‹ Essai d'une instruction sur le passage des rivières et la construction des ponts militaires à l'usage des troupes de toutes armesChapitre 28 sur 48 · Faire éteindre les feux · texte numérisé non relu

Faire éteindre les feux

SUR JÆr PASSA&E DES ;/U#IÈilES. $57'

8. ^ Interdire Je passage aux g-en* du .pays qui n’en auraient pas l’autorisation ou qui refusera ien t de solder les droits de péage (1).

9. Prévenir le chef du poste dès qu’on aperçoit un corps Agitant amené par les eaux-, et. aussitôt que le pop t est menacé de- quelque. danger*. Le dç voir des sentinelles dans ce cas est de faire évacuer le pont et d’interdire * tout passage, .

Les sentinelles placées en amont et en aval du. pont auront pour consigne, de faire aborder à temps, et de faire amarrer . solidemcjn J à la rive les bateaux et radeaux du commerce et. de les arrèlçr jusqu’aux heures fixées pour l’ouvertjjnre de la portière* Les sentinelles d’amont donneront l’alerte lorsqu’elles découvriront des corps flottants entraînés par le courant* ... . . .... . ;

La garde d’un pont devant toujours être prêle àtravaibler, les. sentinelles placées à l’entrée du pont seront seules en tenue de service. ...... ,

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Le commandant du détachement, après avoir établi la garde-du pont , fera ranger par les.hommes disponibles le matériel dont on ne s’esL p;is servi ; on le placera dans L’prdre le plus convenable pour assurer sa conservation, et de manière à l’avoir promptement à sa disposition à J’inr stantde l’utiliser.

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(1) Ou établit presque toujours un droit de péage pour les gensdu pays qui veulent franchir les ponts militaires; le produit des recettes est Versé dan» les caisses de l’artillerie ; sur ces fonds, le général accorde de* gratifications aux pontonniers. Cette indemnité leur est due, elle sert à bonifier l'ordinaire , et la masse individuelle d'hommes qui fatiguent jour et nuit , et qui usent beaucoup d'effets de linge et chaus- - sure- 1 O < • . i . : r. r

'358 bssa-i p’uns imstbüctioh

Sila rivière est très-large et que l’on n’ait pas de surprise à craindre de la part de l'ennemi, K>n formera des dépôts de matériaux sur les deux rives.

Les bateaux et radeaux seroiit solidement amarrés le long des rives, eh aval du pont et autant que possible dans une gare, ou rentrant à l’abri des corps flottants entrât né par le courant. '

Les voitures des équipages de pont seront parquées non loin du pônt, dans un emplacement hors d’atteinte du canon de l'ennemi. • ‘

Les chevalets ordinaires et à chapeau mobile seront rangé? sur les rives et près du pont ; les poutrelles et madriers empilés près des culéësde manière que l?air puisse circuler dans l’intérieur des piles ; les grands cordages seront roulés avec soin et par espècé, et les menus cordages liés par paquets. -,

On emmagasinera les cordages et tous les menus objets dans un hangar à proximité du pont , à son défaut, on élèvera avec des chevalets, quelques poutrelles et madriers un appentis pour les mettre à couvert. - • •

On organisera aussi des ateliers pour les ouvriers en bois et'en fer, pour les cordiers et l’on placera des sentinelle? pour veiller sur tout ce matériel.

Il est indispensable, lorsqu’un pont doit rester quelque temps tendu, d’avoir une réserve en matériaux assez considérable pour parer à tous les accidents et assurer, quoi qu’d arrive, lë maintieh de la communication. Si lexhef du dé-

tacberaent prévoit que la réserve dont il dispose «st insuffisante , il fera par lui-même ou fera faire des reconnaissances le long des riyes ; il rendra compte des ressources qu’offre le pays ; et suivant les ordres qu’il recevra, ilachè-

SIR ta M*WGB DBS KtVJÈRES. 3.19

tera bit fera mettre' en réquisition tous les objets Joui il croira avoir bespin pour l’entretisn et la conservation du pont. "v -

Le chef dn détachement ne souffrira jamais, 4 moins de péeessitê absolue, que dés bateaux ou radeaux, des moulins surbateaux ou radeaux , restent amarrés à peu de distance au-dessus du péril; ces corps flottants peuvent se. détacher eU être détachés par la malveillance et causer* des dégâts au pont ; il fera aussi mettre à lçau,' et descendre en aval du pont, les bateaux échoués. es amont , une crue pourrait le» soulever, et les entraîner sur le pont; ce motif exige aussi que l’on fasse éloigner des rives les dépôts de bois dont on ne se serait pas emparé.

Le chef du détachement surveillera de jour comme de nuit les différents postes qu’il a placés ; il tiendra la main à ce que les consignes et les travaux ordonnés soient exactement exécutés ; il examinera fréquemment et dans le plus grand détail toutes le3 parties du pont, et il fera rectifier tout ce qui lui paraîtra défectueux. Si le fond de la rivière est peu consistant, il fera soulever de temps à autre les ancres qui, sans cette précaution, finiraient par s'enterrer, au point qu’ôn ne pourrait plus les retirer. 11 sc portera avec un détachement partout oit il y aura un travail urgent . à faire; il cherchera, par tous les moyens qui sont à sa disposition, 4 donner au ponlle plus haut degré de stabilité ?t de solidité, et 4 diminuer les travaux journaliers qu’exige son entretien.' Si par suite des travaux à exécuter la communication doit être interrompue, il combinera cette opération de manière à la terminer dans lé moins de temps possible, et à lu faire de nuit ou au moment de la journée où l’on présume qu’il passera le moins de monde sur le pont.

