LIVRE i«'. — l'homme
sous un aspect tout autre : elle est le centre d'une sphère circonscrite et qu'elle fait mouvoir ; loin d'être jamais immobilisée et enchaînée , elle ne cesse de se produire sous les formes les plus variées; elle attire à elle certaines portions de matières étrangères , elle se les assimile, elle les fait entrer dans des tissus préparés pour les recevoir , elle les transforme en sa propre substance. On sait encore combien sont variés les modes d'activité de la vie végétale. Les plantes respirent, transpirent, dorment, se reproduisent, etc. Là sensitive, à l'approche d'un doigt indiscret, ferme brusquement ses feuilles; elle les ouvre dès qu'il s'est éloigné.
La vie animale se montrait dans l'océan en même temps que la végétale. En se développant dans deux voies différentes , mais dans des circonstances analogues, la vie dut se confondre sous ces deux formes, au point de départ et un peu au delà. La sensitive, dont nous venons de parler, trahit un degré de vitalité égal à celui du polype, qui partage l'immobilité du rocher auquel il est attaché ; mais si la sensitive se trouve au plus haut degré de l'échelle végétale , le polype forme , au contraire , le degré le plus inférieur de l'animalité. A partir de ce point de contact , la vie animale traverse les différentes phases d'une immense évolution qui s'éloigne de plus en plus de la vie végétale. Elle fait éclater tout d'abord une propriété qui suffit à établir une immense différence entre elle et ce qui a précédé : tandis que le végétal meurt où il est né, l'animal se montre doué de mouvement. Comme nous venons de le dire , c'est dans l'océan
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que la vie animale , aussi bien que la vie végétale , fit d'abord son apparition dans le monde. A ce moment , les mers s'emplirent tout à coup d'innombra* blés tribus d'animaux gélatineux j sans formes dis* tinctes , les uns isolés , les autres réunis en longs cha* pelets. Les zoophytes commencèrent à construire leurs cellules de pierre, qui devaient se multipUer sans fin. Puis vinrent les annélides , les mollusques à coquilles et à couleurs variées; les crustacées , les tri* lobites , sortes d'animaux formés de trois parties séparées les unes des autres par des sillons horizontaux, et qui sont , parmi les êtres animés de ces premiers temps du monde, une des espèces qui diffèrent le plus de celles actuelles ; des productus , des spiritus ; des animaux tenant à la fois du poisson et du reptile (megaliensis); bien d'autres animaux , de formes bizarres, tantôt se jouant dans les flots , tantôt ram-^ pant, se traînant dans les profondeurs de TaMme; des mollusques à proportions gigantesques ; des poissons à tête obtuse, à os cartilagineux, à écailles épaisses et lisses. L'océan roulait alors des vagues chargées de vie , ou , pour mieux dire , vivantes elles-mêmes : car, les anciennes traditions Tenseignaint avec raison, toute vie est sortie de l'océan. C'est au sein delà matière liquide , où elles étaient en suspension , que les molécules matérielles , incessamment mises en contact, se trouvaient sollicitées à mettre en jeu toutes leurs forces d'attraction et de répulsion. Sur ce point, comme sur bien d'autres, la science moderne nous a ramenés aux traditions primitiv^es.