‹ Essai d'une instruction sur le passage des rivières et la construction des ponts militaires à l'usage des troupes de toutes armesChapitre 2 sur 48 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

NOTIONS GÉNÉRALES SUR LA FORMATION F.T LE COURS DES FLEUVES ET RIVlfeRBS.

Les eaux versées sur la terre par l’atmosphère, sous quelque forme que ce soit, donnent naissance aux fleuves et rivières et les alimentent. Une partie des eaux qui tombent sur la terre , coule sur la surface et se rend directement dans les rivières. L’autre partie , filtrant à travers les terrains perméables , descend dans l’intérieur de la terre jusqu’à ce qu’elle rencontre une couche imperméable. Elle en suit alors les sinuosités qui la ramènent à la surface du globe , soit pour jaillir sous forme de sources , soit pour alimenter les rivières. Quelquefois les couches qui retiennent les eaux ont une surface concave et forment de grands rétome 1. (i”liv.) i

ESSAI U IKK INSTRUCTION

scrvoirs dans lesquels les eaux se rassemblent. Elles y composent de grands lacs souterrains , d’où elles ne peuvent s’échapper que par de petites ouvertures inférieures, ou bien en s’élevant jusqu’à ce qu’elles trouvent une issue. Les sources de celte nature sont presque intarissables , et souvent assez abondantes pour rendre les rivières navigables dès leur origine. Ce grand mouvement des eaux souterraines peut se démontrer : parles variations de niveau que l’on observe dans les puits creusés pour les besoins domestiques , par l’élancement des eaux dans les puits artésiens ou forés, et par les eaux que l’on rencontre dans beaucoup do localités dès que l’on creuse à quelques pieds sous terre. Quelques rivières se forment encore par l’écoulement des eaux qui sortent de glaciers.

Tel est le mécanisme dont la nature se sert pour la formation et l’entretien des rivières.

On a donné le nom de fleuves aux grands cours d’eaux qui se jettent dans la mer. Les cours d'eau* qui »e rendent dans les fleuves , et ceux de peu d’importance qui se jettent dans la mer , prennent le nom do rivières.

Les cours d’eaux qui se forment, presque spontanément, à la suite de grandes pluies ou de violens orages , dans les pays de montagnes, se nomment toi'rcns.

Les cours d’eaux creusés à bras d'hommes, soit pour servir à l’irrigation des champs , soit pour faciliter la navigation , ont reçu le nom de canaux.

Ces différons cours d’eaux , sillonnant la terré dans tous les sens , sont autant d’obstacles opposés à la marche des armées et que celles-ci doivent vaincre ; mais avant de pré senter les moyens à employer pour y réussir , il parait indispensable de jeter uncoup-d’œil sur le régime des eaux, d’étudier leur action , de suivre leurs cours . afin d'acquérir

SLU LE P A SS VG K DES niMÈBES.

une connaissance aussi parfaite que possible d’un élément sur lequel on est appelé à agir et qu’on doit en quelque façon dompter pour le franchir.

Les fleuves etrivièresprenncntgénéralementleurs sources dans les pays de montagnes; quelque-uns naissent cependant au milieu de plaines marécageuses, comme le Dnieper, la Dvina , le Niémen ,elç.

L’écoulement des eaux est dû à la pente du terrain, et leur vitesse est d’autant plus grande que la pente sera plus rapide. Les rivières coulent en général sur une suite de plans inclinés dont l’angle d’inclinaison varie et va presque toujours en décroissant; cet angle, à l’embouchure des fleuves dans la mer, est presque nul, et souvent en cet endroit le mouvement des eaux n’est plus dû à la pente mais bien a la vitesse acquise par la masse des eaux.

Plusieurs fleuves coulent en effet sur une pente presque insensible ; l’Amazone n’a sur 200 lieues marines que 10 p. 6 pouces (5"‘. 4») de pente , ce qui fait 1/27 de pouce sur 1000 pieds, La Seine entre Valvins et Sèvres, a sur j 100 toises,

1 pied (o. 32 ) de pente; laLoire'a, entre Pouilly etBriare,

1 pied ( o. 62) sur i25o, et entre Briare et Orléans 1 pied sur 2266.

