‹ Essai d'une philosophie de l'histoire, Volume 1Chapitre 118 sur 139 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

402 PHILOSOPHIE DE L^HISTOIflE.

toire furent rexpression vivante de ces diversités, qu'elles poussèrent jusqu'aux oppositions les plus marquées, jusqu'aux contrastes les plus extrèrnes: on a nommé Sparte et Athènes. Et l'on ne saurait, en effet, se proposer un but plus contraire, avoir recours, pour l'atteindre, à des moyens plus (Kfférenfts que les législateurs de<^s deux cités. Selon accepta daaîs leur totalité tous les éléinents divers de la civilisation grecque dont nous venons de parler, nous v^ukms dire qu'il laissa un libre cours au développem^atde l'acitivité humaine , qu'il voulut la laisser ^'accomplir d'une façon harmonique , e'est-à-^ire sans qu^mie seule faculté fÀt sacrifiée aux autres. Athènes , après avoir reçu ses lois, dut, suivant l'impulsion du moment, se trouver également propre à la guerre , à la paix, au commerce, à l'industrie, à la pratique des arts, à la culture des sciences. Elle eut des instituions tellement élastiques , que l'essor populaire ne pouvait s'en trouver arrêté ou gêné en quoique ce fût. Solon n'enchaîna pas le citoyen d'Athènes à une fonction sociale rigoureusement déterminée; il le laissa Hbre d'agir en tout et toujours au gré de sa volonté , par malheur aussi de son caprice. Lycurgue, à Sparte, se plaça à un tout autre point de vue. Parnai les éléments de la civilisati(m générale, il repoussa tout ce -qui ne se rattachait pas à la guerre; parmi toutes les fonctions sociales qu'un peuple est tom* à tour appelé à exercer, il lui en imposa une seule , combattre ; à icelle*là il sacrifia toutes les autres. On a souvent remarqué chez l'homme physique que la perte d'un sens profite à un autre sens ; que l'aveugle a l'ouïe

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