‹ Essai d'une philosophie de l'histoire, Volume 1Chapitre 14 sur 139 · LIVRE 1*'. — l'homme · texte numérisé non relu

LIVRE 1*'. — l'homme

Trois créations d'animaux terrestres se succédèrent lorsque le gld^e eut été préparé à les recevoir : d'abord celle dés reptiles dans toutes les variétés , Tétrangeté de leurs formes; puis celle des mammifères , ou figurèrent le paléothérium etl'anopléthérium; enfin celle des mammouths , des mastodontes , des mégathériums. Dès que la terre eut été abandonnée parleseaux, se traînèrent, rampèrent çà et là, lemégalosaure , lézard grand comme une baleine ; le plésiaure, dont la structure bizarre offrait à la fois la tête d'un lézard, le cou d'un serpent, le corps d'un quadrupède et les membres d'uncétacée; Tyclithyosaure , qui présentait la mâchoire d'un dauphin , les dents d'un crocodile , la tète et le sacrum d'un lézard, les extrémités d'un cétacée et les vertèbres d'un poisson. Parmi les reptiles , les uns tour à tour vivaient dans les eaux ou respiraient l'air atmosphérique. L'ychthyosaure jouissait de la double et singulière faculté de faire à volonfé de scm œil un télescope ou un microscope , suivant le besoin de discerner sa proie à de longues ou à de petites distances. Le ptérodactyle, sorte de lézard à queue très courte, au museau très allongé, aux deuts aiguës, aux jambes élevées, volait alors dans les airs; il réunissait les formes du reptile, du mammifère et de l'oiseau. A cette première création succéda celle qui eut à sa tête, pour ses types les plus élevés , le paléothérium et Tanopléthérium : le premier tenait du tapir et du rhinocéros; le second se subdivisait en deux classes, l'une d'environ trois pieds de haut et portant une queue énorme , la ^conde douée de la tailte , de la

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grâce et de la légèreté du chamois. Une troisième création vint remplacer celle-ci , et la vie se montra SOUS les formes les plus grandioses qu'elle eût encore revêtues. Ce fut l'époque des mammouths , des mastodontes , des rhinocéros , des hippopotames , des paresseux gigantesques. Le mammouth était un énorme éléphant, dépassant de beaucoup la taille de nos éléphants actuels , couvert tout à la fois de poils qui lui formaient une crinière , et d'une laine grossière. Le mastodonte , presque aussi grand que le mammouth, avait des dents hérissées de pointes qui Tont fait considérer comme un éléphant camivore; il portait une trompe et des défenses comme l'éléphant j mais sa démarche était plus lourde , ses membres moins dégagés de la masse du corps. Alors certains paresseux y dont la taille , dans les espèces actuelles y ne dépasse pas celle d'un chien, égalaient les plus grands rhinocéros. Alors se montrèrent des tigres et des ours, trois fois plus grands que les nôtres, des lièvres de la taille de nos chevreuils, des cerfs de celle de nos chevaux, et couronnés de bois immenses.

Ces trois créations ne se succédèrent pas paisiblement et sans interrupticm. Chacun de ces âges du monde fut terminé par une irruption de l'océan sur la terre. Chacune de ces populations d'êtres animés dont nous venons de décrire les traits généraux disparut sous les eaux, et celles-ci , en se retirant , laissèrent la place préparée pour une population nouvelle. A ces reptiles gigantesques qui d'abord envahirent la terre succèdent des mammifères marins, des dauphins, des lamentins , des morses^ dont les dé-

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