Si les eaux en s’écoulant ne rencontraient point d’obsiacles , le cours des rivières serait une ligne droite tirée du point le plus élevé au point le plus bas , et en vertu des lois de la gravité , la vitesse des eaux irait sans cesse en s’accélérant; mais il n’en est point ainsi dans la nature. Les nombreuses variations dans l’élévation du sol , jointes à l’inégale résistance quele terrain oppose à l’action corrosive de l’eau, font sans cesse dévier les eaux de leur direction primitive et produisent les sinuosités des rivières. D‘un autre côté, l’accélération de la vitesse se trouve retardée

ESSAI D l'Kli INSTKfCTIOK

par le frottement des eaux contre le lit , et par l’adhérence de leurs molécules visqueuses contre les parois. L’on a observé que cette résistance augmente avec la vitesse et qu’elle croit à peu près proportionnellement au carré de celte vitesse.

Les eaux, en obéissant à la loi de la gravité , en suivant la pente du terrain, en contournantles obstacles qu’elles n’avaient pu v aincre et en entraînant avec elles tout ce qui n’a pu résister à leur impulsion, se sont réunies dans les parties les plus basses des vallées et ont formé et creusé le lit des rivières.

Des observations réitérées, d’accord avec la théorie , ont démontré que la densité des matières que les eaux étaient susceptibles d’entraîner augmentait avec la vitesse. En effet dans la partie supérieure du cours des rivières , où la pente et par conséquent la vitesse est la plus grande, on remarque que le lit des rivières est embarrassé de grosses pierres, de formes irrégulières ; tandis que l’on ne découvre plus, aux points où cette vitesse vient à décroître, que des pierres rondes de plus en plus petites, du gravier demoins en moins gros , et lorsqu’enfin on parvient à l’embouchure l’on ne trouve que du sable et de la terre. Toutes ces matières , mues dans le lit des rivières par la vitesse des eaux, sont charriées plus ou moins loin selon leur grosseur, elle courant les abandonne lorsque sa force décroissante n’est plus capable de les entraîner. Aussi les observations ont fait connaître que souvent le lit des rivières s’exhause dans les plaines , tandis qu’il se creuse dans les montagnes.

Presque tous les bancs de sable et les lies que l’on rencontre dans les rivières , sont formés par les matières que les eaux entraînent avec elles et qu’elles déposent en perdais t de leur vitesse.

BITB LE PASSAGE DES IWVlliltES.

Ou peut donc préjuger de la vitesse , aux diflférens points du cours des rivières, par l’inspection des matières qui tapissent le fond du lit.

Le lit, une fois formé , éprouverait peu de variations si les eaux s'écoulaient toujours d’une manière uniforme et constante; mais les crues, auxquelles les rivières sont sujettes, en augmentant la masse des eaux, accroissent la vitesse du courant et occasionent de grands cliangeinens dans leur lit. Souvent il arrive , après une crue , que les eaux se sont creusées un nouveau lit; que des bancs de sable et de gravier se sont formés à des endroits où il n’y en avait point auparavant, tandis que d’autres ont totalement disparu et que l’on voit des presqu’îles entièrement séparées de la terre ferme et changées en lies.

En général les crues élargissent plus le lit des rivières qu’elles ne le creusent.

Les rivières qui prennent leur source et qui coulent dans un pays peu élevé , n’ont de crues extraordinaires que dans les temps de grandes pluies ; celles qui jaillissent des hautes montagnes sont en outre sujettes à des crues périodiques , qui arrivent ordinairement en mars et en avril lors de la première fonte des neiges , et en juillet et août quand le reste des neiges se fond parles grandes chaleurs.

Les pluies sous les tropiques , pendant la saison de l’hivernage , produisent dans les rivières de cette lûne des aébordemens périodiques semblables à ceux du Nil et du Gange.

Lorsque les sources sont dans un pays de montagnes non boisées , les crues se font sentir plus subitement que lorsque le pays est boisé, mais elles durent moins longtemps.

La débâcle des glaces d’une rivière, qu’un froid rigou-*

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ESSAI I- IRE IXSTÎUCTIOX

reux a fait geler , amène souvent des crues qui causent degrandes perturbations dans le litdes rivières.

Les crues s’annoncent quelquefois par un changement de couleur de l’eau causé par l’adjouclion des eaux pluviales, qui , en s’écoulant superficiellement sur les terres, se sont chargées de matières étrangères qui colorent l’eau.

Les bateliers i’econnaissenl aussi pour signe certain d’une crue prochaine , un accroissement de \ itesse qui trouble l’eau au fond de la rivière. Ils diseht alors que la rivière moure du fond.

