bjft îre l’art
L’homme , image de Dieu , réunit en lui les trois énergies de l’être qui correspondent aux trois personnes divines, et ces trois énergies se révèlent dans son développement extérieur par la tendance au bon, au vrai, au beau. La religion et la morale perfectionnent chez lui la faculté du bien ; le dogme , la philosophie et la science apaisent sa soif du vrai; la littérature et les arts satisfont son besoin du beau dans la forme et dans le sentiment : or, si la littérature réalise le beau pour l’esprit , l’art le réalise pour les yeux, en animant la matière.
On peut établir dans l’art quatre grandes divisions principales : l’architecture , la sculpture , la peinture et la musique , qui renferme en elle la mimique et la danse, musiques des corps. Quant au drame , il est placé trop haut pour être confondu avec les arts proprement dits , bien qu’il en soit le guide et la boussole. Ainsi , occupant le dernier degré des travaux et de la vie
DU BEAU IDÉAL
intellectuelle de l’homme , l’art doit réfléchir en lui la lumière de tous les soleils supérieurs, et d’abord du plus haut de tous , la religion , astre universel , dont doit s’éclairer toute pensée ; puis la philosophie des diflerens peuples ; enfin , et surtout, la poésie avec toute la richesse de ses images. Un peintre qui ne connaît pas la poésie du peuple chez lequel et pour lequel il travaille, n’enlèvera point son admiration. La poésie lui est plus nécessaire que l’anatomie ; mais il doit la concevoir à sa manière , être poète dans un autre ordre , puisque l’art c’est la poésie de la vie transportée dans les formes, dans le marbre, sur la toile , dans les sons.
Il n’en est pas moins vrai que la poésie et l’art ne doivent jamais se confondre, que leur empire est distinct, comme le prouve Lessing dans son Laocoon, que l’essence et la force d’un art consistent dans les effetsqu’il peut produire seul, sans le secours d’aucun autre; et de cette manière un peintre, par exemple , dépouille son art de toute sa puissance d 'art primitif, en voulant lui faire exprimer, comme il arrive si souvent chez les modernes , ce qui n’est bien rendu que par les arts de la parole.
EN GÉNÉRAL