‹ Essai d'une philosophie de l'histoire, Volume 1Chapitre 122 sur 139 · LIVRE Vl«— *LE 1IO1I0E H&LLiNIQUC · texte numérisé non relu

LIVRE Vl«— *LE 1IO1I0E H&LLiNIQUC

ouvrage^ et pour achever d'ôter à cette œuvre de ses mains, toute ressemblance y toute analogie avec la créature humsône, Lycurgue lui enleva tout usage de ^a volonté, pour ainsi dire tout mouvement orga^ njkiue.; il prétendit l'enchs^r, avec des liens de fer , au sein d'une immobilité absolue^ Sa législation rap* pelle sous certains rapports les puissantes législa^ tionsde l'Orient ; comme ces dernières, elle dispose sans remords et sans hésitation de l'individu, elle lui ôte la personnalité morale. Elle en diffère en ce qu'elle nefutpasr établie spontanément, par un élan d'inspiration, mais au moyeu de la volonté , de la comparaispn^ de la réflexion*

Sparte et Athènes résument toute la civilisatioa ^ecque; elles expriment , elles manifestent au plus haut: degré les diversités de races et d'institutions qui s!y rencontrèrent. Elles traduisirent dans leur lutte cet antagonisme d'éléments contraires qui, cherchant leuT; équilibre, firent tout le mouvement de l'histoire i9térieure de la. Grèce. Peu après la guerre des Perseis, la plupart des états grecs furent agités par des partie opposé^. « La Grèce , au dire de Thucydide , futalorspresqueentièrementébranlée, et, comme par-< tout y régnait la discorde, les chefs du parti populaire appelaient les Athéniens, et la faction du p^tit nombre les Lacédémoniens. » La guerre ayant éclaté entre Corinâ^e et . Corcyre, sa colonie , Sparte et Athènes demeurèrent fidèles à cette politique: Sparte prit le parti de la métropole , Athènes celui de la colonie. Et alors commence ce duel dramatique dont Thucydide nous a transmis l'histoire. Les deux villes 9 dans la

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gaerre médique, avaient aspiré à dominer la Grèce et s'en étaient montrées dignes. Sparte avait envoyé ses troisoents héros écrire aux Thermopyles le mot fameux qui fait renseignement et Fadmiration de la postérité. Athènes avait vu sans se décourager les Perses dans ses propres murailles ;elle s'était montrée aussi habile, aussi hardie , aussi résolue sur le champ de bataille y qu'amoureuse d'art, de poésie, d'éloquence. Bien que Sparte eût obtenu le commandement de la confédération, c'est surtout d'elle que vint l'impulsion. Ce fut elle qui, pendant qu'une partie de la Grèce hésitait encore , ou se déclarait pour le grand roi , se posa la première comme le champion le plus déterminé de la liberté et de l'indépendance ; ce fut elle qui peut-être sauva le monde européen. Qum qu'il en soit, c'étaient aussi la race dorienne et la race ionienne , avec leur génie contraire et leur politique opposée, qui, personnifiées dans les deux grandes cités, allaient se trouver en présence. Aussi la Grèce entière se divise : les peuples du Péloponèse, les Etoliens, les Phocidiens , les Locriens, se rangent du côté de Sparte; la Thessalie, ou du moins une partie de ses états, FAcamanie, Naupacte, Platée, Corcyre , les Gyclades , l' Asie-Mineure, les villes de la Thrace , du côté d'Athènes.

Athènes voit d'abord la victoire lui demeurer fidèle. Sparte, dès le début de la guerre, est au moment d'être effacée de la carte de la Grèce. Par une initiative des plus hardies , les Athéniens s'emparent de Pylos , qui n'en était éloignée que de quelques Ueues ; ils bloquent un corps de Lacédémoniens dans l'île de Spactérie.

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