CHAPITRE IX
Ponts de pilotis (1).
Les armées ont peu construit de ponts de pilotis,; il est facile d’en apprécier les motifs : on ne peut jeter ces ponts pour effectuer un. passage de vive force, les grands apprêts que nécessitent leur établissement donneraient des indications certaines sur le point du passage , et le laps de temps indispensable pour 1 exécution des travaux permettrait à l’eünemi de s’opposer avec vigueur à l’entreprise projetée. En général , on ne construit les ponts de pilotis qu’après -un premier passage pour dégager les équipages de pont de bateaux et pour se procurer des communications sures et permanentes sur les derrières de l’armée.
Le grand nombre de ponts de pilotis qui existent, surtout en Allemagne , prouve que l'on peut employer ce moyen de communication sur presque toutes lés rivières ; il n’y a qu’un fond de rochers et une trop grande profondeur d’eau qui puissent y apporter des obstacles réels ,
(1) Ifousavons consulté pour la rédaction de ce chapitre les œuvre* de Perrtfnnet , de Gauthier , de Rondelet et de AI. Xavier.
29 V ESSAI d’üWB KIStRUCTION
lorsqu’on a sa disposition tous les matériaux que comporte
ce genre de pont.
Les ponts de pilotis provisoires , établis sur le Danube devant Ebersdorf par les troupes du génie, en juin 1809, et les ponts de pilotis permanents construits par les pontonniers, devant Vienne, dans la même année, nous mettent dans l’obligation , pour ne, rien laisser à désirer sur cette partie de l’art du pontonnier , de suivre avec quelques détails la construction des ponts de pilotis Ie3 plus stables et les plus grands que les armées peuvent être appelées à établir. Nous en déduirons facilement les moyens d'élever promptement et avec des matériaux de faibles dimensions des ponts de pilotis destinés pour un service momentané.
Les ponts de pilotas se composent, comme les autres ponts militaires , dè corps de support portant un tablier.
Les corps de support que l’on nomme palée\ PI. 7, fig. 4), se forment de pilots , a enfoncés dans le lit de la rivière et reliés solidement entre eux par d’autres pièces de bois, b désignés sous le nom de moises. Les pilots sont couronnés d’un chapeau , c qui supportera les longerons d ou poutrelles du tablier.
La position du chapeau étant invariable , il. faut donner assez d’élévation aux palées pour que le tablier du pont ne soit jamais atteint par les eaux, quelles que soient les crues de la rivière.
On se sert pour enfoncer les pilotis d’une machine nommée sonnette ( fig. 5, 6, 7), à l’aide de laquelle on met en mouvement un bloc en fonte de forme prismatique, appelé mouton ( fig. 8 ), dont les coups redoublés font entrer les pilots dans le sol.
L’on a adopté pour le service des pontonniers une son-
netle d’une construction simple , dont toutes les parties s’assemblent et se désassemblent facilement , et peuvent se charger sur un haquqt ou sur un chariot dé pare.
Cette sonnette fait partie de f équipage de pont de bateaux de campagne, et se transporte à l’armée. Les parties principales sont : le patin (fig. 5 ), formé de la sole a h et de la semelle c d, réunis par les liens e ; les jumelles g h ( fig. G ), entre lesquelles se meut la coulisse du mouton, leur chapeau ik , leurs bras l m , et les entre-toises nj le rancher o p (fig. 7), garni de chevilles , la grande roue r, en cuivre ; la petite roue s ( fig. 6 ), en bois dur , toutes les autres parties en bois de cette sonnette sont en sapin.
La garniture du mouton A (PI .7, fig. 8), se compose de deux flasques a , d’une coulisse b , de deux tenons c , et de leurs clavettes d-, toutes ces parties sont en bois de chêne, solidement assemblées par des boulons. Ce mouton pèse 230 kilogrammes.
On établit la sonnette sur un plancher posé sur des chevalets quand la rivière est peu profonde, et dans le cas contraire sur un grand tableau couvert d’un tablier, ou sur une portière de deux où trois petits bateaux (fig. 7 ) ou sur un radeau; si l’on devait battre les pilots obliquement, on établirait la sonnette sur un plan incliné, en élevant la sole plus que l’extrémité opposée de la semelle. L’inclinaison de ce plan dépendra de l’obliquité à donner aux pilots.
Pour équiper la sonnette, on passe le câble A (fig. 1) sur la grande roue ; on fixe par un nœud allemand le bout de ce câble, qui pend en dehors des jumelles, à une couronne de cordages passée dans le trou du mouton ; on passe l’autre Bout du câble dans les boucles des tiraudes T , et
2Q6 ESSAl ü’i NE INSTRUCTION
l’on remonte ces boucles le long du câble jusqu a la grande roue , et l’on forme avec le câble un nœud simple au-dessus des' boucles. On agit aux tiraudcs pour élever le mouton, on engage sa coulisse entre les jumelles, on remet les clavettes des tenons, puis on élève le mouton jusqu’à la grande roue, et l’on amarre le bout libre du câble, ou quelques tirautîes , à la semelle du patin de la sonnette. On passe un cordage sur la petite roue de côté; ce cordage sert à 'dresser le pilot et à le mettre en fiche , on le détache dès que la direction du pilot est assurée.
