FORCE
Cinquenelle, elle a une boucle à chaque
mètre*.
millimètres.
Vilngr.
bout
ISO
Si
Cordage d’ancre
Amarre
t- i pour chevaux
^•gnes j ponr hommes
Commande de poutrelle, elle a une
boucle à l’un des bouts
Idem de guindage. . .
Idem de billot
Cable de sonnette
Tiraude d’idem, les brins tressés. . . .
Cordage de Palan
Les objets principaux qni font encore partie de l’équipage sont : le corps-mort , muni de cinq crochets do pontage , le chevalet à chapeau mobile , le cabestan , le vindas, le palan qui se compose dedeux mondes ayant chacun quatre poulies, la sonnette et son mouton , le cric , la forge outillée , les coi 1res d’outils d’ouvriers en bois.
Chargement et déchargement de l'équipage de pont de bateaux de campagne.
Le baquet chargé porte : ( fig. 1 bis. )
1° Entre les brancards sept poutrelles 1*, maintenues par
ESSAI D’UNE INSTRUCTION
des arrêtoirs fixés à la traverse du bout de devant des brancards et qui entrent dans des trous pratiqués à cet effet dans les poutrelles.
2* Le bateau (ou la nacelle) posé sur son fond, l’arrière bec tourné vers l’avant-train. On met dans le bateau une ancre et les agrès de navigation savoir : 6 rames, 2 écopes , des tolets.
3° Une pelle et une pioche; l’une estaccrochéeaux armons, l’autre au brancard du côté droit.
Un chariot de parc transporte 36 madriers, nombre nécessaire pour couvrir deux travées.
On charge les cordages à part sur des chariots de parc; on les couvre de prélats (toiles peintes ou goudronnées) pour les abriter.
Cette manière de transporter les cordages présente des inconvéniens; un accident, un oubli, peuvent priver l’équipage d’un de ses agrès le plus essentiel et compromettre une expédition.
Les autres agrès et engins de l’équipage se chargent sur des chariots de parc.
Il faut pour décharger un bateau de dessus son baquet et le lancer à l’eau un détachement composé d un sous-officier et vingthommes;onemploiepour cette manœuvre une poutrelle, un chantier , quatre cales, deux amarres.
Lorsque la rive est escarpée, on fait une rampe de 6 a 7 pas de largeur qu’on couvre , si le terrain est peu ferme , de deux files de madriers éloignées d’un mètre 1 une de 1 autre. On amène le baquet dans la direction de la rampe, le timon tourné vers la rivière, on cale les roues de derrière, on couche le chantier à terre sous le corps d’essieu de 1 avant-train ; on détache les commandes passées dans les anneaux a piton du bateau et dans les trous des rauchels, on décroche la
chaîne d’embrelage, on ôte l’avant- train , et on lance le bateau à l’eau. Pourôterl’avant-train onappliquela poutrelle par son milieu contre le bout de devant des brancards , les hommes se repartissent également des deux côtés de la poutrelle -, on soulève le baquet et dès que la cheville ouvrière est dégagée , on enlève l’avant-train et on fait poser le lisoirsur le chantier. Les hommes se placent de chaque côté du bateau et agissent sur les plats bords pour le lancer à l’eau , on remet l’avant-train et l’on conduit le haquet près du dépôt des poutrelles pour achever le déchargement. Avant de lancer le bateau on fixe une amarre à chaque poupée de l’avant-bec, pour retenir le bateau quand il entre dans la rivière.
Le chargement du haquet s’effectue d’une manière analogue, après avoir tiré le bateau hors de la rivière. Pour sortir le bateau de l’eau , on l’amène au pied de la rampe en faisant avancer l’avant-bec sur les files de madriers , on fixe une amarre à chaque poupée de l’avant-bec et l’on jette à terre le bout libre de ces cordages, les hommes s’y portent et tirent le bateau hors de l’eau. Pendant cette opération , on fait charger les sept poutrelles entre les brancards du haquet et l’on conduit celte voiture dans la direction de l’axe du bateau, le timon tourné vers l’avant-bec. On ôte l’avanttrain ; on pose une galle en rouleau en travers sur les brancards, derrière et contre les ranchets de devant ; les hommes se portent en nombre égal de chaque côté des bordages du bateau et le font monter sur le haquet jusqu’à ce que les pitons à anneaux de brelage de l’avant et de l’arrière soient respectivement à égale distance des ranchets de devant et de derrière du haquet. On remet l’avant-train, on dégage avec des leviers la gaffe de dessous le bateau , on brèle le bateau
ESSAI d’une INSTRUCTION.
sur le haquet, on décale les roues et l’on fait éloigner le liaquct pour pouvoir en charger un autre.
