‹ Essai d'une philosophie de l'histoire, Volume 1Chapitre 49 sur 139 · LIV.BS m. — LB HOMDB fSiailTIF · texte numérisé non relu

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priait les fruits ou les distribuait suivant la hiérarchie sociale. La terre ne fut dooc d'abord qu'à un seol^ mais à la vérité à un seul qui n'était riaoi moins qu'un personnage puissant^ immense, unepersonnificatioii, pour mieux dire, de l'ordre social. Cet homme ou ce dieU) parce qi^» c'était en lui qu'était née d'abord te notion de Dieu , contenait, poiu* ainsi dire, en germe^ la société eUe^méme; il recelait en puissance d'être toutes les fonctions, toutes les classifications qui de-» valent se manifester avec le temps dans l'agrégation fanmaine dont il était le€entre. Dans cet ordre de faits et d'idées^ c'était aussi \ep^ni dont toutes choses devaient sortir.

Les anciennes traditions qui nous racontent lerè^ ^e des dieux nous disent aussi que ce règne «ut un terme. De nombreuses générations s'étaient succédé defniis la naissance du genre humain. Les honmie^ avaient appris de plus en plus à se servir de leurs Ur cultes d'analyse et de réflexion; la société, d'abord comme plongée dans une sorte de chaos oosmogonique , s'en était peu à peu dégagée. La séparation se fit de plus en plus nettement , dans l'intelligence humaine , entre le del ^ la terre ; l'homme cessa d'être complètement absorbé dansl'âémenbdivia. Les dieux semblent alors abandonner tour à tour ]es sociétés qu'ils ont constituées , pour y laistser le diamp libre à l'activité humaine. L'imagination populaine les relègue au sein de forêts immenses, au sommet de monts inaccessildes, dans les profondeiars de mystérieuses cavernes. Un mam^rt arrive où ils dîspaimsaent dn monde, ou du moins n'y vivent (dus cpie dans ies

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souvenirs des peuples. Mais ils n'en laissent pas moins complète, en abandonnant de la sorte les sociétés humaines , l'institution sociale fondée par eux; si le dieu se retire , l'idée du dieu subsiste. L'organisation sociale continue à reproduire cette idée dans les périodes suivantes , c'est-à-dire lorsque les dynasties de demi-dieux, puis les dynasties humaines, ont succédé aux premières dynasties divines. La société conserve ainsi sa forme extérieure; seulement, si Ton peut ainsi parler ^ elle s'est humanisée d'un degré. Les dynasties royales, les aristocraties des temps héroïques, deviennent alors, à leur tour, des faits sociaux nécessaires , spontanés. Ces dynasties j et les aristocraties qui d'abord les entourent, puis qui quelquefois leur succèdent, possèdent le pouvoir à un titre essentiellement légitime. Elles constituent une phase du développement régulier de l'ordre social ; elles ont leur raison d'être dans ee qui a précédé, car elles continuent le pouvoir des dieux fondateurs et des dieux successeurs de ceux-ci ; elles le continuent, suivant l'expression que nous venons d'employer, en l'humanisant d'un degré : chose rendue nécessaire, inévitable , par le progrès même du temps. Et en effet , l'homme avait gravi quelques échelons dans la vie intellectuelle ; il avait saisi l'identité qui se trouvait être entre sa propre nature et la nature divine, telle qu'il l'avait réalisée ; il touchait au moment de saisir leur étemelle différence sous un point de vue plus élevé. Des dieux à formes et à visages humains ne lui suffisaient déjà plus pour exprimer cette différence ; il pénétrait plus profondément et dans la nature

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