On conduit la portière sur laquelle la sonnette est placée et équipée à l’endroit où l’on veut piloter , on l’ancre solidement en amont et en aval, on dresse le pilot P le, long des jumelles, au moyen du cordage qui passe sur la petite foue. On assure la position du pilot, par un. autre cordage C , qui enveloppe les jumelles et le pilot et que l’on brèle fortement en serrant avec un billot ; un homme se tient constamment à ce billot pour maintenir lu direc^ tion du pilot pendant le battage. Tout étant ainsi disposé , on agit aux tiraudcs, et l’on bat la tète du pilot à coups d« mouton ; on prorède ordinairement par volée de trente coups , et après chaque volée, on donne quelques instants de repos aux’ batteurs.
Le nombre d'hommes à mettre aux firaudes doit être tel, que chacun d’eux n’ait que 14 à 15 kilogrammes à élever quand le mouton pèse moins de 300 kil., et seulement 10 a 12 kil. lorsqu’il dépasse ce poids.
On emploie dans les constructions civiles des sonnettes dites à (fêclicy parce que le mouton, dès qu’il arrive au haut des jumelles , s’échappe d’un crochet ou d’une tenaille attachée au bout dû câble , et tombe sur le pilot sans que rien né le retienne. Le croche! suit le mouvement du
— Jt— -
SLR LE PASSAGE DES RIV1ÈAVES. 297
mouton et le ressaisit aussitôt. Dans ce genre de sonnette , on élève souvent le mouton au moyen d’un mécanisme à cylindre, autour duquel le câble s’enroule et -qui est mis en mouvement par une manivelle, par une roue à chevilles et quelquefois par un manège.
Le plus difficile en campagne , lorsqu'on organise une sonnette, est de se procurer un mouton en fonte; on y supplée par un bloc de boisdür, dont on augmente le poids en y, pratiquant une cavité que l’on remplit de plomb fondu; on consolide le fout par des liens et des frettes en fer. On a fait en Angleterre plusieurs essais assez satisfaisants, * en substituant au mouton un obus de 8 pouces, rempli de plomb , et qui pesait environ 48 kilogrammes.
Les pilots sp.nt le plus communément en bois de chêne, de pin ou de sapin, ils ont ordinairement 27 à 32 centimètres de diamètre ou d’équarrissage ; on choisira avec soin les pièces destinées au pilotage ; il faut quelles soient trèssaines et très-droites, afin de résister, sans ployer ni sans se rompre, «à l’effet du mouton; on tailje en pointe pyramidale le boufqui doit entrer dans le terrain , et l’on durcit cette pointe au feu si le fond de la rivière n’est pas trop ferme; ma is quand le fonda une grande dureté, on arme la pointe du pilot d un sabot en fer (PI. 7, fig. 7) ; ayant trois ou quatre branches, on a l’attention de bien faire reposer sur le sabot l’extrémité de la pointe recépée carrément, autfement-les clousqui fixent les branches céderaient par l’effet du choc sur la tète du pilot , et le sabot pourrait se briser ou sc déverser , ce qui empêcherait le pilot de s’enfoncer. • .
On coupe la tête du pilot carrément , et l’on forme un chanfrein autour de cette tète pour éviter lès éclats ; si l’on craint quelle ne se fende ou ne s’écrase sous le choc du
298 ESSAI d’une instruction
mouton , on met une frette x à son extrémité supérieure,
on enlève la frette après le battage.
Gardez-vous d’équarrir les arbres qui auraient à peu près lçs dimensions demandées pour les pilots , il n’y a nul inconvénient à prendre l’arbre lui-même s’il est de droit fil ; üéquarrissage et le redressement ne tendent qu’à affaiblir le pilot; faites enlever l’écorce et les nodosités qui, par leurs aspérités aûgiûentent beaucoup le frottement ainsi que l’aubier dan* le cbéne, cette partie se. détériore promptement lorsqu’elle n’est pas constamment souS l’eau.
On bat les pilots jusqu’au refus, c’est-à-dire jusqu'à ce qu'ils né s’enfoncent plus que de à à 5 millimètres par volée de trente coups. On se contente quelquefois de ne leur donner que 2“50.à 3 mètres de fiche; cette hauteur de fiche dépendra des charges que les pilots auront à supporter et de la nature du terrain dans lequel on pilote; plus ce terrain est compaçt et résistant, moins il est nécessaire d’enfoncer les pilots.
