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me un moyen de séparation et de classification eiïtre: les hommes. Mais qu'est-ce, après tout, que la ri* chesse, sinon une preuve matérialisée de la capacité de celui qui la possède, là, du moins, ou l'acquisition de la richesse n'a été empêchée par aucun obstacle ? C'est donc à la capacité individuelle que Solon faisait sa part au moyen de cette division du peuple en quatre classes différenciées par le cens« Une chose nou* velle apparut dans l'histoire du monde. Jusqu'à cette heure la possession de la t^rre , source à peu près exclusive de la richesse , avait été un résultat dô la fonction sociale ; ici elle conférait ceUe fonc^ tion. Mais comme la propriété n'était que le symbole, Vexpression de la valeur personnelle; comme l'intelligence continuait à demeurer parfaitement Ubre dans son développanent , il arriva ceci : c'est qu'en prenant une inégaUté apparente comme point de départ, l'œuvre de Solon vint aboutir en définitive à l'égalité la plus complète. Le législateur n'avait point tenté dé faire entrer les citoyens dans une sorte de lit de Procuste , d'une dimension qui devait demeurer égale pour tous; seulement il écarta de chacun les difficultés qui pouvaient Temh pêcher d'acquérir ce que d'autres avaient acquis. Or, chez une population douée de facultés éminentes , où toutes voies demeuraient ouvertes à leur emploi , où tout obstacle à leur développemi^t disparaissait, il devait se produire une certaine égalité de répartition dans la culture intellectuelle , et aussi , quoiqu'à un moindre degré, dans celle de la richesse; Le législateur d'Athènes, m dépit de toutes les imperfections
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inséparables d'un premier essai, eut donc deux grands mérites : il sut mettre ses institutions en rapport avec les circonstances au sein desquelles naissait la civilisation grecque, et embrasser la totalité des éléments de cette civilisation ; il sut également les mettre en rapport avec Tordre général et providentiel des choses, car il aida au développement harmonique de toutes les tendances, de tous les instincts de l'humanité.
« Lycurgue, à Sparte^ se trouvait dans une situation autre que Solon , et se proposa un but tout différent. Dès les temps héroïques, les races d'Inachus et de Danaûs s'étaient alliées aux familles originaires de la Laconie. Eurysthée , le dernier des fils de Danaus, avait repoussé de ses états les enfants d'Hercule, qui lui disputaient le trône ; ses successeurs maintinrent cet exil. Les Héraclides s'étaient retirés chez les Doriens, avec l'aide desquels ils ne cessèrent d'attaquer te Péloponèse, dont ils finirent par se rendre maîtres. La Laconie échut à deux chefs , Eurysthènes et Proclès, qui établirent à Sparte le centre de leur domination. Us enlevèrent à la population de la Laconie le droit de cité, ils la soumirent au gouvernement des Doriens et au service militaire. Les habitants d'Hélos, s'étant révoltés, furent condamnés à un esclavage public , le plus dur qui eût encore existé. Des troubles intérieurs ne tardèrent pas à s'élever. Certaines familles puissantes avaient concentré dans leurs maûns la plus grande partie des propriétés territoriales ; elles opprimèrent à la fois et la population conquise et les familles de noiéme origine qu'elles-mêmes, les fa-