Tome I
66 PHILOSOPHIE DE L*HlSTOIRfi.
humaine d'un seul couple ; ils admettent pçr conséquent la première hypothèse. D'autres, au contraire^ donnent aux hommes qui peuplent aujourd'hui la terre autant d'anoétres différents qu'il existe parmi eux de variétés ou de races distinctes. Une troisième opinion , tout en admettant l'unité de race , fait descendre l'espèce humaine de plusieurs couples. En effet, pourquoi le même type ne se serait-il pas produit simultanément dans plusieurs couples, voire dans plusieurs peuplades ou agrégations humaines? Et pourquoi ces couples ou peuplades n'auraient-ils pas paru simultanément en des lieux différents, aux temps marqués par des décrets providentiels ? L'une pas plus que l'autre de ces hypothèses ne saurait s'étayer de traditions historiques : comment trouver ces traditions à des époques qui ont précédé toute histoire ? On est réduit à des considérations purement philosophiques qui se font réciproquement équilibre. Toutefois , l'hypothèse de la pluralité des couples ou des peuplades dans l'unité de l'espèce ferait peut-être pencher la balance de son côté. Le temps étant venu pour la naissance de l'homme , il est difficile de croire que ce temps fût borné à l'inappréciable et fugitif instant nécessaire à la production d'un seul couple ; il est également difficile de croire que le théâtre ne fût préparé que sur un point isolé de l'espace, nous voulons dire dans un espace assez resserré pour ne donner place qu'à un seul couple , même à une seule peuplade. La dernière conjecture, celle qui admet la naissance de plusieurs peuplades, assez peu séparées dans le temps et dans l'espace pour se manifester au milieu de circonstances à peu près identi-