SV K LK PASSAGE DES AlViji*EB. 364

ouvrir la- portière ni pendant la nuit, ni par an fort brouillard , ni par un gréé temps. Le. pilote le plus expérimenté pourrait manquer la coupure, tomber sur le pont avec son bateau et 'causer de graves accidents. f .■ , ,

“' Lorsque la. portière est ouverterlq6 bateaux et radeaux arrêtés en amont passeront les premiers, successivement et à quelque distance les nns des autres. .-Le chef du poste., avant de permettre à un bateau de pousser au large, s’informera s’il a un pilote. capable de le diriger,, dans le cas contraire il le fêta gbuyerner par un pontonnier, bon batelier, et- qui connaisse la rivière. 11 sera toujours prudent, en pays ennemi, de faire monter un pontonnier à bord de chaque bateau, il surveillera le pilote et il l’empêchera que par malveillance il ne heurte le pont en passant. ;

On redoublera dé précautions sur les courants rapides, on ne laissera descendre, un bateau que lorsque celui qui le précède aura dépassé- le pont-. L’on exigera ,que. les grands bateaux ou radeaux mouillent une oii plusieurs ancres à quelque distance en amont du pont et qu’ils passent dans la coupure en se laissant descentlre.avee précaution sur les cordages d’ancres. Si la coupure est peu. éloignée d’une des rives , les bateaux et radeaux pourront se laisser descendre sur des lignes de halage tenues en retraite de dessus terres -r

On ferait mieux pour plus de sécurité, lorsque les bateaux sont obligés de se laisser descendre sur des cordages d’ancres , dembuîilerè t’avance avec de bons cordages de fortes ancres ou des cofps perdus sur la résistance desquels *on puisse compter , que de se fier sur les ancres que lès bateaux mouilleront , et qui pourront , ouêtré mal jetées, Ou chasser après avoir été mouillées; . .

Les Jjateaux et radeaux arrêtés en aval du pont remon-

363 ESSAI U II NE INSTRUCTION

teront a près1 le passage des bateaux venus d'amont , on les Iialera dé dessus la riye. au moyen d’un ou de plusieurs forts contages dont on aura reconnu la bonté r. mais si la coupure du pont est éloignée de la. rive-, et que la .rivière soitlar^e, rapide èt profonde, et que Ion ne puisse remonter à la gaffe, on fera mouiller des ancres en aroOB t, et Vup se remontera erv agissant, sur les cordages d ancres.

La première ancre serit mouillée en amont du peint dans la direction delà coupure, la seconde en amont de- la {<romïère, ét vers la ru e où se trouve le chemin de bahigç, afin que le bateau, qui a passé la coupure et qui ;i reçu le second corddge puisse faire pont volant , se rapprocher de la rive , et recevoir la ligne de balage , euJ'wvvoyer à terre. Ou mouillerait utfe troisième, u fie quatrième ancre plus en amont encore et plus rapprochée de la rive sida largeur de la rivière l’exigeait. Les cordages d ancres sont portée au bàteaa par une nacelle mutilée par de bons bateliers. ■ ■ '

Il faudra ordonner, par mesure de précaution, que fout bateau ou radeau qui passe au travers de la coupure d’up pont* soit muni d’une ancre prête à; être mofiillée.

Remplacement d tm-eorp» de support placé sous ua pORi

Un pont ne peut rester longtemps tendu sans qu’il devienne nécessaire de, remplacer quslques-ufll des corps de support qui ont servi à sa construction » soit parce que ces corps de support ont besoin d’être réparés, soit parce qu’ils ont été mis hors de service ; l’on, sait aussi que, lors des basses eaux , ou est forcé de substituer des chevalets

SV H VE PASSAGE DES RtVIÈ*ES. 363

aux bateaux , et de foire le contraire quand la rivière vient Ji croître, ; U;1 ' • » » . • : i

En général , pour remplacer un corps de support par un autres il fout le déponter, l’Ater et poàter l’autre, mis à sa place,. par les règles ordinaires du pontage. -Cependant, le remplacement peut quelquefois s’effectuer sans replier entièrement le tablier, -et par conséquent sans interrompre tout à fait la-commuhicatibn. » *

R emplacement d un bateau par des chevalets à chapeau mobile oit par des chevalets ordinaires , et vio? versâ. Pour exécuter cette manoeuvre , . on ôte les guindages que se croisent sur le bateau à remplacer, on découvre à l’endroit où les poutrelles sont breléesou clamâudées, on retire les commandes ou les clameaux, et l’on replace les madriers.- I>’on- attache ensuite des palans aux poupées du bateau fi enlever, on- prend pour, seconds points d’attache des palans, des piquets plantés sur la rive ou les poupées du second bateau après celui à remplacer, on démarre les traversières, et l’on agit aux palans pour foire glisser le bateau d’environ i", 50 sous les poutrelles ; au défout de palans on ferait glisser le bateau en faisant tirer par des hommes sur des cordages attachés aux poupées.- On peut encore se -servir pour cette opération de deux crics; des hommes entrent dans le bateauavec les Crics, placent un madrier sous les poutrelles çt Soulèvent le tablier au moyen des cries , en appliquant leurs cornes contre le madrier, l’un des crics correspondra sous la poutrelle d'amont , l’autre sous la poutrelle d’aval ; on inclinera les crics de manière que lears pieds soient près du bordage opposé à celui vers lequelle bateau devra glisser-, lorsque le tablier est soulevé paries crics, il suffit de quelques hommes aux traversières pour faire avancer le bateau. Rien déplus facile alors que de

3Ç4 . . ÏSSil d’uiIIU 1A8T R U CTI© N

placer un chevalet ù chapeau mobile son s les pQutreilesdes deux travées à l’endroit où elles se croisent; d’élever le chapeau , et. par conséquent , le tablier jusqifà ce qu’on puisse facilement retirer le bateau de dessous le pont; le bateau ôté, on abaissera le chapeau du chevalet pour mettre le tablier de niveau.