Oh ôte les amarres des poupées aussitôt que le bateau est hors de l’eau.
Construction par bateaux successifs d’un pont de bateaux d’équipage de campagne.
L’officier chargé de faire construire un pont par bateaux successifs , après avoir reconnu l’emplacement A ( ftg ■ 3) de la culée du pont, fera ranger le long de la rive, si aucun obstacle ne s'y oppose , les matériaux nécessaires à la construction du pont dans l’ordre suivant:
Les bateaux B en aval de la culée sur deux ou trois de hauteur et amarrés à la rive. 11 est reçu en principe que tout bateau amarré à une rive a l’avanl-bec tourné en amont.
Les nacelles N, pour mouiller les ancres d’amont, à cent pas en amont de la culée; les nacelles N’ , pour mouiller les ancres d’aval, en aval entre la culée et les bateaux.
Les madriers empilés à droite, les poutrelles empilées à gauche de l’entrée du pont.
Les ancres de préférence en amont , le dépôt des menus objets rangés par espèces en amont ou en aval sur un terrain sec; s’il se trouve près de la culée un hangard ou une maison on fera bien d’en profiter pour emmagasiner les cordages et les menus objets.
Il y a dans la construction d'un pont par bateaux successifs sept opérationsdistinctes : 1° Préparer l'entrée et la sortie du pont et construire les culées; 2* Mouiller les ancres; 3° Amener les bateaux; A° Apporter les poutrelles et pousser les bateaux au large; 5* Amarrer les cordages d’ancres et les traversières
aux poupées , placer et breler les poutrelles sur les plats bords des bateaux; 6° Apporter les madriers et couvrir le pont; 7° Guinder le poul.
Examinons chacune de scs opérations en particulier.
1° Préparer rentrée et la sortie du pont , construire les culées . On faità l’entrée et à la sortie du pont tous les mou* vemens de terre qu’exigent les localités pour rendre les abord: du pont d’un accès facile aux troupes et aux voitures.
Les culées se construisent comme on l’a indiqué dans le chapitre précédent ; le corps-mort se place perpendiculairement à la direction fixée pour le pont. Cette dircriion sera toujours autant que possible perpendiculaire à celle du courant. On donne au corps-mort une élévation telle que les premières poutrelles ou poutrelles de culée , en posant sur le corps-mort et les plats bords du premier bateau, soicut dans un plan à peu près horizontal. Si par le placement du corps-mort, les poutrelles avaient une forte inclinaison , le bateau de culée serait forcéde prendre d’unbord à l’autre cette même inclinaison et il coulerait immanquablement sous le poids d'une forte charge.
Si les eaux sont basses ou que l’on ne puisse assez entailler les rives pour placer le corps-mort comme on vient de le prescrire , on met dans plusieurs bateaux voisins de la rive des chevalets à chapeaux mobile; les poutrelles se posent alors sur les chapeaux de ces chevalets et par la facilité que présente ce chevalet d’élever ou d’abaisser son chapeau, suivant l'élévation des eaux , ou donne au tablier du pont la pente la plus favorable pour le passage.
Les rivières , surtout celles dont le lit descend en pente douce, n’ont pas toujours près des rives assez de profondeur d’eau pour qu’on puisse ponter un bateau immédiatement après la culée: ou est obligé alors de se servir d'autres corps
157 ESSAI d’une instruction
de support jusqu’à ce que l’on atteigne une profondeur d’eau suffisante pour que les bateaux ne puissent plus, sous la pression des charges qui passent sur le pont , toucher le fond de la rivière. On agira de même toutes les fois que l'on rencontrera des bas-fonds dans la direction donnée au pont.
Pendant qu'on asseoit etqu’on fixele corps-mort, on plante sur la rive des piquets pour l’amarrage des deux cordages d’ancres et des deux traversières du premier bateau. Les piquets a pour l’amarrage des cordages d’ancre sont plantés l’un à trente pas environ eu aval, l’autre à trente pas environ en amont du corps mort ; les piquets b pour l’amarrage des traversières sont l’un à trois pas et demi en amont, et l’autre àdeuxpasetdemienaval du corps-mort, ils correspondent aux poupées de l’avant et de l’arrière du premier bateau.