Si au moment d’une crue il s’élève un fort vent d’aval , il retardera la vitesse du courant , refoulera les eaux sur ellesmêmes et produira des débordemens plus considérables ; * tandis que si le vent sou fie dans la direction du courant il facilitera l'écoulement des eaux.

L’on reconnaît qu’uue rivière est sujette à des débordemens, lorsque les rives sont plates, sablonneuses ou marécageuses, et qu’elles restent incultes dans une très grande étendue. Les digues , élevées le long des rives , indiquent aussi une rivière sujette à de grandes crues dont on a cherché à atténuer les elTets.

L’expérience a appris que tous les filets d’eau qui passent, au même instant , dans le plan vertical d’une section perpendiculaire au cours de la rivière, ne se meuvent pas avec la même vitesse ; que la vitesse au fond est moindre qu’au milieu; que celle-ci estpluspetite qu’à la surface; que même tous les filets de la surface , ou de toute autre section horizontale, ne sont pas animés de la même vitesse, et qu’enfin , par suite delà résistance de l’air, la plus grande vitesse se trouve un peu au-dessous de la surface.

La vitesse de courant , n’étant pas la même dans toute la largeur d’une rivière, il importe dans bien des circonstances

stn f.n passage nfcS fuVikars. 7

de savoir où se trouve Ici plus l'dft coiffant. Il suit presque toujours la partie là pïüS profonde du lit de la rivière, (l’est de là qu’on lui a donné le nom tle thalweg , mot qui dans la langue allemande signifie chemin de la wt /AM.

On a Obsèrvé que la surface dés eaux d’une rive à l’autre, dans le sens de la largeur, ne forme pas toujours un plan horizontal; mais qu’elle présente» une certaine convexité dont le point le plus élevé correspond éu plus fort Courant. (Jette Cdurbure est d’autant plus grande qu’il y a pluS de différence entre la vitesse au thalweg, et celle des points les plus éloignés. C’est surtout lors des Ctuès, et dans les parties droites du cours des rivières, que la différence est le plus sensible. Bossut afiirtnc que la flèche de la courbure peut aller dans Certaines circonstances jusqu’à 1 mètre.

Lorsque le courant se porte sur une rive plutôt que vers l’autre, la rive que suit le thalweg est ordinairement raide est esenfpéé , tandis que l’autre est soifvent basse , marécageuse , et présente des bas-forids. Cette différence provient dé Ce qtfe là vitesse du courant au thalweg est assez puissante pour corroder la rive elle fond, auTieti que, perdant de sa force vers la rive opposée, les eaux V déposent les matières qu’elles tenaient en suspension. Le même éffet se remarque encore aux sinuosités des rivières; la rive concave sur laquelle se jette le courant est escarpée , c’est près d’elle que la rivière a le plus de profondeur , tandis que la rive saillante est plate et s’abaisse en pente douce.

La direction du courant , surtout dans les parties les plus élevées du cours des rivières, change fréquemment etprincipalertrent après les crues. C’est celte variation qui rend la navigation dans la partie Snpéi'iertée dés rivières si difficile , et qui exige qn’dprès chaque èrdè , on balisé de nouveau le chemin navigable.

Dans les temps calmes on distingue facilement à l’œil le plus fort courant et l’on peut en suivre la direction.

Lorsque les vents agitent la surface des eaux , les plus fortes vagues indiqaent les endroits les plus profonds. Si l’eau est claire , sa couleur est plus foncée aux endroits profonds.;

Les bas-fonds se reconnaissent aisément ; l’eau y est ordinairement sans courant et moutone faiblement.

L’on peut aussi juger de la direction du thalweg par la forme des rives. Des rives symétriques et droites dénotent que le courant passe au milieu de la largeur de la rivière; tandis que dans une rivière sinueuse il suit le rentrant des sinuosités. Si une rive est escarpée et l’autre plate , on peut être certain que le plus fort courant passe plus près de la rive escarpée que de l’autre , et que le plus souvent il rase l’escarpement. Enfin l’on a remarqué que les rivières les plus droites étaient celles qui avaient le plus de vitesse ; de ce nombre est le Rhône en France.

L’on indiquera plus tard les procédés pour mesurer la vitesse à la surface, la seule qu’on ait besoin de connaître pour les opérations militaires.

Comme il convient de s’entendre sur les expressions de pc i de courant , courant ordinaire, courant rapide , courant impétueux , etc. , dont on se sert en parlant de la vitesse des eaux des rivières, l’on est porté à croire que :

Peu de courant indique une vitesse de om 5o par seconde.