Si la portée des poutrelles, qui résultera .du Emplacement du bateau par un chevalet, est trop grande relativement aux fardeaux que le pont doit supporter, on remplacera le bateau par deux chevalets à chapeau mobile, dont les chapeaux occuperont la place des plats-bords dm bateau-, . ■ .>.» • - . . - . • • * . ■ . i •••

Lorsque le bateau doit être remplacé par un chevalet ordinaire, on subs tituera * d’abord au bateau un chevalet. à chapeau mobile, dont on élèyera assez le cbppe.au pour pouvoir placer le chevalet ordinaire sous le pont, puis l’on fait porter le tabber par ce chevalet, etd’on retire le chevalet à chapeau mobile. Si l’on était obligé de remplacer le bateau par. deux chevalets ordinaires, leurs chapeaux occuperaient la pl ace des plats— bords du bateau. . .* , i ; Pour remettre un bateau à la place d’un chevalet à, chapeau mobile, on charge le bateaud’hommes, d’eau ou de pierres, pour abaisser les plats-bords, on l’introduit sous de pont* contre le chevalet; on décharge le bateau, et l’on abaisse le chapeau du chevalet jusqu’à ce que le bateau supporte le tablier; on ôte le chevalet et l’on fait glisser le bateau sous les poutrelles au moyen 4c palans ou de crics, afin de le mettre à la place qu’il doit occuper.

Si l’on doit remettre un Liteau à la place d’un chevalet ordinaire, ôn remplace d’abord celui-ci par un chevalet à chapeau mobile, et l’on opère ensuite comme on vient de le dire. b •«•••. •• ' n

sur le Passage des rivières. 36S

Lorsqu Cn construisant un pont on prévoit- que l’on sera obligé «le remplacer un bateâu par un chevalet ordinaire^ on tâchera de faire dépasser les extrémités -des poutrelles de 40 à 50 centimètres au delà de» plats-bords , il né sera plus nécessaire alors de faire glisser le bateau sons les poutrelles, ni d’employer de chevalet à chapeau mobile avant de placer le chevalet ordinaire ; on mettra ce ché* valet tôut contre le bpteau aussitôt qu'onpoürra l’introduire et l’asseoir solidement sous le pont , le tablier êia s’abaissant viendra de lui-même Se poster sur le chapeau du chevalet, et l’on n’aura plus qu!à retirer le bateau. Lè remplacement du chevalet par un bateau nbflWra!pds plus de difflcidlést* •*’ taon-

1 On éviterait le travail qu’exige le’ remplacement .des bateaux par des chevalets, en employant un moyen analogue à celui qui est mis en pratique au pont du Rhin, pré» deKehl : on a établi sur les bas-fonds des palées de trois pi» lois, plus élevées de quelques centimètres seulement audessus du fond «le la rivière, que la- hauteur des bordageâ des bateaux; près de ehncune de ees palées on a placé «ri bateau, et les poutrelles du tablier sont disposées de manière qu’elles se croisent sur les deux plats-bords du ba-i teau et sur le chapeau de la palée-, les poutrelles sont jumellées-par couple ; mais elles ne sont assujéties ni- sür les plats»bords des bateaux ni sur le chapeau de la pillée ; en sorte que quand lés eaux sont basses c’est la palée qui supporte le tablier; si une Crue survient le bateau s’élève, et il porte à Son- tour le tablier. Le travail des homme» de-garde se borne' à allonger au à raccourcir lès cordages d'ancres des bateaux.- On pourrait, au lieu d'une palée en pilotis , placer un chevalet ordinaire ou deux montants de chevalets à chapeau mobile, solidement assujettis sur le fond delà rivière. : * >• ; vo*-

366 essai jj’une imsthhction

Remplacer ut} bateau par un autre bateau : on ehatge te bateau de remplacenrienUavec des homme#, de l'eau ou des pierres, jusqu’à ce qu’il puisse passer «dus le tablier du pont, on l'introduit sous le pont, et on l’amarre à l’avant et à l’arrièreau bateau à remplacer; on débcèle tous les cordages qui lient ce bateau au tablier, du pont, et on le fait glisser au moyen de palans ou de cries sous les poutrelles, jusqu’à ce que le bateau de remplacement ait pria.su place, on passe le chargement d’un bateau dans l’autre, on ôte le bateau remplacé de . dessous le pont, et lonfix e le tablier Sur le bateau de remplacement. : -j

Si tous le* bateaux dont on dispose se trouvent sons le pont, et qu’il sûit urgent d en retirer un pour le réparer:, et qu’on ne puisse le remplacer ni par un radeau ni par un chevalet, on pourra mettre à sa place deux nacelles accouplées. On placera ce*, nacelles bord à bord , et on les assemblera Hune contre l’antre au moyeu de deux traverses que l’on fixera, sur les quatre plats-bords,, par des clameaux ou de6 commandes, il sera .préférable d’entailler ces traverses én dessous .pour le logement des platsbords , et de le# arrêter par des cloiis ; on mettra sur les traverses deux supports dans Je sens de la lortaüeur des nacelles, et au milieu de leur largeur, l’on fixera ces supportsaux traverses par des clameaux ou desçorn mandes. On amènera les nacelles ainsi préparées Sous le pont, et l’on fera croiser Jes poutrelles du tablier sur les deux supports. Si deux aàoelle# étaient trop faibles pour servir de corps de support, on amarrerait une seconde couple derrière la première, et l’on placerait deux longs support* sur toutes les traverses , en ayant soi» que fe* centres de gravité des nacelles soient compris entre les traverses extrêmes. ...

On pourra encore, au défaut d’autre moyen, remplacer

SUR US PMàtiKGE DES RIVIÈRES. iiil

tin corps de support par deux ou quatre longerons, assez, longs pour porter sur les deux corps de support voisins de celui à ôter ; et d’un équarrissage assez fort pour soutenir le poids du tablier et des fardeaux qui passeront sur le ponf. On placera ces longerons en nombre égal de chnquecôté et tout près du tablier, t lon lesassujettira solidement sur les corps de support qui les soutiennent ; cela fait, on repliera les deux travées du pont, et l’on retirera le corps de support à remplacer, puis on mettra sur les longerons, au milieu de l’intervalle à ponter, une traverse que l’on fixera avec des clameaux ou avec des commandes sur les longerons, et l’on reconstruira le pont en faisant croiser les poutrelles du tablier sur la traverse que l’on vient de placer.

