LIVRE V. — LE MONDE PERSAN
nération, dit encore Sanchoniaton, les descendante des Dioscores , ayant construit des vaisseaux et des radeaux, naviguèrent. » Le navire et le radeau dont il était sorti se confondirent ainsi long-temps; mais les perfectionnements s'enchaînèrent rapidement<les uns aux autres; ils aboutirent dans les siècles à ces machines superbes qui cessent d'étonner nos yeux, habitués à les voir, mais qui épouvantent en quelque sorte la pensée. Le germe éclos sur les côtes de la Phénicie, aux éclats de la foudre , aux lueurs des éclairs, ne devait pas tarder à se développer. On sait les prodiges dont la Méditerranée fut le théâtre dès l'antiquité la plus reculée. Douze cents vaisseaux de construction grecque transportèrent la Grèce entière sous les murs d'Ilion ; Ulysse retourna dans sa chère Ithaque sur un magnifique navire phénicien garni de cinquante rameurs. Si le papillon commence par ramper péniblement sur la terre , il ne tarde pas à s'élancer dans les airs brillant et radieux. La Phénicie vit s'accomplir le plus grand triomphe que le génie de l'homme eût encore remporté sur la nature. De toutes les inventions nées de l'industrie humaine , la navigation fut probablement celle qui exerça la plus grande influence sur nos destinées. L'homme se transforma , pour ainsi dire , par certains côtés, en raison des rapports nouveaux qui s'établirent alors entre lui et le monde extérieur. De nouvelles facultés, jusque là cachées, enfouies dans son sein, ne pouvaient manquer d'enjaillir dès qu'il se mettait en contact avec la mer, dès qu'il se hasardait sur l'océan. N'est-ce pas sous le toucher des objets