I^es pilots composant une palée se plantent en file, ils sont également espacés entre eux et battus d’aplomb (PI . 7, fig. 4). Dans quelques constructions on ne met cl&plomb que les pilots du milieu, et l’on enfoncé les autres obliquement de chaque côté et en sens invèrse pour empêcher le déversement. Les files de pilots se placent toujours dans la direction du courant , quand bien même il ne serait pas parallèle aux rives. Cette disposition des palées n’empêche nullement que l’axe du tablier ne soit perpendiculaire aux rives oa. dans le prolongement dès routes qui aboutissent au pont (fig. 9).
Le nombre de pilots à mettre par palée se règle sur la résistance verticale des pièces de bois employées comme
pilots (1), et sur le- degré de solidité , de stabilité'et de durée que l’on veut donner au pont.
F (i) D'après les expériences de Rondelet (Art de bâtir), sur la résistance des bois, la farce nécessaire pour écraser un cube de bois dont la hnu teur ne surpasse pas 7 à 8 fois l'épaisseur de la base est pour le chêne de 4 kil 24 et pour le sapin de6, 9 kil. par millimètre carré de la section transversale. '
M. Kavier , s'appuyant sur un grand nombre d'expériences faites postérieurement en France et. en Angleterre, évalue pourlcs mêmes pièces de bois la résistance à l'écrasement à environ 3 kil. par millimétré carré ..tant pour le chêne que pour le sapin.’"
11 résulte encore de ces expériences, que la résistance verticale des pièces de bois diminue dès que la hauteur, augmente et que ces pièces ploient avant de se ratppre lorsque cette hauteur dépasse 7 à 8" fois l'épaisseur de la base.
En combinant la règle donnée par Rondelet pour trouver les.chargcs sous lesquçlles les pilots de hauteur différente se rompent avec les évaluations plus faibles de M. Marier, on trouve que le poids nécessaire par millimètre carré de la section transversale pour faire rompre une pièce de bois <Jont la hauteur répond à
12 fois l'épaisieur de fa base sera les 5/6 de 3 k ou 2 hil. 50
Ainsi un pilot dont la section transversale serait- un carré de 3 décimètres de côté et qui aurait 7". 20 de hauteur, serait rompu par un poids de 1 35, 000 kilo.
Selon M Kavier , lorsqu'on aura évalué , comme nous venons de le faire, la résistance qu'une pièce comprimée peut présenter, on devra, pour en conclure le plus grand poids dont cette pièce puisse être chargéàavec sécurité^ dans les constructions, réduire le résultat au dixième pour le bois *. l’ar conséquent, une palée composée de deux pilots de 7">. 20 de hauteur sur trois décimètres d'équarrissage , supportera , sans le moindre dangen, un poids de 27.00J kilogrammes.
Mais pourlcs constructions militaires et momentanées, on pourra, au lieu du dixième, prendre le cinquième de l'évaluation et faire porter sans aucune crainte à cette palce une charge double ou 54,000 kilogrammes.
(*) L-çons aur l'application de U tn-canique n° f t>$.
300 ESÎSAl d’une instruction
On ne peut, déterminer Je nombre de pilots par palée , sur la seule résistance verticale des bois , parce que les troupes et les voitures qui passent sur un pont de pilots, outre la pression quelles exercent par leurs poids, agissent encore comme forces vives dont on ne peut apprécier tous les effets; elles impriment , lors d’un passage continu aux palées etaupont entier, un balancement qui en ébranle toutes les parties , et qui peut dans certains cas-, ainsi que le confirme l’expérience , renverser les hommes et les chevaux. Il est donc essentiel, pour assurer la stabilité d’uh pont, d’avoir égard à ces ’qffets produits par le passage, et il faut, relativement à la durée et à la solidité, ne pas perdre de vue que les alternatives de sécheresse et cthuinidité, auxquels les bois sont constamment exposés, les détériorent et leur font perdre7 journellement de leur force primitive.. '
Ces diverses considérations expliquent le grand nombre de pilots que l’on met par palée dans les constructions civiles auxquelles on veut donner une grande stabilité et beaucoup fie durée.
Lorsque tous les pilots d’une palée sont convenablement enfoncés dans le lit de la rivière , on cherche aies ramener autant que possible dans un même plan par un système de pression exercé par des vis à bois , ou par des crics d’assemblage , ou par des cordes fortement brelées. On recèpe les pilots de niveau, on taille lear tête à tenon, on. creuse des mortaises correspondantes dans le dessous du chapeau, et l’on coiffe les pilots de leur chapeau. On assujettit quelquefois le chapeau sur les pilots par des brides ou des broches en fer.-
On augmente la force èt la rigidité de la palée en reliant les pilots entre eux par des moises horizontales, et
par des moises inclinées ou en .écharpe. Les moises horizontales maintiennent le parallélisme des pilots , et les moises inclinées en préviennent lodcversementi Les moises contribuent aussi .à diminuer et empêcher le balancement et les vibrations que 1er palées et tout le pont éprouvent pendant le passage des troupes et des voitures.