Seutever tes ancres d'amont dm panttpd rate tendu.

Cîette opération ne présente aucune difficulté ’suf les rivières peu profondes et peu rapides, on amène là nacelle chargée de soulever l’ancre, en aval dupont prèsdu bateau ancré, on la fait passer sous le tablier, deux hommes saisissent le cordage d’ancre, remontent la nacelle jusqu’au-* dessus de l’qnçre, la soulèvent, et la laissent retomber; l’ancre abandonnée on remonte la nacelle, et on la con luit à la rive.

On ne pourrait employer ce moyen sur un courant qui dépasserait un mètre de vitesse par seconde, il y aurait à craindre que la nacelle ne fût entraînée par le courant ét jetée en travers sur le pont’. Voici comment' il noua semble qu’on devrait s y prendre : mener une nacelle assez

308 «SSAI d’une INSTRUCTION

loin en amont du pont, la distance dépendra de la largeur et de la rapidité de la rivière, la munir d’une ancre et d'un cordage d’ancre très-long, ou de deux ou trois cordages d’ancres prolongés , faire mouiller l’ancre, et laisser descendre la nacelle avec précaution jusqu a ce que l’on puisse saisir le cordage de l’ancre à soulever, ou la bouée, qui est fixé à l’orin (1), femontcr la nacelle, soulever l'ancre et l'abandonner ensuite, en se maintenant sur le cordage d’ancre de la' nacelle , redescendre la naceHe en faisant pont volant pour atteindre un second cordage d’ancre, ou relever l’ancre de la nacelle et la mouiller plus au large. Les ancres d’aval sont trop faciles à soulever pour (fu’il soit nécessaire d’entrer à ce sujet dans le moindre détail. • - - -0 i > Kri HV

Cuuscrvatiou 4 es goûts pendant la saison des.glaccs.

Les premiers effets d’un froid un peu intense sont de former dans les rivières des glaçons que les eaux charrient avec elles, et qui endommagent par leur choc ei par leur frottement les cordages d’ançres et les corps de support des ponts. ;

On garantira la partie exposée des cordages d’ancres en la ficelànt, en la garnissant d’un bourrelet en toile, ou d'un fourreau en cuir , en la couvrant d’iin chapiteau ou

(i) La boute est un baril ou un autre corps flottant qu'on' attaché à un des bouts d’an cordage nommé orin, dont l'autre bout est fixé à Venc ol ure de l'ancre ou à l'anuoju de f encolure. L’encolure est. l'endroit où la verge de l'ancre et les !*r is sont réunis.tLa bouée sert i faire retrouver l'ancré.

SUR LE PASSAGE DES RIVIÈRES, tcn l’enfermant dans un auget. On cherchera à remplacer les cordages par des chaînes, ou, ce qui serait préférable, on plantera, si on en a le temps et les moyens, un pilot devant chacun des corps de support, ces pilots serviront de brise-glaces, et permettront d’amarrer les cordages audessus de la surface des eaux. On préservera l’avant-bec et les bordnges des bateaux , surtout ceux en sapin des équipages de ponts, en revêtissant ces parties extérieurement de planches épaisses.

Lefroidpersistant, les glaçons deviennent plus nombreux et plus volumineux, arrêtés parles corps de supports des ponts, ils ne passent que difficilement entre les travées, s’agglomèrent en amont du pont, et ne tardent pas à barrer la rivière presque entièrement en cet endroit ; cette masse de glace exerce contre les ponts , et particulièrement contre les ponts militaires, une pression capable de les faire rompre. 11 est urgent de s’opposer à cet effet, et de s’occuper des moyens à employer pour faciliter le passage des glaces au fur à mesure de leur arrivée contre le pont ; on placera des hommes armés de gaffes à pointes et à croc , le long du tablier et sur l’avant-bec des bateaux, on les chargera de dégager les glaçons arrêtés parles corps de supports, et de les diriger dans l’intervalle des travées. Mais quand les glaçons, par leur étendue, ne pourront plus passer entre les corps de supports, on ouvrira de temps à autre, pour leur livrer passage, la portion du pont contre laquelle ils sont amoncelés , ou bien l’on cherchera à diviser et à briser les glaçons par le choc d’un corps pesant ; l’appareil se composera de deux perches fixées sur l’avant du bateau, et qui se croiseront par le haut en dehors du nez du bateau ; on placera à la jonction des perches une poulie , on passera un cordage dans la gorge de cette (Tome I, 3” Liv.) ‘ ° 24,

Lorsque, par suite de l’intensité du froid, une partie du pont ou le pont entier se trouvera enfermé dans les glaces, il est indispensable, pour la conservation des corps de supports , de faire casser journellement la glace qui se forme à l’entour d’eux , de retirer les morceaux et de les jeter au loin.

Il y aurait peut-être un moyen d’empêcher les glaçons charriés d’arriver jusqu’au pont , ce serait debarer la rivière en amont, par une rangée de pilots, ou par quelques bateaux ancrés solidement au travers de la rivière ; cet obstacle arrêtera les glaces , et si le froid continue, ces glaces prendront entre elles et formeront un barrage qui s’étendra de plus en plus en amont, et qui pourra lui-même servir de moyen de communication d’une rive à l’autre ; mais plus il y aura de glace amoncelée en amont , plus il sera prudent de replier le pont avant la débâcle.

