‹ Essai d'une instruction sur le passage des rivières et la construction des ponts militaires à l'usage des troupes de toutes armesChapitre 21 sur 48 · FONCTIONS · texte numérisé non relu

FONCTIONS

UES DÉTACUEMKNS.

Conduire douze grands bateaux chargés de troupes.

Construire le pont volant.

Décharger les bateaux.

Construire le pont de bateaux.

Debréler les chariots de parc , ranger les cordages et le dépôt des menus objets.

Cette tentative de passage, sur un fleuve aussi large et aussi rapide que le Rhin, prouva jusqu'à l'évidence, par les difficultés qu’on eut à vaincre, qu’on ne peut et qu’op ne. doit entreprendre le passage des grands fleuves qu’avec des pontonniers parfaitement exercés et ayant surtout acquis l’habitude de manœuvrer sur les cour* * d’eau d’une grande largeur et de beaucoup de vitesse.

* Équipage de Pont d’A vant-Garde .

On s’était arrêté, après de longues discussions, à n’avoir en France, pour mener à la suite des armées, qu’un seul équipage de pont, celui que nous venons de faire connaître; mais plus tard, lorsqu'on sut que les Anglais avaient adopté un équipage de pontons cylindriqùes, et les Russes, un équi-

StJRl.K PASSAGE DES HIVI^KES.

page de caisses l’un çj l'autre très mobiles, et destinés à suivre les inouvemens les plus rapides d’une avant-garde, ou de tout autre corps détaclié de l’armée; on reconnut la néces- - sité de créer un second équipage plus léger que celui que l’on possédait déjà, et spécialement affecté' au service des avantgardes pour leur donner les moyens de jeter des ponts sur les rivières de largeur moyenne ( 40 à -45 mètres), et de passer préalablement quelques troupes sur la riye opposée.

La discussion fitconnaître (1) que tes voitures composant cet équipage devaient être en petit, nombre, et avoir la mobilité de la pièce de 8 ; que le chargement dp baquet comportant le bateau, les poutrelles, madrier? et agrès nécessaires au pontage et à la manœuvre du bateau ,■ ne devait pas dépasser le poids de cette pièce ; qu’il fallait par conséquent des agrès très légers, un bateau entièrement en sapin, d’une capacité assez grande pour supporter le poids de la pièce de 8 et du tablier, naviguant bien, et propre ù l’e^ibarqupiuent et au débarquement des troupes.

Ori s’est déterminé, après trois ans d’ expérience, à adopter pour le service des avant-gardes, l’équipage de pont suivant , parce qu’il a paru satisfaire complètement aux conditions exigées pourra formation. -J t . .

Le bateau est entièrement en sapin et de- formes symétriques. (PI. 6, fig. 1.) : ,

(1) Tontes les questions relatives an* équipages de pont seront discutées dans l’examen critique qno nous nous proposons do faire des divers équipages de pont menés à U suite «les arquées.

KSSil d’uHK INST&ÜCTtOSf

Dimenilo&t principale!.

Longueur

Largeur

Hauteur

totale-. . . . .

du corps . . . .

RO

de chaque bec. .

au centre ! cn

haut .

| au

fond .

à la naissance des

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haut.

becs

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bas .

aox nés . • . .

du corps. . . .

aux nez . • . .

Les courbes, au nombre de 18, sont toutes en sapin, d’une seule pièce, toutes les fois qu’on pourra se les procurer ainsi, ou formées de deux pièces distinctes de bois de choix à droit fil , assemblées à embrèvement, et reliées par une équerre en tôle encastrée dans un trait de scie, donné à l’angle de la courbe et dans le milieu de l’épaisseur. Les deux pièces de la courbe et l’équerre sont invariablement fixées par quatre clous rivés (PI. 6, fig. 26).

Les planches des bordages ont 19 millimètres d’épaisseur, et celles du fond 23 millimètres. Lé long du corps du bateau, et intérieurement de chaque côté , on a placé deux tringles A et B ; la plus élevée A, sert pour le brélage des poutrelles du tablier; l’autre B, sert de poiutsd’ appui aux bancs, que l’on place transversalement dans le bateau pour faire asseoir

les hommes qui s’y embarqueront.

, Le bateau sortant du chantier , pèse 400 kilo.

Et sortant de l'eau. 440

m. cub.

Son volume équivaut à 7 , 250.

Ce bateau , par sa forme et ses dimensions, se rapproche beaucoup du bateau de l'équipage de pont autrichien.

SUR LE PASSAGE DES HlVlkBES.

Le baquet que l’on a adopté est à flèche, et non à brancards, comme celui de l’équipage de pont de campagne ; sa structure, à quelques modifications près nécessitées par la différence des chargemens, est celle du haquet de l’équipage des pontons cylindriques des Anglais.

Le chargement du haquet se compose :

1° De six poutrelles, passant sur les deux trains , et retenues par des arrètoires et un boulon ;

2° De quinze madriers maintenus entre les deux trains par des équerres en fer ;

3° Du bateau chargé sur son fond ;

4° Des agrès de navigation et de pontage placés dans le bateau.

Le poids du haquet, ainsi chargé, varie de 1850 à 1870 kilogrammes.

Les poutrelles ont 7m. 50 de longueur, sur 0 ®. 12 d’équarrissage; les madriers, 3™. 20 de longueur sur 0®. 33 de largeur, et 0m. 033 d’épaisseur. Les autres agrès sont pris dans l’équipage de pont de campagne. ,

La composition d’un équipage destiné à suivre une avantgarde, a été fixée ainsi qu’il suit:

6 haquets, portant chacun une travée complète.

