LIVRE i«'. — l'uokme
Sortant lentement d'abord , mais bientôt de plus en plus rapidement, de cet état de dépendance, il arrache à la terre une nourriture assurée , il se fait des habits , des maisons, des armes; il façonne de mille manières les matériaux qu'il trouve sous sa main; il dompte les animaux et met leur instinct au service de sa raison. Peu à peu il arrive jusqu'à se créer comme de nouveaux organes , qu'il ajoute à ceux qu'il a reçus en naissant; entre lui et le monde extérieur il place tout un appareil de machines , tout un mécanisme compliqué , qu'il sait pourtant mettre en mouvement, par sa seule volonté, tout aussi facilement que ses propres membres.
Jusqu'à présent nous avons considéré Thumanité , l'homme collectif, dans son unité; mais à quel point cette unité exisle-t-elle dans la réalité? C'est une des plus intéressantes , mais des pluis insolubles questions que puisse se proposer la philosophie de l'histoire. L'homme a-t-il été créé absolument un depuis l'origine des âges ? Dès son apparition en ce monde sur le fond môme de cette unité qui le constituait homme, et non pas telle ou telle créature , certaines diversités, certaines différences se sont-elles montrées tout d'abord? Ces diversités ne se sont-elles, au contraire, manifestées que dans la suite des temps? Seraient-elles le produit du développement de la vie humaine au milieu de circonstances différentes et de ses rapportsdiversavec la nature extérieure? En un mot, y a-t-il eu, à l'origine des âges, une ou plusieurs races humaines ? Parmi les historiens qui se sont occupés des temps prinutifs, les uns font descendre l'espèce