Les moises horizontales a a (figt 10)seposent à la hauteur de l’étiage, et les moises en écharpes b £, inclinées en sens contraires , sont placées diagonalement entre le chapeau et les moises horizontales.
On fait aux moises des entailles de 3 à 4 centimètres de profondeur aux endroits où elles s’appuient contre les pilots, pour mieux les encastrer et les maintenir, d’autres fois on applique simplement les moises contre les pilots.
On fixe les moises aux pilots , et entre elles , par des broches ou par des boulons (PI. 7, fig. h et 10).
On établit, pour l’exécution de ces divers travaux, un faux tablier , appelé Tablier de travail ; il est composé de poutrelles légères , allant d’une palée à l’autre, que l’on recouvre de quelques planches. On attache ces poutrelles un peu au-dessous de la tête des pilots. On peut, au lieu de dresser ce tablier , placer les ouvriers dims un grand bateau, ou sur une portière qu’on amarre le loDg des palées.
Lorsque l’on sera forcé d’élever beaucoup le tablier du pont au-dessus du fond de la rivière , soit à cause de la grande profondeur d’eau , soit parce que les rives sont hautes et escarpées , il peut arriver que l’on ne trouvé pas des pilots assez hauts pour Satisfaire à ces conditions, ou que l’on n’ait pas de sonnettes avec lesquelles on puisse battre des pilots ayant une aussi grande hauteur. On établit alors le pont sur des palées basses , c’est-à-dire
302 ESSAI d’une instruction
sur des pilots recepés de niveau plus ou moins au-dessous du tablier. On coiffe ces pilots d’un chapeau AB (PI, 7, fig. ti), sur lequel on élève à tenon et mortaises des montants C que l’on couronne d’un second chapeau DE ; on peut consolider cet assemblage par des liens arcs-boutants a ou par des moises en écharpe bd , allant d’un chapeau à l’autre.
On assujettit plus solidement , dans les constructions civiles, les' montants aux pilots : une, broche en fer a (fig. 12), d’un mètre de longueur, est placée dans Taxe du pilot, elle pénètre de 0,50 dans laxe du montant , et réunitainsi ces deux pièces, que l’on embrasse encoreà leur jonction par des moises quadruples C C, DD, maintenues par des boulons alternativement horizontaux et verticaux.
Il paraît préférable, quand la rivière est profonde et rapide ,' d’établir le pont sur des doubles palées basses ; on espace par palée deux rangs de pilots B £ à un mètre environ de milieu à milieu (fig 13) , on les embrasse sur la longueur par des moises D D, et l’on place de l’un à l’autre rang des entre-tpises E, sur lesquels les montants A sont élevés; et, afin que ces montants soient assurés parle pied , ils sont embrassés par un cours de moises G G, boulonnées entre elles et avec les entre-toises.
On trouve de grands avantages à construire les ponts de pilotis sur des palées basses recepées au-dessous des basses eaux , parce que les pilots, qui sont constamment sous l’eau; ont une très-longue durée, et que les montants seuls , dont le remplacement est plus facile que celui des pilots , sont attaqués et détériorés par les alternatives de sécheresse et d’humidité.
La culée des ponts de pilotis s’établit en battant contre la rive une palée que l’on revêt intérieurement de ma-
SUR LE PASSAGE DES RIVlèRES. 303
driers pour maintenir les (erres et empêcher leur éboulement. Le chapeau de cette palée servira de corps mort , et l’on raccordera les rives avec le tablier du pont au moyen de terre rapportée et bien damée. Il faut , pour battre les pilots de la culée, disposer la sonnette sur le côté de la portière et non entre les bateaux de cëtte portière.
Aussitôt que la culée et la première palée sont achevées , on s’occupe du placement du tablier.
On se sert du tablier de travail pour passer les deux premiers longerons ou poutrelles de la travée , on place les autres à l’aide de rouleaux mis en travers sur les longerons déjà posés. Si le tablier de travail n’existe pas, on dresse, contre la première palée , un mât , au haut duquel on attache une .poulie ou un système de poulie, on passe une corde dans la gorge de cette poulie, on porte à terre l’un des bouts de cette corde , et on l’attache à l’extrémité de devant du premier longeron à passer , et que l’on a eu soin de mettre sur des rouleaux et dans la direction du pont. Des hommes, placés sur la palée ou dans le bateau de travail, tirent avec précaution et sans à coups sur l’autre bout du cordage , et font avancer le longeron, tandis que d’autres hommes empêchent que cette pièce ne soit entraînée par son poids, et modèrent son mouvement avec , des cordages en retraite. Un ou deux longerons placés , on fait passer les autres sur ceux-ci à l’aide de rouleaux,. .