Lorsque la première culée est terminée , on embarque dans une nacelle tous les objets nécessaires à la seconde culée que l’on va établir sur la rive opposée de la même manière que la première.
2° Mouiller les ancres. L’opération de mouiller les ancres sur les rivières rapides est considérée comme l’une des plus importantes et des plus difficiles de la construction des ponts, puisque c’estau moyen des ancresquel’on parvientà placer les bateaux et à donner au pont une force suffisante pour résister à l’action du courant. Un pont dont les ancres auront été mal jetées , n’offrira aucune garantie de solidité et ce sera à l’instant où le pont est couvert de troupes que les ancres viendront à déraper, ouque les cordages qui auront une fausse direction pourront se rompre.
En effet c’est dans ce moment que les bateaux s’enfoncent davantage, qu’ils présententle plus de prise au courant, quele plus grand effort est exercé sur les cordages et que les ancres doivent par conséquent opposer le plus de résistance 5 or si
celle résistance, par suite d’un mauvais système d’ancrage, ne peut vaincre les forces qui la sollicitent, le pont sera infailliblement rompu et entraîné par le courant.
Une ancre ne sera bien mouillée qu’autant : I* que l’une des pattes morde dans le fond de la rivière; 2° que le cordage tire suivant une direction qui approche le plus possible de l’horizontale; 3' que la ligne de tir du cordage soit bien exactement dans la direction du courant.
La théorie démontre que lorsqu’on mouille une ancre , la partie la plus pesante, c’est-à-dire la croisée, doit arriver la première au fond de la rivière et que si l’ancre n’avait point du jas elle se coucherait sur sa verge sans qu’aucune des deux pattes puisse mordre dans le terrain ; mais l’un des bouts du jas se pose sur le fond presqu’en même temps que la croisée, si alors la traction du cordage d’ancre ne s’exerçaitque suivant une ligne qui serait le prolongement de la verge, l’ancre resterait encore dans la même position et ne ferait que glisser sur le sol ; or il n’en est point ainsi , car dès] que l’on développe le cordage en s’éloignant de l’ancre, il forme chaînette , l’effet de cette courbe est de solliciter l’organeau de haut en bas, cette traction force le jas à tomber à plat et oblige une des pattes à mordre dans le terrain.
Les expériences suivantes faites en 1824 ont confirmé cette théorie.
On plaça une ancre de 60 k. sur un banc de gravier qui se trouvait à 5 mètres au dessous du tablier du pont de pilotis qui existait sur le Rhin devant Kelh ; on fixa sur le tablier du pont un vindas] pour tirer sur le cordage d’ancre après avoir éloigné l’ancre jusqu’à 60 m. du pont et l’avoir couché sur sa croisée, on manœuvra au vindas ; dès que le cordage éprouva la plus légère tension contre l’organeau , il força l’ancre à se retourner, nne des pattes entra dans le gravier et s’y enfonça
158 ESSAI d’une instruction
ainsi que le bras jusqu’à la verge. En continuant à*tirer"sür lecordage, l’ancre chassa, en traçant un sillon dans le gravier, et ce ne fut qu’à six mètres du pont que la patte sortit du terrain et que l’ancre se coucha sur sa croisée. On répéta cette expérience en plaçant l’ancre à de moindres distances et en la posant sur le gravier dans toutes les positions imaginables, toujours on obtint le même résultat jusqu’à dix mètres du pont. L’ancre posée à cette dernière distance chassait sur le gravier sans se retourner.
On a conclu de ces expériences que quelque soit la position dans laquelle une ancre arrive au fond de la rivière, elle se placera forcément sur l’une de ses pâtes et entrera dans le sol , si l’on ne commence à tirer sur le cordage d’ancre de dedans la nacelle qui l’a mouillée, que lorsque celle-ci est éloignée de l’ancre d’une distance horizontale, au moins deux fois plus grande que la profondeur de la rivière.
La pression du cordage d’ancre, sur l’avant du bateau, fait plonger cette partie plus que l’arrière, et tend à faire submerger le bateau , ce qui tourmente le pont et nuit à sa solidité. C’est pour atténuer cet effet, que l’on exige que le cordage d’ancre lire suivant une direction qui approche le plus de l’horizontale ; il résulte encore de cette disposition que la direction du cordage se rapprochera davantage du parallélisme des forces qui tendent à entraîner le bateau. Pour obtenir ces résultats , il faut que le cordage ne fasse , avec le fond de la rivière , ou avec la surface de l’eau , qu’un trèspetit angle; l’ouverture de cet angle dépend évidemment de la longueur du cordage d’ancre. On a reconnu qu’un cordage qui a pour longueur dix fois la profondeur de la rivière, satisfait à toutes ces conditions, puisqu’il forme alors, avec la surface de l’eau, un angle de 5° 45’, et qu’il parvient au bateau sous un angle de 84 15’.