Courant ordinaire. om 80 à im oo.

Courant rapide. im 5o à 2" 00.

Courant tres-rapide. 2"" 00 à 5m 00.

Courant impétueux auquel rien ne résiste. 5“ et au delà.

Sut un pareil courant la navigation est presque impossible.

SUR LE PASSAGE DES RlVlkRES.

La vitesse du Rhône à Seyssel est de 2“ par seconde ; Ja vitesse moyenne du Danube de 1“ ôo ; la vitesse de l'Elbe à Jaromitz en Bohême de 2m et à Boitzembourg dans le Mecklenbourg de im 20.

La vitesse de l’Oder en Silésie est de im 00 et à Slettin de om 65. •

La vitesse de la Seine à Paris , varie de im o5 à 91 suivant que les eaux sont élevées à im 43 ou à 6“ 82 audessus du zéro de l’échelle du Pont Royal.

La vitesse du Rhin à Mayence est im 2.5 et va en augmentant dans les crues jusqu’à im 80 à 2“'.

La vitesse moyenne du Rhin au grand pont de Kehl est de près de 2” par seconde.

Les sinuosités des livières , les obstacles , soit naturels soit artificiels , que le courant rencontre dans son cours forcent quelquefois une partie des eaux à revenir sur elles mêmes et à former ainsi des contres-courans auxquels on a donné le nom de remous ou d'eaux mortes. Ces remous , sont des courans rapides, et, lors des crues, ils peuvent former des toumoiemens très-dangereux et même se changer en gouffres capables d’engloutir les navires qui s’y laisseraient engager.

Les pluies ayantgrossi les eaux de la Garonne en mai i83o, il se forma près de la ville de Bourret un gouffre effrayant. Des bateliers de Toulouse, se confiant dans la connaissance qu’ils avaient de la rivière , ne prirent aucune précaution pour éviter ce gouffre dont ils ignoraient l’existence. Sept grands bateaux chargés de marchandises , qui descendaient la rivière, furent entraînés dans le tourbillon et aussitôt submergés cl fracassés , sans qu’il fût possible à ceux qui descendaient les derniers d’éviter la malheureuse destinée des premiers.

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essai d’cse instruction

Tonies les fois que flans une rivière l’eau tournoie et s'abaisse au-dessous du niveau général , celte circonstance indique une eau morte ou un remous dont il faut s’éloigner.

Si l’eau bouillonne et s’élève au-dessus du niveau général, il y a un écueil qu’il faut éviter.

Une surface ridée, et des eaux coulant en faisan (entendre ce bruit qu’on est convenu d’appeler le murmure des eaux dénotent des bas-fonds et un lit peu propre à la navigation.

Les rivières tendent à s’élargir davantage dnns les terrains peu consistons comme ceux de sable, d’argile, de craie, que dans les terrains résistons comme ceux de calcaire dur, de granit , etc. Elles ont plus de largeur dans 1rs plaines nues que dam les plaines boisées où les racines des arbres s’opposent à la dégradation des rives.

Toute rivière dont la largeur vient à augmenter diminue de profondeur; l'effet contraire a lieu quand le lit se rétrécit. '

Lorsqu’il se rencontre dans le cours d’une rivière un changement subit et considérable de niveau, il s’y forme une chiite d’eau à laquelle on donne le nom de etue«de , <le saut, de cataracte, suivant la hauteur d’où les eaux tombent.

Quelques rivièrés , interrompant brusquement leur cours, se perdent sous terre pour reparaître à quelque distance. Ce phénomène est dû h un banc de roches qui barre le lit de la rivière et qui force les eaux à se creuser une route souterraine dans des terrains plus perméables jusqu’à ce qu’dles puissent reparaître à la surface du sol. Telles sont les causes qui ont produit la perle du Rhône à Seyssel, et la perte de la Gnndianu en Espagne.

Les rivières terminent leurs cours :

scn Le p.isstuE ors nivifcftts. ti

r" En sc réunissant d’autres riviêkVS.

«• En sc perdant dans les (erres.

5° En se jetant dans des lacs ou dans la mer.

On a donné le nom de confluent au point où deux rivières se réunissent et celui d’ofjlacnt à celle des deux qui perd sou nom. 11 y a des alîluens qui se joignent à la rivière principale par plusieurs bras, sous un angle assez aigu , et après avoir coulé pendant quelque temps parallèlement à celle-ci; d’autres y entrent presque perpendiculairement; il en est très-peu qui s’y jettent sous Un angle obtus.