On peut ne mettre par travée que le nombre de poutrelles ou de longerons nécessaires pour supporter sans danger, et d’après les données que nous avons trouvées (chap. VT1'” liv.), les charges qui doivent passer sur le pont. Mais qpand on a des bois de fortes dimensions et en excédant, on rejsdra le pont plus stable en augmentant le
304 ESSAI d’une instruction
nombre et la force des longerons; plus le poids et la masse du tablier seront considérables, moins le pont sera ébranlé lors du passage des troupes et des voitures. On pose ordinairement par travée autant de,, longerons qu'il y a de pilots , et l’on place les longerons au-dessus des pilots. On fait croiser sur le'chapeau des palées les longerons de deux travées contiguës (PI. 7, fig. 4), ou on les pose bout à bout (fig. 10). On fixe les longerons aux chapeaux par des broches, des brides ou des clameaux.
Ou n’est point forcé d’équarrir les longerons , on dresse à la hache leur face supérieure et les parties qui posent sur les chapeaux.
Si l’ouverture des travées est considérable , et que l’on ait à craindre que. les longerons ne fléchissent, on diminuera leur portée en les plaçant sur des corbeaux. , et en les soutenant dans leur milieu par des soupoutres. Le corbeau A B (PI. 7, fig. lOet 14) est une petite poutre de2 à 3 mètres de longueur que l’on pose par son milieu sur le chapeau des palées et sous chaque longeron.
La soupoutre c d (fig. 14) double le longeron par son milieu ; ces deux pièces sont réunies par des broches ou dés boulons. Les extrémités des soupoutres sont soutenues par par des contre-fiches inclinées c e,de , dont le pied est embrevé dans le pilot. On empêche la contre-fiche de ployer par le moyen d’une moise pentjanle f.
On met quelquefois plusieurs rangs de soupoutres, de contre-Triches et de moises pendantes pour diminuer la portée des longerons (fig. 15). -
On cloue sur les longerons un rang de forts madriers ; l’on a soin de placer de 2 mètres en 2 mètres environ un madrier c d (fig. 10) plus long et plus fort que les autres pour porter les potelels des garde-fous. • *
StR I.B PASSAGE DES RIVIÈRES.' 305
Ce madrier, que l’on nomme pièce de pont , est entaillé en dessous^ pour encastrer les longerons , et ne pis dépasser en dessus le niveau des autres madriers. • •
On reeouvre souvent le tablier d’un seéond rang de madriers plus courts que les premiers, on ménage ainsi de chaque côté du pont un trottoir pour les piétons. On lève et l’on renouvelle ce second plancher quand les madriers sont mis hors de service par le frottement des roues des voitures.
On élève sur les pièces de pont, pour former les gardefous , les potelets e tle 0,80 à 1 mètre de hauteur, on les consolide par un lien pendant f et par un lien buttant , qu chasse-roue g. On unit les pjtelets par une lisse Ai, et par une sous-lisse m n. On peut remplacer la sous-lisse par un madrier de champ , cloué contre les potelets-.
On garantit les palées du choc des corps flottants de toute espèce par des brise-glaces.
Les brise-glaces les plus simples (fig. 10) sont composés d’un rang de pilots plantés en amont, et dans le prolongement de chaque palée. Ces pilots sont moisés par le bas, et coiffés d’un chapeau incliné , dont le dessus est taillé de manière à diviser facilement les glaçons. L’arête supérieure est garnie d’une bande ou d’une armure en fer ; des brides en fer embrassent le chapeau et son armure , et l’on cloue leurs branches sur les côtés des pilots.
On isole les brise-glaces des palées qu’ils préservent pour éviter que les clipcs qu’ils reçoivent ne se transmettent au pont et ne nuisent à sa solidité.. .
L’emplacement que doit occuper un pont de pilotis est presque toujours déterminé à l’avance , puisque ces ponts succèdent à d’autres modes de communications déjà établies sur la rivière , aux points où aboutissent nécessairement (Tome I, 2* Liv. 20
Jes chemins que l’armée doit parcouru* , et dont on rie peut s’écarter , à moins que l’emplacement projeté n’offre des avantages, tellement grands, que l’on ne craigne pas, pour les obtenir , de changer la direction primitive des routes.
Lorsque le choix du point de passage vous est laissé , cherchez pour le pont un emplacement où la rivière soit assez encaissée dans son lit pour n’avoir pas ù redouter des débordements qui obstrueraient les abords du pont, et exigeraient de nouveaux travaux ; il faut que les deux rives , en cet endroit , soient également élevées, et de niveau avec le sol , ou qu’on puisse facilement les raccorder par des pentes douces; Né vous éloignez pas trop du principal dépôt de vos bois, et cependant tenez vous toujours à proximité des routes qui aboutissent à la rivière. '
Après avoir déterminé l’emplacement du pont , mesurez avec la plus grande exactitude la largêur de la rivière, et fixez, d’après la conformation dés rives, la longueur h donner au pont. Réglez sur le service présumé du pont , sur la force des bois et les moyens de construction dont vous pouvez disposer , la largeur à donner à la voie du pont , le nombre de palées et de pilots à mettre par paléeà. Donnez le plus d’ouverture possible aux travées des ponts à construire sur les torrents et sur les rivières profondes et rapides, sujettes à de grandes crues ou à de fortes dé- - bâcles.