1 haquet de rechange, portant la travée de culée, une ancre, des cordages, etc. ,etc.

1 chariot de parc, portant une caisse d’outils d’ouvriers en bois ; une forge de montagne outillée et approvisionnée, et divers objets de rechange.

8 Voitures en tout, attelées chacune de six chevaux.

214 r.ss.vr ü’uhb issTRPCTro.v

Le.s expériences ont démontré que l’on peut , avec cr petit équipage, qui ne demande que quarante-huit chevaux de trait: : , . ....

1° Embarquer commodément dans chaque bateau vingt-un hommes d’infanterie avec armes et bagages, et traverser en toute sécurité un courant assez rapide;

2° Construire un pont de quarante mètres de longueur donnant passage à l’infanterie sur trois rangs, à la cavalerie par un, ou par deux, à la distance de trois mètres, aux batteries de 8 de campagne, montées ou à cheval , en colonne par pièce aux distances ordinaires.

Dans ce pont , on ne met par travée que quatre poutrelles de pontage et deux de guindage.

Les bateaux ne sont pas ancrés, mais retenus par des cordages amarrés à la rive.

3° Construire un pont volant qui transporte aisément d’ûhe rive à l’autre deux cents hommes d’infanterie , ou vingt-huit à trente chevaux avec leurs cavaliers, ou deux pièces de 8 , attelées de six chevaux et lés servans.

La construction de ce pont volant diffère très peu de celle que nous avons indiqué pour le pont volant de l’équipage de pont de campagne. ' • *

4° Construire trois portières de deux bateaux qui peuvent chacune transporter soixante hommes d'infanterie. .

■ jJ j . .mj ^ igoüios *ob ,:naiffc.

lapiipago de pont de balraux pour ponts stables sur te tthin.

La France, outre les deux équipages de pont que l’on

81H LE TASSAGE DES RIVlknES.

vient de décrire, possède encore un équipage du pont de bateaux pour pouts stables sur le Rhin.

Le bateau decel équipage (PI. 6, fig. 2), appelé indifféremment bateau d'artillerie , ou bateau Gribauval , est tout en chêne; il pèse environ 1860 kilo. ; sa capacité est de 18 mètres cubes (550 pieds eubes). On peut y embarquer cinquante à soixante hommes avec armes et bagages, après avoir établi un faux plancher dans le fond du bateau.

Dimensions principales do bateau.

totale . .

Longueur J

de l'avant

bee. .. . . .

de l’arrière bec

du corps |

Largeur ]

en bas. . ,

aux ne* .

Hauteur du

corps . •

Ce bateau se charge seul sur un haquct à flèche ; les poutrelles,. madriers ét les agrès de cet équipage, sont transportés sur d’autres toitures. i

Lés poutrelles ont 9m. 096 ( 28 pieds) de longueur sur 0m. 1.49 (5 pieds 6 lignes) d'équarrissage. Les madriers 5m. 522 (17 pieds) de longueur, Om.^ (un pied) de largpur, et 0m 0 54 (2 pouces) d'épaisseur.

La partie française du pont de haleaux sur le Rhin, devant Kehl , est construite avec cet équipage de pont. Ce pont est tendu par bateaux successifs avec une portière à l’endroit le plus favorable poun la navigation. Oui a mis par travée, neuf poutrelles sous le tablier, et deux poutrelles de guin-

"2I^’ ESSAI d’une instruction

tlage surmontées de gardes-fous. Les poutrelles extrêmes de chaque travée sont seules arrêtées sur les plats-bords des bateaux par des clameaux à pointes et à crochets a a (fig. 3) passes (Jans despitons fixés aux bordages. Toutes les poutrelles sout jumellées par couple avec des clameaux à une face bè. On emploie des colliers et des coins pour serrer les poutrelles de guindage sur le tablier.- .

La portière est formée de deux bateaux seulement; en la plaçant, on laisse entre les extrémités des poutrelles, cl celles des travées voisines, un intervalle de 15 à 20 centimètres pour le jeu nécessaire auxmouveinensdela portière. On relie la portière au pont par de fausses poutrelles au (PI. 6, fig. 4) placées entre les poutrelles du tablier, et posant à chaque jonction, sur un des bateaux de la portière et sur le bateau contigu. Les fausses poutrelles ont un équarrissage un peu moindre que celui des autres poutrelles, et peuvent glisser sous le tablier, en sorte que pour dégager la portière ef l’ouvrir, on pousse les fausses poutrelles sur les bateaux voisins, et l’on démarre les traversières et les cordages d’ancre.

.Ce .pont offre toute la stabilité désirable pour le passage des plus lourds fardeaux menés à la suite désarmées, puisque la .plupart des voitures du commerce y passent avec sécurité.

; Cet équipage de pont a servi aux divers passages du Rhin effectués au commencement des guerres delà révolution. Au défaut d’autres on l’a même transporté en Allemagne à la suite des armées. En 1805 on est parvenu, à force de travail et de peine , et en voyageant pour ainsi dire jour et nuit, à le conduire jusqu’à Vienne; on eu avait assez, et plutôt que de le ramener en France, on le vendit au gouvernement autrichien. '• ■ -, - y •?'

SUR LÉ PASSAGE DES RIVlliRKS. 21?

Neanmoins, cet équipage doit être conservé pour agir sur le Rhin , où il rendra de grands services en cas de guerre avec l’Allemagne -, on l’employeia pour les passages du Rhin concurremment avec l’équipage de pont de campagne, et on l’utilisera avantageusement après lé départ des armées, pour établir et conserver dé bonnes communications entre les deux rives de ce fleuve.

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