11 est certain que l’écoulement d’une ritière dans une autre tend à augmenter la masse des eaux de et tte dernière , et doit influer sur son cours ; mais l’effet produit ne sc fait pas toujours sentir d’une manière immédiate. Ainsi le Rhin au-dessous de Strasbourg , après sa réunion avec la Kintzig, l’ill et la Rencli, ne parait pas différer essentiellement de ce qu’il était auparavant. En effet si , en raison de l’accroissement de la masse d’eau, la vitesse seule augmente, le fleuve ne recevra, par ses affluons, ni agrandissement, ni changement notable ; il sera seulement plus rapide.

Les rivières qui expirent pour ainsi dire au milieu des terres, ne se trouvent guères qu’en Afrique et dans les terrains brûlans de la Zone Torride. Ce phénomène peut s’expliquer par le peu de pente et de vitesse de ces rivières, dont le soleil vaporise les eaux, ou par la nature des terres qui deviennent si perméables que les eaux s’y infiltrent et et disparaissent de la surface du sol.

La plupart des grands fleuves se jettent dans la mer par plusieurs emboucha rea.

Il so forme généralement , à l’embouchure des fleuves, des allérisscincns produits par les matières qtie les eaux y déposent. Cos aLlérissemcns dàns le» mers MétliWunuées»

ESSAI 1) CNE INSTRUCTION

deviennent de véritables lies; mais dans tes mers où la marée se fait sentir, ils produisent des bancs de sable mouvans auxquels on a donné le nom de barres et qhi obstruent l’entrée des fleuves.

Le mouvement des eaux changeant continuellement la forme et l’emplacement des barres , il en résulte que la navigation à l’embouchure des fleuves est généralement trèsdifficile et souvent périlleuse.

Les fleuves ressentent, dans une étendue plus ou moins grande de leurs cours et selon la pente et la force des marées, les effets du flux et du reflux de la mer.

L eau des fleuves ne se confond pas toujours immédiatement avec celle de la mer, et lorsqu’à l'embouchure le courant est encore animé d’une grande vitesse, on distingue, dans une étendue assez vaste, les eaux fluviales des eaux de la mer.

Telles sont les considérations générales concernant les fleuves et rivières dans toute l’étendue de leurs cours. 11 est nécessaire , pour les compléter, d’y joindre l’indication des procédés les plus simples pour mesurer la vitesse , la profondeur et la largeur des rivières, mesures dont la connaissance exacte est indispensable pour assurer le succès des opérations d’une armée dans beauepup de passages de rivières.

Procédé» pour mesurer aux armées la vitesse du couranl , la profondeur et la largeur des

rivières.

La vitesse d’une rivière variant avec la hauteur des eaux , déterminez exactement leur élévation au moment de l'opération. Plantez sur la rive deux jalons à une distance quelconque l’un de l’autre et dans une direction parallèle au

courant; abandonnez dans le thalweg , en amont du jalon supérieur, un corps flottant très-léger et rasant la surface des eaux pour le soustraire, autant que possible, à l’action dé l’air et du vent; prenez à cet effet un morceau de liège , de bois blanc, ou une petite bouteille à moitié remplie d’eau et bien bouchée. Observez avec la plus grande exactitude et avec une montre à secondes, si faire se peut, le temps employé parle flotteurpourparcourir l’espace compris entreles deux jalons; répétez plusieurs fois l’opération ; divisez l’espace parcouru par la moyenne des temps écoulés, ce quotient vous donnera la vitesse du courant. Si les jalons sont distans entre eux de 3o mètres et qne la moyenne des temps soit de i5 secondes, la vitesse du courant sera de 2” par seconde.

Mais si la rive n’est pas libre, ou si le thalweg en est trop éloigné pour que vous puissiez apercevoir distinctement le flotteur, faites ancrer dans le plus fort courant deux nacelles, dont on puisse aisément mesurer l’intervalle en se servant d’un cordeau; ces nacelles vous tiendront lieu de points fixes, et vous opérerez comme précédemment.

