LIVRB V. — LE MONDE PERSAN
civilisation plus avancée. Le monde moderne commence à poindre au sein du monde de l'Orient. Moïse n'avait pas voulu asseoir l'institution politique sur la base du pouvoir royal ; il ne voulut pas davantage l'asseoir, comme dans l'Inde, sur le principe de la séparation rigoureuse des fonctions sociales. Il n'établit pas de castes. Les fonctions du culte, partage de la tribu de Lévi, furent seules héréditaires; les autres fonctions sociales, militaires, agricoles, commerciales, industrielles, furent abandonnées au libre choix de l'individu. Il laissa la porte ouverte de ce côté à la spontanéité humaine. Toutefois, en l'absence des castes antiques , la famille n'en vécut pas moins sous sa constitution la plus primitive. La polygamie passa de la tente des patriarches dans les murs de Jérusalem ; les cérémonies du mariage continuèrent de rappeler les ventes des temps primitifs. La première femme était, à la vérité, la plus haut placée dans l'opinion; les autres n'étaient que des espèces de concubines. Or, partout où la polygamie est admise en principe , la femme est nécessairement considérée comme inférieure à l'homme , comme n'étant pas parvenue au même degré de la vie morale que le mari. Ce dernier pouvait se séparer de ses femmes pour divers motifs, tandis que la faculté de solliciter le divorce était jinterdite à la femme. La puissance du père sur les enfants ne s'étendait pas au delà de leur majorité; mais, cir-. consente quant au temps de son exercice, elle n'en demeurait pas moins absolue quant à son action, à son intensité. Le père pouvait vendre son enfant.
L'esolavags subsista chez les Imfe ooiiitm âm» l'Orieniy comme dans l'antiquité, et combien Thn*' manité n'était^Ue pas encore éloignée du jour àà M» pût seulement entroToir l'aurore de la liberté tinl^ TerseUe I Les esclaves se divisaient ea deux classés ? les uns d'origine étrangère , les autres d'origine juive, qui l'étaient devenus soit en se vendant eux-m^es , soit en punition de certains crimes, de certains délits. Ces dentiers jusqu'à un certain point, dans une cer^ taine mesure, étaient protégés par le législateiur : \eë autres, comme partout ailleurs, se trouvaient en de^ hors de la société, choses, et non hommes. Todttfois, dans cette protection accordée par la Un auis: esdaves d'origine juive, dans la position feitè p«r McAse ati Êls parvenu à l'Âge de majorité,il fout vdr de grandi pas vers le progrès social, tel que nous l'avons dé« fim< Les anciennes législations de l'Orient ne prescri* vent rien en faveur du fils pendant la durée cte la vie du père; te fils n'existait légalement^ pour ainsi dire, qu'à la mort de ce dernier; quant à Tésclave , quelle que fût son origine , à peine était41 tombé sous l'empire de ce fait irréparable, inexorable, l'esda** vage, qu'il perdait égalen»Bût sa qualité d'homme, que toute inégalité cessait, m quelque tiorte , entre liti ettoutautt^ bétaiL C'était donc une ^hosè déjà ïn&i r^nartj^aUe que la mansuétude delà législation juive à l'égard de l'esclave d'origine nationale t l'année sabbatique à pdneeommaicée, elte Tallait (èierelief , le délivrait de ses chaînes^ le restituait à la liberté.
LaPhénide, en ^npruntant à TAsie occidentale le culte de la lumière , lui donna un caraet^ pai^
tienfier^ Au lieu de se borner à l'adoratioti é&s fbrcéS de la nature dans leurs œuvres les pins éclatantes > il se {)r<^)osa pour but l'exaltatbn de la nature hxt^ maine. D'après Hérodote^ Hercnile était adoré à tp) sans aucua doute, ée agiotait pas THereule gtec; toû» tefois, ridée t|ui se niontre sous ces dieux formée m pouvaitétreesseBtielleBQentdifféi^tè. Herculedemet»* r^it toujours Thouiuie qui pa^ Boa héirbïBme^ ses eic-> jdoits j ses services rendus à rhumamté, s'était frayé la route du ciel. C'était toujours l'apothéose de Téuergie et de la volonté humaine. Les villes ûiaritimes de la Phâaicie ïassociaient à ce culte celui d'Adonis^ c'est-à-dire du jeune homme mourant au deiix de lâ jeunesse ^ de la plénitude de Va vie ^ poUr renatli^ païF la puissance d'une mère immortelle : autre forme sous laquelle se retrouvent et l'idée de Tatîtivité fau^* maine, et celfô de son influence slur le monde au moyen du combat p^pétuei de deux forces opposées* La Phénicie eut enc<»*e pouk* mission i^p^iale de manifester le gâlie de rhumainitë sous une forme nouvelle : c'est sUr ses côtes que naqmretit l'art de la navigation et le commerce maritime» L'Egypte Tavait peut-être devancée dans cette voie ^ mais ses eatr^ises lE^uritimes se confondent avec lelfc tmi^ quêtes fabuleuses de ses pt^miers rois ^o'est seules ment chez les Phénidéns que la navi^tion acquit une importance réelle ^ historique^ La Phénicie , pâ^ ses rapports multipliés ^vôc les autres peuples > ne pofuvait manqua de parvenir de bodne heure à une haute civilisation : la ciVilisatîoii d'un penple 6st ^ eu e&t » d'autant plus élevée ^ d'autant jAm ooliifilète^
SSt raiLosoraiB db l'histoire.
qu'elle est le résultat de la fusion d'un plus grand nombre d'éléments; or la navigation devrait nécessai* rement mettre en contact des cultes, des mœurs, des institutions primitivement séparées. Suivant la tradition, ce fut des côtes de la Phénicie que s'élança le premier navigateur. « Desouragans, ditSanchoniaton, ayant toutà coupfondusur desarbresdela forêt deTyr, ils prirent feu. Or, dans le trouble, Osoûs, s'étant saisi d'un tronc d'arbre , le dépouilla de ses branches , et osa le premier se hasarder sur mer. » La crainte du feu aurait ainsi fait la hardiesse du prmiier navigateur. De nombreux imitateurs se pr6i;ipitèrentsur les traces d'Osoûs, et perfectionnèrent son œuvre : au lieu d'un seul tronc d'arbre, ils en réunirent plusieurs ; plus tard ils les surmontèrent d'un plancher : le radeau fut créé. Peu à peu , et pour en faire sortir le navire, on en exhaussa le pont, on l'arrondit par le flanc, on l'effila, on l'aiguisa, pour ainsi dire , par un de ses bouts, afin de lui donner plus de facilité à fendre les flots. L'aviron , auquel conduisit un nouveau progrès , fournit un moyen de guider cet assemblage de planches et de poutres. Plus tard , le plancher supérieur du radeau, qui, malgré son élévation, ne défendait qu'imparfaitement le pilote contre la vague, Ait supprimé. La voile donna des ailes à cette création nouvelle , le gouvernail la faculté de la diriger. On releva de plus en plus les côtés du radeau, ce qui agrandit sa capacité intérieure. Le navigateur osa alors se hasarder en pleine mer ; sans se troubler il vit disparaître à l'horizon les rivages que jusque là il s'était contenté de côtoyer. « Dans la treizième gé-