On peut, sans beaucoup d’inconvénients , multiplier les travées sur les rivières tranquilles et peu profondès. Rien n’erflpéche, pour tirer le pprti le plus avantageux des bois de dimensions différentes, de varier, selon ie régime des eaux de la rivière, l’ouverture des diverses travéesdu pont.
Le plan du pont étant définitivement arrêté et tracé , établissez vos ateliers , donnez vos instructions aux chefs,
SCR X.& PASSAGE BES RIvrÈRES. 307
et faites marcher le travail avec ordre, méthode et précision, afin de le terminer sans accidents, et avec promptitude.
On hattra d’abord la palée de la culée , et successivement les autres ; si l’on a deux sonnettes , on commencera par les deux rives en même temps. Si le travail est entrepris avec un plus grand nombre de sonnettes , on plantera d’abord dans la rivière , et suivant la direction du pont , des balises ou de longs piquets pour marquer le milieu de chaque palée , et l’on commencera toujours par battre les palées les plus rapprochées des. rives. On posera le tablier par travées, et au fur à mesure" de l’achèvement des palées.
On peut ne battre les pilots des brise-glaces qu'après la construction des ponts , mais il est préférable de les enfon- ~ cer en même temps que les pilots des palées.
Enfin , si l’on cràint que les eaux n’alibuillent les palées, on fait garnir leur pied de fascines ou d’une grande quantité de pierres.
Les ponts de pilotis construits, en- se conformant aux indications que l’on vient de donner , laisseront peu de choses à désjrer, sous le rapportde la stabilité et de la solidité, il n’y- aura , abstraction faite des tentatives de l’ennemi pour les détruire , qu’une forte débâcle ou un alïouillement qu’on ne pourrait prévenir, qui seront dans le cas de les endommager. .
Mais il est des circonstances à la guerre où il faut tout brusquer, tout hasarder, où il faut bâter , aux dépen de Iji solidité et dek stabilité* la construction des ponts de pilotis , et quelquefois même les établir avec des bois de faibles dimensions. Ces communications seront toujours très-précaires, il serait peu prudent de se porter garant de pareils ponts ,‘-on« s'en sert parce qu’ony est obligé,
308 essai d’one instruction
et fju’on ne peut fairé autrement, quoique l’on prévoie les
accidents auxquels ces ponts sont continuellement exposés.
Ainsi, clans les ponts de pilotis jetés à la hâte, la culée s’établit simplement comme celle des autres ponts militaires ; on diminue , autant que le permet la force des bois, le nombre de palées , et l’on ne met par palée que la quantité de pilots strictement nécessaires pour supporter le tablier, et résister au passage des troupes et des voitures. v On ne bat plus les pilots jusqu’au refus, on se contente de les assurer solidement dans le fond de la rivière. Pous éviter dans les terrains perméables que les pilots ne prennent trop de fiche, on les garnit d’un bourrelet, au point qui affleurera le sol ; ce bourrelet augmenta la résistance du pilot à l’enfoncement , en réparlissant la charge sur une plus grande surface , et il empêchera le pilot de pénétrer plus avant.
On n’assemble plus le chapeau à tenons et à mortaises sur les pilots, on les pose sur leur tête coupée carrément , et on l’y fixe par des clameaux ( PI. T, fig. 16).
Les longerons du tablier, donton réduit aussi le nombre, ne sont que posés sur le chapeau. Si au'lieu de longerons on emploie des poutrelles légères , on les clamaudera entre elles, et sur le chapeau de la palée.
On peut se dispenser de clouer les madriers du pont , on les maintient par leguindage ordinaire des ponts militaires , ou par un garde-fou établi comme celui que l’on a décrit pour les ponts de bateaux du commerce.
Lorsque les pilots n’ont pas la hauteur. convenable, on les prolonge par des montants , comme l’indique la fig. 16. Toutes les parties de cette palée sont posées les unes sur autres, et seulement assujetties par des clameaux.
Rien de plus facile que la construction d’un pont sur
pieux ou pilotis, que l’on devra établir sur une rivière peu profonde pour le passage de l’infanterie seulement, marchant par le flanc à rangs ouverts Gg. 17.