Si l’on suppose toutes les aucres jetées suivant ce principe, c’est-à-dire en donnant à chaque cordage d’ancre dix fois la profondeur de la rivière à l’endroit où l’ancre est mouillé, la ligne qui passera par leur croisée ne sera pas perpendiculaire au cours de la rivière , mais formera une courbe qui représentera le profil exact du lit de la rivière.
L'on prescrit encore que la ligne de tiragedu cordage d’ancre soit exactement dans la direction du courant : cette condition est essentielle à observer; car tout cordage qui formera un angle avec le courant tendra à déplacer le bateau ; le courant, en battant le cordage, le fera sans cesse osciller, ce qui augmentera sa tension, et par conséquent sa traction, sur l’ancre et sur l’avant du bateau. D’un autre côté, le frottement continu du cordage sur l’avant-bec du bateau l’usera promptement , et forcera à remplacer fréquemment les cordages d’ancre qui auraient une direction obligée par rapport au courant.
Ainsi, dans le mouillage des ancres, on s’écartera le moins possible des conditions que l’on vient de poser pour obtenir un bon ancrage.
On assure et on maintient la direction d’un pont flottant par des ancres mouillées en amont et en aval.
Les ancres d’amont empêchent que le courant n’entraîne les bateaux. Si le courant est rapide, chaque bateau est retenu par un cordage d’ancre ; sur un courant médiocre , on ne met d’ancres que de deux en deux ou de trois en trois bateaux .
Les ancres d’aval (que les Allemands nomment windanker) empêchent qu’un fort vent d’aval 11e fasse remonter le pont contre le courant. On ne mouille d’ancre en aval que de trois en trois ou de quatre en quatre bateaux, et l’on n’amarre leurs cordages qu’aux bateaux déjà retenus par des cordages d’ancre d’amont.
essai d’üne instruction
On choisit toujours les meilleurs bateliers dont on puisse disposer pour mouiller les ancres.
Un pilote et quatre rameurs s’embarquent dans chaque nacelle destinée à jeter les ancres; les nacelles, outre les agrès de na\ igation sont munies d’une ligne.
Pour mouiller une ancre d'amont, on roule le cordage dans le milieu de la nacelle N , on place l’ancre sur le nez de l’avant et on l’amarre au bout du cordage qui se trouve en dessus. On pousse la nacelle au large, on la conduit à la rame vers l’endroit où l’ancre doit être jetée, et au signal de l’officier chargé du mouillage des ancres on jette l’ancre à l’eau; on laisse ensuite descendre la nacelle sur le cordage d’ancre pour venir aborder au bateau amené près du dernier ponté ; on y jette ce qui reste du cordage, puis on remonte la nacelle pour regagner la rive et prendre une autre ancre.
Mais si le courant est rapide, il est dangereux et souvent impossible de remonter la nacelle immédiatement en amont du pont, on amarre alors avant d’abandonner le cordage d’ancre une ligne à la nacelle ; deux des rameurs montent sur la partie déjà assemblée du pont , ils laissent descendre au moyen de la ligne la nacelle en aval du pont, la conduisent ainsi près de la culée et la remontent jusqu’au dépôt des ancres en la faisant passer sous une des travées voisines de la rive.
La nacelle N’, pour les ancres d’aval, est chargée de trois ancres et de leurs cordages; le premier est roulé vers l’arrière-bec, le bout de dessous étendu contre l’un des bordages, l’ancre est posé à plat sur son cordage. Le second cordage est roulé en avant du premier, le bout inférieur le long de l’autre bordage, la seconde ancre posée à plat par dessus. La troisième ancre est posée sur le nez de l'avant de la nacelle, prête à être mouillée et amarrée à soncordage qu’on
soit LE PASSAGE DES RIVIÈRES. 46{
foule en avant de la croisée de la seconde ancre, le bout libre en dessus.