Tous les ponts militaires, ceux de cordages exceptés, étant exposés à être emportés par la débâcle des glaces, oü

charge de 1k. 223 ( 21iv. et demie) placée à O» 80, un diamètre de 6 mètres ; la même charge , placée à un mètre sous la glace , a donné un cercle de 8 mètres de diamètre; 5° avec une charge de 1k. 468 ( 3 liv.) placée à un mètre , un diamètre de 5m. 50 , et une forte gerbe de glace ;

6“ avec la même charge placée à 1“.20 sous une glace de 0".23 (8 pouc. et demi) d'épaisseur, un diamètre de 7"’- et une forte gerbe de glace ; la f

même charge . placée à 1m.30 sur le fond même , n'a donné qu'un cercle de 5n>. de diamètre, mais avec une gerbe de glace et de vase.

On peut déduire de ces épreuves, qu'il est facile, avec de petites quantités de poudre , placées sous la glace à des distances convenables, de la briser promptement , avec peu de travail , et sans que les morceaux jaillissent sur le pont.

Au lieu de mettre la poudre dans des bottes de fer-blanc , qu’il ne sera pas toujours possible de se procurer en campagne, on pourra la renfermer dans des tonnelets ou dans des petites caisses bien calfatées et goudronnées.

37*2 ESSAI d’une, instruction

doit les replier avant cemoment critique; pour ramener contrela rive les bateaux ou radeaux des ponts que I’od replie, on fera une coupure en aval , dirigée vers une gare où les bateaux seront à l’abri , ou vers une rampe commode pour les tirer à terre ; mais si la glace a déjà une certaine épaisseur, on peut, au lieu de pratiquer cette coupure, élever les corps de supports sur la glace et les traîner ensuite à terre.

Dans le nord de l’Europe, les ponts.de pilotis sont fréquemment enlevés par les débâcles; tout ce que l’on peut faire pour ces ponts, c’est de replier le tablier et de se préparer à remplacer les palées qui seront emportées.

Malgré les mesures de précaution que l’on vient de prescrire pour la conservation des ponts de bateaux et de radeaux pendant le cbariage des glaces, on a toujours à craindre sur les rivières rapides qu’ils ne soient rompus et entraînés d’un instant à l’autre; il sera donc prudent si les circonstances le permettent de les replier et de les remplacer soit par une traille , un bac , ou un pont volant.

Etablissement des cstacades.

Les ponts militaires jetés à proximité d'un ennemi entreprenant, maître du cours supérieur de la rivière, seraient continuellement exposés à être détruits par les corps flottants et les machines incendiaires ou infernales que l’ennemi abandonnera au courant , si l’on ne prenait des mesures pour tâcher de les arrêter avant leur arrivée sur les ponts; c’est dans ce but que l’on place à quelque dis-

tance en amont des ponts, des postes d’observation, et que l’on barre, par des estacades, la rivière dans toute sa largeur.

Nous avons déjà vu que les Espagnols couvrirent le pont jeté en 1585sur l'Escaut, au-dessous d’Anvers, d’une estacade composée de nacelles , elle ne fut point assez forte pour résister au choc des machines infernales envoyées par les Flamands ; les ponts jetés par les Français en 1809 sur le Danube furent précédés d’une estacade en pilotis; et en 181i les Anglais placèrent en amont de leur pont sur l'Adour, une estacade composée d’une double rangée de grands mâts.

Les estacades dont les Français se servirent en 1793 et 179o pour couvrir les ponts qu’ils avaient jetés sur le Rbin , étaient composées d'arbres en sapin, mis boüt à bout, et encbaînés les uns aux autres. Ces estacades ne furent pas d’un grand secours , les bateaux envoyés par l’ennemi passaient par-dessus , et l’on ne dégageait que très-difficilement les arbres qu’elles arrêtaient.

Une estacade ne sera bien établie qu’autant qu’aucun corps flottant ne pourra la franchir, quelle soutiendra leur choc sans se rompre, et que son inclinaison, par rapport au courant, sera telle, que les corps flottants arrêtés soient forcés, par l’action du courant, de glisser le long des pièces qui k composent, et de venir échouer à la rive ou sur les bas-fonds ; sans celte inclinaison , un corps flottant qui s’arrêterait au milieu de l’estacade la fatiguerait beaucoup et serait dans le cas de la faire rompre.

Il y a différentes manières de barrer les rivières par des estacades , mais nous ne nous arrêterons qu’aux estacades dont seservent les pontonniers, ou que l’on peut construire à la guerre en peu de temps.

31k ESSAI d’une instruction

Les estacades flottantes, que l’on a adoptées en France après divers essais, se composent de pièces que l'on réunit bout à bout avec des chaînes. Chaque pièce est formée d’un, de deux ou de trois arbres en sapin, selon la force du courant.

Les estacades ,dont les pièces n’ont qu’un arbre ( PL 8 , fig. 1), se tendent sur les rivières dont le courant n’excède pas 1“.1Q de vitesse par seconde.

Les arbres a de cette estacade sont réunis par deschaînes g , dont les billots h se passent dans les anneaux df qui tiennent chacun à un double anneau à tige c. Ce double anneau se loge dans une entaille faite au bout de l’arbre et suivant son axe ; il est retenu par un boulon à clavette b qui traverse l’arbre ; deux clameaux e, placés au bout de l’arbre en dessus et en dessous delà tige de l’anneau dou-» ble , maintiennent cet anneau dans la direction de l’axe de l’arbre. Les arbres sont munis d’une [rettefk chacune de leur extrémité.

On se servira, sur les rivières qui ont jusqu’à 1“.50 de vitesse par seconde , d’estacades dont les pièces sont composées de deux arbres (fig. 2). Les deux arbres de chaque pièce auront exactementla même longueur, et le petit bout de l’un correspondra au gros bout de l’autre. Les pièces se réunissent par des chaînes comqae dans l’estacade précédente , mais on loge le double anneau à tige c dans une entaille que l’on fait entre les bouts jointifs des arbres. Les boutons à clavettes traversent les deux arbres et suffisent pour les maiulenir l’un contre l’autre.