Etablissez la culée à l’instar des culée^de ponts militaires, et opérez comme il suit pour enfoncer à quelques mètres de la rive un premier rang de pieux ; faites croiser sur un chantier ou sur un petit chevalet c les bouts de deux poutrelles a b, (te, de manière à leur faire former un angle aigu ; placez dans cet angle , au point de jonction des poutrelles, un pieu p verticalement la pointe en haut , fixez le par un cordage aux poutrelles, dressez cet échafaudage, et au moyeq d’un cordage de retraite^ laissez-le pencher en avant, jusqu’à ce que la pointe du pieu touche le fond de la rivière ; donnez au pieu la position qu’il doit avoir, en tirant ou poussant sur les poutrelles; faites mettre quelques madriers en travers sur ces poutrelles , et envoyez des hommes pour frapper à coups de masse ou de mouton à bras sur la tète du pieu. Si vous voulez joindre à cette force de percussion une grande pression, faites couvrir entièrement les poutrelles de madriers , et chargez-les de pierres.
Formez ainsi une palée de trois pieux , recépez-les de niveau , et coiffez-les d’un chapeau ; aidez-vous des poutrelles qui ont servi. à enfoncer les pieux pour faire passer les poutrelles de la première travée 6ur le chapeau de la palée, établissez le tablier de cette travée comme si la première palée était un chevalet.; poursuivez la construction du pont , en fonçant toutes les palées comme la première , et conformez-vous pour le tablier à ce que l’on a prescrit pour le tablier des ponts de chevalet. ( 1 liv. , chap. V. )
ESSAI U UME. INSTRl CTIOS
Pont de César sur le Rhin ;t).
Wr.
César se détermina à passer le Rhin pour contenir les Germains, et empêcher leurs fréquentes excursions dans les Gaules ; il voulut leur inspirer des craintes pour leur propre pays , et leur prouver que les Romains pouvaient et osaient franchir ce fleuve rapide. Il aurait pu exécuter ce passage en se servant des bateaux que lui offraient les peuples de la rive gauche , mais il préféra , avec raison, faire construire un pont sur pilotis qui lui offrait l’avantage de n’être point à la merci des barbares , d’employer ses légions , et de faire voir ce dont elles étaient capables , et surtout d’assurer la retraite de son armée , si contre son attente elle éprouvait un échec dans un pays où elle portait la guerre pour la première fois.
La construction du pont de César mérite de fixer notre attention par sa dissemblance avec le mode suivi actuellement pour l’établissement des ponts de pilotis.
Chacune des palées de ce pont était composée de quatre pilots ; cespilots avaient o mètre 48 centimètres ( 1 8 pouces) de grosseur, et leur longueur était proportionnée à la profondeur du fleuve ; mais, au lieu de les battre d’aplomb et de les mettre en file suivant la direction du courant, on les enfonça obliquement , et eu sens contraire, dans le lit
(I). Voyez les Commentaires de César et les œuvics de Rondelet et de Gauthey. • .
de la rivière , deux en amont et deux en aval. Ces qûatre pilots représentaient exactement par leur position les qua* tre pieds d’un de nos chevalets ordinaires que l’on aurait placé dans la rivière prêt à être ponté. (Voyez 1 liv., PI. 3, fig. 7, etpl, 4, fig. 9.)
Les deux pilots d’aval étaient à 13 mètres ( 40 pieds) des deux pilots d’amont , et chaque couple de pilots fut coiffé d’un chapeau. On plaça sur les deux chapeaux de ces quatre pilots, qui formaient une palée , un sommier ou support pour porter les longerons du pont ; ce support était iixé sur les chapeaux par des boulons ou des chevilles en fer. Les longerons furent recouverts de elaies pour former le chemin ou la voie du pont. • .
Les pilots d’aval étaient soutenus par d’autres pieux inclinés en contre- fiches. Les palées. étaient garanties en amont par d’autres pieux qui les préservaient du choc des troncs d’arbres , et des bateaux que les barbares auraient pu .abandonner au courant de l’eau pour détruire le pont.
Suivant César, la fermeté et la nature de l’assemblage des palées, formées de pièces inclinées en sens contraire , était si grandej que la violence du courant, au. lieu de les disjoindre., contribuait a les resserrer avec plus île force.
L’armée romaine passa sur ce pont dix jours après qu’on eut commencé à apporter les bois pour le construire.
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Pont de pilotis construit en 1809 sur le Danube, devant Ebersdorf, par les ■ , troupes du génie.
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i Napoléon , après la bataille d’Essling , ordonna de construire devant Ebersdorf, indépendamment des ponts de
312 ESSAI DrCJNE INSTRUCTION
bateaux jetés par les pontonniers , des ponts de pilotis sur les deux premiers bras du Danube.
Ces ponts f qu établirent les troupes du génie, sous la direction du général Bertrand, avaient 770 mètres de développement. On y comptait 00 travées, dont 41 au pont tendu sur le premier bras , et 19 au pont du second bras , l’ouverture ou la longueur des travées variaient de 7 à 15 mètres. Chaque palée était composée de cinq pilots de 28 îL/30 centimètres de diamètre , et placés à 8 décimètres l’un de l’autre , distance mesurée de milieu à milieu; ces pilots étaient reliés par deux nioises en écharpe , et par une troisième placée horizontalement un peu au-dessous de la hauteur moyenne des eaux.
