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pins fine, le sonrd la vue plus perçante. Lycuf gue supposa qu'il devait en être ainsi chez Thomme moral. Il dépouilla le Spartiate de tous les instincts de Thumanité, hormis un seul , celui de la guerre ; et en revanche il se proposa de développer celui-là outre mesure, de Téléver à sa plus haute puissance.
La fatalité et la liberté président à la vie de l'homme collectif et de l'homme individuel. Il faut entendre par fatalité cet ensemble de circonstances indépendantes de la volonté d'un peuple ou d'un individu , et qui dominent jusqu'à un certain point sa destinée; il faut entendre par liberté la possibilité, pour lé peuple ou l'individu, de choisir , entre plusieurs œuvres à accomplir, celle à laquelle il prétend seconsaicrer. Or Lycurgue voulut bannir la liberté, comme Solon avait banni la fatalité ; tous les deux sacrifièrent également, en sens opposé, à cette inspiration artistique que nous avons vue dominer le génie de la Grèce. Et, chose étrange ! Lycurgue, tout en sacrifiant la liberté ou l'individualité , demeure pourtant fidèle à cette inspiration. Ne fournit-il pas la manifestation la pliis éclatante de volonté et de liberté individuelle dans cette même tentative pour anéantir au sein d'une société politique toute individualité et toute liberté? Il en résulta, d'un autre côté, l'état, c'est-à-dire l'individualité collective la plus vigoureusement constituée qui se fût encore montrée dans l'histoire. Lycurgue et Solon marchèrent délibérément à leur ^but par des moyens en rapport avec ce but. Dans les deux états créés par eux , le caractère du législateur se montre dans toute son originalité, séparé de celui du prophète, du dieu.
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de renvoyé divio. Ni Lycurgue ni Selon ne s'autorisent d'une mission religieuse ; hommes j ils donnent leurs lois à des hommes qui les leur demandent, qui veulent obéir , mais de plein gré^ mais avec réflexion; et eux-mêmes ne demandent l'obéissance qu'à l'as^ sentiment , qu'à la conviction raisonnée.
Solon fut investi de la fonction de législateur au milieu des troubles et des discordes civiles. Nous en sonunes réduits aux conjectures sur l'organisation primitive d'Athènes, telle que Cécrops la lui imposa. Suivant la tradition , ce dernier aurait partagé i'Attique en douze bourgs confédérés, mais souverains à l'égard l'un de l'autre. Emigré d'Egypte , chef militaire puissant, Cécrops s'allia probablement avec les princes de l'Attique, qui , ligués entre eux, formaient une aristocratie guerrière et religieuse ; les familles gouvernantes se partagèrent la domination territoriale. Le pouvoir royal , d'ailleurs très limité , constituait seul l'unité poUtique. Des troubles, qui tendaient dès lors à l'émancipation des classes inférieures, ne tardèrent pas à éclater. Thésée, autant du moins qu^il nous est possible d'entrevoir son caractère historique dans son rôle mythologique, rétablit la paix ; il réunit les douze bourgs en un seul état, qui se gouverna par des assemblées publiques, et dont Athènes fut la capitale. Trois classes d'hommes composèrent alors la cité : les eupatrides ou nobles , chargés des fonctions religieuses, les agriculteurs, enfin les artisans : classes diverses, mais dont l'importance devait jusqu'à un certain point se balancer. Les premiers se recommandaient par la naissance , les seconds par l'utilité
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dont ils étaient à la chose publique, puisqu'ils nourrissaient le peuple, les troisièmes par la force du nombre. Les classes inférieures acquirent de l'importance par d'heureuses séditions ; plus d'une fois des nobles se mirent à leur tête, préférant un pouvoir personnel à l'élévation de leur propre caste. C'est alors qu'appelé par les partis opposés , représentant d'idées et d'intérêts divers, apparut Solon, un des sept sages de la Grèce. Les populations , indépendamment des classifications de Cécrops ou de Thésée que nous venons d'indiquer, pouvaient, à un autre point de vue, se diviser encore en trois autres classes : les habitants de la plaine, c'esfr4i-dire les riches et les aristocrates ; les habitants des montagnes , occupés de la culture de la vigne et de l'olivier , et du soin des troupeaux; enfin, une sorte de classe moyenne, moins riche et moins puissante que la première, plus que la seconde.
L'état politique , en raison des éléments dont if sortit, devait osciller entre l'aristocratie et la démocratie. D'un autre côté, l'activité humaine, par le fait de certaines circonstances, se développait simultanément , sur le sol de l'Attique, par tous les moyens qui lui sont propres : agriculture, commerce, industrie. Solon , dont l'idée principale était précisément le développement complet des facultés humaines, accepta ces éléments dans leurs diversités et se proposa de les harmonier. Il divisa les habitants en quatre classes, n'ayant égard, dans cette division , qu'à l'importance des propriétés , le cens étant plus fort dans la première que dans la seconde, dans la troi-
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sième que dans la quatrième. L'assemblée d^ peuple était formée de la réimion de ces classes. Là se traitaient les affaires de Tétat* Toutefois, les fonctions publiques n'appartenaient qu'aux trois premières classes. Du vivant même de Solon, le pouvoir passa aux Pisistratides; on lui en a fait un rqprodie, nuds pev fondé y à ce qu'il semlile. Cette usurpation de pouvoir, qui fut temporaire dans les mains de ceux-ci^ parait avoir eu sa raison d'être dans I9 nécessité d'annuler la puissancedes grandes familles, de les courber sous le joug des institutions nouvelles. Cette c^vre accomplie , les Pisistratides subirent le bannissement* La c(Mistitution dura, ce qui prouve qu'elle avait ses ; racines dans la nature même des choses. Deuxuoo*. veaux partis parurent: les Almonides^qui, aya^t été , à la tète de la révolution qui renversa la famille de. Pisistrate, favorisèrent la démocratie; et le parti 4'lsa-^ goras, qui, appuyé à l'extérieur sur Sparte, eut .une tQAdance aristocratique. Le premier, l'ayant définitivepient emporté, développa la constitution dans le seps de ses idées. Les tribus, de quatre qu'elle^ étaient, furent portées à dix ; l'ipfluence des origines et des races acheva par là de s'effacer. Périclès, trouva les choses dans cet état ; mais, ajoutant sans cesse au pouvoir du peuple au dedans, à sa gloire au dehors, il acheva l'œuvre démocratique.
L'oeuvre de Selon, dont nous n'avofts pu dpnner qu'une idée incomplète^ fut; considérable ; elle, constitua une grande nouveauté. Pour ,1a preocûère fois depuis l'origine du monde, la richesse fut ofiiciellemi^t considérée comine un éléo^enf^dii^po^yoir, coiAt