœminas varicosis accessoribus (seminariis vasculis) carere Herophilus plane existimat, nos vero inpecudis utero a testibus (les ovaires) enata vascula atque utrinque varicibus instar evoluta conspeximus. Hase autem in uteri cavum perforata subibant; e quibus mucosus quidam humor, si quis exprimeret, emanabat, magnaque erat spes, hos seminarios esse canales, et eorum generis, qui varicosi noncupantur : id autem ut se habeat, dissectiones seorsim declarabunt ». Dans le 37^ chapitre du premier livre (p. 45), Rukus décrit les membranes qui entourent le foetus (sans doute aussi d'après des dissections faites sur les animaux), la plus interne, l'amnios (ainsi appelée par Empédocle) renferme un liquide clair que Rufus déclare être le résultat de la sueur du foetus; la seconde membrane, plus en dehors, est appelée par lui secundae; il la décrit comme « lunica brevis et venosa » : elle renferme un liquide trouble et urineux, de celle-ci émerge le cordon avec deux veines (chez les animaux) et deux artères; on y trouve encore un cinquième canal (urinaculum), qui part du fond de la vessie. Et comme conclusion du livre, voici ce que dit Rufus : « Plurima in hominc reperla hujusmodi appellationibus insignirc opportet ». Ce qui certes n'est plus possible de nos jours; nous accueillons toutefois les paroles suivantes comme dignes d'éloges : « Quod si quid in his omissum fuerit, non ideo tamen
DEPUIS HIPPOCRATE JUSQU^U COMMENCEMENT DU IIl'^ SIECLE i3t
plurima ob pauca quaedam conniventibus oculis prasterita aspernari conveniet »,
Obs. — Nous voyons par une dissertation soutenue à Strasbourg, pendant l'année 1748, par * Ph. J .yVALTER,De partie natu- 7~alij ejus que vera causa, in-40, pendant combien de temps se sont maintenues ces idées sur l'ensemble des organes génitaux de la femme ; l'auteur s'élève, p. 6, contre la vieille doctrine, et termine ainsi : « Alterum autem, oriticium uteri externum huciisdum appellatum, potius introitus vaginaf erit nominandum ». Ritgen a appelé de nouveau cet os externum « os vaginae, denScheidenmund )) ; voy. pour les dénominations des organes génitaux chez les anciens* Fr. B. Osianders, Annalen der Entbindiings Anstalt, etc. (Annales de la Maternité de Gott.) 2, fasc. v*' i, Gott., 1801, in-8°, p. 384 et suiv.
Parmi les éditions de Rurus d'Ephèse nous citerons :
* Parisiis ap. Turnebum, i554, in-80 (texte grec seul. Cette édition, outre deux autres écrits de Rufus, contient d'après un manuscrit de Paris le traité de Soranus. De utero et muliebri pudendo).
* Londini, i726,in-4°. Ed Clinch (Edit grecque et latine, qui contient également deux autres écrits de Rufus, De vesicœ renumque morbis et de purgantibus medicamentis).
* RuFFi Ephesii, De corporis humani partium appellationibus.Junio Paiclo. Crai'^o, interprète, in « Medici antiq. grœcias Aretaeus, Palladius, Ruffus, Theophilus, a Jun Paulo Grasso latino donati. Basil., i58o, in-4°, i552. Venet. in-4° publié avec Aretee.
Aussi dans la collection de * H. Etienne : * Medicœ artis principes post HippocR. et Galen, in-f", p. 97. Cette collection est un monument d'érudition et de typographie qui fait le plus grand honneur à ces célèbres imprimeurs. (F.-J. H.)
* Universa antiquorum anatome tum ossium quara partium et externarum et internarum ex Rufio Ephesio tribus tabellis explicata per Fab. Paulinum, quibus accessit quarta ex Sorano de matrice. Venet., 1604, iw-foL, réduit en tableaux synoptiques commodes. (In bequeme ubersichts tabellen gebracht, réduit en tableaux faciles à consulter.)
Voyez encore sur Rufus d'Ephèse :
Suidas, ouv. c. Sub verbo, et Clinch Dissertatio de Rufo et Rufi scriptis, dans l'édition ci-dessus.