‹ Essai d'une philosophie de l'histoire, Volume 1Chapitre 48 sur 139 · LIVRE m. — LE MONDE PRIMITIF · texte numérisé non relu

LIVRE m. — LE MONDE PRIMITIF

s'établit au sein de cette espèce de chaos qui fdt l'ori-* gine des sociétés primitives ; opposition qui , par cela même qu'elle impliquait , qu'elle contenait en germe toutes les autres, devait être la plus complète de toutes celles qu'il était au pouvoir de l'esprit humain de formuler : ce devait être celle des hommes et des dieux.

Cette opposition , condition fondamentale des premières sociétés , put se présenter sous des apparences diverses. Mais sous toutes ces apparences se manifeste ce grand fait de l'espèce humaine divisée en deux classes qui n'ont rien de commun entre elles : dW côté, nous le répétons, un dieu, entouré de dieux secondaires ou de demi-dieux , c'est-à-dire d'hommes qui à un titre quelconque se sont associés à son pouvoir, et participent de sa divinité ; de l'autre , la foule des hommes, espèce de bétail à figure humaine, etqui, dénuée d'intelligence et de volonté, n'est pas née à la conscience d'elle-même. Si Ton voulait se représenter sous leurs traits les plus généraux les sociétés primitives, s'en faire une sorte d'image symbolique, peut-être faudrait-il se les peindre comme il suit : un dieu résidant , invisible , au sommet de quelque montagne , dans quelque obscure et mystérieuse caverne, de là donnant des ordres, c'est-àdire rendant des oracles dans la langue symbolique et toute-puissante de l'époque ; à l'autre extrémité de la hiérarchie sociale , une multitude sans lien , sans cohésion , se rattachant seulement , comme à un centre commun, au dieu qui l'avait subjuguée; puis, entre ce dieu souverain et cette multitude, des êtres

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intariDédiwpes» qui tienneiit jusqu'à un eertaîn poîal des deux natures, chargés de loettre à exécution ]m wdres, les oracles du dieu , qui se divisent en plu<^ sieurs classes , qui ont des fonctions plus ou moiaa distinctes. Ainsi, leaunaa auraient eu pour loissioD de diriger cette lutte contre la nature à laquelle rhomme a dû se livrer à ses premiers pas dans te monde; d'autres, de conserver et d'interpréter les dogmes sociaux et religieux ; d'autres , d'aller com^ battre, subjuguer, exterminer les peuplades étraur gères. Tous les pouvoirs sociaux se trouvent , à cette époque, ccmcentrés dans 1^ mains du dieu régnant et de sa famille*, par la raison qu'eun^ seul^ avaient te sentimrat du pouvoir , qu'eux seuls personniHaient les instincts et les besoins de la société. Toute pro priété , à cette môme époque et par la même rmm » se concentre dans les mains du dieu et dans celles de sa famille : car te prof»*iété , c'est l'extmsim de noust mésnes, et, pour m avoir conscience, l'h^gNs^ne doit être parvenu d'abord à ceUe de sa prq^ în^-^ viduaUté. Le dieu souverain , an qui se résumait exclusivement te vie soeiate, intdilactueUe , de t'a-r grégation à tequeUe il présidait , ms^tre de toutes ces créatures , dont il ââsait une sorte d'appendîoa à sa propre personnalité , devait aussi être le seul mfldta» du sol qu'elles habitaimit. Ce sol , où elle étaii née, ou qu'elle avait ^vahi , une tribu l'étnei^^it , pour ainsi dire , dans ce même ordre hiérarchique qui la coostituaîtctte-méme. Les travaux de toute espàoe,4e l'agriculbure, de te chasse, de te pèche, ete.^ étaient eunécvàé^ sous la direction du <ch^, qui s'en appOD-

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