Les estacades, dontles pièces ont trois arbres (fig. 3), sont destinées à être tendues sur les rivières les plus rapides. On forme d’abord les pièces de deux arbres, et l’on place ensuite le troisième arbre au-dessus de ceux-ci, et on l’y fixe

• son LE PASSAGE BES RIVIÈRES. 37$

par des clameaux ou par des cordages fortemcut brélés , ou par des liens en fer qui embrassent les trois arbres.

Le nombre de pièces à mettre à la suite des unes des autres pour former une estacade , dépendra de la longueur des pièces , de la largeur de la rivière et de l’inclinaison que l’on veut donner à l’estacade. En général, plus une estacade flottante sera inclinée, plus il sera facile de la tendre, mieux elle résistera au choc des corps flottants, et mieux aussi elle les rejettera vers la rive où aboutit le bout d’aval de Testacade.

Des expériences faites sur le Rhin ont démontré que toute estacade flottante doit faire, avec le courant, quelle que soit la vitesse, un angle de 20 à 25 degrés, condition qui exige que la longueur totale de l’estacade soit près de trois fois la largeur de la rivière.

Le choix du point où l’on fixera le bout d’amonCde l’estacade n’est point arbitraire, sa position doit , autant que possible, être telle, que l’extrémité d’aval aboutisse à la rive près de laquelle se trouve le moins fort courant, afin que les corps flottants, rejetés vers cette rive, exercent moins d’effort contre l’estacade, et qu’il soit plus facile de les retirer.

Les pièces qui doivent former une estacade flottante étant à l’eau et réunies les unes à la suite des autres le long de la rive, on se conformera à la manœuvre suivante pour tendre l’estacade en travers delà rivière : on plante en amont, le plus près possiblede l’eau, un fort pieu a (PI. 8, fig. 4), l’on fait placer sur la rive opposée une gaffe ou piquet en c au point présumé où devra aboutir l’extrémité d’aval de l’estacade. Ces deux points serviront à déterminer 1 alignement successif des pièces. On amarre solidement le bout d’amont de la première pièce au pieu a ; le bateau b

ESSAI DUNE INSTRUCTION

placé entre L'eslacade et la rive, est amarré à l’extrémité d’aval de la première pièce. Des nacelles sont chargées de mouiller les ancres; la nacelle qui a jeté la première ancre vient remettre le bout du cordage aux hommes qui sont dans le bateau, et elle se man lient sur le cordage d’ancre ; les hommes du bateau font effort sur le cordage d’ancre , le bateau en remontant pousse devant lui l’estacade, et l’on continue à haler jusqu’à ce que la première pièce «lit un peu dépassé son alignement ; l’on amarre alors le cordage d’ancre à la chaîne de jonction de la première et de la seconde pièce.

Il est difficile, sur un courant rapide, d’amarrer ce cordage sans que la pièce ne descende; pourl’empêcher, on fait attacher, parles hommes de la nacellequi a mouillé l’ancre, fine amarre doublée, au cordaged’ancre le plusen amont possible du bateau; on tend fortement, de dedans le bateau, les brinsde cette amarre et on les arrête aux poupées du bateau ; le bout libre du cordage d’ancre n’étant plus tendu, on peut l’amarrer sans difficulté à la chaîne de jonction; on détache l’amarre de secours, et la première pièce se trouve placée ; les autres pièces de l estacade se tendront successivement de la même manière. On emploie ordinairement, pour tendre les pièces d’une estacade, deux bateaux, 1 un place les pièces paires, l’autre les pièces impaires.

Les ancres sont jetées autant en amont que le permet la longueur des cordages d’ancres ; l’ancre de chaque pièce est mouillée un peu plus au large que ne l'y sera l’extrémité de la pièce lorsqu’elle sera placée ; les cordages des dernières pièces de l'estacadc sont amarrées sur la rive à des ancres ou à des piquets , ou à d’autres points résistants. On doit employer de bons cordages d’ancres

pour tendre une estacade , mieux vaudrait se servir de cbaines, elles offrent plus de résistance.

Il est peu probable qu’en plaçant les pièces d’une cslacade on parvienne à les mettre de suite toutes exactement dans la même direction, l’ensemble a besoin d’étre rectifié; pour obtenir cette rectification^ on attache, à l’extrémité d’aval de l’avant-dernière pièce, un cordage que l’on tend fortement avec un palan ou un cabestan, jusqu’à ce que toutes les parties de l’estacade soient en ligne droite, et l’on amarre ensuite ce cordage à up fort pieu planté sur la seconde rive; il ne serait pas prudent, surtout sur un courant rapide , de vouloir redresser une pièce en agissant sur son cordage d’ancre, il faut, lorsque le cas l’exige, mouiller une nouvelle ancre et remonter ou descendre la pièce en se servant de ce cordage, comme on vient de l’indiquer pour le placement de chaque pièce en particulier.

Le repliement de cette estacade est extrêmement simple : on démarre l’extrémité d’aval , et on lève successivement les ancres.

Si le courant est rapide ,on sera obligé , pour démarrer les cordages d’ancres, d’employer une amarre de secours, dont on se servira comme on l’a fait lorsqu'il s’agissait d’amarrer les cordages d’ancres à la chaîne de jonction des pièces d’estacade.

Une estacade flottante, dont les pièces seront appuyées contre une rangée de pilotis, présentera plus de solidité et de résistance que celle qui sera retenue par des cordages d’ancres qui peuvent se rompre ou être rompus d’un instant à l’autre par l’effort du courant ou le choc des corps flottants contre l’estacade.

L estacade qui couvrait, en 1SI3, les ponts jetés sur l’Elbe à Kcenigstein pour le passage de l’armée française,

était composée de 69 pilots également espacés -, l’intervalle laissé entre deux pilots était fermé par un arbre retenu à ses extrémités aux pilots par des chaînes assez peu tendues, afin que l’arbre puisse s’élever ou s’abaisser suivant le mouvement des eaux. Ce genre d’estacade a l’avantage de ne point interrompre la navigation , puisqu’il suffit de décrocher le bout d’un arbre pour donner passage, entre deux pilots, aux bateaux du commerce.