Ces dispositions prises, on amarre une ligne à l’avant de la nacelle qu’on conduit derrière et contre le bateau à ancrer. On amarre le bout libre du cordage de la troisième ancre à la poupée de ce bateau. On laisse descendre la nacelle sur le cordage d’ancre et sur la ligne qu’on tient de dessus le pont ; lorsqu’il n’y a plus que deux ou trois tours de cordage dans la nacelle, on jette l’ancre à l’eau. On remonte la nacelle au moyen de la ligne, derrière et contre le nouveau bateau à ancrer; on dispose la seconde ancre comme la troisième, sur le nez de l’avant, en l’amarrant au bout du cordage qui est étendu le loDg du plat bord. Lorsque les trois ancres que la nacelle contenait sont mouillées, on la ramène à la rive pour reprendre, s’il est nécessaire, trois autres ancres et leurs cordages.
3° Amener les bateaux ; chaque bateau est muni d’un paquet de dix commandes de poutrelles et de deux amarres fixées aux poupées inférieures; le dernier bateau a une amarre à chaque poupée et un paquet de quinze commandes , dont cinq servent à breler les poutrelles sur le corps mort de la seconde culée. Quatre hommes amènent un bateaq, deux tirent de dessus la rive sur une ligne amarrée à la poupée intérieure de l’avant-bec; les deux autres s’embarquent dans le bateau et le dirigeut. Le premier bateau est amené contre la rive et à hauteur du corps-mort , les autres bateaux sont amenés successivement contre le dernier bateau ponté, bord à bord et à sa hauteur.
On range les bateaux destinés au pont en aval et non en amont de la culée , pour éviter qu’en les conduisant en place ils ne soient entraînés par le courant et jetés sur le pont. Cet Accident qui aurait des suites peu graves sur un faible TOME I. (2e LIV.) ’• il
ESSAI d’une instruction
courant, serait très-fréquent et très-dangereux sur une rivière rapide.
4o Apporter les poutrelles et pousser les bateaux au large. Les cinq poutrelles de la travée, disposées comme on le voit en c ( fig. 3 ), sont apportées à l’épaule par dix hommes; chaque poutrelle est portée par deux hommes. Arrivés près du corps mort, ou, s’il y a des bateaux qui soient déjà pontés, sur le dernier madrier posé, les hommes saisissent les poutrelles à bras et les font avancer sur les plats-bords du bateau à ponter; au commandement qui leur est fait, ils poussent au moyen de leurs poutrelles le bateau au large, puis les abandonnent aux hommes chargés de les placer et de les bréler.
Pour passer les poutrelles de la dernière travée sur le corps-mort, on amène la nacelle qui a servi à passer la seconde culée contre le côté extérieur du dernier bateau, et l’on pousse cette nacelle chargée de cinq poutrelles jusque contre la seconde rive.
5o Amarrer les cordages d'ancres et les traversières aux poupées ; placer et br 'eler les poutrelles sur les platsbords des bateaux. Lorsque le premier bateau est arrivé à hauteur du corps , on jette à terre le bout libre des amarres fixées aux poupées intérieures, deux hommes s’en emparent, tendent ces cordages et en embrassent d’un tour les piquets d’amarrage A; ces amarres prennent alors le nom de traversières. Les hommes chargés des cordages d’ancres, entrent dans le bateau, tendent ces cordages, et en embrassent les poupées intérieures par un seul tour.
Pendant qu’on pousse le bateau au large, on laisse filer doucement sur ces cordages, et lorsque le bateau est convenablement placé on achève d’amarrer; les traversières aux piquets b et les cordages d’ancres aux poupées.
Les traversières empêchent que le bateau ne soit poussé trop au large , les cordages d’ancres le main lienneutà sa hauteur.
Les hommes chargés des iraversières et des cordages d’antre agiront de la même manière de bateau en bateau. Les traversières de la seconde travée s’amarrent aux poupées intérieures du premier bateau et ainsi de suite.
Tout bateau qu’on pousse au large est muni d’un cordage d’ancre d’amont et. s’il ne doit y avoir qu’un cordage de deux en deux ou de trois en trois bateaux , le même cordage sert au placement de plusieurs bateaux.
Pour placer et breler les poutrelles sur les bateaux de l’équipage de campagne, on emploie dix hommes; cinq entrent dans le premier bateau et se placent à hauteur des crochets de pontage; ils reçoivent le bout de devant des poutrelles des hommes qui les apportent, les posent et les maintiennent sur les plats bords pendant qu’on pousse le bateau au large ; ils attendent qu’on mette le second bateau au large, pour recevoir le bout de derrière des poutrelles de la seconde travée; ils réunissent alors par couple les potltrelles qui se croisent sur le premier bateau et les brèlent avec des commandes passées par leur boucle dans les crochets de pontage.
