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dans les autres branches de Tactivité humaine. Les années , à Tépoque de la guerre de Troie, n'étaient encore que des masses confuses , sans lien , sans ordre, sans discipline. L'Iliade nous montre des multitudes qui s'égorgent au hasard ; le plus souvent la victoire se décide par le combat de quelques chefs , qui devient un spectacle pour les deux armées. L'art de se servir de ses armes est encore inconnu ; entre les guerriers les plus renommés par leur bravoure ou leur adresse , un seul coup décide de la victoire. En général, l'un manque le but de son javelot, ou frappe sans succès un coup de son épée , tandis que l'autre est plus fort , plus habile ou plus favorisé des dieux. C'est ce que nous voyons dans le combat d'Achille et d'Hector, type du genre. Cependant les Grecs parvinrent peu à peu à l'art de diviser en corps distincts ces masses confuses ; les enseignes ou drapeaux paraissent ; la cavalerie remplace sur les champs de bataille le char des temps héroïques. L'art militaire , après de nombreux progrès , arrive à la légion, composé harmonique de soldats différemment armés ; il aboutit à la phalange, d'abord inventée à Thèbes, et qui devient , dans les mains d'Alexandre, l'instrument et le symbole de la domination de l'Europe sur l'Asie. Pour la première fois , ou du moins d'une façon plus complète que jusque alors, la puissance d'impulsion et l'unité d'organisation se trouvèrent réunies. La partie vraiment intellectuelle de la guerre , la stratégie , atteignit sous Alexandre des proportions qui depuis n'ont pas été dépassées. Des masses confuses de combattants que rOrient amenait sur les champs de bataille le
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grande profondeur dans les terres , les côtes septengénie de la Grèce tira la légion et la phalange, comme du chaos des divinités cosmogoniques les dieux d'Homère , comme des créations informes de la statuaire égyptienne la Vénus de Milo et le Jupiter de Phidias.
Les Grecs commencèrent par se faire des idées singulières sur la forme du monde. La terre , dans leurs traditions primitives, était représentée comme un disque sur lequel s'étendaient deux grandes régions, Tune au nord, l'autre au midi; la Grèce occupait le centre du monde; la Sicile au couchant , la Colchide à Torient, étaient les dernières limites atteintes par les voyageurs ; au delà commençaient des contrées fabuleuses, peuplées d'êtres fantastiques. Un fleuve immense, rOcéan , roulait autour de la terre des flots qu'aucun mortel ne pouvait franchir sans l'aide des dieux. Des peuples aux formes étranges , bizarres , habitant les rives de ce fleuve, entouraient le monde réel d'un autre monde merveilleux. Les Argonautes traversent la Colchide par le fleuve Phasis , pour arriver dans l'océan oriental ; ils tournent ensuite le pays des Ethiopiens orientaux, traversent la Lybie, et reviennent par le fameux fleuve Triton, qui était censé communiquer de l'Océan à la Méditerranée, à travers la Lybie. Mais cette cosmographie fabuleuse ne tarde pas à se rectifier; là aussi le mythe fait place à l'histoire.
Dès les temps héroïques , aux premières lueurs de l'histoire, la population de la Grèce sort de ses limites primitives, et se livre à un immense mouvement de colonisation. Une foule d'îles de l'Archipel et de la Méditerranée , les côtes de l'Asie-Mineure à une assez
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trionales de l'Afrique , la Sicile, Tltalie méridionale , reçoivent des colonies grecques. Les Cyclades, les îles de Rhodes, de Chypre, de Crète, d'abord peuplées de races pélasgiques, le sont plus tard par les Hellènes. Parmi ces îles, celle de Crète, en raison de sa législation attribuée à Minos, joua un rôle considérable dans les spéculations de la philosophie grecque ; elle eut une influence marquée sur la civilisation de quelques états, entre autres de Sparte. Les colonies de l'Asie Mineure pouvaient se diviser en trois classes, chacune composée de plusieurs villes rattachées les unes aux autres par un lien fédératif . Au midi étaient les colonies d'origine dorienne; au centre, celles d'origine ionnienne, de toutes les plus célèbres , contenant les villes de Milet, de Phocée, d'Ephèse, les îles de Chio et de Samos ; au nord, celles d'origine éolienne, dont la ville la plus considérable était Mytilène. Sur ce terrain, la civilisation grecque se développa plus rapidement que sur le sol même de la Grèce; c'est là que naissent les premiers poètes , les premiers philosophes, les premiers artistes; c'est par leur intermédiaire, à leur sujet, que le génie de l'Europe se pose face à face avec celui de l'Orient. Bientôt elles-mêmes deviennent le point de départ d'un nouveau mouvement d'émigration , d'expansion. Nous avons parlé des nouvelles colonies sorties de Milet; les Phocéens viennent aborder dans le midi de la Gaule, où ils fondent Marseille ; la côte de l'Afrique reçoit la civilisation grecque ; l'Italie méridionale se nomme la Grande-Grèce, et la Sicile apparaît bientôt dans
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rhistoire comme mie sorte d'appendice de la Grèce. La Grèce était appelée à jouer un 'rôle important sur le champ de bataille. L'Europe et TOrient se trouvaient en contact par les colonies grecques de TAsie- Mineure, et ce fut TOrient qui engagea la lutte. Les villes d'Ionie, ayant été conquises parCyrus, faisaient partie , depuis ce temps , de l'empire persan; s'étant révoltées, elles reçurent des secours de Sparte et d'Athènes. Le grand roi, irrité d'une telle offense, résolut d'en tirer une vengeance éclatante. Sur le conseil d'un fils de Pisistrate réfugié à sa cour, il se proposa de soumettre à son pouvoir la Grèce entière. Deux hérauts, venus de sa part, se montrent un jour sur la place publique de Sparte ; ils demandent en son nom la terre et l'eau. L'un est enterré vif , l'autre jeté dans un puits : barbare jeu d'esprit , peu digne de commencer une guerre où le sort du monde allait se décider. Toutefois ,, il faut voir aussi dans l'ironie subtile et cruelle de la réponse , opposée à la solennité symbolique de la demande, l'antipathie des deux principes qui allaient se rencontrer sur le champ de bataille. Six cents vaisseaux ennemis couvrent bientôt les mers de la Grèce ; ils mettent à terre cent mille hommes d'infanterie, vingt mille de cavalerie. Mais Athènes, qui se sent chargée des destinées de l'Occident, ne se trouble en aucune façon. A Marathon, elle croise pour la première fois l'épée de l'Europe avec le cimeterre de l'Orient; à la voix de Miltiade, les Athéniens franchissent au pas de course l'espace qui les sépare de la multitude armée des Perses. C'est