On peut encore, à l’instar de la marine, mesurer trèsapproximativement la vitesse du courant en se servant du loch. On sait que le loch est un morceau de bois léger , de forme triangulaire, dont la base est garnie d’une lame de plomb pour le maintenir dans une position verticale , et auquel est attaché un menu cordage qu’on fait filer au fur et à mesure que le navire avance ; l’on juge de la vitesse du navire en mesurant la longueur du cordage dévidé pendant un temps donné qui est ordinairement une demi minute.

Pour employer le loch sur une rivière, placez une nacelle à l’ancre au milieu du thalweg, abandonnez le loch au

ESSAI U USE ÎSSTHUCTJPE

courant , et vous aurez sa vitesse , sojt par la longueur du cordage déroulé dans un temps donné , soit par le temps écoulé pour déployer une longueur déterminée de cordage; dans l’un et l’autre eas ne commencez à compter que lorsque le loch est déjà à une certaine distance de la nacelle.

La profondeur des rivières indiquant la possibilité de les passer à gué ou en bateaux, et servant à déterminer la nature des corps de supports à employer pour la construction des ponts, il importe de la connaître à l’avance; à cet effet on traverse la rivière dans une nacelle en sondant de distance en distance.

Lasondeost ou une perche graduée, ou on cordeau gradué ù l’extrémité duquel on attache un corps pesant. Pendant celle opération on tient note de la nature du fond qu’il est utile de connaître , soit pour l’ancrage , soit pour le placement fit la construction des chevalets, ainsi qu’on le verra plus tard.

L’un des élémens les plu» essentiels à connaître exactement dans toute opération de passage de rivière , est la largeur de la rivière aux points où ils doivent s’effectuer.

A défaut d’instrumens tels que grapbomètres , planchettes » etc. , etc. , on mesure la largeur des rivières par l’un des moyens suivons tirés de la géométrie pratique.

fVewjûr moyen. Lorsque la largeur de la rivière n'est pas considérable et que l’on peut aller d’une rive à l’autre aveç une nacelle, on mesure cette largeur aveu, un cordeau que l’pn tend en travers de la rivière»

Dettrièmç weyen, Prene? un cordeau ployé en triangle rectangle dont les côtés perpendiculaires soient respectivement de 6 mètres , 8 mètres et l’hypoténuse de 10 mètres.

Remarque* sur la rive opposée un point A (fig. 1, plqn- «lie 1 ) i plantez un jalon au point }5 , vis-à-vis du point

SCR LU 1> ASSAGI! dus BlVtllRKS.

A j mêliez le petit côté du cordeau dans la direction de AB , de B en C , l'extrémité de l’autre côté tombera en D, où \ous plantez un jalon; avec le cordeau élevez CE indéfinie perpendiculaire à AC , et cherchez sur cette perpendiculaire le point E dans la direction du jalon U et l’objet A ; mesurez CE.

La similitude des triangles ABD et ACE donne BC X BD 48 A1 CE — BD CE — 8

Si la rivière a une grande largeur , il faut pour plus d’exactitude prendre les points C et I) à des distances arbitraires et bien connues du point B et sur les prolongeincns des côtés du cordeau.

On aura la largeur de la rivière en retranchant de AB la distance du point B à la crête de la rive.

Troisième moyen. Après avoir déterminé , comme précédemment, les points opposés A et B , élevez au point B (fig. 2 ) avec le cordeau, une perpendiculaire à la ligne AB; plantez sur celte perpendiculaire un jalon C , â une distance arbitraire du point B ; plantez sur la même ligne un second jalon D , à une distance CD du jalon C et qui soit une partie connue de BC. Elevez au point D avec le cordeau une perpendiculaire ù BD , et cherchez sur celle perpendiculaire le point E dans l’alignement du jalon C et de l’objet A ; mesurez DE. Si vous avez pris CD égal au dixième par exemple de BC, DE sera aussi le dixième de AB.

Quatrième moyen. Déterminez comme précédemment le les points A et B (fig. 3); plantez un jalon à un point quelconque C, plantez un autre jalon D, dans l’alignement des jalons C et B , de manière que la distance BD soit égale à BC ; plantez un jalon, en un point quelconque E, sur l’alignement du jalon D et de l’objet A; plantez un autre jalon F

ESSAI I) UK F. IKSTnUCTIOK

if»

dans l'alignement des jalons E et B , de manière que l'on ait BF — BE; cherchez le point G sur les alignemens AB et CF ; mesurez BG qui est égale à AB.

Si l’on avait faitBC =1/10 BT), BF = 1/10 BE ; BG serait égale à 1/10 AB.

sur le passage des rivières.

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