‹ Essai d'une philosophie de l'artChapitre 4 sur 51 · Bu beau ifcral · texte numérisé non relu

Bu beau ifcral

« Éternelle , l’idée du beau n’est point engendrée avec nous , elle existe indépendamment de nos conceptions , elle est essentiellement renfermée dans la raison. >; Platon.

La plupart des écrivains ont fait jusqu’ici découler l’art de deux sources différentes : les uns de l’idée pure ou du symbole, qui peu à peu se penche vers le monde sensible , à mesure qu’il pénètre plus avant dans là vie , et tend alors enfin à imiter la nature par l’illusion , mais sans jamais cesser de la subordonner à l’idéal symbolique, continuant de planer sur la forme : de sorte que l’art pour ces hommes demeure toujours un, moyen une écriture, un hiéroglyphe, en un mot, une chose passive. Les autres, au contraire , le font sortir d’un jeu enfantin imitatif , de la nature , fruit des loisirs de l’homme, qui, à l'exemple de Giotto dessinant sur lé sable l’ombre de ses moulons, copie les œuvres de Dieu, sans autre but que la jouissance , et finit pourtant aussi par créer l’idéal.

Quoi qu’il en soit de ces deux chemins, il est clair qu’ils correspondent à deux besoins impérieux de l’humanité , qui demandent à être satisfaits ensemble par un monument d’art, pour qu’on puisse le dire accompli.

De là il suit directement que réaliser le beau idéal est l’objet que se proposent tous les arts , chacun dans sa sphère. Mais qu’est-ce que le beau idéal? Depuis Raphaël il semblerait qu’on

DU BEAU IDÉAL

ne le sait plus. Car on se demande: l’idéal, est-ee le beau de la forme ou le beau de l’idée? et après avoir posé si malheureusement la question , on se décide pour l’idée morte ou pour la forme morte , et l’on ne quitte plus dès lors la voie aride dans laquelle on est entré.

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