Tome I
434 PHILOSOPHIE DB L*HISTOIHE.
mais il refiiso, témoignant son regret de ne pouvoir contempler celle d'Achille. A son passage en Phrygie, il tranche le nœud gordien , qui , d'après d'anciennes traditions, promettait l'empire à qui le dénouerait. Il combat sur les bords du Granique à la façon d'Achille sous les murs de Troie ; mais il ne se laisse point enivrer par la victohre : il en apprécie les conséquences avec sang-froid; il comprend qu'il ne doit point s'enfoncer en Orient avant de s'être fortement établi dans l'Asie-Mineure. Aussi il se rend maître de la mer ; il assure ses communications avec ses propres états ; il prend soin d'isoler la Perse des alliés qu'elle pourrait trouver même en Grèce : car la nouveauté de la prépondérance macédonienne ne pouvait manquer d'inspirer des mécontentements à plusieurs états. Cela fait, il ne cède pourtant pas encore à l'espoir d'un dénoùment plus prompt et plus éclatant; il suit lentement les côtes. La bataille d'Issus , où la famille de Darius tombe entre ses mains, ne le fait pas s'écarter de ce plffli. Il envahit la Syrie, la Phénicie ; il assiège la ville de Tyr, qui a refusé de lui laisser accompUr dans l'enceinte de ses murailles un sacrifice à Hercule; il Ta prend, en dépit d'une résistance héroïque. Un épisode du siège saisit vivement l'imagination : les assiégeants avaient construit une tour élevée sur le pont mobile de quelques galères enchaînées les unes aux autres; du sommet de la tour un pont s'abaissait sur les murailles : Alexandre s^y élance seul; planant, pour ainsi dire , dans les airs à une hauteur immense , couvert de son bouclier, la pique à la main , il se montre aux deux armées comme une