Les chapeaux qui couronnaient les palées avaient 4™.(i0 de longueur sur 23 à 24 centimètres d’équarrissage , ils étaient fixés aux pilots par de forts clameaux en fer.
Le niveau du tablier du pont dépassait de 1”.30 environ les hautes eaux ordinaires , qui s’élevaient de 7 à 8 mètres au-dessus du lit du flèuve dans les endroits les plus profonds. ,
Il y avait par travée cinq longerons de bois en grume , ayant 18 à 19 centimètres de diamètre moyen , ces longerons furent recouverts de deux rangs de madriers de 4 à 5 centimètres d’épaisseur chacun. Ces madriers étaient assujettis par des guindages qui laissaient entre eux une voie de 3m.70 , la largeur totale du tablier était de 4m.20 ; les garde - fous furent formés de potelets de- 8 décimètres de hauteur, et placés de 4 en 4 mètres en dehors des guindages, on les coilla d’une lisse et on les maintint par des liens arcs-boutant , en dehorS'et en dedans duguindage. On plaça derrière les garde-fous, et de 20 en 20 mètres , des poteaux delm 80, qui portaient des lanternes pour éclairer le pont pendant la nuit.
On construisit un autre pont de pilotis sur le second bras, à 40 ou 50 mètres en amont de celui dont on vient dë parler , on ne mit par palée que trois pilots reliés par des moises. Ce pont, destiné au passage de l’infanterie seulement, avait 400 mètres environ de longueur et I'n.65 de voie. La force du courant lui imprimait un tel balancement, qu’il fallait se tenir aux garde-fous pour le traverser sans être renversé. Ces ponts furent couverts et mis à l’abri des teptatives de l’ennemi par une estacade en pilotis, construite à 4 ou 500 mètres en amont; elle se composait de deux parties, dont les extrémités venaient aboutir à la pointe inférieure d’une petite lie
On employa à la construction des ponts et de l’estacade sept sonnettes montées sur des bateaux du Danube.
Tout ce grand et beau travail fut terminé en moins de vingt jours.
Pont de pilotis construit en 1809 sur le Danube, devant Vienne, • par les pontonniers.
La victoire cle Wagram ne termina pas- immédiatement les hostilités entre la France et l’Autriche.
La Prusse et la Russie, sollicitées secrètement par l'A utriche, pouvaient d’un instant à l’ailtre prendre les armes en sa faveur et diriger leurs force» réunies sur Vienne.
Napoléon , pour s’assurer la possession de cette capitale , fit fortifier Spitz, qui se trouve sur la rive gauche du Danube,vis-à-vis de Vienne', et il fit établir de fortes têtes de pont dans l’île Tabor.
31k ESSAI d’une instruction
On jeta des ponts, de bateaux sur les trois bras du Danube pour communiquer de Vienne à Spitz, mais l’empereur ordonna de les remplacer par des ponts de pilotis.
La 9e compagnie du 1er bataillon de pontonniers , sous les ordres du capitaine Baillot , fut chargée de ce travail important, on lui adjoignit une centaine' de paysans autrichiens. , •
On établit ces ponts à l’emplacement même des anciens ponts de pilotis , que l’armée autrichienne avait brûlés et entièrement détruits en se retirant.'
On employa, pour battre les pilots, huit sonnettes, dont trois à. déclic et cinq à tiraudes. Chaque palée fut composée de treize pilots en sapin , battus jusqu’au refus , quelques pilots prenaient jusqu’à 5 et 6 mètres de fiche.
Les pilots placés dans les endroits les plus profonds du fleuve avaient 16 à 18 mètres de hauteur et 55 à 66 eentimètres.d’équarrissage , des moises en écharpe et horizontales reliaient les pilots d’une même palée, et les chapeaux furent assemblés àtenoiis et mortaises sur les pilots.
L’ouverture des travées variait de 10 à 12 mètres.
Le tablier du pont fut formé de treize longerons , qu’on recouvrit, au lieu de madriers, avec des lambourdes de 12 centimètres d’équarrissage, que l’on- chevilla sur les longerons ; des garde-fous furent établis de chaque côté du pont. -
On plaça, à. quelques centimètres au-dessus du tablier et de chaque côté, un trottoir pour les piétons.
La voie de ces ponts.était large et spacieuse, les voitures pouvaient s’y croiser sans inconvénient.
Ces ponts , auxquels on ne commença à travailler que dans le courant de septembre 1809 , furent terminés avant la conclusion du traité de paix. ‘ . .«
Nous ne ferons pas ressortir tout ce que l’établissement de ces ponts a eu de remarquable , et nous n'insisterons pas sur les difficultés que l’on eut à vaincre.
Les pontonniers construisirent encore des ponts de pilotis en 1814. sur le Pô , à Borgo-Forte, mais nous n’avons pu nous procurer aucune donnée sur ces ponts.
ESSAI DUNE INSTRUCTION