On s’est servi , pour barrer les rivières de largeur moyenne, d’eslacades dites d’une seule pièce ; on forme l’estacade d’une seule pièce en plaçant en cercle autour d’une chaîne ou d’un fort cordage , des files de mâts ou d’arbres ; les arbres d’une même file sont assemblés à leurs extrémités par des entailles à mi-boisou par des clameaux. On a soin, en réunissant les différentes files autour delà chaîne, de faire correspondre les joints d’une file sur les pleins dune autre; les files d’arbres sont maintenues en cercle par des liens en fer ou par des cordages fortement brélés. Cette estacade se tend par conversion, et vient s’appuyer contre une rangée de pilots placée dans une direction oblique par rapport au courant ; les deux extrémités de la chaîne ou du cordage qui est au centre de l’estacade sont amarrées à de forts pieux plantés sur les rives. Au défaut de pilots on maintiendrait l'estacade en place par des cordages d’ancres.

On tend aussi en travers des rivières des chaînes ou des câbles que l’on soutient à la surface des eaux par de légers corps flottants placés de distance en distance (1).

(1) On a rapporté en 1809 , de Vienne à Strasbourg, une chaîne qui avait servi à barrer un des bras du Danube. Cette chaîne, qui a été

SDH Le PASSAGE DES RIVIÈRES. 379

Les estacades en pilotis se construisent en enfonçant dans le lit de la rivière des pilots peu distants l’undel’autre, et que l’on réunit par des moises ou par des chapeaux. Si l’estacnde doit être composée de plusieurs rangées de pilots, on les placera en quinconce. Il est indispensable, sur des courants rapides, de battre les pilots jusqu’au refus et de les relier par des fortes moises, autrement ils seraient bientôt renversés et emportés par le courant. Qn peut , au lieu de donner une direction oblique aux estacades en pilotis, leur faire former, vers le milieu de la largeur de la rivière , un angle saillant en amont; les côtés de cet angle aboutiront aux rives.

On empêcherait encore les corps flottants d’arriver jusqu’au pont , en coulant en amont des bateaux chargés de pierres ou de graviers , mais il ne faut pas qu’il y ait plus de six pouces d’eau au-dessus des plats-bords des bateaux coulés, sans quoi ce moyen serait insuffisant. Il serait très-imprudent de barrer ainsi une rivière navigable, dont le cours pourrait être utile par la suite aux opérations de l’armée.

Les estacades flottantes ou de pilotis se placeront autant que possihle à 1,000 ou 1,200 mètres en amont des ponts, l’on choisira de préférence un emplacement où la rivière est divisée en plusieurs bras par des îles , par des bancs de gravier ou de sable, parce que les estacades partielles auront plus de solidité, et seront plus faciles à établir qu’une grande estacade, barrant la rivière dans toute sa

transportée, en 183G à Paris, a 175“.95 de longueur, et pèse 3275 kilogrammes. Elle est formée de 1173 mailles, ayant chacune une longueur extérieure de 0". 210, et une longueur intérieure de 01*. 145, chaque maille pèse 2k.79.

380 ESSAI d’une instruction

largeur, et que l’on sera plus certain de faire échouer les

corps flottants envoyés par l’ennemi ou entraînés parle

courant.

Les estacades mal construites et mal tendues, ou celles qui n’auraient pas assez de solidité pour résister au choc des corps flottants, loin de préserver les ponts, contribueront à leur rupture, en augmentant par leurs débris la masse des corps flottants qui viendront les heurter; aussi conseille-t-on de ne pas tendre d’estacades plutôt que d’en construire sur lesquelles on ne pourrait pas se fier entièrement.

On place souvent à 200 ou 300 mètres en amont des estacades flottantes des chaînes ou des faisceaux de cordages tendus en travers de la rivière, et soutenus par de légers corps flottants à la surface de l’eau. Ce premier obstacle ralentira la vitessedes corps flottants, et fera éclater les machines infernales qui surnagent à fleur d’eau, et auxquelles le feu se cbmmuniquc par le choc que reçoit un levier. On tend encore, et dans le même but, un ou plusieurs forts cordages vers le milieu de l’intervalle qui sépare les ponts de l’estacade.

Postes d'observation.

Tandis que I on construit les ponts et que l’on établit les estacades qui doivent les protéger , des patrouilles de troupes légères, accompagnées de bateliers, exploreront les bords de la rivière , et remonteront son cours aussi loin que les positions occupées par l’ennemi le leur permettront ; elles s’empareront des corps flottants échoués ou

amarrés aux rives, les détruiront ou les tireront à terre, assez avant pour qu’on n’ait plus à craindre qu’ils viennent à flotter par les hautes eaux. On leur recommandera de ne point brûler de bateaux en amont des ponts. En 1793 , les deux ponts que les Français avaient sur le Rhin devant Neuwied, et sur lesquels on passait en retraite, furent emportés par des bateaux qui se trouvaient sur la Sieg, et auxquels les Français eux-mêmes mirent le feu avec trop de précipitation. En 1809 on eut l’imprudence de brûler un grand bateau sur un bas-fond au-dessus du pont tendu sur le plus grand bras du Danube, devant Ebersdorf : la partie consumée de ce bateau vint se jeter sur le pont et contribua à le rompre.

Lorsque les patrouilles découvriront des corps flottants entraînés par les eaux, elles en donneront aussitôt avis aux postes d’observation.

Les postes d’observation seront composés de bateliers actifs, intelligents et courageux, qui, sans hésiter, s’élanceront sur les brûlots et sur les machines infernales envoyés par l’ennemi.