Aussitôt que les poutrelles sont brèlées, ces cinqhomthes passent dans le troisième bateau, et successivement dans tous les bateaux impairs, pour y opérer comme dans le premier.
Les cinq hommes restés à terre reçoivent le bout de derrière des poutrelles de culée, les placent au dessus des crochets du corps-mort en appuyant leur extrémité contre le madrier posé de champ et les brèlent sur le corps-mort. Lorsqu’ils ont terminé ils passent dans le second bateau et successivement dans tous les bateaux pairs.
11 faut 1 0 que les poutrelles dépassent de O10 1 5 les plats bords de chaque côté des bateaux; 2° que la ligne de jonction des poutrelles accouplées se trouve au-dessus des crochets de pontage- Si les poutrelles de la première travée ont
ESSAI D’UNE INSTRUCTION
été placées en amont des crochets de pontage du premier bateau, les poutrelles de la seconde travée seront en aval des crochets dp premier et du second bateau; les poutrelles de la troisième travée en amont des crochets du second et du troisième bateau et ainsi de suite. Ce serait l’inverse si les poutrelles de la première travée étaient en aval des crochets du premier bateau.
Le brèlage des poutrelles sur les bateaux (fig. 4) s’exécute en embrassant les poutrelles accouplées et le crochet de deux tours de commandes, puis l’on entoure avec le bout libre deux fois tous les brins au-dessus du crochet etl’on termine par un nœud simple gausé.
6° Apporter les madriers et couvrir le pont. On a expliqué cefte opération et la suivante dans le chapitre précédent. On ne couvre par travée que jusqu’à 0,32 du plat bord intérieur du dernier bateau poussé au large.
7* Guinder le pont. Lorsque les guindages son; assujétis des hommes armés de masse égalisent, c’est-à-dire alignent les madriers de chaque côté du pont.
Observations. Si les bateaux ont été placés dans la direction du courant et parallèlement à eux-mèmes , si le brelage des poutrelles sur les bateaux ne laisse rien à désirer , si les ancres ont été bien mouillées et en nombre suffisant relativement à la force du courant, Je pont devra se trouver tendu en ligne droite et il aura , au pjlus haut point, le degré de solidité nécessaire pour résister à l’action du courant sous les plus fortes charges qu’il paisse supporter.
L intervalle entre les bateaux de milieu à milieu sera de 6 mètres, et la distance d’un bateau à l’autre de 4m,30 ; c’est la portée des poutrelles. Les cinq poutrelles de la travée sont éloignées 1 une de l’autre de O1”, 875 de milieu à milieu, en sorte que la voie du pont ou la distance entre les poutrelles de guindage (elles correspondent aux poutrelles externes du
Diaife
tablier) est de 3m,26, les poutrelles dépassent les plats-bords des bateaux de 0,15.
Le tableau suivant permettra de calculer tous les matériaux nécessaires pour la construction d’un pbnt par bateaux successifs avec l’équipage de poht de campagne. On désigne par L la largeur de la rivière ekprimée en mètres, ou la longueur dupont comprise entre les deux madriers de champ des culées, et par B le nombre des bateaux du pont.
Objets composant lift pont jeté par bateaux successifs.
DÉSIGNATION des objets.
QUANTITÉ
EMPLACEMENT DBS OBJETS avant la manœuvre.
Bateaux (1) ayant chacun deux amarres. .
B ou L— 4“> 60
3 L-j-3 ou 18 B-+-15.8
Yb
Amarrés à la rive. Oh aval de l’emplacement de la première culée, et munis de leurs agrès de navigation.
Empilées à gauche de la première culée; dans ce nombre il y a 14 poutrelles de culée.
Empilés i droite de la première culée.
Cordages d’ancres. . .
Commandes de poutrelles
Idem de guindages. . .
Idem de Billots
Rassemblés par espèces et formant un dépôt de menus objets peu éloignés de l'emplacement de la première culée.
Corps morts
Piquets de corps mort.
Idem d’amarrage. .
(1) S'il est nécessaire d’avoir des bateaux, poutrelles, etc-, de rechange B sera plus grand que L— 4m 60
(3) On suppose qu'il y a une ancre pour deux bateaux en amont, et une pour quatre bateaux en aval; c’est le cas le plus ordinaire.
ESSAI d’une INSTRUCTION
Objets servant à la construction du pont.