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pouilies sont contenues dans les couches supérieures à celles qui enferment les reptiles. Les animaux du second âge, les paléothériums, sont remplacés par des mammifères marins encore , des dauphins, des baleines ; enfin , les mammouths et les mastodontes , par les mêmes animaux marins. D'effroyables cataclysmes accompagnèrent ces irruptions et ces retraites alternatives des eaux. D'immenses roches, arrachées aux régions du nord, furent transportées dans celles du midi , où elles sont encore. Des animaux qui appartiennent au midi trouvèrent un tombeau dans les glaces du pôle. Ces animaux n'auraient pu exister dans les lieux où sont aujourd'hui leurs dépouilles, si le climat de ces lieux eût été ce qu'il est actuellement. Si ce climat se fût altéré progressivement, la putréfaction aurait décomposé leurs cadavres. Or il n'en est rien : leur prison de glace nous les rend tels qu'ils étaient quand , il y a des milliers d'années, elle s'est refermée sur eux. Des voyageurs en Sibérie découvrirent, au commencement du siècle , le cadavre d'un éléphant conservé dans la glace ; les ours et les chiens en dévorèrent la chair ,.comme ils eussent fait de celle d'un animal tué de la veille.
Le développement de la vie a donc été troublé sur notre globe à diverses reprises ; son cours régulier a été interrompu par des événements soudains, des catastrophes subites , et des êtres animés en ont été contemporains et victimes. Des animaux habitants de la terre ferme ont été subitement engloutis dans les profondeurs de l'océan ; d'autres , qui vivaient dans Teau, se sont trouvés à sec avec le fond des mers,
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tout*à-ooup exhaussé. Interrompue ou troublée dans son mouvement suceessif , la vie n'en a pas moins continué son évolution ; la création détruite était immédiatement remplacée par une autre création. Bien plus, la force organique, la vie, comme si elle eût puisé dans ces violents cataclysmes eux-mêmes une nouvelle puissance , se montrait aussitôt revêtue de formes plus variées, plus complètes , douée d'un plus grand nombre de propriétés. Il n'y a pas eu seulement succession de variations , suivant l'expression d'un naturaliste (1), il y a eu progression de formes. Les premiers animaux qui paraissent sont des zoophytes, des mollusques, des crustacées , des poissons ; après viennent les reptiles ; et enfin , dans les deux dernières époques, des mammifères , qui, dans la seconde , sont supérieurs à ceux de la première. L'animalité continue, par un progrès non interrompu , à s'approcher de ce qu'elle est aujourd'hui. Les animaux contemporains du paléothérium , comparés aux nôtres, difiEerentde genre; tout au contraire, les animaux du genre du mammouth ne différent plus que d'espèce. Dans chacune de ces créations successives , la vie apparaît douée des mêmes propriétés que dans la précédente, et, en outre, de quelques propriétés nouvelles.
Nous avons aujourd'hui sous les yeux le spectacle d'une quatrième création d'animaux terrestres, ou régnent les mêmes lois que dans les précédentes. La transformation perpétuelle des milieux au sein des^
(i) Flourens,