Les premiers postes d’observation s’établiront en avant des estacades sur l’une et l’autre rive , et d’autant plus en amont que la rivière sera plus large et plus rapide; on choisira nn emplacement d'où l’on puisse découvrir en amont, une grande étendue du cours de la rivière. Les pointes supérieures des îles ofïriront surtout des positions favorables, à leur défaut, et quand la rivière est très-large, on ancrera, dans le milieu du courant, une portière ou un radeau sur lequel on placera un poste.

Ces postes auront à leur disposition des nacelles fournies d’amaires, d’ancres avec leurs cordages, des grappins, des crampons, des marteaux pour enfoncer les crampons,

382 essai d’unk INSTRUCTION

des haches, des tarrières , et autres outils pour couler ou

morceler les corps flottants.

Lesancres seront placées dans les nacelles, et les cordages seront roulés commeon l’a prescrit en parlant du mouillage des ancres d’aval (chap. 6 , 2' liv.) , et l’on attachera , au bout libre de chaque cordage un crampon ou un grappin.

Dès que I on aperçoit un corps flottant, on détache une nacelle , elle va l’acoster, y fixe solidement un crampon, un grappin ouïe bout libre d’un cordage d’ancre, s'éloigne rapidement en filant le cordage attaché au corps flottant^ se dirige vers la rive la plus rapprochée , et mouille l’ancre quand le cordage est presque entièrement déroulé, ou jette l’ancre à terre si elle a eu le temps de gagner la rive. Le cordage d’ancre se tend ; le corps flottant fait pont volant , se rapproche de la rive et s’arrête ; on achèvera , au moyen de nouvelles ancres mouillées plus près de la rive, d’amener le corps flottant au bord de la rivière.

On recommandera aux hommes des nacelles de se garderde toucher aux mâts, leviers et autres pièces qui paraîtront destinées à produire l’explosion; l’on se hâtera de faire couler les machines infernales ; les autres corps flottants seront amarrés solidement «à larive et détruits ensuite s’il est nécessaire de le faire.

Pendant la nuit ou par un brouillard épais, les nacelles vont se mettre en station en difl’érents points de la rivière, de manière qu’aucun corps flottant ne puisse passer entre elles sans être aperçu.

Les seconds postes d’observation sont placés près des estacades; ils s’emparent des corps flottants rejetés à la rive, dégagent les estacades de ceux qui s’y arrêtent, et qui tendent , par leur pression, à les détruire. Pour dégager un corps flottant on mouille une ancre d’amont , on

atnène le bout du cordage sur le corps flottant et on le fait remonter en halant sur le cordage d'ancre : si le corps flottant n’est pas très-éloigné de la rive, on le dégagera au moyen de cordages tendus par des cabestans ou des vindas établis à terre. Lorsque le corps flottant, est un radeau qui , par ses grandes dimensions , oppose trop de résistance au courant pour pouvoir être remonté immédiatement, on le divisera en parties, en coupant les harts ou traverses qui unissent les pièces, et l’on agira séparément sur chacune de ces parties.

Si les estacades ont été établies loin des ponts, et quel’on puisse faire manœuvrer, dans l’intervalle qui les sépare, des nacelles sans craindre qu’elles puissent être jetées sur le pont par la violence du courant , on met encore des postes d’observation entre les estacades et les ponts pour arrêter les corps flottants qui franchiraient les estacades. Dans certaines circonstances, des batteries placées sur les rives sont chargées de faire couler les corps flottants qui menacent les ponts.

Aussitôt qu’un corps flottant échappe aux postes avancés , on donne l’alerte à la garde du pont , le chef du poste juge du danger que court le pont, et s’il craint qu’il ne puisse résister ni au choc ni à la pression des corps flottants qui pourraient l’atteindre, il ordonne, si le pont a été construit par portières, d’ouvrir celles qui sont menacées, ou il fait faire une coupure au pont, qu’il refermera aussitôt après le passage des corps flottants.

11 importe, dans de pareilles circonstances, de toujours faire construire le pont par portières , qui puissent facilement et promptement se désassembler , c’est le moyen le plus sûr de mettre le pont à l’abri des chances de destruction , et de rétablir en peu de temps la communi-

ESSAI n UNE INSTRUCTION

cation qu’on est forcé d'interrompre pour le passage des corps flottants. On peut , même avec un pont par portières, sedispenser d ’étnblirdes estacades qui ne sontpas sans danger pour le pont lorsqu’elles viennent à se rompre, et se borner à n’avoir que des postes d’observation en amont.

On cherchera à faire passer entre les travées du pont les corps flottants peu élevés, qui s’y arrêteraient; on retirera promptement par l’un des moyens indiqués ceux qui se placeraient en travers des eorps de support du pont. Et enfin, on fera coulerles bateaux et dépecer les radeaux que I on ne pourrait déplacer.

Nous sommes entrés dans de grands développements sur les moyens à prendre pour assurer la conservation des ponts , parce qu’il est des circonstances à la guerre où la rupture des ponts peut compromettre et perdre une armée. N’oublions pas que plusieurs officiers de pontonniers (témoins oculaires) sont portés à croire que les ponts dEssling n’auraient peut-être pas été rompus si l’on avait placé un plus grand nombre de postes d’observation depuis Ebersdorf , jusqu’à Vienne, et si l’on avait complété les mesures indiquées par la position des ponts pour s’emparer des corps flottants entraînés par le courant et de ceux cjui étaient abandonnés le long des rives , et que la crue subite des eaux du Danube mit à flot. Tâchons en toute circonstances de nous mettre à l’abri de ce reproche que fait le général Hoyer (1) :

« Si dans les temps modernes quelques ponts ont été

(1) Handbucl» lier Poulonnier-'VVissenschaCtcn , tome 2. page 150, 2' édition.

» détruits par l'ennemi , on a pu souvent en attribuer la » faute à la négligence des pontonniers , parce qu’on n’a- » vait pris aucune des mesures de conservation prescrites » pour garantir les ponts, et parce que l’on savait moins » encore lorsque l’événement arrivait prendre les disposi- » tions les plus convenables. »

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(Tome I, 3' Liv.) 25

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