‹ Essai d'une philosophie de l'histoire, Volume 1Chapitre 117 sur 139 · LIVRE YI. — LE MONDE HELLÉNIQUE · texte numérisé non relu

LIVRE YI. — LE MONDE HELLÉNIQUE

d'Apollon, avec mission de juger les œnlraventiôns au droit des gens , tel qu'il était reçu dans la confédération grecque. Les bases de ce droit des gens, éminemment religieux , se trouvaient contenues dans le serment prêté par les peuples amphictyoniques : ils juraient de respecter le temple de Delphes et de leprotéger contre toute attaque; ils juraient de ne jamais renverser les villes qui faisaient partie de la ligue ; ils juraient encore de ne dissiper , ni dans la guerre ni dans la paix, les ressources dont elles disposaient pour le service du temple. L'histoire entière est là pour témoigner combien Tinstitution fut impuissante dans la pratique; elle n'en manifeste pas moins cette aspiration du génie grec vers une unité à laquelle il devait tendre sans cesse, mais qu'il ne devait réaliser qu'au moment où il s'abdiqua lui-même au profit d'Alexandre. Le génie grec avait son point de départ dans la personnalité humaine ; il devait avoir pour terme définitif, au bout de sa carrière , l'éclatante personnalité d'Alexandre.

Les éléments de la civilisation grecque, nous l'avons dit, étaient essentiellement divers; mais ils se développèrent sous des influences à peu près analogues. D'un autre côté, ils tendaient sans cesse à une fusion plus ou moins complète. Enfin, certaines croyances, certaines dispositions intellectuelles, surtout aux époques reculées de l'histoire, ne sauraient manquer d'être communes à tous les peuples contemporains. De là, tout à la fois, et l'unité générale et les diversités locales qui se manifestent dans cette civilisation. Deux villes à jamais célèbres dans l'his-

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